CAUMONT
Amateur passionné, il s'était formé une importante collection d'antiquités souvent citée àù.ns Y Antiquité expliquée de dom Bernard de Montfaucon. En 4733, il accueillit avec empressement à Avignon le célèbre antiquaire italien Scipion MafFei, qui venait visiter les collections de la France. Maffei lui dédia, en reconnaissance, la treizième de ses lettres consacrées à la description des monuments qu'il avait vus et étudiés. En 1736, Joseph de Cauraont tut nommé correspondant de l'Académie des inscriptions ; le tome Xll des Mémoires de cette académie renferme la description, par Caumont, du pont romain appelé Pont- Surian ou de Saint-Charaas, près d'Aix. On doit encore au même auteur des Conjectures sur une gravure an-^ tique qu'on croit avoir servi d'amulette ou de préservatif contre les rats^ dissertation insérée dans le Mer-cure français (oct. 4733) ; enfin, des Remarques sur le combat de Cupidon et d'un coq,, gravé en creux sur une cornaline (Mercure français, oct. 47>33) ; ces publications sont anonymes.
CAUMONT (Joséphine, Louise de) (V. Balbi [comtesse de]).
CAUMONT (Arcisse de), archéologue français, né à Bayeux le 28 août 1801, mort à Caen le 16 av. 1873. Il fit ses études au collège de Bayeux, puis au collège de Falaise ; il épousa très jeune IVF® Aglaé Rioult de Villaunay. C'est à Caen, vers 1820, que se révélèrent pour la première fois ses goûts scientifiques qui le portèrent d'abord vers la géologie. Il prit une large part à la fondation de la Société LÎnéenne dont il fut dix ans le secrétaire, et les premiers volumes des Mémoires de cette société renferment un certain nombre de travaux de M. de Caumont sur la géologie de la Normandie. Cependant, à une époque presque contemporaine, et grâce à l'impulsion donnée par deux savants antiquaires normands, MM. de Gerville et Le Prévôt, le jeune A. de Caumont concevait l'idée de fonder à Caen une société destinée à arrêter les progrès du vandalisme et à répandre dans le public des notions vraies sur la valeur artistique et l'intérêt des constructions antiques : ce fut la Société des antiquaires de Normandie, qu'il administra pendant dix-huit ans et dans les Mémoires de laquelle il publia ses premiers travaux archéologiques sur la pierre-levée de Condé, le dolmen de Fontaine-les-Bassets, les constructions romaines d'Arcisse, l'église de Vieux-Pont-en-Auge. Dès 1824, il fit paraître son Essai sur l'architecture du moyen âge, particulièrement en ISormandie. En 1830, il commença la publication de son grand traité intitulé Cours d'antiquités monumentales, dont le sixième et dernier volume ne vit le jour qu'en 1841. « C'est de tous ses écrits, dit M. de Beaurepaire, le plus ample, le mieux distribué et le plus soigné comme rédaction. L'auteur s'y montre à nous tout entier, avec ses idées très nettes et très arrêtées, auxquelles les années ne devaient apporter que de bien faibles modifications. » Après cette œuvre monumentale, M. de Caumont publia de nombreux ouvrages qui, malgré la diversité des titres, se rapportent tous à l'étude de l'architecture religieuse et militaire du moyen âge, et ne sont que les développements de certains chapitres du Cours d'antiquités. Son excellent Abécédaire d'archéologie, lui-môme, qui est, aujourd'hui encore, entre les mains de tous ceux qu'intéressent les vieux monuments de la France, ne fait que résumer le même enseignement sous une forme plus vulgarisée.
