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CAVALERIE - CAVALIER

i<> Iroupes actives ou de campagne. Ces troupes sont toutes organisées en régiment; elles comprennent 40 régiments de la garde dont 4 à 4 escadrons et 6 à 6 escadrons. Les 4 premiers sont : les chevaliers-gardes, le régiment des gardes achevai et 2 régiments de cuirassiers; les 6 régiments suivants sont : 2 régiments de uhlans, 4 régiment de grenadiers à cheval, 1 régiment de dragons et 2 régiments de hussards. Les 46 autres régiments réguliers sont tous des régiments de dragons à 6 escadrons. Les troupes régulières comptent donc un total de 328 escadrons.

2^ Troupes de dépôt. A chaque régiment régulier correspond une section de cadres (on appelle cadre ou cadre de dépôt un dépôt de cavalerie organisé en officiers, cavaliers combattants, ouvriers et chevaux. Exemple, un cadre de la garde à 4 sections se compose de : 12 officiers, 2 fonctionnaires, 284 combattants, 45 non combattants et 260 chevaux). Les sections de cadre affectées aux régiments de la garde forment trois cadres de cavalerie de dépôt. Les 46 sections qui correspondent aux 46 régiments de dragons forment 15 cadres dont 14 à

9 sections et le 15^ à 4 sections.

3** Troupes de cosaques. Cosaques du Don : ils fournissent 2 régiments de cosaques de la garde et 17 régiments numérotés de 1 à 17. Tous ces régiments sont à 6 sotnias ou escadrons actifs, sauf ceux de la garde qui, en temps de paix, ne sont qu'à 4 escadrons . Cosaques du Kouban ; ils fournissent un escadron 1/2 de la garde,

10 régiments à 6 sotnias et 1 régiment à 4 sotnias. Cosaques du Térek : ils fournissent 1 escadron de la garde et 4 régiments à 6 sotnias. Cosaques d'Astrakan : ils fournissent 1 seul régiment à 4 sotnias. Cosaques d'Orenbourg : ils fourniss^ent 6 régiments, 3 à 6 sotnias et 3 à 4. Cosaques de TOural : ils fournissent 1 escadron de la garde et 5 régiments dont 4 à 6 sotnias et 1 à 5 sotnias plus 1 sotnia d'instruction. Cosaques de Sibérie : ils fournissent 6 régiments dont 4 à 6 sotnias, 1 à 4 et 1 à 2. La cavalerie cosaque compte donc sur le pied de paix 283 sotnias 1/2 ; en outre, les troupes irrégulières comprennent 25 sotnias 1/2. Les effectifs delà cavalerie régulière russe comportent : 2,104 officiers, 59,746 hommes et 51,840 chevaux. Les effectifs de la cavalerie cosaque comportent : 1,760 officiers, 44,665 hommes et 45,099 chevaux. Pour les troupes irrégulières, on compte 81 officiers, 3,646 hommes et 3,390 chevaux. Au total, la cavalerie russe, y compris les cadres de dépôt, compte : 4,600 officiers, 112,600 cavaliers et 106,000 chevaux.

Cavalerie serbe. — L'armée serbe se divise en trois bans. Le premier ban ne possède qu'un cadre permanent. La cavalerie serbe comprend comme cadre permanent une brigade de 3 régiments à 3 escadrons, plus 1 escadron de la garde. La brigade de cavalerie du cadre permanent, complétée par ses réservistes, constitue une brigade active de 3 régiments à 4 escadrons, soit 12 escadrons. Chaque régiment du cadre permanent forme donc un nouvel escadron en se mobilisant. Deuxième ban : La cavrlerie du deuxième ban constitue 10 escadrons, soit une division de cavalerie de 2 escadrons pour chacune des cinq divisions du territoire. Dans le troisième ban, il est formé un escadron de cavalerie dans chaque division territoriale. En résumé, l'armée serbe peut mettre sur pied 28 escadrons. La cavalerie du premier ban est armée de la carabine Mauser à répétition.

Cavalerie suédoise. — La Suède possède 8 régiments de cavalerie, soit 2 régiments d'incorporés et 6 régiments territoriaux dits Indelta. Mobilisés, ces 8 régiments constitueront un effectif de 219 officiers, 4,280 hommes de troupe et 4,490 chevaux. Les régiments permanents sont constitués à 4 escadrons.

BiBL, : Général Bardin, Dictionnaire de l'armée française.— A. Pascal, Histoire de Varmée française; Paris, 1850. — Général Susane, His/oire de la cavalerie française; Paris, 1874. — Dussieux, l'Armée en France \ Versailles, 1884.— Général Thoumas, les Transformations

de Varmée française; Paris, 1887. — Décret du 17 juil. 1876. — Décret du 31 mai 1882. — Instrnclion pratique sur le service de la cavalerie en campagne (10 juil. 1884). — Revue militaire de l'étranger, — Ordonnance sur le service en campagne de Varrnée allemande {23 mai 1887).

CAVALERIE (La). Com. du dép. de rAveyron, arr. de Millau, cant. de Nant ; 1,333 hab. Commerce de laines ; fabrique de drap.

CAVALET(Mar.)(V.CAïc).

CAVALIÉ (Louis-Marie-Angéli), homme politique français, né à AIbi le 4 mars 1831. Notaire dans sa ville natale, capitaine de mobilisés en 1870, M. Cavalié était maire d'AIbi, lorsque le ministère de Broglie, en le révoquant de sa charge municipale (1873) le désigna, pour ainsi dire, à ses concitoyens pour les fonctions législatives, qu'il brigua effectivement aux élections du 20 fév.

1876. Elu par 11,726 voix contre 10,353 données à son adversaire le baron Gorsse, ancien député, il siégea dans la majorité républicaine de la Chambre et s'associa, en

1877, à la protestation des 363 contre la politique du 16 mai. Peu après, aux élections du 14 oct., le baron Gorsse remporta sur lui (par 11,760 suffrages contre 11,631). Mais son mandat ayant été cassé, M. Cavalié reprit le dessus et redevint député d'AIbi le 27 janv. 1878 (par 14,241 voix, sans concurrent). Il fut réélu le 21 août 1881, dans les mêmes conditions, par 14,283 voix, et se fit inscrire à l'Union républicaine, puis le 4 oct. 1885, par 47,639 suffrages, et enfin aux élections de 1889. ' A. Debidour.

CAVALIER. L Art militaire (V. Cavalerie et Equitation) .

11. Fortification. — Les cavaliers sont des parapets dont le relief est plus élevé gue celui des autres parties de la fortification et dont l'action s'étend au loin, grâce à cette grande hauteur, par-dessus les crêtes qui les précèdent. Dans la fortification bastionnée on les place ordinairement à l'intérieur des bastions. Dans le tracé polygonal, leur emplacement est moins bien défini ; on en trouve tantôt aux saillants de l'enceinte, tantôt au mih'eu des fronts. Les cavaliers sont très fréquemment employés pour l'organisation des forts. Leur situation dominante les désigne pour recevoir les canons du plus fort calibre avec lesquels la défense doit lutter contre les batteries éloignées de l'assiégeant. Pendant la période des attaques rapprochées, ils servent à fouiller les plis de terrain échappant aux vues des crêtes basses. La masse de leur parapet peut être, en outre, utilisée pour le défilement de ces crêtes ; ainsi, un cavalier construit dans un bastion est utilisé comme parades pour les flancs ; élevé dans l'intérieur d'un fort, il en protège la gorge contre les coups de revers. Le tracé des cavaliers n'est pas lié à celui des escarpes ; on détermine l'orientation et la longueur de leurs différentes faces d'après la direction et l'importance relative des positions à battre. Certains cavaliers organisés dans les bastions servent de retranchements intérieurs et sont, dans ce cas, précédés d'un fossé revêtu qui les sépare du parapet du corps de place.

