CATO
l'âge de quatre-vingt-cinq ans. Valère Maxime (VIIl, vu, 1) lui fait à tort dépasser quatre-vingt-six ans ; c'est à tort aussi que T. Live (XXXIX, 40) et Plutarque (Cat. maj,, 15) prolongent sa vie jusqu'à qaatre-vingt-dix ans. Sa famille, d'origine plébéienne, n'avait jamais avant lui exercé de magistratures ; elle avait cependant un certain éclat local, en particulier une réputation de bravoure (Plut., Cat, maj,, 1; Elien., Var, hist., Xll, 6) dont Caton n'était pas peu fier. Elle n'était pas très riche ; Caton, orphelin de bonne heure, n'avait hérité de son père qu'une petite propriété dans le pays des Sabins, tout près de Tusculum. C'est là qu'il pa'ssa son enfance, ayant sous les yeux la chaumière et les sept arpents de Curius Dentatus, entendant raconter la vie et les exploits de ce héros de simplicité et de désintéressement qu'il devait prendre pour modèle (Plut., Cat, maj., 2). En 217 (537), àl'âge de dix-sept ans, pendant la deuxième guerre Punique, il commença sa carrière militaire (Plut., 1; Pline, H. iV., préf.) ; en 214 (540), il faisait partie de l'armée conduite par Fabius Maximus Cunctator, et il y remplissait peutêtre les fonctions de tribun (Cf. Drumann, Rom. Gesch., V, p. 99; Corn. Nép., Cat,, i ; Aur. Vict.. 47 ; Plut., 3) ; il attira alors l'attention de son général qui l'admit dans son intimité. Au siège de Tarente en 209 (545), on retrouve Caton aux côtés de Fabius ; deux ans plus tard, il accompagne le consul Cl. Nero, envoyé contre les Carthaginois, et ne contribue pas peu à la victoire du Métaure (ou de Séna), dans laquelle Hasdrubal fut vaiacu et tué (Corn. Nép., Cat. i ; T. Liv., XXVII, 46; Polyb., XI, 1).
Pendant les loisirs que lui laissait la guerre, Caton se retirait chez lui et là, prêchant à tous le travail, il donnait l'exemple, partageant les fatigues de ses esclaves, l'hiver, couvert d'une simple tunique, l'été, nu sous le plus brûlant soleil ; ou bien il allait dans les villes voisines prêter aux plaideurs le secours de son éloquence. C'est alors qu'un de ses nobles et riches voisins, L. Valerius Flaccus, témoin de ses talents et do ses rudes vertus, l'engagea à venir tenter à Rome la carrière des honneurs; il fit plus, il lui ouvrit sa maison et lui prêta son bienveillant appui. Bientôt Caton, grâce à son protecteur et à ses propres succès au Forum, fut en mesure de briguer utilement les charges publiques. Elu questeur en 205 (549), il accompagna, l'année suivante, Scipion l'Africain en Sicile ; ce serait alors, s'il en faut croire Plutarque [Cat, maj,, 3), que Caton aurait donné le premier témoignage public de son austérité scrupuleuse; indigné du luxe déployé par P. Scipion et de ses dépenses exagérées, il aurait fait des représentations auxquelles Scipion aurait hautainement répondu : « qu'il n'avait à rendre compte que de ses victoires, et non de quelques sesterces ; qu'au surplus il n'avait pas besoin d'un questeur si exact ». Sur ce, Caton serait revenu à Rome, ayant conçu cette haine dont il poursuivit Scipion jusqu'au tombeau; T. Live (XXXIX, 25) ne parle pas de cette anecdote. Edile en 199 (555), il restaura les jeux Plébéiens; l'année suivante, il obtint la préture avec la province de Sardaigne d'où, à son retour, il ramena le poète Ennius . Caton se signala, dans le gouvernement de cette province, par sa sévérité et son désintéressement; il bannit de l'île tous les usuriers, et refusa l'argent que ses administrés voulaient, suivant l'usage, lui offrir pour frais de représentation. Sa sévérité ne lui nuisit pas auprès du peuple, et à l'âge de trente-neuf ans, en 195 (559), il était, quoique homo novus (Cic, Mur,, 8; Plut., Cat, m., 1) élu consul ; il avait pour collègue son ancien protecteur, son ami L. Valerius Flaccus.
Le début de son consulat fut marqué par l'abrogation de la loi Oppia contre le luxe ; Caton défendit énergiquement, éloquemment le maintien de cette loi (T. Liv., XXXIV, 2 et s.), ce fut en vain; le luxe et les femmes eurent gain de cause. Bientôt il partit pour l'Espagne Citérieure dont la révolte effrayait le Sénat; dans cette
guerre, que T. Live a racontée (T. Liv., XXXIV, 8-22), et dont Plutarque a donné le récit anecdotique (Plut., Cat, m., 10). Caton y fit preuve d'un génie militaire remarquable et de qualités administratives tout à fait supérieures. Le Sénat, en l'honneur de cette heureuse campagne, décréta un triduum d'actions de grâces (T. Liv., XXXIV, 21). Ce ne fut pas la seule récompense de Caton : le vainqueur, à son retour, dans le courant de l'année 194 (560), reçut les honneurs du triomphe; la cérémonie fut magnifique et, dans la répartition du butin à ses soldats, Caton se montra plus généreux que ne le faisaient prévoir ses principes bien connus d'économie parcimonieuse (T. Liv., XXXIV, 46).
Ce retour semble avoir été hâté par une manœuvre du vieil ennemi de Caton, Scipion l'Africain, mais les récits diffèrent (Corn. Nép., 2; Plut., Cat, maj,, 11) et il y a peut-être une erreur au fond de chacun d'eux. Quoi qu'il en soit, Caton accusé, à ce qu'on peut conjecturer, à propos de l'expédition d'Espagne, se défendit vigoureusement et avec succès. Trois ans plus tard, pour protester, dit Mommsen (Hist, Rom., IV, 89), contre les dédaigneuses allures de la mode nouvelle, il reprit du service comme légat ou tribun légionnaire (T. Liv., XXXVI, 17) sous Jes ordres de Manius Acilius Glabrio, chargé de la guerre contre Antiochus; il contribua largement, en cette qualité, au succès de la bataille des Thermopyles, 191 (563), et fut chargé d'apporter en personne au Sénat la nouvelle d'une si éclatante victoire.
C'est là vraisemblablement le dernier acte de la carrière militaire de Caton; il alla, il est vrai, en 189 (565) en Etolie, mais il semble y avoir rempli une mission plus civile que militaire. Dès lors, il déploya toute son activité et son énergie au Sénat, au Forum, dans les tribunaux. Dès sa première arrivée à Rome, Caton s'était posé en réformateur, en représentant des anciennes mœurs, de l'opposition des classes moyennes contre la noblesse hellénisante et cosmopolite ; il avait depuis sa questure manifesté ses opinions par des paroles et par des actes ; à partir de 191 (563), ses discours ont encore plus de verdeur et de violence ; ses actes sont plus énergiques, les uns et les autres n'ont tous qu'un même biit, la résistance à la décadence des mœurs. En 190 (564), il s'oppose avec succès à la demande de triomphe faite par Q. Minucius Thermus ; l'année suivante il brigue la censure qui lui permettrait de réaliser les réformes qu'il rêve, il échoue, mais il fait échouer son ancien général Acilius Glabrio, en l'accusant d'avoir détourné les deniers publics. Cet échec ne l'émeut pas ; il poursuit ses accusations ; il essaie en 187 (967), d'empêcher M. Fulvius Nobilioz d'obtenir les honneurs du triomphe, lui reprochant d'avoir emmené avec lui en Etolie le poète Ennius, d'avoir énervé la discipline militaire en prodiguant les couronnes à ses soldats sous des prétextes frivoles (A. Gell., N, att., V, 6) ; mais son éloquence ne convainc pas le peuple. Cette même année, les tribuns Petilius, à l'instigation de Caton, intentèrent une accusation de péculat à L. Scipion et un peu plus tard, le tribun Névius, toujours à l'instigation de Caton, accusait Scipion l'Africain d'avoir vendu la paix au roi de Syrie. En 184 (570), Caton brigue de nouveau la censure ou plutôt la réclame et exige pour collègue L. Valerius Flaccus. « La ville a besoin d'être épurée, disait-il, et ce n'est pas le médecin le plus doux, mais le plus dur qu'il lui faut. » Elu, il agit comme il avait promis de le faire; il raya sept membres du Sénat, parmi eux un consulaire, le frère de Flamininus et un candidat au consulat, Manilius; il enleva son cheval à L. Scipion, ainsi qu'à L, Veturius ; il dégrada L. Nasica (ou Porcins Lseca) pour une plaisanterie (Cic, de Or., 11, 64), Il essaya de rétablir les finances en affermant les impôts à très haut prix, et les travaux publics au rabais ; il voulut refréner le luxe; il comprit dans le cens des citoyens les bijoux, les voitures, les parures des femmes et les jeunes esclaves achetés depuis le dernier lustre,
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pour une valeur décuple du prix qu'ils avaient coûté, et il les frappa d'un impôt de trois as par mille. Il défendit avec fermeté l'intérêt général; il fit rechercher et supprimer les nombreuses prises d'eau qui appauvrissaient les fontaines publiques, au profit de quelques riches particuliers; il obligea tous ceux qui avaient des maisons en saillie sur la voie publique à les démolir dans l'espace de trente jours ; il fit paver les abreuvoirs, nettoyer et construire des égouts, percer un chemin à travers la montagne de Formies, et construire la Basilique Porcia, le premier monument de ce genre élevé à Rome. Le peuple, reconnaissant, lui éleva une statue dont l'inscription rendait témoignage des efforts tentés par Caton pour mettre obstacle à la décadence des mœurs.
A l'expiration de sa censure, Caton ne considéra pas son rôle comme terminé : il ne cessa de combattre l'ambition, l'avidité, le luxe, tantôt par des accusations particulières, tantôt en soutenant des lois destinées à arrêter la corruption morale, la loi Orchia en 181 (573), la loi Voconia en 169 (585) et d'autres. C'est toujours dirigé par l'intérêt général qu'il prend la défense des Espagnols, 171 (583), des Rhodiens, 168 (586) et que, en revanche, au retour de sa mission à Carthage, 157 (597), il réclame, avec une persistance acharnée, la destruction de l'antique rivale de Rome ; c'est par crainte de voir ses compatriotes subir, plus encore qu'ils ne l'avaient subie, Tinfluence de la Grèce et de l'Orient qu'il soutient le sénatus-consulte défendant à Eumène d'entrer à Rome, 166 (588), et qu'il demande le départ de l'ambassade athénienne conduite par Carnéade, 155 (599). Dans cette lutte, Caton ne se démentit jamais et ne faiblit jamais; quelques mois, ou quelques jours avant sa mort, il accusait encore Servius Sulpicius Galba, que ses enfants, et son argent aussi sans doute, sauvèrent d'une condamnation méritée, 149 (605J. Si d'ailleurs Caton avait souvent et vigoureusement poursuivi ses adversaires politiques, il n'avait pas été moins vigoureusement attaqué, ni moins souvent : il fut accusé quarantequatre fois, et à l'âge de quatre-vingt et un ans, en 153 (601), il avait encore à se défendre d'une accusation capitale, mais il fut souvent heureux dans ses accusations, et ses accusateurs au contraire ne purent rien contre lui : il ne fut condamné qu'une fois, et à une amende de deux talents (Plut.,Cai. w., 10). Cette lutte contre les mœurs avait duré soixante ans ; elle fut énergique, elle fut soutenue sans défaillance; malheureusement elle fut inutile, la pente sur laquelle était entraîné le peuple romain était trop rapide pour pouvoir être jamais remontée.