L'œuvre de M. de Caumont eut un effet immense en France ; M. de Caumont fut un novateur dans les études d'archéologie du moyen âge jusque-là négligées et même méprisées. L'administration elle-même s'associa au mouvement général et, au lendemain de la révolution de 1830, M. Guizot, ministre de l'intérieur, appelait l'attention des préfets sur l'état de nos monuments et organisait, pour les protéger, tout un service de surveillance qui fonctionne encore aujourd'hui. Partout se fondèrent des sociétés analogues à la Société des antiquaires de Normandie ; M. de
Caumont organisa des congrès régionaux qui étudièrent sur place les monuments et les mesures à prendre pour en assurer la conservation. C'est à son instigation que se forma, en 1832, une ligue pacifique entre les archéologues du Poitou, du Maine, de la Touraine et de la Normandie pour défendre le baptistère de Saint-Jean do Poitiers contre les projets néfastes du conseil municipal. A cette association fortuite fut substituée, en 1834, la Société française d'archéologie, qui commença la publication du Bulletin monumental dirigé par M. de Caumont jusqu'en 1872 (38" volume). Encouragé par l'assentiment du baron de Humboldt, M. de Caumont créa les Congrès scientifiques dont la première réunion eut lieu à Caen en 1833 et qui, depuis lors, se succèdent régulièrement chaque année dans l'une ou l'autre des villes de France ; comme couronnement à cette œuvre nouvelle, il fonda, en 1839, une sorte d'académie centrale chargée de préparer ces congrès et de publier leurs travaux ; ce fut l'Institut des provinces, qui publia chaque année des Mémoires et un Annuaire^ et le 10 mars 1850 se tint à Paris, grâce à l'initiative de cet institut, la première réunion des délégués des sociétés savantes de la province. Cette institution fut jugée si excellente qu'elle fut reprise par le gouvernement, qui lui donna une plus grande extension par la création des congrès annuels de la Sorbonne et la fondation de la Revue des Sociétés savantes. Dans toutes ces œuvres, qui furent si fécondes, comme on le voit, M. de Caumont ne poursuivait qu'un but, éminemment louable, ainsi que le fait ressortir l'un de ses biographes : « Relever la province de son marasme intellectuel en créant de grands foyers d'instruction et développer les énergies individuelles en les rapprochant par de fécondes et stimulantes associations. » Frappé d'une attaque de paralysie en 1871, M. de Caumont est mort deux ans après, en pleine possession de sa gloire, et salué par Montalembert et Viollet-le-Duc du titre de restaurateur de l'archéologie nationale. La ville de Bayeux lui a élevé une statue.
La bibliographie aussi complète que possible des travaux de M. de Caumont a été publiée par M. de Beaurepaire. Les sciences naturelles et agricoles et l'histoire de la Normandie au moyen âge y ont la moindre part ; l'archéologie en forme l'élément essentiel et nous signalerons particulièrement ici les ouvrages suivants : Essai sur les poteries romaines et les nombreux objets d'antiquité trouvés au Mans en 1809 (1829, in-foL, complété en 1830) ; Essai sur l'architecture religieuse du moyen âge, particulièrement en ISormandie (1825, in-8); Cours d'antiquités monumentales professé à Caen (1830-1841, 6 vol. in-8 et atlas de 100 pi.) ; Abécédaire ou rudiment d'archéologie, t. I ; Archéologie religieuse, t. Il ; Archéologie civile et militaire, t. III; Ere gallo-romaine (1850 à 1862, 2« édit. en 1870) ; Statistique monumentale du Calvados (1846- 1867, 5 vol. in-8) ; Statistiques routières de la Normandie (in-8). En outre, les publications périodiques que nous avons énumérées au cours de cette notice renferment de très nombreux rapports sur des excursions archéologiques faites par M. de Caumont dans divers villages dé Normandie et d'autres parties de la Franco, des monographies détaillées d'églises, de châteaux-forts ou de monuments gallo-romains. E. Babelon.
BiBL.: E. DE RoBiLLARD DE Beaurepaire, M. de Caumont, sa vie et ses œuvres ; Caen, 1874, in-8.