Cavalier de tranchée. Tranchée de siège dont le parapet est surélevé jusqu'à ce qu'il domine le chemin couvert. Les cavaliers de tranchée ont été souvent employés dans les sièges des xvii® et xviii® siècles pour déloger les défenseurs des places d'armes saillantes. On les établissait aux extrémités du Té, amorce de parallèle tracée à une trentaine de mètres du saillant. Leur construction est longue et difficile, et n'est possible que si la place ne peut diriger de l'artillerie contre eux. X.

m. Architecture. — Un plan cavalier ou mieux une perspective cavalière est un dessin d'architecture représentant les bâtiments dont on veut faire apprécier toute l'importance des différentes masses comme si ces bâtiments étaient vus par un observateur placé sur un point très élevé. L'avantage de ce mode de représentation graphique est de permettre d'embrasser toutes les parties d'un vaste ensemble, de faire pénétrer l'œil du specta-

CAVALIER

teur dans Pintérieur même des cours et de faire ainsi mieux apprécier l'effet pittoresque de cet ensemble et du site dans lequel il se trouve placé. Souvent aussi on ajoute encore aux services que rend une perspective cavalière en supposant inachevée telle partie des constructions dont on montre alors les dispositions intérieures, et, dans ce dernier cas, ce mode de représentation est de tous le plus efficace pour bien faire juger toute l'importance et les détails de l'édifice exécuté ou projeté. Les journaux d'architecture anglais, tels que the Builder et the Architecte donnent fréquemment de ces perspectives cavalières, et the Builder a même étendu ce mode de représentation à la restitution de certaines parties du vieux Londres ou de Paris à l'époque de la Renaissance. (V. Cavalière [Perspective]). Charles Lucas.

IV. Jeu. — La marche du cavalier au jeu d'échecs a donné lieu à un problème curieux qui a exercé de grands géomètres (Euler, Mémoires de l'Académie de Berlin, il^9; Vandermonde, M(^m<9ir^5 de r Académie des sciences de Paris, 4771 ; C. Jordan, Sur la marche du cavalier. Comptes rendus du Cercle mathématique de Palerme, 1888). Ce problème peut s'énoncer ainsi : on place le cavalier sur une case quelconque de Péchiquier et l'on demande de lui faire parcourir successivement toutes les cases sans le faire passer deux fois sur la même case. Nous allons indiquer une solution qui en fournira une infinité d'autres, en observant que de la dernière position on peut passer à la première par un saut régulier du cavalier. Les cases de Péchiquier portent chacune un numéro et les numéros successifs gue nous écrivons désignent les cases successives que doit occuper le cavalier.

CAVALI ER (Jean), chef caraisard, né à Ribaute (Gard), vers 4680, mort à Chelsea (Jersey) le 18 mai 1740. Cavalier, fils de paysans protestants, fut d'abord berger à Vézenobres, puis apprenti boulanger à Anduze. Obligé de quitter son pays, par suite, dit-on, de l'hostilité du^curé de Ribaute qui avait provoqué des poursuites contre lui, il se réfugia à Genève en 1701, mais il en revint, dès l'année suivante, pour prendre part à la révolte des Cévennes, dont le massacre de l'archiprêtre Du Chayla (24 juil. 1702), venait de donner le signal. Comme il joignait à de véritables talents militaires une grande exaltation religieuse et même, à ce qu'il prétendait, le don de prophétie, il ne tarda pas à exercer une influence considérable sur ses compagnons aigris et fanatisés par la souffrance et les persécutions, et qui avaient pris le titre à' Enfants de Dieu. Bien que le chef suprême du mouvement paraisse avoir été Roland, c'est Cavalier que Pon trouve à la tête des Camisards dans tous les combats livrés aux troupes royales; c'est lui qui a, en quelque sorte, personnifié dans Phistoire la révolte des huguenots cévenols contre Louis XIV. Le théâtre de son action était restreint aux basses Cévennes, c.-à-d. aux environs

d'Alais et d'Uzès, à la Gardonnenque et à la Vannage. Cavalier infligea divers échecs à ses adversaires, notamment à Lussan, aux Rochcs-d'Aubais et à Marti gnargues, mais il subit aussi de graves revers, principalement à la Tour de Bellot, entre Alais et Anduze, et à Vaguas (Ardèche) lorsqu'il essaya, en fév. 1703, de passer en Vivarais pour entraîner ce pays dans la révolte. Vainqueur le premier jour (10 févr.), du colonel de Jovyac, il fut complètement battu le lendemain par le brigadier Julien. Sa défaite la plus grave fut celle du pont de Nages, oîi le maréchal de Montrevel, Payant habilement cerné de toutes parts, détruisit la plus grande partie de sa petite armée, et faillit le faire lui-même prisonnier. Cavalier, à l'époque de ses plus grands succès, avait tout au plus un millier d'hommes sous ses ordres avec deux cents chevaux, et Pon,n'évalue pas généralement à plus de trois mille hommes Penserable des bandes camisardes qui, grâce à la difficulté des lieux, à la connaissance parfaite qu'elles avaient du terrain, non moins qu'aux sympathies des habitants et à un courage doublé par le sentiment religieux et le désespoir, purent pendant deux ans tenir en échec des forces régulières bien supérieures en nombre.

L'honneur de pacifier cette partie du Languedoc et de mettre fin aux atrocités qui se commettaient de part et d'autre , était réservé au maréchal de Villars qui, succédant à Montrevel, préféra la voie des négociations à Pemploi de la force et, secondé par le baron d'Aigalliers, un protestant pacifique, amena Cavalier, d'ailleurs fort éprouvé par sa défaite de Nages, à faire sa soumission au roi. Après une conférence préparatoire au pont d'Avène, près d'Alais, le 12 mai 1704, Cavalier vint en personne à Nîmes, le 16 mai, conférer avec le maréchal de Villars et l'intendant Bâville. Le maréchal lui offrit le grade de colonel et une pension de 1,200 livres. Cavalier prétend, dans ses mémoires, qu'il avait stipulé la liberté de conscience pour ses coreligionnaires, et que la cour lui manqua de parole, mais ce point n'a jamais été bien éclairci. Le fait est que la plupart des compagnons de Cavalier l'abandonnèrent, quand ils connurent les termes de l'arrangement de Nîmes. Ceux qui lui restèrent fidèles furent dirigés avec lui sur Mâcon pour aller de là en Alsace former le noyau d'un régiment, mais Cavalier, ayant demandé à voir le ministre Chamillard, fut mandé à Versailles. D'après ses mémoires, il aurait été reçu par Louis XIV, et aurait soutenu auprès de lui la cause de la liberté de conscience. Court raconte, au contraire, que Cavalier obtint seulement d'être placé sur le passage du roi, et que Louis XIV, en le voyant, se contenta de hausser les épaules. A la suite de ce voyage, Cavalier, froissé et méfiant, au lieu de rejoindre son régiment en Alsace, se sauva en Suisse, puis en Hollande, où il épousa la fille aînée de M°^® du Noyer. Peu après, il se rendit en Angleterre où la reine Anne lui fit un très bon accueil, mais il perdit, paraît-il, beaucoup dans l'esprit de cette princesse, quand il maintint ses prétentions à l'esprit de prophétie. Voltaire, que son attachement à la seconde fille de M«»® du Noyer mit en rapports avec Cavalier en Angleterre, dit cependant que la prudence s'était substituée au fanatisme chez Pancien chef camisard. Cavalier avait organisé un régiment de réfugiés protestants qui fut employé en Espagne et Pon raconte qu'à la bataille d'Almanza, ce régiment se trouvant en présence d'un corps ennemi qui avait peut-être combattu les camisards en Languedoc, il y eut entre eux une lutte si acharnée, qu'il ne resta plus personne des deux côtés. Cavalier était fort considéré en Angleterre et il mourut gouverneur de Jersey. Il avait fait publier de son vivant des mémoires, écrits sous son inspiration par un réfugié nommé Galli, mais cet écrit fourmille d'erreurs, et c'est Pouvrage d'Antoine Court qui paraît contenir la version la moins inexacte des événements qui se rapportent à Jean Cavalier et à la guerre des Camisards.