La guerre et la politique n'absorbèrent pas toute l'activité de Caton : ce défenseur des vieilles mœurs romaines, qui méprisait ou affectait de mépriser les lettres et les littérateurs, fut un écrivain fécond et, à proprement parler, le premier prosateur latin. Malheureusement, nous n'avons qu'une bien faible partie de ses ouvrages. Le seul qui nous ait été conservé intégralement est un traité ayant pour titre : De Re rustica, et contenant des instructions sur l'économie agricole d'une propriété sise près de Casinum et de Venafrum. Le texte que nous en possédons semble avoir été modernisé (Cf. R. Keil, Observationes criticœ in Catonis et Varronis de Re rustica libros; Halle, 1849), il a été publié plusieurs fois, entre autres par Gesner {Scriptores rei riisticœ; Riponti, 1787, 88), Schneider {Scriptores rei rusticœ ; Leipzig, 1794- 1797), et plus récemment par H. Keil (M. Porci Catonis de agricultura liber; Leipzig, 4882); il a été traduit par Sabouroux (Anciens ouvrages latins relatifs à V agriculture ; Paris, 1771-1775). La conservation de ce traité ne compense pas, il s'en faut, la perte des autres ouvrages de Caton, elle ne fera jamais oublier la disparition des Origines^ cette première histoire romaine, en prose latine, que Caton commença pour son fils, à ce que dit Plutarque {Cat, maj,^ 20), et à laquelle
il travailla jusqu'aux derniers jours de sa vie. Cette histoire comprenait en sept livres toute Thistoire de Rome depuis les origines jusqu'aux événements contemporains des dernières années de l'auteur: l'histoire des autres races de l'Italie s'y retrouvait aussi retracée avec une ampleur bien différente de la sécheresse des annalistes. Suivant Th. Bergk (Progr,, Halle, 1865), les trois premiers livres auraient paru séparément en 171 (582). Les fragments de cette œuvre remarquable ont été recueillis par plusieurs éditeurs, par Krause {Viiœ et Fragmenta veterum fiistoricorum Roman, ; Berlin, 1833), par H. Jordan (Catonis prœter librum, de re rustica quœ extant; Leipzig, 1860, pp. XIX-LXI, et 3-30), par H. Peter {Historicorum Romanorum Fragmenta; Leipzig, 1883, pp. 40-67).
La perte des discours de Caton n'est pas moins fâcheuse ; le terrible censeur en avait prononcé un nombre considérable; Ckér on {Brut., 17) en connaissait cent vingt, et nous, nous en connaissons encore plus de quatrevingts par des fragments de plus ou moins d'étendue. Le plus ancien de ces discours, dont la date soit certaine, est de 195 (559), le plus récent est de l'année même de la mort de l'orateur. Le recueil de ces discours, publié par Caton lui-même, se conserva relativement assez longtemps; au iv^ siècle ap. J.-C, Servius et Marius Victorinus le connaissent encore. Les fragments, qui ont survécu, ont été de nos jours réunis par H. Meyer {Oratorum Romanorum Fragmenta; Paris, 1837, pp. 111-201), et avec plus de critique, par H. Jordan {Op. /., pp. LXI-XCVm, et 33-74), ils justifient l'appréciation d'Aulu-Gelle ( iV. att, , VI , m, 53 ) ; ea omnia distinctius numerosiusque fortassean dici potuerint, fortius ac vividius, potuisse dici non videntur. Indépendamment de ces ouvrages, Caton avait écrit et publié, pour l'instruction de son fils, une espèce d'encyclopédie où il traitait de l'agriculture, de la médecine, de l'éloquence, de l'art militaire et du droit. Cet ouvrage avait probablement pour titre: Prœcepta ad filium (Monius, ad v. médias trinos) ; il est aussi mentionné sous des indications générales ou spéciales, qui ont fait croire parfois à l'existence de plusieurs traités distincts; c'est ainsi que Jordan {Op, l.) pense que les traités sur l'art militaire et le droit ne faisaient pas partie des Prœcepta ad filium (Cf. 0. Jahn, Veber rômische Encyclopadien, dans les Berichte d, Sœchs, Ges, IfissenscL, 1850, t. H, pp. 263-272; H. Jordan, Op. L, p. 99 et s.) ; Lersch, Zeitschf, /. d, Âtterthumsw,, 1844, pp. 445 et s.). Il faut encore citer : le Carmen de moribus, recueil de maximes morales, qu'on a tour à tour considéré comme écrit en prose, en vers saturniens, sotadiques ou septénaires trochaïques (Cf. Ritschi., Poes, Cat, Spicilegimn ; Bonn, 1854; E. Kârcher, Philologus, VIII, pp. 727 et s. ; A. Fleckeisen, Catonianœ poesis reliquict; Leipzig, 1854) ; des lettres à son fils (Cic, De off., I, XI, 10; Plut., Cat. maj,, 20, Quœst, Rom., 39) ; un recueil désigné sous le titre d'à7uocpO£y[i.aTa (Cic, De off., I, XXIX, 104; Plut., Cat. maj., 2), et des Mots (dicta) de Caton, réunis sans doute après sa mort (Cf. Jordan, Op. t., pp. 97-111 ; CVI et s.). On lui a faussement attribué, d'après un passage de Macrobe {Sat., III, 6), et de Nonius (Assa voce) un livre sur l'éducation des enfants : cette erreur a été amenée sans doute par une confusion avec l'ouvrage de Varron intitulé Cato sive de liberis educandis.
Soldat, homme d'Etat, avocat, écrivain, spéculateur, Caton trouvait encore le temps de remplir ses devoirs de père de famille. Marié deux fois, d'abord avec une patricienne pauvre, Licinia, puis, à quatre-vingts ans, avec Salonia, la fille d'un de ses clients, il avait eu deux fils, un de chaque mariage, et il s'était appliqué à être un bon mari, ce qui valait mieux, disait-il, que d'être un bon sénateur, et aussi à être un bon père ; on a vu qu'il avait composé des ouvrages destinés à son fils aîné, il avait
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fait plus, il lui avait montré lui-même tout ce que les Romains d'alors devaient savoir, la lecture, l'écriture, le droit national ; l'éducation de ce fils a été, peut-être, une de ses meilleures œuvres. Il se montrait d'ailleurs chez lui tel qu'il était en public, sévère pour sa femme, pour ses enfants, et surtout pour ses esclaves, économe et frugal. Cependant sur la fin de sa vie, s'il faut en croire Plutarque, il se départit un peu, trop même, des vertus qu'il avait prêchées, qu'il avait pratiquées (Plut., Cat. maj., 20 et s.). Il négligea l'agriculture pour la spéculation et pour l'usure maritime, lui qui avait chassé les usuriers de Sardaigne ; lui l'homme sobre et frugal, il se laissa entraîner aux plaisirs de la table, si bien qu'Horace (Od., lïl, XXI, 10), et bien d'autres après lui, ont pu reprocher à l'austère censeur « d'avoir trop souvent ranimé sa vertu parla chaleur du vin ». Mais ce sont là des taches qui ne sauraient ternir une vie d'ailleurs si bien remplie et si belle. Caton n'en reste pas moins, aux yeux de la postérité, ce qu'il fut aux yeux de ses contemporains, le vrai type du citoyen romain. Il incarna en lui l'esprit d'action et la droiture des vieux républicains; dans cette invasion du cosmopolitisme, il fut le représentant de la patrie romaine, le défenseur des traditions qui avaient fait Rome grande et forte ; il mérita qu'un poète {AnlhoL, I, 572, 3), enthousiaste des vertus de son compatriote, le mît au-dessus de tous les sages de la Grèce, et s'écriât : Malim unum Catonem quam trecentos Socratas.
BiBL. : Cornélius Nepos, Vie de Caton ; T. Live, XXXIX, 40. — Plutarque. Cat. mai. — Aurelius Victor, De vins illustribus, 47. — J.-H. van Bolhuis, Diatribe in M. P. Catonis^ scripta et fragmenta ; Utrecht, 1826. — M.-P. LiNDO, Diairibe in Calonis vitam et mores ; Arnheim, 1851. — G. Kurth, Caton l'Ancien; Liège, 1872. — Gaillardin, les Géorgiques, comparaison de ce poème avec les deux traités de Caton et de Varron De re rustica ; Paris, 1830. — Lame, De Catone censorio oraiore, 1864. — 0. Ribbeck, M. Porcins Cato als Schriftsteller.Neues Schweiz.Mus., 1861, pp. 7 et s. — L. Dietze, De Sermone Catoniano ; Anciam, 1871. — Berger, Histoire de Véloquence latine; Paris, 1881, t. I, pp. 319 et s., t. Il, pp. 1 et s. ; pp. 316 et s. Berthelot, Histoire intérieure de Rome (tirée de Lange); Paris, 1885, t. 1°^-.
CATO (Marcus-Porcius-Licinianus), jurisconsulte romain, mort en Tan 153 av. J.-C, fils aîné de Caton le Censeur. Pomponius (Loi 2, § 38, Dig.^ De orig. juris, I, tit. II), nous rapporte qu'il écrivit des ouvrages de droit : cujus et libri exsant; s'il faut en croire Aulu-Gelle {fruits Attiques, XIII, 19), il serait Fauteur d'un traité De juris disciplina* On lui doit vraisemblablement la fameuse règle catonienne (V, Càtoniense régula). P. N.
Bibl. : RiviER, Introd. à l'étude du droit romain. — Maynz, Cours de dr. romainj p. 238, 4« éd. (V. Cato [Censorimis]).
CATO (Dionysius ?), poète latin, auteur présumé d'un recueil de quatre livres de sentences morales, expriméees chacune en deux vers hexamètres. Un manuscrit de Paris, 2659 (ix« siècle), intitule cet ouvrage Liber Catonis philosophi ; un manuscrit vu par Scaliger portait pour titre : Dionysii Catonis disticha de moribus. Ces maximes sont au nombre de 174; les trois derniers livres ont chacun un prologue. Elles ont été écrites par un auteur païen, probablement au m® ou iv® siècle. Le recueil entier est précédé de 56 préceptes en prose, qui paraissent être de mains différentes ; les premiers semblent d'inspiration purement antique [foropare ; pugna pro patria, ^ic) on destinés aux écoliers (trocho lude, aleam fuge, litteras disce); les autres accusent une origine chrétienne (minime judica^ alienum noli concupiscere). Cet ouvrage, pris souvent pour le Carmen de moribus ad fllium de Caton le censeur, a exercé une grande influence pendant tout le moyen âge, c'était un des classiques en usage dans les écoles sous ce titre : le Catho ou le Cathonet; il a été souvent paraphrasé en prose ou en vers, et souvent traduit. Un recueil de 88 sentences en un seul hexamètre et 3 en distiques a été publié d'après un manuscrit du x« siècle environ, dans V Anthologie de Riese(t. II).
En 1759, il en parut une édition en cinq langues. Il avait été publié envers italiens en 1475 par Cartellucio di Campania ; en anglais par Gaxton, en 1483 ; au xvi® siècle il fut mis en français par Everard ; J. Macé et Pierre Grosnet l'amplifièrent sous le titre de : Mots et Sentences dorées dumaistre de Saigesse Caton; F. Hubert le mit en quatrains, et ils eurent de la vogue sous cette nouvelle forme.
Bibl. : F. Hauthal, édition avec introduction; Berlin, 1869. — Fabricius, Bib. lat., III, 259. ^ Boxiiorn, De Distichis quœ Catonis nomine circonferuntur, éd. de 1735 et 1764. — J. Travers, Thèse latine sur V authenticité des distiques de Caton ; Falaise, 1832. — F. Zarncke, Der Deutsche Cato ; Leipzig, 1852. — Leroux de Lincy, le Livre des Proverbes, IH'od. — Teuffel, Littérature latine,
CATO (Valerius), poète et grammairien latin, né vers 90 av. J.-C. Suétone nous apprend (Gramm., p. 109, éd. Reifferscheid) qu'on le disait affranchi d'un certain Bursenus, que lui-même se prétendait de naissance libre et avait été dépouillé de son patrimoine du temps de Sylla. Il instruisit un grand nombre d'hommes distingués, surtout parmi ceux qui voulaient cultiver la poésie; il écrivit différents ouvrages de grammaire, un livre appelé Indignatio (on ne sait s'il était en prose ou en vers) ; un poème intitulé Lydla, un autre qui s'appelait Diana, Valerius Cato était fort prisé d'Helvius Cinna, de Bibaculus qui l'appelait unicum magistrum, summum grammaticum, optimum poetam. On connaît aussi ces vers qui l'appelaient la Sirène latine :
Cato grammaticus, latina Siren, Qui solus legit ac facit poetas.