CAUNIONT (Thomas), comédien français, né à Rouen, mort à Sandillan (Loiret) le 25 mars 1811, à l'âge de soixante-deux ans. Il avait commencé par être marin, et on ignore par suite de quelles circonstances en 1792 il faisait partie de la troupe du théâtre Montausier. Peu après il entrait dans la petite colonie des artistes de l'ancienne Comédie-Française qui, réunis au théâtre Feydeau, y alternaient leurs représentations avec la troupe d'opéra-comique qui desservait ce théâtre. 11 s'y
CAUMONT — CAUrOLICAN
fit rejiiarquer, et lorsqu'en l'an VH (1799) la Comédie-Française fut enfin reconstituée, il fut appelé à en faire partie et bientôt reçut le titre et le rang de sociétaire. Caumont tenait avec une rare distinction l'emploi dos grimes et des manteaux, où son chef d'emploi était l'admirable Grandmesnil, auquel il n'était guère inférieur. Parmi les ouvrages oii brillait surtout son talent, plein de force et de souplesse à la fois, on cite l'Avare^ VEcole des Femmes, les Folùs amoureuses, la Grandeur, le Barbier de Séville, le Malade imaginaire^ les Plaideurs, le Chevalier à la mode, VEcole des Bourgeois, les Fourberies de Scapin, etc. Avec un extérieur et des moyens physiques merveilleusement appropriés à son emploi, il disait avec une justesse parfaite, saisissait étonnamment le caractère particulier à chacun de ses rôles, et les jouait simplement, sans prétention, mais en homme consommé dans son art. Le 1^^ avr. 4809, l'état de ?a santé l'obligea à prendre sa retraite. A. P.
CAUMONT (Aldrick-lsidore-Ferdinand) , avocat et jurisconsulte français, né à Saint-Vincent-Cramesnil (Seine-Inférieure) le 45 mai 4825. Après avoir fait ses études de droit à la faculté de Paris, M. Aldrick Caumont se fit inscrire au barreau du Havre qu'il ne quitta plu-s. Il s'occupa presque exclusivement d'aû'aires de droit commercial maritime et, en quelques années, il se fit une grande réputation dans cette spécialité. La ville du Havre le chargea d'un cours de droit commercial maritime : ce cours, qui eut lieu à l'hôtel de ville, obtint un vif succès. Les luttes de la barre et les soins de son enseignement n'empêchèrent pas M. Aldrick Caumont de s'occuper, avec un égal succès, de travaux écrits, et les nombreux ouvrages qu'il a publiés depuis 4857 sur le droit commercial maritime l'ont fait considérer comme un des jurisconsultes les plus compétents dans cette partie spéciale et si importante de notre législation. Le principal de ces ouvrages est le Dictionnaire universel de droit commercial maritime, ou Répertoire méthodique et alphabétique de législation, doctrine et jurisprudence nautique, etc. (4855-1857 et 1869, 2 vol. gr. in-8) ; cet ouvrage comprend cinquante-six traités particuliers. On a encore de M. Aldrick Caumont : Institution du crédit sur marchandises, ou le commerce du monde d'après les travaux législatifs et les règlements d'administration publique sur les warrants, etc. (4859, gr. in-8) ; De l'Extinction des procès, ou l'Amiable composition remplaçant Varbitrage volontaire (4859, gr. in-8) ; Revue critique de jurisprudence maritime (3 éludes, 4864-4863, in-8); Plan de Dieu, ou Phy-- Biologie du travail (4862, broch. in-8); Etude sur la vie et les travaux de Grotius, ou le Droit naturel et le droit international (4862, in-8) ; Nantissement et vente des navires; application des warrants ci la propriété maritime (4863) ; Droit maritime. Table de GO ans (4804-4864) ; Législation, doctrine et jurisprudence sur l'abordage maritime (in-8) ; Cours yubllc de droit maritime, au point de vue commercial, administratif et pénal (Le Havre, 4866, in-8) ; Droit économique ou philosophie du travail (4878).
Georges Lagrésille.
CAUMONT-Lauzun (V. Lauzun).
CAUNA, Cora. du dép. des Landes, arr. et cant. de Saint-Sever ; 654 hab.
CAUNAY. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Sauzé-Vaussais, près de la source de la Bouleure, tributaire du Clain; 539 hab. A été le siège d'une vi guérie.
BiBL. : De La Fontenelle de Vaudoré, Recherches sur les vigueries et sur les origines de la féodalité en Poitou, dans Mém. de la Soc. des Anliq. de l'Ouest, 1838, t. V, p. 372.
CAUNEILLE. Com. du dép. des Landes, arr. de Dax, cant. de Peyrehorade; 706 hab.