A. Mazon.

CAVALIER — CAVAÏ.IERE

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BiBL. : LouvRELEuiL, le Fanatisme renouveléf 1704. — MissoN, Théâtre sacré des CévenneSf 1705. — Brueys, Histoire du Fanatisme^ 1709. — Cavalier, Memoirs of the wars ofthe Cevennes, 1726. — Fléchier, Lettres choisies^ 1735. — Antoine Court, Histoire de la guerre des Camisards, 1760. — Peyrat, Histoire des pasteurs du désert, 1842. — Weiss, Histoire des réfugiés protestants, 1853. — Haag, France protestante.

CAVALIER (Georges), publiciste français, né à Tours en 1841, mort à Paris le 25 oct. 1878. Elève de l'Ecole polytechnique, puis de TEcole des ponts et chaussées, il obtint une sorte de célébrité au quartier latin sous le sobriquet de Pipe en Bois. Collaborateur à la Rue de Vallès, à la Marseillaise, au Peuple, il devint, en 1870, secrétaire de Gambetta qu'il accompagna à Tours et à Bordeaux. La Commune le nomma ingénieur en chef des voies et promenades. Arrêté en sept. 1871, il fut condamné par le conseil de guerre à la déportation dans une enceinte fortifiée, peine commuée en celle du bannissement. Cavalier passa en Belgique et obtint Tautorisation de rentrer^ en France en 1878.

CAVALIÈRE (Perspective [géom. appl.]). Lorsqu'un spectateur se place à une distance quelconque devant un tableau supposé transparent, et y figure par leurs lignes et contours apparents les objets situés au-delà de ce tableau, ces figures forment une perspective conique des objets représentés (V. Perspective). Comme, en réalité, un observateur est toujours placé à distance finie, soit des objets qu'il examine, soit d'un tableau perspectif dont il veut reconstituer les images, la perspective conique est la seule qui donne l'impression exacte des objets observés. On a cependant recours* parfois à une autre méthode de perspective désignée sous le nom de perspective cavalière, qui consiste à supposer que l'observateur s'éloigne indéfiniment du tableau perspectif, suivant une direction oblique à ce tableau. Cette hypothèse étant matériellement irréalisable, la perspective cavalière est une méthode absolument conventionnelle.

11 y a néanmoins, dans certains cas, avantage à employer cette méthode, notamment lorsqu'on veut représenter des corps isolés à arêtes rectilignes ou des figures purement géométriques, à raison des simplifications que l'hypothèse d'un spectateur infiniment éloigné apporte aux règles du tracé perspectif. Dans ce cas, en effet, tous les rayons visuels, partant de Tœil de l'observateur, deviennent des droites parallèles à la direction suivant laquelle l'observateur est supposé s'être éloigné du tableau ; ces lignes sont à proprement parler des projetantes obliques. On sait d'ailleurs que tous les points de l'espace peuvent être définis dans leur vraie position par leurs coordonnées suivant trois axes rectilignes rectangulaires. La perspective de ces trois axes sur un tableau plan donne, quelle que soit leur orientation, trois droites concourantes.

Dans la perspective cavalière usuelle, on suppose que le tableau est un plan vertical, que l'un des trois axes de coordonnées, correspondant aux hauteurs, est luimême vertical, et que l'un des deux axes horizontaux (largeurs) est parallèle au plan du tableau. Le troisième axe se perspective suivant une ligne dont la direction, appelée fuyante, dépend uniquement de la direction des projetantes. On voit facilement que toute droite située dans un plan de front (plan parallèle au tableau), se perspective en vraie grandeur, et que notamment il en est ainsi de toute hauteur et de toute largeur comptées parallèlement aux axes de ce nom. De plus, il y a toujours le même rapport entre la longueur de la perspective d'une portion de droite parallèle au troisième axe (dit des profondeurs), et la vraie grandeur de cette portion de droite dans l'espace; ce rapport constant entre une fuyante et la droite dont elle est la perspective, est appelé rapport de réduction; il est d'ailleurs inférieur, égal ou supérieur à l'unité suivant la position supposée de l'observateur. Plus généralement, il y a un rapport constant entre les perspectives et les vraies grandeurs de droites

parallèles dans l'espace ; ce rapport est appelé rapport de réduction de la direction considérée.

Soit OH,OL,OP, les perspectives des trois axes, hauteur, largeur, protendeur; soit Oh et 0/ les longueurs égales représentant, à l'échelle convenue pour le tableau, l'unité de longueur comptée en hauteur et en largeur; pour figurer la perspective Op de l'unité de longueur sur l'axe des profondeurs, il faudra prendre Op =01 X r, r étant le rapport de réduction des fuyantes.

Un point étant connu par ses coordonnées, on obtiendra sa perspective en portant l'une de ces dimensions à partir du point 0, sur l'axe correspondant, puis en menant par le point ainsi obtenu une parallèle à l'un des autres axes, et en portant sur cette parallèle la seconde coor-

donnée, enfin en opérant de la même manière pour la troisième dimension. L'ordre de ces opérations peut être quelconque, par exemple Oxt}il ; on obtiendra toujours la même perspective, si on tient compte de la réduction d'échelle applicable aux profondeurs.

Lorsqu'un certain nombre de points ont été mis en perspective, ils servent généralement à la détermination des autres points de la figure, dont ils sont à des distances connues suivant des parallèles à l'un ou l'autre des axes; de là, la principale simplification du tracé perspectif cavalier, celle qui permet de l'utiliser avantageusement pour la figure des assemblages de charpente ou de certains tracés simples d'architecture. Pour comparer les différentes perspectives cavalières que Ton peut obtenir pour un même objet sur un même tableau parallèle au plan des hauteurs et des largeurs, on peut considérer d'abord le plan vertical perpendiculaire aux largeurs et passant par le centre des coordonnées;^ si l'observateur est dans ce plan, la perspective se réduit à une projection orthogonale ; plus l'observateur s'éloignera de ce plan vers la gauche, plus il verra sous une forme allongée les faces de gauche de l'objet considéré ; s'il s'éloignait à droite, le même fait se reproduirait pour les faces situées à droite. Des remarques analogues peuvent être faites pour le cas où l'observateur s'élèverait ou s'abaisserait par rapport au plan horizontal passant par le centre des coordonnées ; il verrait sous des aspects de plus en plus allongés, soit les faces de dessus, soit les faces de dessous de l'objet mis en perspective. G. Chaumelin.

