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L. Del. et G. de G

BiBL. : Mémoires du cardinal de Retz. ~ Fléciiier, les Grands Jours d'Auvergne, éd. de Sainte-Beuve. — L'abbé Fabre, la Jeunesse de Fléchier, t. Il, p. 129. — Ds Barthélémy, ^es Correspondants de la marquise de Di'.levoy, 1883.

CAUMARTIN (Louis-Urbain Le Fèvre de), marquis de Saint-Ange et comte de Moret, fils unique du premier mariage du précédent ; né en 1653, mort le 2 déc. 4720. Elevé par Fléchier, il tut nommé conseiller au parlement en 4674, maître des requêtes en 4682, et conseiller d'Etat en 4697 ; en 4690 il eut une des cbarges nouvellement créées d'intendant des finances qu'il garda jusqu'en 1745 et remplit avec distinction. « Il faisait presque toutes les affaires de finances sous Pontchartrain, contrôleur général, son parent proche et son ami intime », dit Saint-Simon, qui l'accuse d'avoir été glorieux et fat. « C'est le premier homme de robe qui ait hasardé le velours et la soie », mais « il était fort du grand monde avec beaucoup d'esprit ». il avait excellente mémoire et se piquait de grandes connaissances en histoire et eu généalogie. Voltaire a dit de lui qu'il « portait en son cerveau — de son temps l'histoire vivante ». (Epître au Grand Prieur). Passionné pour les lettres, il offrait l'hospitalité et une fort bonne chère dans son château de Saint- Ange (bâti pour la duchesse d'Etampes et connu jusqu'en 4627 sous le nom de Challeau), aux poètes et aux historiens; il y reçut Boileau, La Fontaine, etc., et toute la cour y allait en se rendant à Fontainebleau. C'est là que Voltaire se retira en quittant l'étude de procureur oii son père l'avait fait entrer, et qu'il commença la Henriade, Caumartin lui raconta nombre d'anecdotes qu'il a utilisées pour le Siècle de Louis XIV. On parla de lui en 1 699 pour le poste de contrôleur général des finances, mais il avait mécontenté M""^ de Maintenon en refusant d'administrer les revenus de Saint-Cyr, et le roi n'aimait pas ses façons de grand seigneur qu'il trouvait déplacées. Le dernier fils de Caumartin mourut en 1699 ; son héritage passa à ses neveux. — C'est de son petit neveu, Antoine-Louis-François, marquis de Saint-Ange, prévôt des marchands de 1778 à 4784, qu'une rue de Paris porte le nom. La maison de Caumartin s'éteignit en 4803 en la personne du fils de celui-ci. L. Del.

BiBL. : Outre les livres de MM. de Barthélémy et Fabre, cités à l'article précédent, V, Saint-Simon (éd de M. de Boislisle, t. IV, p. 5-10 ; t. VI, pp. 261-264; et éd. de M. Cheruel, t. XVII, p. lo't , et les ouvrages cités par M. de Boislisle. — Bulletin de la Société d'archéologie de Seine-et-Marne, 1865, pp. 203-211. — d'Argenson, Mémoires. — Bengesco, Voltaire, bibliographie de ses œuvres.

CAUMARTIN (Jean-François-Paul Le Fèvre de), prélat, de l'Académie française, né à Châlons-sur-Marne le 46 déc. ^'068, mort à Blois le 3 août 4733. Second fils de Louis-François, et de sa seconde femme, Catherine de Verthamon, il était filleul du cardinal de Retz, dont les Mémoires sont dédiés à sa mère, et fut reçu, dès 4669, chevalier de Malte de minorité au grand-prieuré de France. Mais destiné à la carrière ecclésiastique, il fut pourvu, en 4675, de Tabbaye de Buzay, ordre de Cîteaux, diocèse de Nantes, par la résignation de son parrain en sa faveur. Entouré par son père des meilleurs maîtres, Lenglet et Labbé d'abord, puis Couture pour le latin, Boivin cadet pour le grec, Pouchard pour l'hébreu, l'abbé de Gouay pour la théologie, il avait au fau-