CAUNES (Caunœj, Com. du dép. de l'Aude, arr. de
Carcassonne, cant. de Peyriac-Minervois; 2,597 hab. L'abbaye de Saint-Pierre de Cannes, fondée sous le règne de Charlemagne, avant 770, était l'une des plus importantes du midi de la France ; l'ancien nom du lieu de Cannes, alors situé dans le suburbium Ventajonense (Ventajou), était Bufmtis. D'abord maîtresse de la majeure partie du pays environnant, elle lut dépouillée par les comtes de Carcassonne, qui lui servirent d'avoués; les abbés profitèrent de la guerre des Albigeois pour se faire céder les domaines des chevaliers hérétiques ou faidits et reconstituer ainsi les domaines du monastère. La réforme de saint Maur y fut introduite en 4659; les bâtiments claustraux, reconstruits et réparés par les moines de la nouvelle congrégation, furent incendiés en partie en 4764, et dans ce désastre disparurent les archives ; les actes les plus anciens avaient fort heureusement été copiés au xvii® siècle par les soins du président Doat ; ces copies sont aujourd'hui à la Bibliothèque nationale. L'abbaye de Cannes subsista jusqu'en 4790. — La ville de Caunes, formée autour du monastère, appartenait, au xii« siècle, au vicomte de Carcassonne et à l'abbé; en 4449, les habitants rachètent le droit de quête, possédé par les moines; ils ne furent affranchis du droit de main-morte qu'en 4240 et en 4270, et n'obtinrent le droit d'élire des consuls qu'en 1337 . Ancienne église abbatiale du xiii^ siècle, ornée au xvii^. — Près de Caunes, l'église Notre-Dame-du-Cros, reconstruite en partie au xvii« siècle; quelques parties anciennes ; lieu de pèlerinage; la confrérie de Nolre-Darae-du-Cros est citée dès 1191. Caunes était avant la Révolution dans le diocèse ecclésiastique et civil de Narbonne, viguerie de Minervois. — Carrières de marbre célèbres, exploitées dès le xvu^ siècle; les marbres de Caunes ont été notamment utilisés pour la construction du château de Versailles ; aujourd'hui une centaine d'ouvriers y sont employés. — Près de Caunes, dolmen célèbre. A. Molinier. BiBL. : Gallia Christiana., t. VL — Mahul, Cartulaire de Carcassonne, IV, 67-187.
CAUNETTE(La). Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Saint-Pons, cant. d'OIonzac, sur la Cesse; 539 hab. Autrefois du diocèse de Saint-Pons. Donnée en 936 à l'abbaye de Saint-Pons par le fondateur de celle-ci, Raimond-Pons, comte de Toulouse. Eglise du x« siècle. Mines de lignite.
CAUNETTE-sur-Lauquet (La). Com. du dép. de l'Aude, arr. de Limoux, cant. de Saint-Hilaire ; 55 hab.
CAUNETTES-en-Yal. Com. du dép. de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Lagrasse; 445 hab.
CAUNOIS (François-Augustin), graveur en médailles et statuaire Irançais, né à Bar-sur-Ornain (Meuse) le 43 juin 4787, mort à Pans en 4859. Elève de Dejoux, il remporta en 4843 un second prix au concours pour Rome et prit part aux Salons de 4819 à 1851, avec des cadres de médaillons, des statuettes et des bustes. Beaucoup de ces portraits ne sont désignés au livret que par des initiales, ou même sont tout à' fait anonymes. Néanmoins on cite de lui, au musée de Versailles, le buste du prince Poniatowski, maréchal de France, et au musée de Rouen, ceux à' Horace Vernet et du comte Mollien, Cannois est également l'auteur des médailles commémoratives du monument de la place de la Bastille (1840), du monument de Molière (1844), de la proclamation (en 1830) de la lieutenance générale du duc d'Orléans (1847), etc. M. Tx.
CAUNOPORA (Paléont.) (V. Stromatopora).
CAUNUS MONS. Montagne d'Espagne, mentionnée par Martial et au pied de laquelle eut lieu la grande victoire de S. Gracchus sur les Celtibères, suivant Tite Live. C'est sans doute le Moncaio actuel.