CAVALIERE (Emilie del), quelquefois appelé Cavalieri, musicien italien, né à Rome vers 1550, mort dans les dernières années du xvi^ siècle. Il vécut longtemps à Rome, puis fut inspecteur général des arts à la cour de Toscane, auprès du grand-duc Ferdinand de Médicis. Il apprit le contrepoint, mais s'efforça de rendre la musique vocale expressive, de la dégager des prescriptions étroites du style rigoureux. Il composa d'abord des madrigaux, fit la musique d'une comédie représentée en 1588 pour les noces de la grande-duchesse de Toscane, puis s'occupa d'inventer ou tout au moins de perfectionner les ornements de l'art du chant. Ces ornements, groppolo ou gruppetto, trille, monachma et zimbalo, se trouvent en effet indiqués pour la première fois dans l'avertissement de la Rappresentazione di anima e di corpo, de Cavalière. 11 imagina aussi de différencier clairement l'accompagnement instrumental de la mélodie chantée, et permit

CAVALIERE — CAVALLARI

aux accompagnateurs d'improviser (contrappunto alla mente). Souvent il prit la peine d'écrire une partie de basse instrumentale — basse continue — différente de la basse vocale, et de chiffrer les accords qui devaient être établis sur cette basse, innovations importantes pour Tépoque. Cavalière était nettement désigné pour aider Caccini, Jacopo Péri, Rinuccini, Jean de Bardi, et leurs autres associés, à créer une sorte de drame chanté od l'élément musical vînt en aide à l'élément poétique au lieu de l'annihiler. En 4590, il fit jouer il Satiro, pastorale, et la Disperazione de Filene, où le récitatif mesuré avait une valeur et un r6le tout particuliers. En 1795, il donna il Gioco délia cieca, qui eut plus de succès encore que ses précédents ouvrages. Sa dernière œuvre, la Rappresentazione di anima e di corpo, fut exécutée solennelnellement à Rome, après sa mort, en 4600. A. E.

CAVALIERI (Bonaventura-Francesco), géomètre italien, né à Milan en 4598, mort à Pologne le 3 déc. 4647. Religieux de l'ordre des hiéronymites ou jésuates, il fut envoyé par ses supérieurs à l'université de Pise, où il suivit les leçons de Benedetto Castelli. Dès cette époque, il ressentait les atteintes de la goutte, à laquelle il succomba dans la force de l'âge. Les souffrances qu'il éprouvait rendirent son caractère mélancolique et d'autant plus acharné au travail. En 4629, à l'âge de trente et un ans, il concourait pour une chaire d'astronomie à l'université de Bologne. Les mémoires qu'il présenta pour le concours et qui le firent nommer étaient relatifs, l'un à la géométrie des sections coniques, l'autre à la méthode des indivisibles, à laquelle son nom est resté attaché. Dès 4632, il publiait en italien (à Bologne, comme ses autres écrits) ses travaux sur le premier de ses sujets, sous le titre : Lo Spechio ustorio ovvero trattato délie seltioni coniche. Mais pour sa méthode des indivisibles, il attendit un peu plus longtemps, s'occupant d'abord de faire connaître en Italie l'usage des logarithmes. Son Directorium générale uranometricum^ in quo trigonometriœ logarithmicœ fundamenta ac regulœ demonstrantur (4632), donne pour tous les degrés et minutes du quart de cercle, les sinus, tangentes, sécantes et sinus verses, avec leurs logarithmes à huit décimales. Ces tables renferment même une addition importante par rapport aux autres déjà connues à cette époque; elles sont en effet calculées de seconde en seconde pour les cinq premières et les cinq dernières minutes, de cinq secondes en cinq secondes pour les cinq minutes suivantes, de vingt en vingt secondes jusqu'à 30', de 30 en 30 jusqu'à 4<* 30^ Les logarithmes naturels sont également donnés jusqu'à 2,000. Cet ouvrage fut ensuite complété et réimprimé sous le titre : Trigonometria plana et sphœrica, linearis et logarithmica (4643). Kn 4635, parut sa célèbre Geometria indivisibilibus continuorum nova quadam ratione promota et en 4647 il la défendait et la complétait par ses Exercitationes geometricœ sex.

L'originalité de Cavalieri doit être regardée comme hors de conteste ; mais ce qui lui appartient en propre, c'est moins l'invention d'une méthode de recherche analogue à celle des infiniment petits, que la constitution de cette méthode en un corps muni de démonstrations suffisamment rigoureuses. En même temps que Cavalieri, et indépendamment de lui. Fermât et Roberval arrivaient en France, chacun de leur côté, à des procédés tout à fait semblables, et le premier surtout devançait singulièrement le géomètre italien dans les applications de ces procédés. Mais Cavalieri fut le théoricien de la nouvelle géométrie, et comme tel, il eut une influence immédiate beaucoup plus grande. Son langage fut adopté et ses idées dominèrent jusqu'aux inventions de Newton et de Leibniz. L'indivisible de Cavalieri n'est en effet rien autre chose que la différentielle, en tant du moins que partie de l'intégrale. Car on ne saurait trop insister sur ce point que la grande et véritable découverte, pour le calcul infinitési-

mal, a été la liaison établie entre la différentiation et l'intégration. La relation d'inversion entre le problème des tangentes et celui des quadratures ne parait en effet avoir été soupçonnée par aucun géomètre de la première moitié du xvii® siècle, tandis qu'ils étaient arrivés à résoudre séparément ces problèmes par des procédés très généraux. Cavalieri donc se borne aux quadratures, c.-à-d. à ce qui correspond au calcul intégral ; il s'agit pour lui d'éviter le recours fastidieux aux démonstrations par l'absurde, dont le modèle était donné dans les œuvres d'Euclide et d'Archimède. C'est dans ce but qu'il regarde à la limite, par exemple, l'aire d'une courbe comme étant la somme de ses ordonnées (lignes indivisibles en largeur), au lieu de dire, comme on le fait aujourd'hui, qu'elle est la somme des rectangles (divisibles suivant leur largeur) infiniment petits formés par les ordonnées et la différentielle de l'abscisse. L'apparent paradoxe que présente le mot indivisible ne signifie rien autre chose, et si le mode d'expression de Cavalieri prête à la critique, la formule moderne n'y échappe pas davantage. Ainsi, abstraction faite du choix des mots, la méthode des indivisibles est essentiellement la même que la méthode du calcul intégral (par sommation directe) et les démonstrations de Cavalieri sont aussi rigoureuses que les démonstrations modernes.

Cependant l'auteur de la Géométrie des indivisibles n'avait pas su, dès sa première publication, préciser suffisamment sa pensée et la rendre assez claire pour éviter tout reproche de relâchement. 11 fut assez vivement attaqué, en particulier par Guldin (V. ce nom). Mais les reproches qui lui ont été faits de la sorte ne touchent nullement la difficulté véritable, car le concept de limite n'est pas encore, à cette époque, suffisamment précisé. Aussi Cavalieri eut-il beau jeu dans cette polémique, à laquelle sont consacrés, en majeuse partie, ses Exercitationes, 11 suffit de dire ici que, d'une part, Guldin ne regardait pas comme convenable, en géométrie, l'emploi du procédé de superposition des figures égales; qu'en revanche il ne fondait que sur une induction mal déguisée le célèbre théorème sur les centres de gravité, auquel il a attaché son nom et qu'il avait emprunté à Pappus. Aussi Cavalieri put-il lui retourner justement le reproche de défaut de rigueur, et montrer en même temps que son adversaire exagérait singulièrement les conditions à imposer à une démonstration géométrique.

Libri {Histoire des Mathématiques en Italie) affirme que le réel inventeur de la méthode des indivisibles est Galilée. Quoique Cavalieri ait certainement été mis en rapport avec le maître de Castelli, cette assertion doit être rejetée. La question, comme je l'ai dit, ne doit pas être posée sur l'invention même, car le problème s'agitait depuis que les œuvres d'Archimède étaient répandues dans le pnblic savant. Quant à la forme de la solution, elle ne consiste pas en un simple mot, mais dans l'ensemble d'une théorie, et cette théorie, il n'y a jamais eu que Cavalieri qui Tait développée. P. Tannery.