Il est nommé comme défenseur de Lucilius, dans les vers qui servent d'introduction à la satire dixième du livre I d'Horace. Ovide le cite parmi les autorités par lesquelles il justifie la poésie erotique :
Et levé Cornifîci parque Catonis opus (Tr. II, 436).
J. Scaliger attribua à tort à Valerius Cato le poème pseudo-virgilien intitulé Dirœ et qui réellement comprend deux pièces : Dirœ et Lydia (V. Virgile). Catulle y est visiblement imité, et les allusions historiques qu'il contient se rapportent à l'an 41 av. J.-C. A. W.
Bibl. : Schwabë, Quœstiones Catullianae. — O. Ribbeck, Appendix Virgiliana, 1868. — Divers opuscules cités par W. Teuffel, Histoire de la littérature romaine,
CATO (M. Porcius, Caton d'Utique), né en 95, mort le 8 avr. 46 av. J.-C. Arrière -petit -fils de Caton l'ancien; son père étant mort de bonne heure, il fut recueilli par son oncle C. Porcius, qu'il perdit aussi peu de temps après. Il fit ses premières armes contre Spartacus, en 72, puis en Macédoine. 11 revint ensuite à Rome oii il se livra à l'étude de l'éloquence et de la philosophie. Questeur en 65, il fut élu tribun en 62, il réfuta le discours de J. César, dans l'afl'aire des complices de Catilina et obtint leur condamnation à mort. On connaît le discours que Salluste lui prête ; on y remarque plusieurs traits qui paraissent convenir à un homme plus âgé, puisqu'il n'avait que trente-deux ans. A cette occasion, Salluste, comparant les deux adversaires, trace ce glorieux portrait de Caton : « 11 pratiquait la modération, la décence, et surtout l'austérité. Il luttait non d'opulence avec les riches ou d'intrigue avec les politiques, mais de courage avec les plus fermes, de retenue avec les plus modérés, de désintéressement avec les plus intègres, aimant mieux être un homme de bien qu'en avoir l'apparence. Il s'était, par son attitude, attiré l'inimitié de César qui comprit quels obstacles il trouverait dans les vertus d'un tel citoyen. Il s'opposa également, mais sans succès, à Pompée que son opposition au contraire poussa à se rapprocher davantage encore de César (Cicéron, Pro Murena, UJ.jAussi, lorsque celui-ci fut sur le point de partir pour la Gaule, eut-il soin de faire donner à Caton, par l'entremise de P. Clodius, une mission à Chypre (Plut., Cat, min., 35). De retour. Il défendit Milon avec Cicéron, combattit intimemeni les candidatures de César et de Pompée au consulat, et ne put lui-même arriver à la préture (Plut., Cat., 42);
GATO — CÂTONIANA
il ne l'obtint qu'en 54. Il resta à Rome, s'appliqua passionnément à combattre la corruption et le désordre; après la condamnation de Milon, à laquelle il s'opposa sans succès, il demanda le consulat, mais ne put arriver, parce qu'il dédaigna d'employer les moyens ordinairement en usage pour gagner les électeurs. Lorsqu'éclata la guerre civile, Caton s'enfuit de Rome à l'approche de J. César; se rendit en Sicile auprès de Pompée ; de là à Rhodes, parce que son esprit républicain créait des difficultés dans le camp aristocratique de Pompée (Plut., Cat. min.^ 54; Sén., Ê/?., 404). 11 conseillait de temporiser, mais on ne l'écouta point : après le combat de Dyrraehiura, il resta dans la place avec une garnison ; quand Pompée eut été vaincu à Pharsale, il se mit à sa recherche et, après sa mort, se rendit à Cyrine, puis à Utique, où il résolut de se défendre. Mais la délaite de Thapsus découragea les siens gui parlèrent de se rendre. 11 donna à tous ceux qui le désiraient les moyens de partir, et, après avoir lu le Phédon de Platon, et dormi paisiblement jusqu'au milieu de la nuit, il se perça de son épée. Il tomba en entraînant une table. On accourut, on lui donna des soins, mais il enleva l'appareil mis sur la plaie et mourut à la suite de l'hémorragie. Il n'avait pas voulu survivre à la république, dont il portait le deuil depuis le commencement de la guerre civile. Sa vie et sa mort furent également nobles et d'accord avec les maximes de la philosophie stoïcienne, qu'il avait adoptée. Nous ne possédons de lui aucun écrit, sauf une lettre adressée à Cicéron {Ad» Fam., XV, 5). 11 s'excuse, non sans une certaine coquetterie, d'écrire, contre son habitude, une aussi longue lettre. En réalité, celle-ci n'a qu'une vingtaine de lignes. Ses contemporains rendirent justice à la fermeté, à l'élévation de son caractère et à l'intégrité de sa vie. Nous avons cité plus haut l'éloge que fait de lui Salluste {Cat., 54); on sait dans quels termes en parle Cicéron, même lorsqu'il l'a pour adversaire {Pro Mur,, 28). Le grand orateur composa reloge du grand citoyen, et donna à cet écrit le titre de Caton ; César y répondit par V Anti-Caton, Brutus par contre, trouvant insuffisant le traité de Cicéron, traita le même sujet, et Lucain, plus tard, lui consacra les beaux vers bien connus de sa Pharsale, A. Waltz.
BiBL. : Plutarque, Cato minor. — Cicéron, Lettres^ passim. — - César, De Bello Civili. — H. Wartmann, Cato von Uitica ; Zurich, 1858.
CATO CALA {CatocalaSàirank) (Entom.). Genre deLépidoptères-Hétérocères, qui a donné son nom à la famille des Catocalides. Ce sont des Noctuelles de grande ou de moyenne taille, à antennes longues, grêles, pubescentes
chez les mâles, filiformes chez les femelles, à ailes larges et épaisses, les antérieures grises, ondées de fascies plus foncées, les postérieures bleues, rouges ou jaunes avec des bandes noires plus ou moins larges. Les chenilles sont allongées, atténuées aux deux extrémités, garnies de poils courts et raides de chaque côté du corps. Elles filent de légères coques de soie entre les feuilles ou les écorces et s'y transforment en chrysalides cylindro-coniques, recouvertes d'une efflorescence bleuâtre ou blanchâtre. — Les Catocala habitent l'Europe et l'Amérique du Nord. Des quinze espèces environ qu'on trouve en France, les principales sont : le C. fraxini L. , le C, nupta L. et le C, paranympha L.
Catocala nupfca L.
Le C. fraxini ou Lichénée bleue de Geoffroy atteint jusqu'à dix centim. d'envergure. Ses ailes inférieures sont noires avec une large bande médiane d'un bleu pâle et la frange blanche précédée d'une ligne festonnée noire. Cette belle Noctuelle, la plus grande de toutes celles d'Europe, se rencontre surtout dans le Midi; on la trouve, pendant le jour, appliquée contre le tronc des peupliers ou sous les chaperons des murs. Le C. nupta ou Lichénée rouge de Geoffroy est remarquable par ses ailes inférieures d'un rouge sanguin très vif, frangées de blanc, avec une large bande noire marginale et une seconde bande, médiane, de même couleur. Sa^ chenille vit, en mai et juin, sur les saules et les peupliers. Le papillon est commun de juillet à septembre. Beaucoup plus petit que les deux précédents, le C, paranympha se reconnaît à ses ailes inférieures d'un jaune fauve ornées de deux bandes roires. On le trouve, mais assez rarement, dans l'Est et le Centre. Sa chenille vit, en mai, sur les Prunelliers {Prunus spinosa L.). Ed. Lm\
CATOCHE (Cap). Pointe N.-E. de la presqu'île de Yucatan, sur le territoire mexicain, en face du cap San Antonio (Cuba), par 21*> 35' de lat. N. et 89» 28' de long. 0. de Paris.
CATOGAN (V. Câdogân).
CATO LA (Uc ou Hugues), troubadour, qui vivait au XII® siècle. On ne possède de lui que deux tensons, l'une avec une dame inconnue, l'autre avec le célèbre Marcabrun.
CATO L LE (Serrur.) (V. Fenêtre).
CATOMÉTOPES (Carcinologie). Nom donné par Milne Edwards à une importante section du sous-ordre des Décapodes-Brachyures, correspondant à peu près à la division des Quadrilatères de Latreille et comprenant les familles des Telphusides, de Gécarcinides, des Pinnothérides, des Ocypodides, des Gonoplacides, des Rapsides et quelques autres moins importantes.
La section des Catométopes est surtout caractérisée par la position des orifices génitaux du mâle, qui s'ouvrent sur le sternum même et se prolongent en gouttières contenant les pénis. La carapace est presque toujours quadrangulaire et coupée droit sur les côtés, la région branchiale}; est très développée tandis que la région hépatique est petite. Le cadre buccal est quadrilatère et les antennes externes petites s'insèrent dans l'angle de la cavité orbitaire. — Beaucoup de Catométopes vivent dans les eaux douces ou saumâtres, d'autres, tels que les Gécarcinides, sont terrestres, d'autres enfin, comme les Pinnothérides, vivent en parasites dans les coquilles des Mollusques Lamellibranches. E. Simon.
CATON (V. Cato).
CATONIANA régula. Principe de droit romain formulé, à la fin du vi® siècle de l'ère romaine, par l'un des jurisconsultes du nom de Caton, Caton le Censeur ou son fils, Si le legs eût été nul, à supposer que le testateur fût mort immédiatement après avoir fait son testament, il continuera à l'être quel que soit le moment où se produira plus tard le décès ; telle est la règle Catonienne (L. l,pr. D. De régula Catoniana, 3i, 7). Dans le droit romain primitif, tous les actes juridiques sont solennels ; leur validité dépend de ce fait que des cérémonies traditionnelles ont été accomplies et que des paroles consacrées ont été prononcées. Si, au moment même où l'acte juridique intervient, ces cérémonies traditionnelles et ces paroles consacrées ne sont pas assez puissantes pour faire naître un droit, la nullité ne saurait être couverte par un événement postérieur. Comme le testament per aes et lihram se présente sous lapparence d'une mancipatio familiœ,c.'k-é, d'un acte destiné à produire ses effets à l'instant même, Caton, consulté sans doute sur ce point, appliqua aux legs les principes généraux que nous venons d'exposer ; pour savoir si le legs pouvait ou non produire ses effets il fallait, selon lui, se placer non pas à l'époque du décès du testateur, mais à celle de la confection du testament. C'était là une solution correcte assurément,
CATONIANA — CATORCE
mais qui ne dénotait pas un grand esprit de progrès. En prenant pour base la maxime de Caton, la jurisprudence postérieure sut néanmoins améliorer dans une certaine mesure la législation relative aux legs. Lorsque le legs est conditionnel, l'ouverture provisoire du droit au legs (dies cedens) se produit non pas au décès du testateur, mais seulement à l'arrivée de la condition. Pour les jurisconsultes des premiers siècles de l'ère chrétienne il suffit qu'aucun obstacle ne s'oppose alors à l'exécution de la volonté du testateur. Le legs est valable si la chose léguée sous condition appartenait au légataire quand le testament a été fait, et a cessé depuis d"e lui appartenir (L. 41, § 2, D., De kg., I (30) § 40, î, De leg., % 20). Il en est de même si le legs conditionnel est consenti en faveur d'un esclave de l'héritier institué et qu'à l'arrivée de la condition l'esclave ait changé de maître (§ 32, I, De leg,i 2, 20); cette dernière solution, à laquelle se ralliaient déjà les Sabiniens, était encore rejetée,au temps de Gains, par les jurisconsultes de l'Ecole Proculienne (G. 2, 244). Jusqu'où alla-t-on dans cette voie? 11 existe à cet égard quelque incertitude. Nous pensons que le legs, fût-il conditionnel, restera nul, même si le légataire auquel faisait défaut la capacité requise (testamenti factio) vient à l'acquérir après la confection du testament, même si la chose léguée cesse d'être hors du commerce (extra commercium), perd la qualité de chose sacrée ou de chose publique. Pour mettre la règle Catonienne en harmonie avec les réformes que nous venons d'indiquer, les jurisconsultes de l'époque classique restreignirent son domaine d'application et donnèrent un sens plus étroit aux mots legatum inutile, dont s'était servi Caton. Quand, au moment du testament, le legs sera nul de nullité absolue (legatum non datum) il restera nul quoi qu'il arrive, même s'il est conditionnel et cela en vertu des principes généraux. Se trouve-t-on au contraire moins en présence d'une cause de nullité que d'un obstacle à l'exécution de la volonté du testateur (legatum inutile) la règle Catonienne doit être suivie si le legs est pur et simple. Elle ne doit pas l'être si le legs est conditionnel ou s'il rentre dans la catégorie de ceux pour lesquels il n'y a pas, au moment du décès, création d'un droit éventuel au profit du légataire (L. 3, D., De reg, Catoniana, 34, 7).