CAU PENNE. Com. du dép. du Gers, arr. de Condom, cant. de Nogaro ; 692 hab .
CAU PENNE. Com. du dép. des Landes, arr. de Saint-Sever, cant. de Mugron ; 793 hab.
CAUPOLICAN. Province de Bolivie, dép, du Béni, entre
CAUPOLICAN - CAURI
le Pérou à l'O. et le rio Béni à TE. Les forêts équatoriales de la partie septentrionale sont inhabitées. On compte dans la région S., sur le versant des Cerros de Apolombaba, environ 250,000 âmes. Mines et placers d'or importants, peu exploités. Ch.-l. Apolombaba. C, W.
CAUPOLICAN. Dép. du Chili (depuis 1831), prov. de Colchagua (Chili), entre les dép. de Rancagua auN.,de San Fernando au S. et à l'O., et la République Argentine à l'E. Ch.-l. Rengo. Région agricole abondamment irriguée, avec près de 2,000 domaines de culture et d'élève; 75,945 hab. On lui a donné le nom d'unhéros araucan, qui combattit les Espagnols lors de la conquête du Chili. C. W.
CAUQUÉNES. Dép. du Chili, prov. de Maule, limité au N. par le rio Maule, à l'O. par le fleuve Loncomilla et le Pacifique, au S. par le dép. de Itata et à l'E. par les rios Pocillos et Perquilauquen. Grandes cultures de céréales et de vignobles. C. W.
CAUQUÉNES. Ville du Chili, capitale de la prov. Maule, sur la rive gauche du rio Maule, à 360 kil. au S. de Santiago, par 35^ 45" lat. S. et 74« 28' long. 0. de Paris; à 769 m. d'alt. Fondée en 1742, cetle\ille compte environ 5,000 hab. Sources alcalines; température de 27 à 48<* centigr.
CAURALE (Ornith.). On rencontre sur le bord des fleuves de la Guyane, du Brésil et de l'Equateur de petits Echassiers au plumage agréablement varié de gris, de jaune, de vert, de n()ir, de brun et de blanc, qui sont fréquemment désignés, dans les relations des voyageurs, sous les noms de Petits Hérons de Cayenne, de Petits Paons des roses, de Paons des palétuviers, à cause de la disposition de leurs couleurs. Ils constituent le genre Eurypyga d'Illiger (Prodr. Syst, Mamm. et îy., 1811, p. 257) qui correspond aux genres Eelias de Vieillot et Heliornis de Boie, et qui se place entre les Râles et les
Caurale {Eurypyga helias Pall.}.
Grues. Chez Y Eurypyga helias Pall. ou Eurypyga solaris Bodd., type de ce petit genre, le sommet de la tète et la nuque sont d'un noir uniforme, le dos et les ailes d'un noir rayé transversalement de roux, le menton et deux raies de chaque côté de la tête d'un blanc pur, les rémiges et les rectrices grises marbrées de blanc et de noir, ces dernières étant en outre bordées de brun à la base et de noir à l'extrémité, les parties inférieures du corps jaunâtres, avec des raies brunes et noires sur le cou, les yeux rouges, les pattes et le bec jaunes.. Ce bel oiseau, dont la longueur totale ne dépasse pas 42 ou 44 centim., à l'âge adulte , vit isolément ou par couples auprès des
cours d'eau, dans les clairières des forêts et se nourrit d'insectes qu'il capture sur le sol ou qu'il saisit sur les feuilles, en dardant brusquement son bec acéré, à la manière des Hérons. Sur le sol, il s'avance d'un pas prudent en tenant le corps horizontal et le cou rentré dans les épaules, et lorsqu'on vient à le surprendre, il se met sur la défensive en écartant les ailes, prêt à sauter sur son adversaire. Son vol est mou et incertain, semblable à celui d'un papillon.