BiBL. : PoLLA, Eloglo di B. Cavalieri, Milan, 1844.

CAVALIERI (Pietro-Antonio), peintre, né à Crémone en 4700, mort vers 4770. Cet artiste, connu comme un peintre de perspective fort habile, s'est surtout fait remarquer en refusant soit de céder ses tableaux aux gens incapables de les apprécier en connaissance de cause, soit d'entreprendre des travaux pour des ignorants quelles que fussent leur situation et l'importance de leurs offres.

CAVALLARI (Francesco-Saverio), architecte et archéologue italien, né à Palerme le 2 mars 4809. Il était encore tout jeune lorsque le duc Serra di Falco ayant remarqué ses aptitudes pour le dessin, se l'adjoignit comme collaborateur à son grand ouvrage sur les antiquités siciliennes et sur les églises normandes. En 4837, il collabora aussi à l'ouvrage de Schultz sur les Monuments inédits de V Italie méridionale du v^ au xvi^ siècle; en 4840, il fit avec Sartorius de Waltershausen la carte de

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l'Etna. En 1848, il alla étudier à Gœttingue et publia en allemand : Topographie de r ancienne Syracuse (Gœttingue, 1845) et le Développement historique des art^ depuis la chute de V empire romain (Gœttingue, 1847), 11 fut ensuite successivement professeur de géographie au lycée de Palerme et capitaine d'état-major dans l'armée sicilienne : comme tel, il fut blessé à la prise de Catane. 11 professa ensuite à l'université de Palerme, puis à Milan. En 1856, il partit au Mexique oU il exerça les fonctions de directeur des beaux-arts; en 1864, rentré en Italie, il fut nommé directeur des antiquités en Sicile; il est actuellement sous-directeur du commissariat de» musées et des fouilles de la Sicile. Il a exécuté des fouilles sur remplacement de Sybaris et collaboré assiduement au Bullettino délia commissione di Antichità, à VArchivio storico siciliano, aux Noti%ie degli scavi di Antichltà et à quelques autres recueils italiens d'histoire, d'art ou d'archéologie.

CAVALLERl (Ferdinando), peintre et portraitiste italien, né à Turin en 1794, suicidé à Rome en 1867. 11 acquit une certaine réputation par la vérité de l'expression de ses personnages ; il devint professeur à l'académie de Saint-Luc. Ses œuvres les plus remarquées sont : le Supplice de Béatrice Cencl ; V Incendie de la basilique de Saint-Paul ; la Mort de Léonard de Vinci ; le Prince Eugène après la victoire de Peterwardein,

CAVALLERIIS (Giovanni-Battista de), dit de Brescia ou de Trente, graveur, né à Lagherino en 1525, travaillait à Rome de 1550 à 1592. Ce graveur assez médiocre n'a guère reproduit que des œuvres de grands maîtres, leurs noms seuls expliquent la recherche dont ses estampes ont été Fobjet. Il a gravé : le Sommeil de Venfant Jésus, la Conversion de saint Pauly le Martyre de saint Pierre^ d'après Michel-Ange ; la Sortie de Varche, la Multiplication des pains^ la Bataille de Constantin contre Maxence (1569) ; la Rencontre du Christ et de saint Pierre à la porte romaine, d'après Raphaël ; le Massacre des innocents, d'après Baccio Bandinelli; Suzanne au bain (1586), d'après le Titien ; une suite de portraits des Césars, Romanorum Imperatorum Effigies (1583), et un Plan de Rome antique (1592).

BiBL. : Heineken, Dict. des artistes, t. 111, p. 708.— Le Blanc, Manuel de V amateur d'estampes,

CAVALLERINO (Nîccolo), orfèvre, sculpteur et médailleur, né à Modène. 11 florissait vers 1530. Bien qu'il ait obtenu une certaine réputation, on a conservé peu de renseignements sur ses œuvres. Il avait modelé un grand médaillon représentant l'empereur Charles-Quint et on lui attribue, d'après des documents contemporains, quatre médailles de l'astronome Guido Rangoni.

BiBL. : Armand, les Médailleurs italiens.

CAVALLERMAGGIORE. Ville d'Italie, prov. de Coni, sur le Macra ; 3,283 hab. Située au centre de la plaine du Haut-Piémont, point de bifurcation des voies ferrées de Coni à Turin et à Alexandrie, c'était dès le moyen âge une forteresse importante en raison de sa position stratégique.

CAVALLÏ (Alberto), peintre de Savone. 11 travaillait vers 1540. On ignore les particularités de son existence et la date de sa mort; tout ce qu'on sait de lui, c'est qu'il fut élèye de Jules Romain et qu'il a peint à Vérone, sur la Piazza dell' Erbe, une fresque signée et datée de 1540.

CAVALLI (Marine), ambassadeur de Venise auprès du roi de France de 1544 à 1546. Il prononça, en 1546, devant le Sénat de Venise, une relazione aussi remarquable par la forme que par la sûreté des appréciations, et qui contient un intéressant portrait de François I®^.

BiBL. : Relations des annhassadeurs v>ànitiens recueillies par M. N. Tomrnaseo, 1838, t. l«s p. 240 {Collect. de documents inédits sur l'hist. de France). — Armand Bas- CHET, la Diplomatie vénitienne ; les Princes de l'Europe au xvp siècle; Paris, 1862.

CAVA LLI (Pietro-Francesco), célèbre compositeur italien, né à Crêma (Etats de Venise) en 1599 ou 1600, mort

à Venise le 14 janv. 1676. Il s'appelait de son vrai nom Caletti Bruni. Ce fut un noble vénitien, Frédéric Cavalli qui, s'étant intéressé à l'avenir du jeune musicien, l'emraena avec lui à Venise pour lui permettre de compléter ses études et lui légua le nom qu'il devait immortaliser. Admis, en 1617, comme chanteur à la chapelle Saint-Marc, sous la direction du célèbre Claude Monteverde, il y resta jusqu'au jour où la place d'organiste du deuxième orgue étant devenue libre, il l'obtint au concours (1640). En 1664, il prenait possession du premier orgue et, quatre ans plus tard, il était nommé maître de la chapelle ducale, fonctions qu'il occupa jusqu'à sa mort. Quelques commentateurs ont prétendu que Cavalli avait le premier introduit Vair dans les opéras ; sans que cette assertion soit rigoureusement exacte, on peut dire qu'il est au moins un des compositeurs de cette époque qui ont le plus contribué au développement de ce genre de musique. D'ailleurs sa renommée fut considérable de son temps, et ni les honneurs, ni la fortune ne lui firent défaut pendant sa longue et laborieuse carrière. Ce qui peut faire foi de la haute estime où le tenaient ses contemporains, est le choix que fit Mazarin d'un de ses opéras, Xerœès, pour être représenté au Louvre, à l'occasion du mariage de Louis XIV (1660); les divertissements intercalés dans cet ouvrage avaient été composés pour la circonstance par Lully. Ce fut également un opéra de Cavalli qui fut exécuté lors de l'élection de Ferdinand IV, comme roi des Romains (1653); et son Ercole amante i\xi le spectacle choisi pour la représentation donnée à la cour de France au lendemain de la paix des Pyrénées. Cavalli commença à écrire pour le théâtre en 1637 et son activité ne se démentit pas pendant une période de trente-deux ans. Voici, outre ceux que nous avons cités, la liste de ses principaux opéras : le Nox>ze di Teti et di Peleo (1639); Gli amori d'Apollo et di Daphne (1640); la Didone (1641); Amore innamoratœ (1642) ; VEgesto (1643) ; la Deïdamia (1644); il Titone (1645) ; la Torilda (1648) ; Giasone (1649) ; la Bradamante (1650) ; VAristeo (1651); l'Eriirea (1652) ; VErlsmena (1655) ; Artemisia (1656); Antiocho (1658); Helena (1659); Scipione Africano (1664); Pompeo Magno (1666); Egisto {1661), Il reste aussi quelques compositions de musique d'église de Cavalli : Missa e salmi concertati, con 5. sti Junii antifona e sonate à 2, 3, 4, 5, 6, 8, iO et 12 voci, in Venezia appresso Aless, Vincenti (1656, in-4) ; Vespri a otto voci reali Venezia presso Gardano (1675, in-4); enfin, une messe de Requiem à huit voix réelles.