Ainsi interprétée, la règle Catonienne, qui avait été dans la pensée de son auteur la mise en œuvre des principes du droit commun, se transformait en une disposition spéciale aux legs. Elle se maintint avec ce caractère jusqu'à la fm de la législation romaine. Emile Jobbé-Duval.
BiBL. : Machelard, Etude sur la règle catonienne en droit romain, dans la Revue historique de droit (année 1862) et dans les Dissertations de droit romain et de droit français^ 1882, p. 469. — Accarias, Précis de droit romain, 1. 1, pp. 1072 et suiv., 4° éd. — G. May, Elém,ents de droit romain, 1889, t. I, pp. 489 et suiv. — Karlowa, Bas Rechtsgeschâft und seine Wirkung, 1887, pp. 126 et suiv. ~ Kuntzb, Cursus des rômischen Redits § 844, p. 589. — Brinz Pandekten, 1886, t. III, § 429, p. 429, 2« éd. - J. Baron, Pandekten, 1887, § 442, p. 727, 6« éd. — WiNDSCHEiD, Pandekten, 1887, t. 111, § 638, p. 334, 6" éd. — Dernburg, Pandehten, 1888, t. III, 1 104, p. 207, 2^ éd. CATONIUS JusTus, centurion des légions de Pannonie. Il fut par elles envoyé vers Tibère, lors de la révolte que Drusus réprima en 14 (Tacite, Annales, I, 29). Sous Claude il fut préfet du prétoire, et comme il faisait mine de dénoncer Messaline à l'empereur, celle-ci le fit périr secrètement (Dion, LX, 18).
CATONIUS (Nicolaus-Holgeri), auteur dramatique suédois, mort en 1655. Etant recteur de l'école de Kalmar, il fit représenter dans cette ville, en 1632, une tragédie sur la ruine de Troie (Troijenborgh), écrite sous l'influence de J. Messenius, mais qui ne manque pas de valeur poétique et dramatique. Il publia un Manuel de Physique (Linkœping, 1648). B-s.
CATON VI ELLE. Com. du d^p. du Gers, arr. de Lombez, cant. de Cologne; 154 hab.
CATOPS {Catops Payk.). Genre dTnsectes-Coléoptères,
Catops sericeus Fabr.
(grossi).
de la famille des Silphides, dont beaucoup d*auteurs ne font qu'une section du genre Choleva Latr. (V. ce mot). Ce sont des petits insectes très agiles, au corps ovalaire, à antennes plus courtes et plus éi>aisses que celles des Choleva. Leurs élytres sont dures, assez épaisses et toute la surface du corps est recouverte d'une pubescence fine, courte, serrée, à reflets soyeux.
Les espèces, assez nombreuses, se trouvent dans les bois pourris, les feuilles mortes, les substances animales ou végétales en décomposition. Le C. sericeus Fabr., long de 2 mill,, d'un brun foncé à reflets soyeux, n'est pas rare aux environs de Paris. Il en est de même du C. fuscus Panz., dont la larve, décrite par Erichson (Wiegm. Arch., 1841, t. I, p. 106), ressemble beaucoup à celles des Silpha. — Les Catops Imorphus, très voisins des Catops, se rencontrent exclusivement dans les fourmilières. Ed. Lef.
CATOPSALIS (Mamm. Paléont.) (V. Ami>hithêres) . CATOPTERUS (Ichtyol.) Agassiz a donné ce nom à des poissons trouvés dans les schistes paléozoïques de Caithness ; la dorsale est longue, opposée à l'anale, ces deux nageoires étant très rapprochées de l'extrémité de la queue; la caudale est franchement hétérocerque, les rayons du lobe inférieur de la nageoire étant articulés sur l'extrémité des apophyses épineuses inférieures des dernières vertèbres ; les pectorales sont petites. Sedgwich et Murchison ont cru qu'il existait deux dorsales très rapprochées et ont, dès lors, attribué le nom de Dipterus aux poissons que nous faisons connaître. E. Sauvage. CATOPTRIQUE. Partie de l'optique qui s'occupe des phénomènes de la réflexion (V. ce mot).
CATOPYGUS (Zool.). Genre d'Echinodermes de la classe des Echinoïdes, famille des Cassidulides, établi par Agassiz qui l'a distrait des Nucleolites ; il est caractérisé principalement par un floscelle très développé ; les pores ambulacraires sont réunis par des sillons distincts, comme cela a lieu pour les pétales. Les autres caractères sont les suivants : ambulacres pétaloïdes, ouverts, péristome pentagonal excentrique, anus très élevé sur le bord postérieur et recouvert par une saillie du test. Les espèces assez nombreuses de ce genre, sont répandues dans tout le crétacé, on le retrouve dans le tertiaire d'Australie et on en connaît une espèce encore actuellement vivante, le CatO" pygus recens d' Agassiz.
CATORAMA (Entom.). Guérin-Méneville (Rev.et Mag. de Zool. , 1850, p. 4c>l), a établi, sous ce nom, un genre de Coléoptères, de la famille des Anobiides, très voisin des Dorcatoma (V. ce mot), dont il diffère surtout par le nombre des articles des antennes et par la forme des palpes et des lobes membraneux des mâchoires. L'espèce type, C, tabacl Guér., est un petit insecte de couleur noire brunâtre, recouvert d'une pubescence grise, avec les antennes testacées. Probablement originaire de l'Amérique, il s'est'acclimaté sur tous les points du globe. 11 attaque les feuilles de tabac desséchées et cause parfois de grands dégâts dans les boîtes de cigares de la Havane.
CATORCE, Ville du Mexique, Etat de San Luis de Potosi, ch.-l. de district au N.-E., à 2,730 m. d'alt., un peu au N. du tropique ; 17,820 hab. C'est le centre
Catorama tabaci Guér.
(grossi).
G4T0RCE — CÂTSKILI.
d'un des districts miniers les plus riches du Mexique. Les mines d'argent et les établissements oti Ton traite le minerai sont situés au S. de la \ille. L'exploitation remonte à 4773. Son produit annuel a atteint 20 millions ; on ne Tévalue plus qu'au quart de cette somme.
CATOSTOME. Genre de Poissons osseux (Téléostéens) , de Tordre des Physostomes et de la famille des Cyprinidœ, dont les principaux caractères résident dans des écailles tantôt de dimensions ordinaires, tantôt très larges, une nageoire dorsale modérément longue, opposée aux ventrales et sans pine, des lèvres épaisses, verruqueuses, entourant la bouche située en dessous et privées de barbillons, des dents pharyngiennes disposées en séries, comprimées. On connaît environ seize formes appartenant à ce genre et habitant les eaux douces de l'Amérique du Nord et de l'E. de la Sibérie. L'une d'elles, le Catostomus macrolepidotusy présente une particularité anatomique remarquable et qui consiste en ce que la vessie aérienne est divisée en trois parties, dont la dernière communique avec l'œsophage par un petit canal. Rocher.
BiBL. : CuviER et Valenciemkes, H. n, générale ; PoiS' sons, — GuNTiiER, Cat. Fish. Brit mus. et Study of Fishes.
GATOXANTHA (Catoxaniha Solier) (Entom.). Genre d'Insectes-Coléoptères, de la famille des Buprestides, caractérisé par le corps allongé, presque plan en dessus, les antennes fortement dentées à partir du quatrième article, le prothorax brusquement rétréci dans sa moitié antérieure, les élytres très amples, sinuées de chaque côté avant leur milieu, puis élargies et de nouveau rétrécies en arrière. Ce genre se compose de grandes et magnifiques espèces propres aux régions tropicales de l'Inde et aux îles de l'archipel Malais. L'espèce type, C. bicolor Fabr. {Buprestis héros Wiedem.), est longue d'environ 70 millim.; elle a le dessous du corps d'un jaune orangé très luisant, les pattes et le dessus du corps d'un beau vert métallique, avec le prothorax et les élytres ornés chacun de deux taches jaune orangé cernées de bleu métallique. Ce magnifique Bupreste habite Java, Bornéo, Siam. Ses élytres servent à faire des parures de femmes.
Ed. Lef.
CATROU (François), jésuite, né à Paris en 4659, mort en 1737. Il fonda le Journal de Trévoux en 4701 et y travailla jusqu'en 1713, Autres œuvres : Histoire générale de l'empire du Mogol (1702, in-4), d'après les mémoires portugais de Manouchi; Histoire romame (Paris, 1725, M vol. in-4, fig. ; 1733,24 vol. in-12), en collaboration avec le P. Rouillé; Histoire du fanatisme des religions protestantes (Paris, 4707, in4; 1737, 3 vol. in-Î2).
CATRUFO (Giuseppe), compositeur d'opéras, né à Naples le 19 avr. 1771, mort à Londres le 19 août 1851. Cet artiste singulier apprit la musique à Naples, se rendit à Malte où il fit représenter deux opéras, puis s'engagea dans l'armée française lors de la Révolution de Naples. Il fit toute la guerre d'Italie. A Diano Marina, il était adjudant de place, et défendit avec courage la ville contre les attaques d'une escadre anglaise. 11 retournait souvent à ses occupations musicales, et, sans interrompre son service, donnait, par exemple, au théâtre d'Arezzo // Furbo contro il Furbo (1799), ou, à la cathédrale de la même ville, une messe à quatre voix, un Dixît, avec chœurs et orchestre. En 1804, il quitta le service, alla se fixer à Genève, y ouvrit, le premier, un cours d'enseignement musical mutuel qui réussit pleinement. En 4810, il vint à Paris, y enseigna le chant, publia des vocalises qui furent adoptées par le Conservatoire de Milan. En 1820, il fit imprimer ses Solfèges progressifs. Déjà il avait fait jouer il Corriere (Malte), Cajacciello diser tore (MdLliB), et, sur des textes français, de 4805 à 4840, à Genève, Clarisse, la Fée Urgèle, r Amant alchimiste^ les Aveugles de Franconville. A Paris, il
donna V Ave^iturier (4843) ; Fétide ou la jeune fille romanesque (iSi^); Une Matinée de Frontin (1815); la Bataille de Denain (1816); la Boucle de cheveux (1816); Zadig (1818); Vîntrigue au château (1823); le Voyage à la cour, les Rencontres (1828) ; le Passage du régiment (1832). Ses œuvres posthumes sont Blonde et Olivier, Don Baphaël et Clotaire, On lui doit aussi des morceaux de musique de chambre, duos, nocturnes, fantaisies ; des vocalises (Paris, 1826); une Méthode de vocalisation (1830) ; un Barème musical (1811); une Cantate sur la victoire de Marengo, etc. Catrufo quitta Paris en 1835 pour aller s'établir à Londres. A. E.