Les Caurales s'habituent facilement à la captivité et deviennent assez familiers pour qu'on puisse les laisser courir au milieu des volailles et des animaux domestiques. Il y a quelques années, un couple de ces oiseaux s'est même reproduit à deux reprises au Jardin zoologique de Londres. Grâce à cette heureuse circonstance, on a pu savoir que les Caurales font leur nid sous les arbres, à une certaine distance du sol, que le nid est fabriqué avec des racines, des brindilles, de l'herbe et de l'argile et contient un œuf, assez semblable à un œuf de Poule d'eau, que la femelle couve pendant près d'un mois. Le petit naît fort débile et doit recevoir sa nourriture des parents, mais il grandit rapidement, et dès l'âge de deux mois ressemble aux adultes. E. Oustâlet.
BiBL. : Daubenton, PU Enl. de Buffon, n» 782. — G.-R. Gray et MiTCHELL, Gênera ofBirds, 18i7, t. III, p. 554 et pi. 150, fig. 3.
-CAURANT (Hippolyte), homme politique français, né au Faou (Finistère) le 22 oct. 1839. Il est entré dans l'administration départementale après la guerre francoallemande, le 30 sept. 1871, en qualité de sous-préfet de Rochefort. Il fut mis en disponibilité lors de la chute du gouvernement de M. Thiers, le 24 mai 1873. Rappelé après le coup d'Etat du 16 mai 1877, il resta en fonctions jusqu'en 1880. A cette époque, il sollicita le mandat de député dans la première circonscription de Châteaulin (Finistère), en remplacement de M. de Pompery, décédé. Il n'eut point de concurrent et fut élu par 5,762 voix. Il fut réélu le 21 août 1881 par 5,956 voix contre 4,756 données à M. Guermeux, candidat monarchiste. Aux élections générales du 4 oct. 1885, il échoua avec toute la liste républicaine du Finistère. Pendant son passage à la Chambre, M. Caurant fit partie du groupe de l'union républicaine. Louis Lucipia.
CAURE (La). Com. du dép. de la Marne, arr. d'Epernay, cant. de Montmort ; 190 hab.
CAUREL. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Loudéac, cant. de Mûr ; 995 hab.
CAUREL-lês-Lavanne. Com. du dép. de la Marne, arr. de Reims, cant. de Bourgogne; 458 hab. — Jadis importante, cette localité est encore entourée d'anciens fossés, et le quartier haut s'appelle le Château, Eglise du xiii« siècle ; beau chemin de croix, vaste bénitier en marbre finement sculpté, provenant de l'église de Marqueuse, village voisin détruit au commencement du xvni® siècle, avec ceux de Neuflisle et de Court-Martin. — Sur le territoire de Caurel se voient les restes d'une ancienne commanderie de Templiers. A. T.
CAURI, CORIS, CAOURI, KAURI ou COWRY. Coquilles du genre Monetaria (V. ce mot) ou Cypraea de Linné, qui servent de monnaie dans certains pays di l'Afrique tropicale et de l'Asie méridionale. Parmi toutes les coquilles employées comme monnaie par les populations non civilisées, le cauri est la plus connue de même que la plus répandue. Deux espèces sont surtout utilisées comme monnaie : Monetaria (Cypraea) moneta L. et M, (C.) annulus, La première semble être plus répandue en Asie, la seconde en Afrique. Ce sont les Anglais qui ont donné à cette porcelaine le nom de cauri ou cowry, qui paraît être une corruption de nom sanscrit kaparda, mpardika, d'oti kavari en dialecte maharati; les Portugais la nomment boudji ou boughi, les habitants des Maldives boli ; les Siamois bia (ce qui veut dire coquille en général en malais) ; les Arabes, ouada ou wadaat .