Raymond Bonheur.

BiBL. : Fétis, Biographie des musiciens, — Lavoix, Hist. de l'instrumentation.

CAVALLI (Giovanni), général piémontais, né à Novare le 28 juil. 1808, mort à Turin le 23 déc. 1879. Sorti de l'Académie militaire de Turin avec le grade de lieutenant d'artillerie, il prit une part très honorable aux campagnes de l'indépendance, mais se consacra surtout aux questions techniques. L'artillerie italienne lui doit de grands perfectionnements. 11 est l'inventeur d'un canon rayé se chargeant par la culasse, qui porte son nom. Entre autres écrits, ou lui doit les études suivantes: Sugli Equipaggi dei ponti militari; Sui cannoni caricantisi dalla culatta e sui cannoni rigati; Sullo Stato attuale delV industria metallurgica, e suit' artiglieria piît potente e sopra la piû potente nave corazzata ; Cenni intorno air artiglieria di maggior potenza. Il s'est occupé aussi de morale civique, et a publié vers la fin de sa vie, sans nom d'auteur, un opuscule populaire : Morale per tutti. Lieutenant général, commandant de l'arsenal de Turin, membre de l'Académie des sciences de cette ville, plusieurs fois député, il fut fait sénateur le 16 nov. 1876, mais ne prit pas possession de son siège. F. H.

CAVALLIN (Severin), écrivain suédois, né le 24 sept. 1820 à Borrlunda (Malmœhus laen). Après avoir été docent en grec à Lund (1843), il entra dans les ordres

CAVALLÏN — CAVALLOTTI

(1849) et devint pasteur de Hvellinge (1858) et prévôt. II a publié : Souvenir des pasteurs du diocèse de Lund (Lund, 1854-8, 5 vol. in-8), un des meilleurs recueils de biographies ecclésiastiques ; Episodes tirés des Annales des presbytères skaniens (1876) ; Projet de revision du Psautier suédois (iSS'^); des thèses, des nécrologies, des articles de revue et des traductions fort répandues d'ouvrages de piété. — Son frère, Samuel-Gustaf Gavailin, né le 6 avr. 1828 à Borrlunda, mort en 1883, enseigna à Lund, puis à Christianstad, où il devint recteur (1861); reçut les ordres en 1868, devint pasteur d'Ystad (1870) et de Saint-Pederskloster (1878). Il publia plusieurs ouvrages et mémoires de linguistique grecque et latine. — Leur frère, Christian Cavallin^ né à Borrlunda le 3 sept. 1831, est professeur de grec à l'université de Lund (1875), où il avait été docent (1857) et adjoint (1864). Il a publié des dissertations : De L Apu- Ido (1857) ; De Positione nominum latinorum (1863) ; un Dictionnaire latin-suédois (Lund, 1873 ; 2® tirage, 1885), suédois4atin (1875-6); des textes grecs avec notes; Philoctète de Sophocle (1875) et Iphigénie en Tauride d'Euripide (1884); des articles de revue et des ouvrages scolaires. •— Leur neveu, Samuel-^Johan Cavallin, né en 1849, est docent en grec à l'université de Lund depuis 1877; il a publié de nombreux ouvrages scolaires. B-s,

CAVALLINI (Pietro), peintre, mosaïste et sculpteur italien, qui fleurit au xiv® siècle. Les renseignements que donne Vasari sur la vie et les œuvres de cet artiste sont fort suspects; il le fait travailler en 1365', et assure qu'il mourut à l'âge de soixante-quinze ans. il dut naître à l'époque où Giotto commençait à renouveler l'art chrétien, et il montra sans doute de bonne heure un talent peu commun ; les oeuvres que l'on peut aujourd'hui encore lui attribuer témoignent qu'il fut un maître. Elevé à l'école des Cosmas et les aidant aux décorations de mosaïques dont ils enrichissaient les églises de Rome (V. l'art CosMAs), il fut remarqué dès l'abord par Giotto et entraîné à sa suite. Peut-être fut-il occupé quelque temps hors de Rome ; en tout cas, les documents nous apprennent qu'en 1308 il était à Naples au service du roi Robert, et recevait pour son travail et son logement 32 onces d'or à l'année. Naples n'a rien conservé de Cavaltini. A Rome, il ne subsiste rien des fresques que, selon Vasari, il exécuta dans les églises de S. Maria in Araceli, de S. Cecilia in Trastevere et de S. Francesco a Ripa. A S. Grisogono, il y a une mosaïque que l'on peut croire une de ses premières oeuvres. Elle représente, plus grande que nature, la Vierge sur un trône richement orné et incrusté, tenant dans ses bras l'Enfant qui bénit. Le groupe, assez majestueux, est accosté des deux figures plus petites, longues et maigres, de saint Jacques et de saint Chrysogone. Quant aux fresques dont Cavallini aurait couvert les murs de cette église, il n'en reste plus trace. Vasari lui attribue une grande partie des mosaïques de S. Maria in Trastevere ; mais celles de la tribune, qui représentent, avec un agencement si élégant et un coloris si harmonieux, divers épisodes de la vie de la Vierge, doivent être restituées aux Cosmas, et celles de la façade, bien que tout abîmées par des retouches successives, révèlent un art plus ancien; enfin, les vestiges de fresques que l'on voit encore dans l'église sont trop misérables pour attirer l'attention.

A Saint-Paul-hors-les-Murs subsistent deux mosaïques de Cavallini, L'une encadre la grande niche de l'abside ; elle représente la Vierge avec l'Enfant sur un trône, entre un ange soulevant un rideau, et le pape Jean XXll, agenouillé, mains jointes, tiare en tête et présenté à la Vierge par saint Jean-Baptiste. Deux symboles des évangélistes et une frise où alternent, avec des têtes d'ange, la tiare et l'écusson du pape complètent cet ensemble décoratif. En face de cette mosaïque, une autre lui répond au revers du grand arc triomphal ; on y voit, entre les apôtres Pierre et Paul, le trône divin surmonté de deux symboles des

évangélistes et du buste du Christ dans un médaillon que soutiennent deux anges. La frise est la môme que précédemment. La figure et les armes du pape laissent supposer que ces mosaïques furent exécutées sous le pontificat de Jean XXII, c.-à-d. entre 1316 et 1334. Vasari mentionne encore diverses peintures de Cavallini dans l'église Saint- Mare de Florence : une Annonciation, d'apparence giottesque, a de la grâce et du mouvement, malgré les retouches, et l'on distingue sur un mur les restes de fresques qui illustraient V Apocalypse, Peut-être ces peintures sontelles de Lorenzo di Bicci. Il est certain que le grand Crucifiement de la basilique inférieure de Saint-François d'Assise, qui, sur la foi de Vasari, a fait pendant longtemps la gloire de Cavallini, est l'œuvre des Siennois Ambrogio et Pietro Lorenzetti. Cavallini fut peut-être sculpteur, comme Vasari le prétend ; mais le beau Cru^ cifix de bois que l'on conserve dans une chapelle de Saint- Paul-hors-les-Murs n'est assurément pas son œuvre ; l'expression de la figure et le détail anatomique sont bien de l'époque de Donatello, A. Pératé.