CATS (Jacob), poète hollandais, né à Brouwershaven le 10 noy. 4577, mort à Zorgvliet le 42 sept. 4660. Il fit ses premières études à Zierikzee et fréquenta ensuite les ' Universités de Leyde et d'Orléans où il prit le grade de docteur en droit. 11 pratiqua pendant quelque temps la profession d'avocat dans sa ville natale, puis il l'abandonna et se rendit aux Universités d'Oxford et de Cambridge. De retour en Hollande, il devint pensionnaire de la ville dé Middelbourg, puis de celle de Dordrecht, et en 4627 il fut envoyé à la cour de Londres en qualité d'ambassadeur des Provinces-Unies. En 4648, il devint garde des sceaux et, en 4652, il retourna en ambassade à Londres. Les hauts emplois politiques et administratifs dont Cats fut investi ne l'empochèrent pas de se livrer au culte des lettres. Il est l'auteur de nombreuses poésies pleines d'une candeur naïve et remarquables par une imagination riche et féconde, un style clair et une grande pureté d'expression. En dépit de ces brillantes qualités, les œuvres de Cats tombèrent bientôt dans l'oubli injuste dont Bilderdijk les tira vers la fin du dernier siècle en donnant une nouvelle édition de ses œuvres. Ce fut une révélation pour le public néerlandais et, depuis lors, la vogue lui est demeurée fidèle. Un monument a été élevé à Cats par la ville de Gand en 4829 et une statue à Brouwershaven en 4853. — Les principales œuvres de Cats sont les suivantes : Emblemata, poème allégorique (4648) ; Selfstryt (La lutte contre soi-même) (1620) ; Proteus en Galathea (1627) ; Spiegel van den ouden en ISieuwen Tyt (Miroir du passé et du présent) (1632) ; Gedachten ops laeplooze nachten (Pensées des nuits d'insomnie) (1664); /C/agende Maeghden (Vierges plaintives) (1644). Cats es aussi l'auteur d'une curieuse dissertation sur la comète de 1618. La meilleure édition de ses œuvres est celle d'Amsterdam (1790-1800, 19 vol. in-12). E. H.
BiBL. : Wagenaar, Vadert hist. — Schkltema, Staath. Nederl. ~ Van Kampen, Geschted. der Nederl. Lelt. en dichth ; La Haye, 1821-1826, 3 vol. in-8. — Bilderdyk, Gesch. der vaderL; Amsterdam, 1819-
CATS (Jacob), paysagiste de l'école hollandaise, né en 1741 à Altona, oîi sa famille s'était réfugiée à la suite de persécutions religieuses, mort en Hollande en 1799. Il avait été d'abord destiné à une profession manuelle ; son goût marqué pour le dessin décida son pore à le mettre en apprentissage comme graveur chez Abraham Starre, puis à lui faire enseigner le dessin par Pieter Louw et par d'autres artistes. Cependant l'étude de la nature lui tut encore plus profitable, et ses cartons de tapisseries représentant des paysages avec des figures et des animaux furent bientôt très recherchés. Cats a reproduit également avec succès des tableaux de G. Dow, de Rembrandt, de Van der Helst ; mais ses dessins de paysages à la plume lui ont valu surtout sa réputation. Les principaux amateurs de la Hollande tenaient à avoir dans leurs collections des vues de leur pays, ou des compositions telles que les Quatre Saisons, les Douze Mois, etc., qui sont encore aujourd'hui fort appréciées pour la franchise et la lacilité de leur exécution. Cats, qui a beaucoup produit en ce genre, a peint également quelques tableaux à l'huile et gravé aussi plusieurs planches : trois Vues d'Amsterdam et six petits paysages remarquables par la légèreté de leur facture. E. M.
GATSKILL MouNTAiNS. Groupe de montagnes situé au
CATSKILL — CATTARO — 868
Nord des Appalaches (Etats-Unis), sur la rive occidentale du fleuve Hudson (comté de Greene, Etat de New- York), à 12 kil. du village de Catskill,etdans une direction générale parallèle au fleuve. Les pentes, escarpées vers TE., sont plus douces vers l'O. Ces montagnes, très pittoresques, séjour favori des artistes et des touristes, oflrent une grande variété de sites, points de vue, gorges et cascades. De nombreux hôtels sont in^àtallés sur divers points du groupe pour recevoir la foule des visiteurs. Les pics les plus renommés sont : Fine Orchard, Overlook, Round Tap, High Peak (environ 1,200 m.).
GATTANEO (Danese), sculpteur et architecte italien, né à Colonnata, près de Carrare, en 1509, mort à Padoue en jonv. 1573. Elève de Jacopo Sansovino, à Rome, il le retrouva à Venise et fut employé par lui à la décoration de la Bibliothèque (1535) et de la Monnaie (1545). 11 travailla à Padoue au tombeau du cardinal Bembo, dont il fit le buste; à Vérone, il bâtit la chapelle Sainte- Anastasie (1565) et exécuta la statue de G. Fregoso. Il revint à Padoue et mourut laissant inachevés les bas-reliefs de San-Antonio. C'était un ami du Tasse; il a écrit plusieurs poèmes inachevés, et VAmor di Marfisa (Venise, 1562).
BiiîL. : Perkins, les Sculpteurs italiens. — BurckiiARivret JBoDE, der Cicérone. — Campori, Memorie biogra fiche degli Scultori, Architetli, Pittori, ec, nativi de Carrara; Modène, 1873.
GATTANEO (Carlo), polygraphe et patriote italien, né le 15 juin 1801, mort à Castagnola, près de Lugano, le 6 (évr. 1869. Fils d'un métayer de la basse Lombardie, il fit ses premières études au séminaire de Milan. Professeur à vingt ans au gymnase de Santa Marta, il enseigna d'abord la grammaire, puis la rhétorique, et exerça une grande influence sur ses élèves. Lui-même, s'appliquant en même temps k l'étude de la jurisprudence et de l'économie politique, devint le disciple le plus autorisé de Romagnosi. Avide de savoir, il étendit chaque jour le cercle de ses connaissances. En 1839, il fonda le Politecnico, revue scientifique qu'il dirigea pendant près de dix ans et dont il fit un centre de vie intellectuelle en Lombardie. 11 écrivit sur le roman, l'histoire, la philosophie, les langues, la réforme de Porthographe, les beaux-arts, les mathématiques, la chimie, la géologie, l'agriculture, la stratégie, les chemins de fer, les fluctuations de l'or, la réorganisation des prisons, la charité légale, la déportation, la peine de mort, les conditions delà Tunisie, de la Sardaigne, et, à la demande du gouvernement anglais, sur celles de l'Irlande. Il fit même des vers en dialecte, ou en italien dans le style de Parini, et quelques comédies, mais ne consentit jamais à les publier. On les retrouva dans ses œuvres posthumes avec le traité de Filosofia civile^ dont il avait lu des fragments à l'institut scientifique de Milan. Lors du congrès de savants réuni à Milan en 1844, il donna un résumé d'histoire de la patrie pour introduction au volume de Notizie naturali e civili publié par ses soins. Cattaneo commença plus de choses qu'il n'en termina, comme s'il eût été incapable de s'assujettir longtemps au môme travail. Homme de spéculation, mais d'une certaine étroitesse d'esprit qui contrastait singulièrement avec l'étendue de son intelligence, tenace dans ses idées, mais dédaignant la pratique, il n'était pas porté à l'action. En 1848, il n'aurait pas voulu qu'on prît les armes, prévoyant que la nation ne serait pas encore préparée à la guerre. Cependant, aux cinq grandes journées (18-22 mars), il se trouva entraîné par la force des choses, et, devenu un des principaux chefs du peuple, il déploya une rare énergie dans le conseil de guerre. C'est lui qui refusa à Radetzky une suspension d'armes. Comme le parlementaire autrichien représentait aux chefs de l'insurrection qu'il n'y avait plus de vivres dans la ville que pour vingt-quatre heures, il fit celte réponse restée célèbre : « Vingt-quatre heures de vivres et vingt-quatre heures de jeûne, c'est plus qu'il ne nous faut pour vaincre ». Après la victoire des Milanais, il ne tarda pas à se séparer du gouvernement provisoire.
Républicain et fédéraliste, il s'opposa à l'annexion de la Lombardie au Piémont. Quand Milan retomba au pouvoir de l'Autriche, il émigra dans le canton du Tessin et s'établit dans les environs de Lugano. C'est là qu'il écrivit la Storia deW Insurrezione del 1848., où il montra, non sans passion, les défauts de l'organisation administrative et militaire du Piémont : il y proposait des remèdes. 11 créa VArehivio triennale délie cose d'italia. Après 1859, élu député à Milan et à Crémone, il opta pour Milan, laissant Crémone à son élève et ami de prédilection Mauro Macchi. Mais, retenu par ses principes républicains, il n'alla jamais siéger. Il rédigea des mémoires sur la cession de Nice et de la Savoie et sur l'armement de la nation. En sept. 1860, il se rendit à Naples, où se trouvait Mazzini, et, de concert avec M. Crispi, il agit fortement sur Garibaldi pour l'empêcher de proclamer Pannexion. Les ministres ne laissaient pas, cependant, de recourir à ses lumières. C'est à l'invitation de Matteucci qu'il écrivit son mémoire sur la réorganisation des études. MM. Peruzzi et Jacini le consultèrent sur les passages des Alpes : il conseilla et défendit toujours le Saint-Gothard. 11 fit revivre le Politecnico, mais, fatigué par l'âge et par Pétude, il en abandonna à d'autres la direction. Réélu à Milan, il voulut donner sa démission : ses électeurs Peu dissuadèrent. 11 persista à ne pas assister aux séances. Ses lettres contre le système financier du gouvernement, la dernière contre le cours forcé et l'impôt sur la mouture, signalèrent son opposition hors du Parlement et hors de l'Italie. Inflexible, il resta jusqu'à la fin étranger à un ordre de choses qui ne répondait pas à son idéal de fédération républicaine, heureux de mourir en Suisse, pays de son choix. 11 menait là avec sa femme une vie très digne, cachant sa pauvreté à ses amis les plus intimes. Ceux-ci vouèrent à sa mémoire un véritable culte. Quand Mazzini fut à sa dernière heure (1872), on lui mit dévotement sur les épaules le châle de Carlo Cattaneo. On en enveloppa aussi Maurizio Quadrio mourant (1876). F. H.
CATTARO. Ville d'Autriche-Hongrie, prov. de Dalmatie. Elle s'appelle en serbe Kotor, Elle est située au S. de la Dalmatie, au pied des monts Loven et Velivirh, sur la baie qui porte son nom (V. ci-dessous). Le district de Cattaro confine au Monténégro. La ville est protégée par des fortifications importantes et dominée par le fort San Giovanni. Elle est le siège d'un évêque catholique et d'iin évêque orthodoxe et le chef-lieu d'une capitainerie de cercle. Son port est une des principales stations du Lloyd austro-hongrois. C'est à Cattaro qu'abordent, en général, les voyageurs qui se rendent au Monténégro. Une route de montagnes la met en communication avec Cettigne. La ville est fortifiée et conserve encore des maisons de style vénitien. C'est le grand entrepôt du commerce monténégrin. Jusqu'au début du xv® siècle, Cattaro forma une répubhque indépendante. Elle se soumit à Venise en 1420. En 1533 et 1667, elle fut ruinée par des tremblements de terre. Cédée à l'Autriche par le traité de Campo-Formio (1797), elle fut adjugée à PItalie par celui de Presbourg. De 1810 à 1814, elle fit partie du royaume d'illyrie créé par Napoléon.