CAURI — CAUS
Les deux espèces de C}prea sont communes dans tout l'océan Indien, mais on ne les récolte en grande quantité que sur trois points : aux îles Maldives (à TO. de Ceyan) oii elles sont mentionnées déjà par les géographes arabes du xiii® siècle, aux îles Soulou (entre les îles Philippines et Bornéo) et sur la côte E. de l'Afrique (entre TEquateur et le Mozambique); à Tépoque de la domination hollandaise, on les recueillait aussi en quantité à Ceylan. Sur le continent asiatique, on en trouve l'usage répandu surtout au Siam; il y a une vingtaine d'années, 20 à 30 de ces coquilles y valaient un centime. Au Bengale le cauri était connu dès le vi® siècle de notre ère, comme le constatent les livres sanscrits (Pankatantra et autres). Encore au milieu du siècle passé, 2,400 à 2,560 cauris équivalaient à une roupie — 10 pour un centime — mais au milieu de notre siècle, on pouvait en avoir déjà jusqu'à 26 pour un centime, c.-à-d. à peu près autant qu'au Siam (Prinsep, Indian Antiquities, 1858, suppl., p. 93). La vraie zone de circulation du cauri est cependant l'Atrique tropicale ; le fait est intéressant , car la coquille n'étant pas connue dans l'Atlantique, c'est uniquement par des relations commerciales qu'elle a pu se propager de TE. à l'O. à travers le continent, depuis le Zanzibar jusqu'au Sénégal ; et ces Y dations commerciales doivent remonter bien loin dans le temps, car les voyageurs portugais, du xv® siècle, comme Aloisius da Cadamosto signalent déjà l'emploi de cauri en guise de monnaie parmi les «Maures » du Sénégal. D'après Pigafetta (1598), les cauris étaient aussi répandus dans le « royaume de Congo » où on en donnait 3,500 pour une « pistolette » portugaise, c.-à-d. 2 pour un centime. Cette valeur est presque la même qu'ont eue les cauris il y a encore soixante ans dans le royaume des Achantis (d'après Bowdich), où ils n'ont plus cours aujourd'hui; c'était aussi leur prix il y a cent ans au Fetsan (d'après P. Lucas). Rien que ce taux de cauri beaucoup plus élevé en Afrique qu'en Asie indiquerait que cette coquille est un objet importé. C'est probablement par les Arabes que le cauri fut introduit sur la côte E. de l'Afrique. Plus tard, les Européens se sont aussi emparés de ce commerce. En 1858 on a exporté de Manille 2,938 piculs (environ 180,000 kilogr.), pour la plupart en Angleterre. En 1848, on importa à Liverpool 60,000 kilogr. de cauris. Mais jadis l'exportation était encore plus considérable. A l'époque de la domination hollandaise à Ceylan, Amsterdam était le marché principal de ce commerce ; on y vendit, en 1689, 192,951 livres (hollandaises) de ces coquillages; en 1721, 317, 613 livres ; et en 1780, 133,229 livres (Johnston). Avant Amsterdam, c'est Venise qui était l'entrepôt principal pour les « coquillages » venant du Levant. On en a trouvé aussi dans les ruines de Ninive (Layard), où cependant ils ont pu être importés comme simple ornement; il faut remarquer qu'en général on rencontre souvent cette coquille comme ornement sur plusieurs points de l'Afrique, de l'Asie et jusque dans l'E. de la Russie. Depuis 1848 on ne voit presque plus de ces coquilles en Europe, les commerçants européens les important directement des Maldives ou de Zanzibar sur la côte 0. de l'Afrique. Pendant la période de i 864 à 1880, la cote des cauris a varié de 4 à 13 pour un centime dans les pays Haussa et entre la côte et le Niger. Le cours moyen s'établit à Lagos, marché principal, par « têtes » (heads) contenant 50 ogodji ou cordes à 40 cauris chaque. Le cauri a cours encore aujourd'hui sur toute la côte 0. de l'Afrique jusqu'au fleuve Couanza dans l'Angola ; mais dans l'intérieur son usage comme monnaie n'est connu que jusqu'au Niger et au lac Tsad. Au S. de Couanzo jusqu'à Walfish-Bay, on trouve déjà une autre <c monnaie de coquille », les qidranda de Dongo , c.-à-d. des espèces de chapelets formés de fragments d'une grande coquille terrestre, VAchatina monetaria, enfilés à un cordon; on les fabrique surtout dans l'intérieur du pays de Bengouela,
dans le district de « Selles », et on les expédie sur toute la côte et jusqu'à Londres. Ces chapelets, longs de 50 centim. environ, valaient il y a quelques trente ans, de 50 cent, à 1 fr. 50 chaque. Plusieurs autres espèces de coquilles sont employées comme monnaie, surtout par les populations de l'Amérique septentrionale (V. Monnaie). J. Deniker.
