‹ La Grande encyclopédieChapitre 291 sur 397 · CATILINA — CATINAT · texte numérisé non relu

CATILINA — CATINAT

lui fit défaut, et aussi la patience d'attendre l'heure opportune. H échoua donc où d'autres, après lui, devaient réussir. Quoi qu'il en soit, il est resté le type du conspirateur dont la patrie doit tout craindre. C'est à ce titre que Ben' Jonson (1611), Crébillon père (1748), Voltaire dans Rome sauvée (1752), Al. Dumas père et Aug. Maquet (1848), l'ont tour à tour mis sur la scène. Rossignol.

BiBL. : Salluste, Catilina.— Cicéron, Catilinaires.— Dion Cassius,!. XXXVI et XXX VIL — Appien, Gwerres civiles, II, 1-7. — Plut., Cicéron, 10-22. — Mérimée, Etude de la guerre sociale et de la conjuration de Catilina, 1855. — Beesly, Catiline as a party leader (Fortnightly Review, juin 1865. — C. Thiaucourt, Etude sur la conjuration de Catilina,de Salluste; Paris, 1887.

CATILIUS Severus, consul romain en 12t), sous Adrien, plus tard préfet de Syrie, et enfin préfet de Rome. Adrien lui ôta cette charge, lorsqu'il eut blâmé l'adoption d'Antonin et trahi ainsi sa secrète ambition. Il était lié avec Pline le Jeune qui lui adressa plusieurs de ses lettres. A. W.

GATILLAC (Poire de) (V. Poire [Arboric.]).

CATILLON (Castellio), Corn, du dép. du Nord, arr. de Cambrai, cant. du Cateau, sur la Sarabre. Stat. des ch. de fer du Cambrésis, ligne de Catillon à Caudry ; 2,426 hab. — Distillerie de grains ; tissages. Ce village n'est pas connu avant lexiii^ siècle. Il appartint pendant tout l'ancien régime à l'archevêché de Cambrai.

CATILLON. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Clermont, cant. de Saint-Jusl ;432 hab.

CATILLUS. Personnage héroïque qui paraît avoir eu place dans les plus vieilles chroniques de l'Italie. Les Indigitamenta (V. ce nom) nomment un Catius pater, c.-à-d. un dieu qui donne la finesse de l'esprit aux enfants (Catus). Les mythographes connaissent un Catillus, fondateur de Tibur, qu'ils font venir d'Arcadie avec Evandre, comme chef de sa flotte. D'autres ont inventé un Catillus, fils d'Amphiaraiis qui vint en Italie, où il donna naissance à trois fils : Tiburtus, Coras et Catillus ; Virgile (En. VII, 670) fait combattre ce dernier contre Enée, en même temps que Gseculus, fondateur de Prénesle. Des conmentateurs citent un mont Catillus au voisinage de Tibur. Il est possible que, comme Faunus, ce Catillus ait été un dieu prophétique de l'antique Italie; ce que les poètes en racontent, à la suite des annalistes, est pure subtilité généalogique. J.-A. H.

CATIMARON ou CATAMARON (Mar.). Espèce de radeau employé sur la côte de Coromandel pour le passage des barres et la pêche au large. Il se compose de trois, cinq ou sept pièces de bois de pin ou de cocotier, de longueurs différentes et disposées de manière à ce que la plus longue étant du milieu, elles aillent en décroissant en s'éloignant du centre. L'avant, ayant ainsi une forme pointue, est protégé par trois planches inclinées. Toutes ces parties sont reliées les unes aux autres par des cordes du pays. Le catimaron marche à la pagaie ou à la voile. Celle-ci, de forme triangulaire, est enverguée sur deux de ses côtés et supportée par un mât qui n'a de hauban qu'au vent, en sorte que ce mât tombe de lui-même lorsque la voile marque. Le gouvernail est une planche placée à l'arrière et qui possède une inclinaison constante par rapport à l'axe de la construction; on règle son action en l'enfonçant plus ou moins.