RoucHEs DE Cattaro (en italien Bocche di Cattaro, en croate Boka Kotorska). — Golfe de la mer Adriatique, situé au S. de la Dalmatie, à Pextrême limite des frontières autrichiennes. Il est situé sous le 42° 27 de lat. 11 constitue un ensemble de bassins et de baies reliés par des canaux et forme un port naturel incomparable. Il est fort resseJTé à Pentrée (2,800 m. de largeur). On y pénètre par deux passes ou bouches (en ital. Bocche) qui lui ont donné son nom, la passe de Kombur et la passe des Chaînes ainsi nommée parce qu'on pouvait autreïois la fermer avec des chaînes. Sa plus grande longueur est de 29 kil. Ses rives accidentées présentent à l'œil un panorama merveilleux. Sur ses bords s'élèvent les bourgs de Castelnuovo, Risano, Perasto et Cattaro. Les riverains des bouches de Cattaro s'appellent en italien Bocchesi, en
CATTARO — CATTERMOLE
serbe Bokelji ; ils appartiennent à la race serbe et ont beaucoup d'affinité avec les Monténégrins. Us se sont à diverses reprises révoltés contre la domination autrichienne, notamment en 1869 et en 1881, lorsqu'on a voulu leur appliquer les nouvelles lois militaires. Le golfe de Cattaro, qui peut abriter toute une flotte de guerre, est dominé par les forts de Cattaro et de Castelnuovo ; Tentrée est protégée par les forts d'Ostro, Mamuba et de la Tour brûlée. L. L.
BiBL. : Ch. Yriarte, C Adriatique et le Monténégro ; Paris, 1878. — Guides Joa.nne. — L. Rousset, Etats du Danube et du Balkan ; Paris, 1888,
CATTEAU-CALLEVILLE (Jean-Pierre-Guillaume), pasteur protestant, historien et géographe, né en 4759 à Angermunde en Prusse (prov, de Brandebourg) d'une famille de réfugiés français du Cambrésis, mort à Paris le 19 mai 1819. Il fit ses études en théologie à Berlin et remplit de 1783 à 1788 les fonctions de pasteur à l'église française réformée de Stockholm. Pendant quelques années il voyagea dans les pays du nord de rÉurope et, en 1810, vint s'établir à Paris, où il fut un des rédacteurs de la Biographie universelle, du Mercure étranger et de la Gazette de France, En 1812 il fut nommé membre de l'Académie des belles-lettres de Stockholm et deux ans plus tard accueilli par l'Académie des sciences de la même ville. Voici la liste de ses ouvrages : Vie de Renée de France, duchesse de Ferrare (Berlin, 1781, in.8); Bibliothèque Sw^rfd^e (Stockholm, 1783-84, in-8, Upsal, 1789, in-8) ; Tableau général de la Suède (Lausanne, 1789, 2 vol. in-8; Paris et Strasbourg, 1790, in-8); Tableau des Etats danois (Paris, 1803, 3 vol. in-8) ; Voyage en Allemagne et en 5w^cf^ (Paris, 1810, 3 vol. in-8) ; Tableau de la mer Baltique (Paris, 1812, in-8) ; Histoire de Christine, reine de Suède (Paris, 181o, 2 vol. in-8); Histoire des révolutions de Norvège (Paris, 1818, 2 vol. in-8). L. W.
CATTÉGAT. Bassin maritime intermédiaire de plus de 30,000 kil. q. de superficie, formant la continuation méridionale du Skager-Rack, entre le Halland suédois, à l'E., où Gothenbourg en constitue le port d'entrée principal, le Jutland, à l'O., et les deux grandes îles danoises de Fionie et de Sélande au S., où le détroit du Sund et les deux Beits le mettent en communication avec la Baltique. Il contient les petites îles danoises de Lsesœ, d'Anholt et de Samsœ. Hors des fjords, dont les plus profonds sont ceux du Jutland oriental, les côtes environnantes présentent à la distance de 7 1/2 à 11 kil. des bas-fonds à éviter. Les principaux écueils du bassin sont ceux de Sélande, à la pointe de la grande île de ce nom, de Knoben à l'E. de l'île d'Anholt, vers le milieu, et de Trindeln, récif d'une longueur de H kil. au N.-E. de Lœsœ ; enfin, le plus dangereux, celui de Grenen, près du Cap Skagen, pointe septentrionale du Jutland, où finit le CattégDt, qui s'étend de 56« à près de 58^ de lat. N.
CATTENBURGH (Adrien van), théologien protestant hollandais, né à Rotterdam en 1664, mort à Dtrecht en 1743. Il fit ses études sous la direction de Philippe van Limborch et devint prédicateur de la secte des Remontrants à Rotterdam, et professa plus tard la théologie au séminaire d'Amsterdam. Il brilla dans l'enseignement et publia un grand nombre d'ouvrages dont les principaux sont: Spicilegium Theologiœ Christianœ (Amsterdam, 1726) ; Verhandeling over den Eedt (Traité do serment) (1729); Bibliotheca scriptorum Remonstrantium (1728) ; Syntagma Sapientiœ Mosaicœ (1737) ; Predikatien (Recueil de sermons) (1739). E. H.
BiBL. : ScHYN, Geschiedenis der Mennoniten. -— Van Kampen, Geschied. der Nederl. lett. en Welensch ; La Haye, 1821-1826, 3 vol. in-8. — Tiedeman, De Remonstrante Broederschap •— Blaupot, Geschiedems der Doopsgeginden in Holland.
CATIEN I ÈRES. Com. du dép. du Nord, arr. de Cambrai, cant. de Carnières ; 1,279 hab. Stat. du ch. de fer du Nord, ligne de Busigny à Cambrai. Tissage de coton.
CkTTEHO^ [Cathenem, MS^; Keitenem, 1214; en allemand : Kattenhofen). Ch-1. de cant. de la Lorraine allemande, arr. de Thionville ; tannerie ; huilerie ; 885 hab. Autrefois Cattenom était une petite ville entourée de fortifications, dont on voit encore quelques vestiges. Les Templiers s'y établirent au xii® siècle et y construisirent une maison-forte, flanquée d'une énorme tour polygonale, en style roman, remarquable au point de vue architectonique. Dans le cours du xiv^ siècle, les biens des Templiers passèrent entre les mains des Chevaliers teutoniques. Un acte de l'an 1400 mentionnant l'ancienne maison des Templiers l'appelle la Duchehouse, Elle subsista sous le nom de Teusch haus (deutsches Haus), jusqu'en 1831 ; elle fut alors abattue pour faire place à une église, qu'on adossa à l'ancienne tour romane, devenue le clocher de la nouvelle église. Cattenom, autrefois fief du comté de Luxembourg, a donné son nom à une maison d'ancienne chevalerie ; plus tard, la petite ville fit partie des Trois-Evêchés, bailliage de Thionville. L. W.
BiBL, : Verronnais^ Supplément à la statistique du département de la Moselle; Metz, 1852, pp. 363-368. — D"^ Fr.-X. Kraus, Kunst und AUerthumin Elsass-Lothringen; Strasbourg, 1886, III, 242-245.
CATTERMOLE (George), peintre aquarelliste anglais, né à Dickleborough, près de Diss (Norfolk), en août 1800,, mort â Clachon, près Londres, le 24 juil. 1868. 11 révéla de très bonne heure de réelles dispositions pour les arts et devint en 1822 membre de la Société des aquarellistes. Un de ses premiers tableaux, le Meurtre de Vêvêque de Liège, la grande scène du roman de Walter Scott, dénote beaucoup de talent. Il a peint d'une façon saisissante le contraste entre la vénérable et paisible figure de la victime sous la hache du bourreau et la hideuse convulsion des traits de l'assassin. D'ailleurs, dès 1835, Gustave Planche écrit dans la Revue des Deux Mondes : « Cattermole est un artiste consciencieux qui se plaît surtout dans la représentation patiente des détails ; il sait par la finesse de l'exécution donner de l'intérêt et de la grâce aux moindres choses. » Th. Gautier en fait aussi le plus grand éloge. Ses œuvres les plus remarquables sont : la Galerie du château de Naworth; Pèlerins à la porte d'une église; T Armurier contant V histoire de l'épée ; Sir Walter Ralelgh ; puis les toiles suivantes exposées à Paris en 1855: M. Benvenuto Cellini, invité par les brigands à évaluer un de ses ouvrages ; Pèlerin à la porte d'un mo' nastère ; le Traître trahi ; la Lecture de la Bible au temps de la Réforme ; le Prêche ; la Bibliothèque du monastère; motifs familiers, presque semblables, que l'artiste reprend avec de légères variations et où il se montre peintre remarquable ; enfin, Macbeth reprochant aux meurtriers de Banko d'avoir laissé échapper PléancCy et Sir Biorn aux yeux étincelants, sujet étrange tiré d'une légende de La Motte Fouqué, Sinham et ses compagnons, traité d'une manière très intelligente, très poétique et si originale qu'il mérite une mention à part. On retrouve Cattermole à l'Exposition de Londres avec quelques-unes des œuvres citées et en plus : lord Strafford marchant au supplice ; la Belle Géraldine ; la Dispute ; le Défilé ; Shakespeare lisant une ode. Le Pape impertinent est la seule aquarelle qu'il ait exposée à Paris en 1867. Cattermole illustra en outre un grand nombre d'ouvrages, notamment le Historical Annual, publié par son frère. Ces dessins témoignent d'une connaissance approfondie du costume et d'un sentiment très exact des temps féodaux; ils se distinguent en outre par une grande originalité et une vigueur digne des véritables maîtres du genre. Il avait quitté en 1850 la Société des aquarellistes et obtenu en 1855, à l'Exposition universelle, une médaille de 1"^^ classe. II était membre de l'Académie d*Amsterdam et de la Société des artistes belges. Paul Lacour.
BiBL. : Th. Gautier, les 3eaux-Arls en Europe, 1. 1. — Rkdgrave, a Dictionary of artistsof theenglish school.
CATTES — CATUGNAT
CATTES. Peuple de la Germanie (V. CHAriEs).
CATTEVILLE. Corn, du dép. de la Manche, arr. de Valognes, cant.de Saint-Sauveur-le- Vicomte ; 213 hab.
CATTIAUX (François-Xavier), homme politique français, né à Hermecourt (Nord) le 40 oct. 4821. Médecin. Entré au conseil municipal de Paris en 4878, élu par les électeurs du quartier des Carrières-d'Amérique, XIX« arrondissement. Réélu en 4 8 81, par 4,079 voix sur 4,913 votants; en 4884 par 4,534 voix, et en 4887. En 4881, aux élections législatives du mois d'août, M. Cattiaux fut candidat radical socialiste, mais il fut battu par M. AUaiB- Targé. Aux élections générales du 22 sept. 4889, M. Cattiaux fut le plus favorisé des candidats républicains de la 2® circonscription du XIX® arrondissement et resta seul en présence de M. Granger, candidat du général Boulanger, qui fut élu. Au conseil municipal de Paris, M. Cattiaux s'occupe avec beaucoup de compétence de toutes les sociétés d'assistance sociale. L. Lu.
CATTINARI (Carlotta), cantatrice dramatique italienne, née à Venise en 4828. Elle fit ses études musicales à l'Ecole de chant que le ténor Antonio Piacenti avait fondée à Milan, et elle en sortit pour effectuer un heureux début sur une des principales scènes de l'Italie. Engagée ensuite à Barcelone, elle y obtint de tels succès qu'elle y demeura, fait extrêmement rare, pendant huit saisons consécutives. De Barcelone, elle vint au Théâtre-Italien de Paris,' se fit entendre ensuite à Trieste, à Florence et à Mantoue, puis, en compagnie de Moriani et de Ronconi, fit partie de la troupe que le fameux banquier Salamanca avait réunie à Madrid. D'Espagne elle retourna de nouveau dans sa patrie, où le succès lui fut fidèle, grâce à sa belle voix, à son talent plein de souplesse et de variété, qui lui permettait d'aborder tous les genres. Elle était, en effet, comédienne aussi habile que chanteuse distinguée, et se faisait autant remarquer dans le genre dramatique que dans les œuvres de mezzo car altère ou dans le bouffe proprement dit.