bourg Saint-Jacques une maison particulière où, étant encore élève, il recevait à sa table les gens de lettres. Elu, le 27 mars 4694, à vingt-six ans, membre de PAcadémie française, à la place de l'abbé de Lavau, et reçu, le 8 mai suivant, par Perrault, il était chancelier depuis le 2 oct. lorsqu'il fut chargé, en Pabsence de La Fontaine, directeur, de répondre à Pévéque de Noyon, François de Clerraont-Tonnerre, élu en remplacement de Barbier d'Aucour, Ce discours du 43 déc. 4694, fut l'événement de sa vie. Quelques phrases ironiques dirigées contre la vanité du récipiendaire lui attirèrent une sorte de disgrâce. Supérieur du séminaire des Irlandais et de la communauté des Trente-Trois, très apprécié de M. de Noailles, archevêque de Paris, qui l'employait à la visite et à Padministralion de son diocèse, doyen de Tours en 4743, il ne fut évêque de Vannes qu'en 4747, (47 sept.). Le 47 août 4749, il passa à l'évêché de Blois et adhéra à la déclaralion royale du 4 août 4720, destinée à mettre fin aux querelles de la bulle Unigenitus, En 4701, il avait été nommé membre honoraire de l'Académie des Inscriptions, à titre sans doute de garde de la bibliothèque du roi. En 4726, il reçut le duc de Saint- Aignan àPAcadémie française. Son discours de réception fut imprimé dès 4694 (in-4), mais sa réponse à l'évêque de Noyon ne parut que dans le recueil de 4744, in-42, t. II, p. 502, et en 4745, dans le Recueil A. En dehors de ces trois discours, on a encore de lui : Compliments faits au Roi et à la Reine pour leur mariage au nom de l académie (4725, in-4) ; Catéchisme du diocèse de Blois (Blois, 4728, in-8) ; Rituel (Blois, 4730, in-4); Lettre pastorale sur des propositioiis à lui dénoncées (Blois, 1733, in-4). Eugène Asse.

BiBL. : SaIxNT-Simon, Mém.^ éd. Boislisle, t. II. p. 193,

— BuvAT, Journal de la Régence ; Paris, 1865, 2 vol- in-8. •— E de BARTHELEMY, Ics Corvespondants de la marquisB de Balleroy ; Paris, 1883, 2 vol. in-8. — Boze, ilist. de VAcad. des insc. et belles-lett.;Varls, 1740, t. III, p. 159.

— MoNCRTF, Œuv7'es ; Paris, 1768, t. II, p. (]. — Gaz. de France, 1694, pp. 239 et 612. — Mercure, 1694, nnai et dec.

— Faydit, le Tombeau de Santeul, 1698. — Dangeau, Journal, Y, \[, 119. — Sainte-Beuve, Caus. du lundi, XI, 335. — E. Asse, le Livre, avr. 1889. — Bibl. de l'ArsenaL ms. iS770. — Kerviler, J.-F. de Caumartin; Vannes, 1876, in-8.

CAUMARTIN (Jacques-Etienne), homme politique français, né à Chalon-sur-Saône en 4769, mort à Montpellier en janv. 4825. Fils de négociant, destiné par ses parents à l'état ecclésiastique, il fut jeté dans une autre voie par la Révolution. Partisan de la monarchie constitutionnelle, il fut incarcéré pendant la Terreur et ne recouvra la liberté qu'au bout de neuf mois (4794). Un mariage avantageux l'amena à s'établir dans la Côte-d'Or, où il dirigea' longtemps et avec succès une forge importante. Jusqu'en 4844, il n'exerça d'autres fonctions publiques que celles de maire de sa commune. Destitué par le gouvernement de la Restauration pour ses opinions libérales et son attitude patriotique en présence de l'étranger, il fut vengé par les électeurs de la Côte-d'Or qui, reconnaissants du bien qu'il faisait depuis longtemps à ce département, l'envoyèrent en 4847 à la Chambre des députés. Là, Caumartin se fit remarquer dans le petit groupe de l'opposition libérale, sinon par une très haute éloquence, du moins par une élocution très nette et très ferme, ainsi que par une droiture de caractère qui imposait à tous le respect. Il demanda Tinstitution du jury en matière de délits de presse et, à propos de la loi de recrutement, émit cette opinion, alors très hardie, que la charte était un véritable contrat entre la nation et le monarque et que, si celui-ci avait stipulé seul pour les deux parties, ce que la charte n'avait pas prévu devait s'interpréter nécessairement en faveur de la partie qui n'avait pas été consultée dans la rédaction du contrat. — 11 s'éleva hautement, dans la session de 4849, en faveur du rappel des bannis. La proposition qu'il fit en 4820 de fonder à ses frais une école de dessin sous le nom de école Van Loo fut écartée parle ministère (4824), parce

CAUMARTIN — CAUMONÏ

que ce nom était celui d'un neveu dont il venait d'hériter et qui, peu dévoué à la Restauration, venait de mourir en exil. Dans ses dernières années, Caumartin ne s'occupa plus guère, à la Chambre, que de questions financières. A. Debidoub.