BiBL. : Vasari, édit. Lemonnier, vol. II, p. 81. — Crowe et Cavalcaselle, Sloria. delîa pitt. in Italia, 1. 1, p. 168 et s.

CAVALLO. Nom d'anciennes monnaies italiennes. Dans le Piémont c'était une monnaie d'argent (V. Cavalot); Dans le royaume de Naples c'était une monnaie de cuivre, sur laquelle, entre les jambes du cheval, était figurée une croix, d'où le nom de Cavallo da Croce; elle valut un saldo, puis un grain ; on l'appelait alors Cavalluccio,

CAVALLO (Cap), sur le côté oriental du golfe de Bougie (Algérie), par 36o 47' 1 K' de lat. N. et 3° 16' 22'' de long. E. (dépôt de la guerre), paraît être VAudum pro~ montorium des anciens ; il y a près du cap des gisements de plomb argentifère dont l'exploitation a été tentée à plusieurs reprises, sans grand bénéfice.

CAVALLO (Marco), poète italien, né à Ancône, mort en 1520. 11 est l'auteur d'un poème de chevalerie dont l'idée lui fut évidemment suggérée par le succès de l'Orlando (urioso. Ce poème, qui fut bien accueilli par le public, n'est pas dénué de mérite ; Arioste, sans jalousie, voulut reconnaître le talent de ce rival dans le passage du xLii« chant de son poème, où on lit en effet :

Ed un Marco Cavallo, che la fonte Farà di poesia nascer d'Ancona...

Titre : Rinaldo furioso di Messer Marco Cavallo Anconitano (Venise, 1726, in-8). Cette édition contenait dix-sept chants ; la suite, qui parut plus tard (Venise, 1550), est attribuée à Francesco Tromba. R. G.

BiBL. : Gaetano Mewi, Bibliografia, dei romanzi cavallereschi italiani; Milan, 1838, in-8.

CAVALLOTTI (Felice-Carlo-Emanuele), poète et auteur dramatique italien, né à Milan le 6 nov. 1842 d'une famille vénitienne d'origine, les Baffo-Cavaîlotti. Sa jeunesse fut mêlée à toutes les batailles militaires ou politiques, fusil ou plume, de 1860 à 1870 ; en d'autres termes, de dix-huit à vingt-huit ans, il fut soldat ou journaliste, faisant souvent les deux métiers à la fois. Ce fut au cours de quelques recherches sur les gueux, paraîtil, qu'il sentit naître en lui la vocation du théâtre et, en effet, sa première pièce, un grand* drame historique et populaire, eut pour titre: les Gueux (i Pex>%enti) ; d'autres prétendent que le poète trouva son inspiration à la lecture de Patrie, de M. Sardou, dont le sujet est bien voisin, en effet, de celui des Pezzenti, Patrie est de 1860 et la pièce italienne de 1871. Ce fut une grande soirée, au Re Vecchio, de Milan, quelque chose comme une promesse avidement acceptée de renaissance dramatique, et en ces jours d'enthousiasme, l'Italie libérale et révolutionnaire glorifia le jeune poète, qui se réclamait de V. Hugo et donnait, en effet, la sensation d'un romantisme de seconde main, suffisamment littéraire encore. Dans la suite, M. Cavallotti s'est soutenu avec courage, avec talent et avec succès ; il suffit de citer : Guido, joué à Ferrare (1872) ; Agnese, à Home (1872); Àkibiade,

CAVALLOTTI — CAVANILLES

au Manzoni, de Milan (1874) ; / Messenii^ à Florence, (4876) ; i/ Cantico dei canticU scherzo poetico in un atto (1882) ; la Sposa di Menecle, commedia (1882); Vicarete, ovvero la Festa degli Alôly commedia greca (1885) ; le Rose Manche (18b6). On lui doit encore deux volumes de vers, politiques pour la plupart, et qui lui avaient valu le surnom de poète anticesareo, une traduction des Fragments de Tirtée et diverses brochures d'actualité. M. Cavallotti représente, poussé à l'excès, un type de caractère assez fréquent encore dans le Midi et que Ton a défini assez bien par des épitbètes doubles telles que rebelle et idéaliste. Ces tendances rendirent quelque peu orageux son passage à la chambre des députés, dont il sortit volontairement, après y avoir multiplié en vain les motions révolutionnaires. Le poète dramatique, et M. Cavallotti n'a pas à s'en plaindre, a depuis rejeté loin dans Tombre le député d'un moment. R. G.

BiBL. : A. DE GuBERNATis, D'ictïonn. international des écrivains du jour; Florence, 1888, in-4. — A. Roux, Histoire de la littérature contemporaine en Italie. — Nuova Antologia, 15 mars 1885, !<"• mars 1886.

GAVA LLU CCI (Antonio), peintre, né à Sermonetta en 1752, mort à Rome en 1795. Il commença par être miniaturiste jusqu'à ce que la protection du duc Cajetan de Sermonetta lui permît d'aller à Rome où il étudia la peinture d'histoire sous la direction de Mengs et de Battoni. Cavallucci se fait remarquer par son réalisme et la façon dont il serre de près le modèle. Ses œuvres principales sont: Saiîît François de Faute exécuté en mosaïque à la Santa-Gasa de Notre-Dame-de-Lorette ; Sainte Bonne prenant Vhabit religieux, au Dôme de Pise ; Saint Placide et Saint Maur, à Catane ; Elie et le Purgatoire, à San Martino de Monti, Rome, Vénus et Ascagne au palais Cesarini et de nombreux tableaux profanes pour des collections particulières. En 1790, Cavallucci fut nommé professeur de l'académie de Portugal où il eut pour élèves les Brésiliens José Alvarez et Emmanuel Dies, miniaturistes ; le Portugais Cunbat Tabora, etc. En dehors de ses leçons oflBcielles il avait formé des élèves de valeur, Giov. Micona, F, Bessanti, S. Gentile, L. de Rossi, Bronalani, le P. Tick, etc. BiBL. : F. DE Boni, Biografia degli artisli.

CAVALLUCCI (Camillo-Jacopo), écrivain d'art italien, né à San-Leolino in Val d' Ambra (Toscane) en 1827. Dès Page de vingt ans, il se préparait, par de petits articles spéciaux, à la profession de critique d'art. En 1854, de concert avec Boschi, il fonda le Bollettino délie Arti del disegno; en 1868, il devint inspecteur des écoles à l'académie royale des beaux-arts de Florence, et, depuis 1874, il y professe Phistoire de Part. En même temps, il fait un cours d'esthétique au musée de cette ville. On lui doit un bon nombre d'articles et de notices sur la cathédrale et autres églises de Florence, des monographies sur quelques œuvres d'art, un excellent Guida di Firenze (1873), une monographie de la cathédrale de Florence, il Maria del Fiore (Florence, 1881), un Manuale di storia délia scultura (Turin, 1885), etc. Il a publié en français, avec la collaboration de M. Emile Molinier, un estimable travail sur Les Délia Robbia, leur vie et leur œuvre (Paris, 1884, in-4, avec grav.). G. P-i.