CATTINl (Giovanni), graveur, né à Venise vers 4725, mort en 4800. Il étudia dans l'atelier de Faldoni et s'adonna spécialement à la gravure du portrait ou de morceaux de sculpture antique : Suite de i4 grandes têtes, d'après Piazzetta, Portraits de Bossuety de Hetro Longhû de Victor Amédée de Savoie, etc.
CATTIS (Métr.). Poids de 0 kilog. 645 à Batavia, de 0 kilog. 602 à Pékin.
CATTLEYA (Cattleya Lindl.). I. Botanique. — Genre de plantes de la famille des Orchid acées et du groupe des Epidendrces. Ce sont des herbes épiphytes, pseudobulbifères, à feuilles coriaces, à fleurs grandes, terminales, habituellement accompagnées d'une grande spathe. On en connaît un certain nombre d'espèces dont plusieurs sont cultivées dans les serres de l'Europe pour la beauté de leurs fleurs. Tel est notamment le C, Acklandiœ Lindl., du Brésil, remarquable par ses larges fleurs d'un beau vert olive moucheté de rouge, avec le labelle rouge vineux très pâle vers la base, jaune au milieu. Tout récemment, M. Kunckel d'Herculais a signalé les dégâts causés aux espèces de ce genre, cultivées dans les serres en Amérique, en Angleterre, en Belgique et en France, par les larves de Vîsosoma orchidearwn Westw, , Hyménoptère-Térébrant de la famille des Eurytomides (V. Ann* soc. ent. France^ 4888, Bull., p. xxiii). Ed. Lef.
II. Horticulture. — La plupart des espèces de Cattleya se cultivent en serre sèche, à température de 45 à 20 degrés; certaines, cependant, comme C, Skinneri Bat., C. citrina Lindl., préfèrent une température un peu moins élevée, 40 à 45 degrés, et cette dernière exige une atmosphère chargée de vapeur d'eau. Après la période de végétation, durant laquelle l'air de la serre est maintenu un peu humide, elles ont besoin, pour donner une riche floraison à la saison nouvelle, d'une période de repos qu'on obtient en abaissant la température de quelques degrés. Les Sphaignes (mousses des marais), employées seules ou mélangées de terre de bruyère tourbeuse, cons-
tituent le milieu propre à la culture de ces plantes. Leurs racines y trouvent l'air et l'humidité qu'elles recherchent et s'y étendent à l'aise.On installe les Cattleya dans des caisses à claire -voie, sur des troncs d'arbres à écorce épaisse (chêne, orme, pommier...), ou encore dans des vases qui doivent être largement drainés à l'aide de tessons de pots. La multiplication se fait à l'aide de graines, lorsqu'on peut s'en procurer par la fécondation artificielle et, le plus souvent, à l'aide des pseudobulbes et du rhizome. G. Boyer.
CATTON (Charles), peintre d'animaux, né à Londres le 30 déc. 4756, mort en Amérique le 24 avr. 4849, élève de son père. Il parcourut l'Ecosse et T Angleterre, prenant de nombreux croquis. En 4775 il exposait la Vue du pont de Blackfriars à Londres et celle du Pont de Westminster; en 4793 il collabora avec Burney aux dessins pour les fables de Gay. 11 existe aussi une collection d'animaux dessinés d'après nature et gravés par lui. Arrivé à la fortune, il partit pour l'Amérique, où il devint agriculteur.
CATTON (Thomas), astronome anglais, né en 1760, mort à Cambridge le 6 janv. 4888. 11 fit de 4791 à 1832, dans l'une des tours du St.-John's Collège de Cambridge, de nombreuses observations sur les éclipses des satellites de Jupiter et les occultations des étoiles par la lune. Elles ont été réunies par sir George Airy et publiées en 4853 dans le t. XXII des Mémoires de la Royal Astronom. Society, dont il était membre. Il faisait également partie de la Société royale de Londres. BiBL. : The Annual Register ; Londres, 1838, in-8, p. 194.
CATTUS. Machine de guerre usitée dans les sièges avant l'invention de la poudre. Selon Végèce et de nombreux auteurs plus modernes, c'était une sorte d'abri mobile, de tortue, sous laquelle les assaillants pouvaient s'approcher impunément du pied de la muraille pour la saper. Suivant d'autres, c'était une cage découverte où prenaient place des soldats et qu'une sorte de grue hissait jusqu'au sommet de la muraille ennemie, où elle s'accrochait à la manière du chat (V. ce mot). , GATT Y ou KÂTTY (Métr.). — Mesure de poids qui vaut en Chine 604 gr. 8, au Japon 592 gr. 59, dans les Indes 615 gr. 21, à Manille 632 gr. 68; le catty à Singapour et en Malaisie est les ff du catty chinois.
CATUGNAT, chef des AUohroges. A l'époque de la conjuration de Catilina, les Allobroges, exaspérés par les tributs exorbitants que les proconsuls romains exigeaient d'eux, se soulevèrent, sortirent de leurs frontières et commirent des dégâts dans la Gaule Narbonnaise. Pour les punir, le préteur C. Pomptinus, gouverneur de cette province, chargea Manlius Lentinus, un de ses lieutenants, d'attaquer les Segalauni, alliés des Allobroges, établis sur la rive gauche de l'Isère. Lentinus surprit la ville de Ventia (V. Cavares) et allait ravager les terres des alentours quand Catugnat accourut et remporta une victoire éclatante sur les Romains, qui ne furent sauvés de l'anéantissement complet que grâce à un violent orage. En faisant attaquer Ventia par Lentinus, Pomptinus qui avait son poste d'observation sur la rive droite du Rhône entre Vienne et Ventia, voulait forcer Catugnat à abandonner momentanément le pays des Allobroges pour courir au secours de ses alliés. Profitant alors de cet abandon du pays, le préteur ordonna à deux autres lieutenants, à Lucius Marius et Servius Galba, de passer le Rhône, de ravager les terres des Allobroges et de mettre le siège devant Solonion. Catugnat, sans pouvoir profiter de sa victoire, fut forcé de revenir sur ses pas. (iuand il se trouva entre l'Isère et Solonion, Pomptinus passa le Rhône à son tour. L'armée de Catugnat, prise entre celle du prêteur à l'O., celles de Marius et de Galba au N.-E. et celle de Lentinus au S., dut nécesairement succomber (l'an 61 av. J.-C.). Cette campagne contre Catugnat fut la dernière des Romains dans les Gaules avant le proconsulat de J. César. L. W.
CATUGNAT — CATULLE
BiBL. : Dion Cassius, XXXVII. 47-48. — Jacques Guil- LEMAUD, Veniia et Solonion, Etude sur la campagne du prêteur Pomptinus dans le pays des Allobroges ; Paris, 1869, in-8. — Ed. Blanc, iVoie sur Ventia de Dion Cassius, dans Revue erchéologiquetiSlQ, 2° série, XXXf, pp. 268-
GATU ILE (G. Valerius CatuUus^, poète latin, né en 87, mort vers 54 av. J.-C. Il était de Vérone, grande ville de cette région transpadane qui donna naissance un peu plus tard à Virgile :
Tantum magna suo débet Verona Catullo Quantum parva suo Mantua Verp;ilio.
(Martial» Epififr., I, 61).
Sa famille occupait un rang distingué. Son père fut rhôte de César (V. Suétone, César^ 73). Il possédait, sur les magnifiques bords du lac de Garde, une propriété qui couvrait la presqu'île de Sirmio (pièce 31) ; Catulle parle aussi d'une villa qu'il avait dans la Sabine (p. 44). Il vint à Rome pour y compléter sans doute son éducation, fut accueilli par la société aristocratique, et s'y livra aux plaisirs des fils de famille, en même temps qu'il cultiva la poésie et se créa par là d'illustres amitiés. Il fut protégé par le grand orateur Hortensius, poète lui-même, par l'historien Cornélius Népos, son compatriote. Asinius Pollion, Quintilius Varus, dont Horace a pleuré la mort dans l'ode Quis desiderio, sont également nommés dans ses vers, ainsi que Cicéron. Mais il fut lié particulièrement avec le groupe des poètes de l'école moderne, surtout avec Helvms Cinna, l'auteur d'une petite épopée dans le goût alexandrin, intitulée Zmyrna, et Licinius Cal vus, orateur puissant et poète célèbre par ses épigrammes et ses élégies, dont le nom est inséparable de celui de Catulle (V. Licinius). Le grand événement de sa vie est sa liaison avec la femme dont il a immortalisé la beauté et les vices, et qui n'est autre, comme l'aflSrme Apulée et comme on l'a établi d'une façon irréfutable d'après un certain nombre de rapprochements, que la fameuse Clodia, sœur du tribun P. Clodius Pulcher et femme de Ouintus Métellus. On connait le portrait peu flatteur tracé de cette femme par Cicéron dans le plaidoyer qu'il a prononcé pour Cœlius, accusé par elle, entre autres crimes, d'avoir voulu l'empoisonner.
L'œuvre même de Catulle nous apprend qu'à l'ivresse des premiers jours de cette liaison succédèrent bientôt les jalousies trop justifiées, les querelles, les raccommodements; puis le mépris violent luttant contre les restes d'une incurable passion, les déchirements cruels, enfin une rupture définitive, à laquelle le poète, meurtri, épuisé, malade, ne survécut guère. Nous connaissons de la vie de Catulle deux autres événements. Vers 60, il perdit un frère tendrement aimé, qui mourut en Troade, dans un voyage dont le motif nous est inconnu. Trois années après, avec son ami Helvius Cinna, il accompagna Memmius, préteur de Bithynie. A son retour, il visita la tombe de son frère (p. 101), et revint dans sa propriété du lac de Garde, où il vécut quelque temps. C'est là qu'en 54 il se réconcilia avec J. César qu'il avait poursuivi de cruelles épigrammes, et l'on suppose qu'il mourut peu après, à l'âge de trente-quatre ans ; car on ne trouve dans ses écrits la trace d'aucun événement postérieur.
Les poèmes de Catulle, répandus d'abord isolément dans le public, furent réunis par lui dans un recueil qu'il dédia à l'historien Cornélius Népos, son compatriote. Ce recueil comprend trois parties. La première renferme de courtes pièces sur des sujets divers, tendres, passionnées, violentes, sarcastiques, où l'auteur a fait usage de différents mètres iambiques et lyriques. La deuxième comprend les grands poèmes, épiques ou élégiaques, imités sinon traduits du grec ; VEpithalame^ Attis, les Noces de Thétis et de Pêlée^ en vers hexamètres; puis le Dialogue avec une porte, la Chevelure de Bérénice, V Eloge de Man- Uns, en distiques élégiaques. Enfin, la troisième partie Contient une quarantame d'épigrammes, également en distiques élégiaques. L'œuvre de Catulle nous est parvenue sous cette forme par un manuscrit existant à Vérone au
x® siècle, que Pétrarque connut au xiv« siècle, qui fut copié au XIV® et xv^ siècle et fut perdu ensuite. C'est de là que paraissent émaner plus ou moins directement les soixante-dix manuscrits existants; les plus anciennes copies sont un manuscrit de 1375, aujourd'hui à Paris, qui se trouvait autrefois à Saint-Germain, d'où son nom de SanqermanensiSy et le manuscrit d'Oxford; le dernier contient beaucoup d'incorrections, mais a été plus fidèlement établi et moins interpolé que le premier. Les éditions les plus importantes sont, après l'édition princeps (1472), celles de Muret (Venise, 1554); d'Achille Statius (Venise, 1566); Scaliger (Paris, 1577); W. Dœring (Leipzig, 1792); Lachmann (Berlin, 1829); Schwabe (1866); Ellis (Oxford, 1867); L. Muller (Leipzig, 1870); enfin l'édition de Rostand et Benoist avec une traduction en vers et un commentaire explicatif et critique, malheureusement inachevé (Paris, 1882),
Nous ne pouvons mieux faire, pour apprécier dans son ensemble ce grand poète, que l'on a pu comparer, sous plus d'un rapport, à notre Alfred de Musset, et surtout à notre André Chénier, que de reproduire ces lignes d'un critique contemporain : « La naissance de Catulle, son caractère, son séjour à Rome, pendant les dernières années de la République, les accidents de sa jeunesse dissipée et les événements politiques auxquels il assista firent de lui un poète original, tandis que ses travaux, les modèles qu'il avait sous les yeux, les habitudes littéraires alors dominantes firent de lui un élève de l'école alexandrine... Son esprit, fier et délicat plutôt que large et vigoureux, se prêtait volontiers aux subtilités d'une poésie laborieuse et savante, mais cette soumission n'excluait nullement une certaine liberté. Le souci de la forme et l'afiectation de l'art ne purent arrêter tout à fait en lui les élans du cœur ni étouffer la flamme de l'imagination. Poète, il chercha et trouva dans sa vie, dans ses amitiés et ses haines la matière de ses vers , sans s'élever jamais jusqu'aux grandes conceptions nées du spectacle de la nature et de l'âme humaine, qui étaient trop vastes pour lui ; écrivain, il s'efforça de reproduire patiemment et avec une exactitude intelligente les dernières œuvres du génie hellénique. La vérité et l'ardeur de l'émotion firent quelquefois le mérite de ses poésies, mais l'excès de l'art en fut souvent le défaut. La sincérité et la convention y ont une part à peu près égale. 11 reste lui-même alors qu'il imite, mais il imite alors même qu il est inspiré...