GAUIVIONT. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Laon, cant. de Chauny ; 38 i hab.

CAUIViONT. Com. du dép. de l'Ariôge, arr. de Saint- Girons, cant. de Saint-Lizier ; 515 hab.

CAUIVIONT. Ch.-l. de cant. du dép. du Calvados, arr. de Baveux ; 4,044 hab. Ardoisières importantes et renommées. Église moderne de style gothique.

CAUMONT. Com. du dép. du Calvados, arr. de Falaise, cant. de Thury-Harcourt ; 91 hab.

CAUMONT. Com. du dép. de l'Eure, arr. de Pont- Audemer, cant. de Routot; 716 hab. Les Romains y ont laissé des traces de leur passage : vestiges de constructions, etc.; mentionné dès 1175, faisait alors partie d'un territoire appelé Thouberville, qui s'étendait sur trois autres des communes actuelles, la Trinité de Thouberville, Saint- Ouen de Thouberville et Bourg-Achard en partie ; la famille de la Londe paraît avoir possédé ce territoire depuis le xii« siècle ; les Mallet turent seigneurs de Caumont spécialement, depuis le xiv® siècle jusqu'au xvii®, sous la suzeraineté des seigneurs de la Londe. — Château moderne. — Renommé pour ses pommes de reinette et ses carrières de pierre blanche où Ton visite une galerie que traverse un cours d'eau et des grottes ornées de stalactites. ^ M. B-x.

BiBL. : A. Le Prévost, Mémoires pour servir à l'histoire du dép. de l'Eure; Evreux, 1863, t. I, pp. 49 et suiv. et p. 476, in-8. — Ciiarpillon et Caresme, Dictionnaire des communes du dép. de l'Eure; les Andelys, 1868, t. I,pp. 678-82, in-8.

CAUIVIONT. Com. du dép. du Gers, arr. de Mirande, cant, de Riscîe; 187 hab.

CAUMONT, Com. du dép. de la Gironde, arr. de La Réole, cant. de Pellegrue ; 252 hab.

CAUMONT. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil-sur-Mer, cant. de iïesdin ; 471 hab.

CAUMONT. Com. du dép. deTarn-et-Garonne, arr. de Castelsarrasin, cant. de Saint-Nicolas-de-la-Grave ; 608 hab.

CAUMONT (Cavus morts). Com. du dép. de Vaucluse, cant. de Cavaillon, arr. d'Avignon; 1,509 hab. Sur le territoire de Caumont se trouve la chapelle romane de saint Symphorien et les restes de la chartreuse de Bompas qui fut d'abord une association de chanoines augustins et dans laquelle Jean XXÏl installa les Chartreux en 1320. C'est aux premiers qu'on dut, au xii« siècle, la construction d'un pont en pierres joignant les deux rives de la Durance et dont il ne reste plus de traces. La chartreuse de Bompas compta parmi ses prieurs plusieurs personnages célèbres parmi lesquels Alphonse Duplessis de Richelieu, futur archevêque de Lyon et frère du cardinal. L. D.

CAUMONT-sur-Garonne. Com. du Lot-et-Garonne, arr. de Marmande, cant. du Mas-d'A gênais; 772 hab.

CAUMONT (Maison de). Il y a eu plusieurs vieilles familles du nom de Caumont, Chaumont ou Calment, en Guyenne, Rouergue, Languedoc, Armagnac, Bazadois, etc. Celle dont sont issus les ducs de La Force et les ducs de Lauzun était établie en Guyenne depuis environ 1120, et il y a des présomptions fortement appuyées qu'elle n'était elle-même qu'une branche de la maison de Calmont d'Olt (qui tirait son nom du château de Calment, près d'Espalion), l'une des plus puissantes du Rouergue dès le xi^ siècle (éteinte à la fin du xiii®) et à laquelle se rattachait également celle de Calment de Plancatge (éteinte au xv® siècle).