On a donné aussi par analogie le nom de catimaron aux radeaux contenant des matières inflammables avec lesquels les Anglais tentèrent vainement d'incendier la flottille française réunie à Boulogne en 1804. C'était, d'après Mathieu Dumas, un grand cofl're de S^^SO de long sur 1 m. de large, terminé en pointe à ses deux bouts, sans mâture, hermétiquement clos et lesté de manière à demeurer à fleur d'eau. Ce cofl're contenait de la poudre, des matières inflammables, et un mouvement d'horlogerie réglé au moment où l'on lançait le catimaron, pour déterminer l'explosion après un temps déterminé, en faisant jouer une batterie de fusil. — Cette entreprise, qui eut lieu dans la nuit du 2 au 8 oct. 1804, avait été imaginée

par lord Melville, qui était alors à la tête de l'amirauté anglaise. Grâce à un vent favorable, ces machines infernales furent conduites sur des brûlots par le travers des canonnières qui lormaient notre première ligne d'embossage en avant de Boulogne. Mais depuis longtemps le gouvernement français avait été averti des préparatifs de î'amirauté britannique. Des précautions avaient été ordonnées en conséquence. Grâce à des manœuvres habiles, les brûlots anglais sautèrent dans le vide ; les diversions tentées sur divers points par l'amiral Keith échouèrent complètement. La flottille française resta intacte à son poste. De cette opération mal conçue et mal dirigée il ne résulta pour nos ennemis qu'une dépense énorme, une perte d'hommes assez considérable et un peu de ridicule. — Dès 1797, Reveroni-Saint-Cyr avait proposé un catimaron composé^ d'une pyramide quadrangulaire tronquée, portant verticalement une caronade chargée. Cet engin devait être amené au-dessous des bâtiments ennemis au mouillage et perforer leur coque par l'action du projectile lancé de bas en haut et pénétrant dans les fonds du navire.

BiBL. : MarixNE. — Paris, Constructions navales des peuples extra-européens.

CATIN (Métall.). Bassin qui sert à recevoir le métal fondu dans les anciens fours à fondre au réverbère ; le catin est garni intérieurement d'une sorte de mortier composé de terre à four et de charbon en poudre délayés ensemble avec de l'eau. L. Knab.

CATIN A (Joan), poète roumain, né vers le commencement de ce siècle, auteur de poésies révolutionnaires très populaires en 1848 ; il disparut cette année- là môme, et depuis on n'en entendit plus parler. Il est mort il y a quelques années. J. Monnier.

BiBL. : Ar. Densusianu, Istoria ; lassi, 1885.

CATINAT. Nom de guerre du chef camisard Maurel (Abdias) (V. ce nom).

CATINAT (Nicolas), maréchal de France, né à Paris le l^^sept. 1637,mortàSaint-Gratienle 23 fév. 1712. Son père était conseiller au Parlement. Officier dans le régiment des gardes françaises, il se distingua au siège de Lille (1667). Il fut nommé brigadier en 1677, maréchal de camp en 1680, lieutenant général en 1688, maréchal de France le 27 mars 1693. Il fit avec une grande distinction les campagnes de Flandre (1676-1678). Gouverneur de Pignerol, il fit enlever le comte Mattioli, ministre du duc de Modène en qui on a voulu voir l'homme au masque de fer, et en 1681 occupa Casai. Il dirigea en 1686 une expédition contre les Barbets des vallées Vaudoises. Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, il fut employé d'abord au siège de Philipsbourg, puis fut placé à la tête de l'armée d'Italie (1690-1696). Il fit la conquête de la Savoie (1690), prit Nice (1691), battit le duc de Savoie à Stafl'arde (1690) et à la Marsaille (1693), et en 1696, s' avançant jusqu'à deux lieues de Turin, annonça l'intention de bombarder la ville. Cette menace décida Victor-Amédée à signer des préliminaires de paix (29 mai 1696) et à unir ses forces à celles de Catinat pour attaquer ses alliés de la veille (15 sept.) ; mais dès le 10 oct., un armistice fut conclu entre le duc, les plénipotentiaires de l'Espagne et de l'empereur, Tessé et Catinat. Chargé en 1697 du commandement d'une armée en Flandre, il prit Ath. Bien que Catinat ait fait la guerre en Savoie avec la rigueur que Louvois lui ordonna (1690-1), il a laissé la réputation d'un ennemi généreux; il prenait grand soin de ses soldats dont il exigeait une sévère discipline ; il avait toutes les vertus privés, était simple dans ses goûts et très modeste. Au commencement de la guerre de la succession d'Espagne, il fut chargé de défendre le Milanais contre le prince Eugène; mais, n'ayant que des forces insuffisantes et gêné par la nécessité où il était de s'entendre avec le duc de Savoie, généralissime des troupes de France et d'Espagne en Italie, il ne put empêcher l'ennemi d'entrer dans le Milanais ; remplacé dans le commandement par Villeroi, il tint à

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