« Entré à l'heure favorable dans le mouvement qui poussait les Romains à conquérir la littérature grecque en l'imitant, il apporta à cette tentative des dons précieux, sensibilité, franchise d'esprit, mais aussi un naturel penchant au trivial et au maniéré, l'indifférence morale, peu de souffle et de hautes pensées. Examinées dans le détail, ses œuvres attestent, avec beaucoup d'inexpérience, un propres réel sur les poètes précédents. La versification, parfois trop pénible, est presque toujours correcte et souvent heureuse; la langue, malgré quelques nouveautés importunes, est nette et pure ; le style, par instants prosaïque et trahissant les eflbrts d'une imitation laborieuse, a pourtant du relief, de la concision, de l'éclat. Catulle peut être regardé comme le mieux doué des poètes alexandrins du vil® siècle de Rome, et, en même temps, comme le précurseur des poètes classiques. Il tient le milieu entre l'une et l'autre école, n'ayant pas tous les défauts de la première et faisant prévoir déjà les qualités de la seconde. » Ajoutons que ses épigrammes constituent la partie la plus complètement originale de son œuvre et la plus personnelle. La vigueur de la haine fournit des traits cruels, gâtés par un réalisme excessif et une crudité toute romaine.
En ce qui concerne la versification, les hexamètres de Catulle sont réguliers, un peu monotones; les spondées y sont prédominants ; il est rare cependant que l'un des deux premiers pieds ne soit pas un dactyle. Il multiplie, suivant l'usage des alexandrins, le vers spondaïque et
CATULLE — CAUCA
Tanadiplosis. Les césures sont généralement penlhémimères; les élisions, sans être très nombreuses, sont souvent dures; le sens se termine presque toujours avec le vers. Virgile créera le premier Fart de construire la phrase latine en vers, bien qu'il y ait déjà chez Catulle, comme chez Lucrèce, des périodes habilement agencées avec des enjambements variés. Pour le distique élégiaque, Catulle a suivi les Grecs. C'est Tibulle et Ovide qui fixeront les règles du pentamètre latin. Les autres vers employés par Catulle sont l'iambique (trimètre pur et trimètre hipponactique), le tétramètre catalectique, l'hendécasyllabe phaîécien, Tasclépiade majeur, le priapéen, le galliambe. Il a composé aussi des strophes avec trois ou quatres glycons et un phéreicrate; il a fait enfin deux essais de la strophe saphique, qu'Horace devait bientôt perfectionner. A. Waltz.
BiBL. : Aux ouvrages cités plus haut, il faut aiouter : A. CouAT, Etude sur Catulle; Paris, 1874. — A, Waltz, Extraits des Elégiaques romains ; Paris, 1887. — Cf. W. Teuffel, Histoire de la littérature romaine, § 214.
CATULLE-Mendès (V. Mendès).
CATULUS. Surnom romain, porté surtout par les membres de h gens Lutatia (V. Lutatia IGens]),
CATUNUL-DE-Sus. Com. de Roumanie, dans l'arr. de Motrul-de-Sus, district de Mehedints; 655 hab. On a découvert près de cette localité les ruines d'une ancienne ville entourée de murs et d'où l'on a tiré une grande quantité d'objets en fer et un anneau d'argent portant une inscription.
BiBL. : Frunzesco, Dictionar topografîc si statistic alu Romaniei ; Bucarest, 1872.
CATUREGLI (Pietro), astronome italien, né à Bologne vers 4772, mort à Bologne le 28 avr. 4833. Professeur d'astronomie à l'université et directeur de l'observatoire de Bologne, il a rédigé d'excellentes Ephémérides pour les années 4847 à 4832 (Bologne, 4849-28, 3 vol. in4) et donné à la Correspondenz de Zach des Ephémérides de Jupiter (4849, II, pp. 477 et 587). L. S. BiBL. : Monthly Notices of the astronom. Soc. of London, 1836, t. Ill, 27.
CATURIGES. Peuple alpin d'origine ligurienne qui occupait la vallée supérieure de la Durance, au S. de Briançon, entre les Alpes Maritimes et les Alpes Cottiennes. Leurs voisins étaient à l'O. les Vocontii, au N. les Medullii à l'E. les Quariates et au S. les Bodiontici elles, Avantici» Il paraît qu'à une certaine époque ils s'étaient même étendus sur le versant oriental des Alpes : Pline mentionne un peuple Caturige dans la Transpadane et nous apprend qne les Vagienni, qui occupaient au delà du Monte Viso la vallée supérieure de la Duria (Riparia), étaient des descendants des Caturiges. Ils avaient pour capitale Caturigœ ou Caturrigomagus (Chorges, Hautes- Alpes) et pour ville principale Eburodunum ou Ebrodunum (Embrun, Hautes- Alpes) . César cite les Caturiges parmi les peuples alpins qui avaient tenté de lui barrer le passage, quand il franchissait les Alpes pour se mettre en campagne contre les Helvètes. Au commencement de notre ère, les Caturiges étaient les sujets de Coltius; leur nom est inscrit sur l'arc de Suse; comme il se trouve également sur le Trophée des Alpes, on en a conclu que, bien que sujets de Cottius, ils n'avaient sans doute point adhéré à la paix que ce prince avait signée avec Rome. Leur territoire fut annexé à la Gaule Cisalpine quand Néron forma la province des Alpes Cottiennes avec le royaume de Cottius, à la mort de ce roi, arrivée en 56. Ptolémée, au ii^ siècle, range également les Caturiges parmi les peuples d'Italie. De son temps, leur capitale n'était plus Caturrigomagus mais Ebrodunum qui, au iv® siècle, devint la métropole des huit cités de la province des Alpes Maritimes, dont l'une était la civitas Rigomagendum (Chorges), formée de la partie occidentale de l'ancien pays des Caturiges. — On trouve sur la voie romaine de Metz à Reims, sur la limite des Leuci et des Remi^ une station appelée Caturrigis dans V Itinéraire d'Antonin et Caturices sur la Table de Peutinger, et que les savants placent soit vers Bar-Ie-
Duc, soit à Bar même; mais il n'existe aucune donnée qui permette de faire un rapprochement entre cette localité belge et le peuple ligure des Alpes. L. Will.
BiBL. : J. CÉSAR, De Bello gallico, I, 10.— Strabon IV, VI, 6. — Ptolémée, III, i, 39. — Pline l'Ancien, Hist, nat. m, XXIV (xx), 3. — Adrien Sauret, Essai sur l'histoire d'Embrun; Gâp, i8Q0. — Ern. Des jardis s, Géographie de la Gaule romaine, 1, 84 ; II, 95, 460, 603. — Du même, Géographie de la Gaule au vp siècle, 34-35 ; 137; 422-424.
CATURUS (Paléontol.). Les Caturus sont des Poissons des formations jurassiques, qui ont les formes régulières, et dont le corps est généralement trapu ; la caudale est grande, équilobe, fortement échancrée, garnie de fulcres ; la dorsale, très avancée, est opposée aux ventrales ; les écailles sont minces, petites, de forme rhomboïdale ; les dents sont grosses, coniques; les rayons branchiostèges sont nombreux; il n'existe pas de plaque gulaire. Ces poissons, qui sont des Ganoïdes, prennent place dans la famille des Lépidostéoidées. E. Sauvage.
BiBL. : Agassiz, Rech. sur les poiss. foss,, 1833-43.
CATUS. Ch.-l. de cant. du dép. du Lot, arr. de Cahors, sur le Vert; 1,457 hab. Place forte au moyen âge, Catu> fut pris par les Anglais en 1369 ; ils en furent chassés sous le règne de Charles Vil par les milices de Cahors. La ville a conservé des débris de ses anciennes fortifications. — Cardage de laines ; commerce de noix.
CATUS (V. FiRMius).
CATUVOLCUS (V.Cativolcus).
CATWA (Inde) (V. Cutwa).
CATZ. Com. du dép. de la Manche, arr. de Saint-Lô, cant. de Carentan ; 157 hab,
CATZOTZIN (V.Cactzotzin).
CAUBEL. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Monclar; 434 hab.
CAUBEYRES. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Nérac, cant. de Damazon; 335 hab.
CAUBIAC. Com. du dép. de Haute-Garonne, arr. de Toulouse, cant. de Cadours; 414 hab.
CAUBIOS-Loos. Com. du dép. des Basses -Pyrénées, arr. de Pau, cant. de Lescar; 325 hab.
CAUBON-Satnt-Sauveur. Com. du dép. de Lot-et- Garonne, arr. de Marmande, cant. de Seyche ; 384 hab.
CAUSONS. Com. du dép. de Haute-Garonne, arr. de Saint-Gaudens, cant. de Bagnères-de-Luchon ; 66 hab.
CAUSONS. Com. du dép. des Hautes-Pyrénées, arr. de Bagnères-de-Bigorre, (;ant. de Castelnau-Ma^noac ; 156 hab.
CAUCA. Ville des Vaccéens, dans l'Espagne Tarraconaise, mentionnée par Appien, Pline, Ptolémée, l'Itinéraire d'Antonin et l'Anonyme de Ravenne. Elle fut, suivant Zozime, la patrie du grand Théodose ; c'est aujourd'hui Cocay au N. deSégovie, où l'on a trouvé quelques vestiges antiques et deux inscriptions.
CAUCA. Rivière de la Colombie, Amérique du Sud, donne son nom à l'Etat de Cauca qu'elle arrose. Le Cauca est Pafïïuent le plus important de la Magdalena. Il prend sa source dans les Andes, au nœud de los Pastos ; il sort de la lagune de Santiago, au S.-E. de Popayan, coule dans la direction du N. à travers une vallée qui, depuis Popayan, est assez large; ses rives, boisées, sont même marécageuses. La rivière sort de cette haute plaine encaissée dans les Andes pour entrer, àCali, dans une série de rapides qui rendent innavigable toute la partie moyenne de son cours jusqu'à Antioquia, à Mî m. d'alt. Le Cauca coule alors dans une plaine plus vaste gagnant au N.-E. la Magdalena, oU il se jette à Tacaloa après un cours de 1,117 kil. La dernière partie depuis Antioquia est navigable. Le long de cette rivière qui arrose les Etats de Cauca, Antiquia et Bolivar, sont les villes de Popayan, Cali, Cartago, Antioquia, Caceres.
CAUCA. Etat faisant partie de la confédération des Etats-Unis de Colombie. Il occupe 666,800 kil. q. (602,500 seulement d'après Justus Perthes) en y com-