Le chef certain des Caumont de la Guyenne est Légon de Caumont, qui possédait deux fiefs de ce nom, l'un près Marmande, l'autre près Nogaro, et vivait au commencement du xiii^ siècle. H fut le trisaïeul de Guilhem de Caumont, sénéchal de Toulouse en 1334, lequel eut

pour fils Guilhem-Raimondy 1 un des grands guerriers du temps et qui a servi d'abord les Anglais, puis le roi de France. L'aîné de ses petits-fils est l^ompar 11, dont l'article suit. La cadet, Brandelis, continua la branche aînée de cette maison, et fut le trisaïeul de Jacques-' ISompar de Caumont, maréchal de France, en faveur duquel le marquisat de la Force fut érigé en duché-pairie, en 1637. Lui et ses descendants, parmi lesquels se trouvent plusieurs personnages illustres, et célèbres par leur attachement au protestantisme, sont plus connus sous le dernier nom (V. La Force). — Le frère cadet de Bégon de Caumont, iVompar, est la tige des seigneurs, barons, puis comtes de Lauzun, branche éteinte en la personne du fameux duc de Lauzun (V. ce nom). — De la branche aînée est sortie celle des seigneurs de Beauviila, laquelle fut autorisée à prendre le titre de marquis de la Force, en la personne de Bertrand de Caumont de Beauviila, qui épousa la petite-fille du dernier duc de la Force, et dont les descendants, titrés ducs de la Force, sont les seuls représentants de cette vieille maison. G. P-i.

BiBL. : Le P. Anselme, Hist. des grands officiers de la couronne, t. IV et t. iX (continuation par M. P. de Coure y). — De Courgelles, Hist. des pairs de France, t. VI et VIII. — De Barrau, Documents hist. et généal. sur les familles du Rouergue; Rodez, 1853-60, 4 vol. in-8.

CAUMONT (NoMPAR II, seigneur de, [Castelnau, Castelculier et Berbiguières]), fils de Guillaume-Raymond 11, seigneur de Caumont, et de Jeanne de Cardaillac, et petit-fils de Nompar P"*, né en 1391, mort en Angleterre en 1446. H appartenait à la branche aînée des seigneurs de Caumont, portant à\zur à trois léopards d'or ongles de gueules et couronnés d'or, 11 se maria jeune, car à l'âge de vingt-cinq ans on le voit déjà père de plusieurs enfents. Devenu veuf il épousa en secondes noces, le 15 févr. 1434, Jeanne de Durfort, fille de Jean de Durfort et de Jeanne de Gornay. Après avoir fait, en 1417, un voyage à Saint-Jacques de Compostelle, il partit, le 27 févr. 1419, pour la Terre-Sainte, d'où il revint le 14 avr. 1420, A partir de ce moment, son existence est très mal connue. On sait cependant qu'ayant pris parti pour les Anglais contre le roi de France, il fut déclaré déchu de ses biens par le roi Charles VII, qui les donna à Brandelis de Caumont, son frère cadet, pour le récompenser de s'être rallié à la cause française. Il passa probablement vers cette époque en Angleterre. Ce fut seulement après sa mort que Brandelis, son frère, prit définitivement possession de toutes ses seigneuries, le 25 mai 1447. — Deux ouvrages de Nompar II de Caumont nous sont parvenus \ i^ les Bits et enseignemens, instruction d'un père à ses enfants, composée en 1416 et publiée par M. Galy dans l'ouvrage intitulé : le Livre Caumont où sont contenus les dits et enseignemens du seigneur de Caumont (Paris, 1845, in-8) ; 2° Voyaige d'oultremer en Jherusalem, publié (d'après un manuscrit du fonds Egerton au British Mus.) par le marquis de La Grange (Paris, 1858, in-8). Nompar avait très probablement écrit aussi une relation de son voyage k Saint- Jacques de Compostelle ; mais le texte n'en a pas été retrouvé, Ch. Kohler.

BiBL. : V. les préfaces de MM. Galy et La Grange aux ouvrages cités ci-dessus. — T. Tobler, BiblioUieca geographica Palestinœ , Leipzig, 1887, p. 45. -— Das Heilige Landf an. 1860, pp. 18-21, 43-48. — Le Correspondant, an. 1859, t. X, 2" série, pp. 685-702 (art. de H. de la Vil- LEMARQUÉ). — BibUothèque de VEcote des Chartes, an. 1858, 4° série, t. IV, pp, 377-81 (art. de J.-B. Xivrey).

CAU MONT (Jean de), jurisconsulte français de la seconde moitié du xvi^ siècle, originaire de Langres. Il fut successivement avocat au bailliage de Langres, puis au Parlement de Paris. On a de lui : Firmament des catholiques contre l'abîme des hérétiques, de quelque sorte qu'ils soient, etc. (Langres, 1585); Avertissement au roy pour le royaume de France ; S'il est loisible de châtier le fils pour le délit du père (1598), etc. G. L.

CAUMONT (Joseph m. Seytres, marquis de), antiquaire , français, né à Avignon le 29 juin 1688, mort en 1745.

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