BiBL. : Martens, Ueber verschiedene Verwendungen von Concfiylieiif dans le Zeilschrift fur Ethnologie de Berlin, 1872, t. IV, p. 65. — E. Hertz, Ueber Verwendung und Verbreitung der KauriemuscheU dans les Mittheilungen der Geographischen Gesellschaft in Hamburg; 1880-81, p. 14, avec une carte.
CAURIUM (Géogr. anc). Ville de Lusitanie (Portugal), Kaupiov de Ptolémée, dont les habitants sont appelés par Pline Caurienses, Des inscriptions nombreuses avec ce même ethnique ont été trouvées dans la ville actuelle de Coria, assurant l'identification de ces deux points. Coria a encore quelques ruines importantes, arcs et tours de portes, fondations du mur d'enceinte, etc.; quant aux murs mêmes de la ville, ils sont en matériaux romains mais employés postérieurement à cette époque.
CAURO. Corn, du dép. de la Corse, arr. d'Ajaccio, cant. de Bastelica ; 756 hab.
CAUROIR. Com. du dép. du Nord, arr. et cant. (E.) de Cambrai ; 681 hab.
CAUROY. Com. du dép. des Ardennes, arr. de Vouziers, cant. de Machault ; 336 hab,
CAUROY-les-Hermonville. Com. du dép. delà Marne, arr. de Reims, cant. de Bourgogne ; 351 hab.
CAURROY (V. DuCaurroy).
CAUS ou CAULS (Salomon de), ingénieur et architecte français, né en 1576, mort à Paris le 27 févr. 1626. Les titres et dédicaces de ses divers ouvrages et l'inscription trouvée au dos de son portrait sur bois, que conserve la Galerie des antiquités de Heidelberg, nous révèlent quelques circonstances de sa vie. 11 est certainement né en France, probablement en Normandie, et peut-être à Dieppe ; il résulte en outre de son acte de décès, trouvé en 1862 par M. Ch. Read, qu'il appartenait à la religion réformée. Les Allemands, se fondant sur cette phrase : « nous donnons aujourd'hui ce livre dans notre langue » écrite en tête de la traduction allemande des Raisons des forces mouvantes^ ont revendiqué S. de Caus comme leur compatriote ; mais la qualité de « subject du roy Louis XI H » qu'il prend et qu'on lui donne dans les préfaces et privilèges de ses ouvrages, ne permet aucun doute sur sa nationalité, et la note invoquée par nos voisins émane évidemment de l'éditeur. Il fit des études littéraires, puis s'appliqua à la mécanique et à l'architecture, voyagea en Italie, et se rendit à Londres, où il donna des leçons de géométrie. Il vécut pendant plusieurs années auprès du prince de Galles (Henri, fils de Jacques F^), dont il fut l'ingénieur et l'architecte, enseigna le dessin à la princesse Elisabeth, et suivit cette dernière en Allemagne (1613), lors de son mariage a»?ec l'électeur palatin Frédéric V. Il remplit à la cour d'H^idelberg ses précédentes tonctions, embellit le château, auquel il ajouta plusieurs corps de bâtiments, et traça à travers le Friesenberg de magnifiques jardins, ornés d'une multitude de grottes et de fontaines à effets mécaniques. L'inscription du portrait le fait rentrer en France en 1623 ; mais ce renseignement est contredit par un arrêt de l'édilité de Paris du 31 mars 1621 {Archives curieuses de rilist, de France^ 2^ sér., t. Il), oti il est question d'une proposition de Salomon de Caus pour la prise à bail du nettoiement et de l'enlèvement des boues et la construction de nombreuses fontaines dans la capitale. La date la plus vraisemblable paraît être celle de 1620. Tout ce que nous savons sur la fin de sa vie, c'est qu'il avait le titre d' « ingénieur et architecte du roy ». Une légende, qui fut longtemps accréditée et dont la littérature et la peinture s'emparèrent tour à tour, le faisait mourir fou ; Marion Delorme, dans une prétendue