CAVALOT (italien, cavallotto). Monnaie d'argent frappée à Asti par le roi Louis Xlf, comme seigneur d'Asti, et qui tire son nom de l'image de saint Second à cheval gravée au revers. Louis XII fit aussi frapper des demi-cavalols dont aucun exemplaire n'a été jusqu'ici retrouvé. Les cavalots émis plus tard par Charles-Quint, à Asti, diffèrent de ceux de Louis XII en ce que les armes et le nom de l'empereur sont substitués, au droit, à l'écu et au nom du roi de France ; au revers, le saint tient dans sa main, non pas une ép'.ise, mais un étendard. Les cavalots de Charles-(îuint s^ nt d'un titre moins élevé et d'un poids plus faible que ceux de Louis XII. En vertu d'une ordonnance d'En^ manuel Philibert de Savoie, en

date du 13 févr. 1551, de nouveaux cavalots furent frappés ; le saint y a fait place à un cheval en liberté, dont

Cavalot.

l'image était peut-être une allusion à la course des chevaux barbes qui avait lieu annuellement à Asti le jour de la fête de saint Second. M. Prou.

BiBL. : D. Promis, Monete délia zecca d'Asti; Turin, 1853, in-4. — Hoffmann, Monnaies royales de France. p. 87.

CAVAN. Com. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Lannion, cant. de La Roche-Derrien ; 1,659 hab.

CAVAN. Ville et comté d'Irlande. La ville a 3,050 hab. Elle est le siège des évôchés protestant et catholique de Kilmore. Le comté a 1,932 kiL q. et 129,476 hab., soit 67 hab. par kil. q. (en 1881). Situé au S. de PUlster, au centre de l'île, il s'allonge du N.-O. au S.-E., séparé en deux parties par PErne qui le traverse du longh Gowna au longh Erne supérieur, en traversant le longh Oughter. Le sol est accidenté; au N.-O. s'élève à 667 m. le Cuilcagh, au point duquel est la principale source du Shannon, Les champs cultivés n'occupent que 3i ^jo de la superficie ; leur étendue a diminué depuis trente ans ; les pâturages occupent 52 %, les bois 1 %. Le bétail est assez nombreux : 105,000 têtes de race bovine, 14,000 de race ovine, 35,000 de race porcine. Cette région est une des plus pauvres de l'Irlande, l'industrie y est nulle, les richesses minérales (houille, fer, plomb argentifère, cuivre) ne sont pas exploitées. Le chiffre de la population a diminué de 45,0()0 hab. depuis 1851. 80 % des habitants sont catholiques. A. -M. B.

CAVANAC. Com. du dép. de PAude, arr. et cant. (E.) de Carcassone; 479 hab.

CAVANILLES (Antonio-José), célèbre botaniste espagnol, né à Valence le 16 janv. 1744, mort à Madrid le 4 mai 1804. Il vint à Paris en 1777 avec l'ambassadeur d'Espagne et passa douze ans en France, étudiant avec ardeur les sciences naturelles. Il publia à cette époque dix dissertations sur les plantes monadelphes ; elles ont été réunies sous le titre : Monadelphiœ classis diss» X (Paris, 1785-8!^ Madrid, 1790,2 vol. in-4), et ont valu à leur auteur le surnom de Restaurateur de la mo-^ nadelphie. De retour en Espagne, il reçut la mission d'étudier la flore de ce pays et publia des ouvrages importants à ce sujet : kones et descriptlones plantarum quœ aut sponte in Hispania crescunt aut in hortis hospitantur (Madrid, 1791-1804, 6 vol. in-8, avec plus de 600 pL) ; Obs> sobre la historia natural, geogra/ia, etc. del reyno de Valencia (Madrid, 1795-97, 2 vol. in-fol., pi.); Descrip, de las plantas que demostrô en las lecciones publ, de botanica del ano iSOi (Madrid, 1802, in-8) ; Annales de historia natural à partir de 1800, in-8. Il était depuis 1801 directeur du jardin botanique de Madrid. D' L. Hn.

CAVANILLES (Antonio), historien et jurisconsulte espagnol, né à la Corufia en 1805, mort à Madrid le 2 janv. 1864. H élait fils d'un membre de la haute magistrature et neveu du célèbre botaniste Antonio-José Cavanilles (V. ci-dessus). Elève de la faculté de droit d'Alcalâ, il devint un avocat éminent et publia nombre d'écrits juridiques estimés. Disciple du célèbte Lista, il s'adonna avec succès à des travaux historiques qui le

CAVANILLES — CAVATINE

firent admettre à l'Académie de Thistoire dès 4841. Il se montra écrivain plein de grâce et de malice dans ses Dialogues, dont les interlocuteurs étaient pour la plupart des personnages politiques \ivants {Dialogos politicos y liierarios y discitrsos academicos; Madrid, 1859, in-8, 2® éd.). Mais il est surtout connu par son Historia de Espana (Madrid, 1861-1863, 5 vol. in4), qu'il n'a pu conduire que jusqu'à la fin du règne de Philippe II. Emule du célèbre Modesto Lafuente, il a envisagé l'histoire de son pays à un point de vue différent, et demeura toujours fidèle aux idées de l'ancienne société espagnole. G. P-i.

BiBL. : Ant. de Latour, Etudes littéraires sur VEspagne contemporaine (1864), et Espagne, traditions, mœurs et littérature (1869).

CAVANILLESIA (Cavanlllesia Ruiz et Pav.). Genre de plantes de la famille des Malvacées et du groupe des Bombacées, dont les représentants sont de grands arbres remarquables par leurs fleurs pentamères, de couleur rose, disposées en cymes ombeliiformes et par leur fruit pourvu d'autant de grandes ailes membraneuses verticales qu'il renferme de loges. On en connaît seulement deux ou trois espèces propres aux régions tropicales de l'Amérique. Le C. umbellata R. et Pav. (Pourretia ar-^ borea Willd.) croit dans les Andes péruviennes ; ses graines fournissent, par expression, une huile employée à divers usages. Il en est de même de celles du C, platanifolia Kunth, qui habite la Colombie. Ed. Lef.

CAVARANE (Peire de la), appelé aussi Peire de la Caravane, troubadour dont on ne possède qu'un sirventés plein d'allusions à la lutte de l'empereur Henri IV contre les villes de Lombardie. Ce sirventés doit être de 1195. Quant au troubadour, sa personnalité est fort obscure. Jusqu'à ces dernières années on le considérait comme italien; Canello a montré que rien n'appuyait cette hypothèse. M. Schultz le suppose originaire de Cayranne, localité du dép. duVaucluse, auN.-E. d'Orange; mais cette opinion n'est pas moins hypothétique.

Ant. Thomas.

BiBL. : Canello, P. de la Cavarana e il sua serventes e Giornale di filologia romanza, 1880, pp. 1 et suiv. — Schultz, Die Lebensverhiillnisse der italienischen Trobadors {Zeitschrift fur roman. Philologie, 1883, pp. \Sl et suiv.).

CAYARC. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Castillonès ; 395 hab.

CAVARES (Cavari). Puissant peuple de la Gaule Narbonnaise, dont le territoire s'étendait sur la rive gauche du Rhône entre la Durance et l'Isère. Leurs voisins étaient au S. les Salluviiy à l'E. les Vocontii, au N. les Allo^ broges et à l'O., sur la rive droite du ûrnse^les Helvii et les Volcœ Arecomici qui, à l'époque d'Annibal, possédaient pendant un certain temps des terres dans le territoire cavare sur la rive gauche. Du temps de Strabon leur nom avait tellement prévalu sur celui des peuples qui les entouraient, qu'on appelait, dit-il, Cavares tous les barbares, leurs voisins. Avec raison, d'Anville a considéré comme clients des Cavares plusieurs petits peuples établis entre la Durance et l'Isère (ISotice de la Gaule, p. 219). C'étaient les Tricastini, les Segalauni ou Segovellauni avec Valence qu'il faut identifier avec la ville de OuÊviia de Dion Gassius, évidemment une faute de copiste {OulaXJsvTiia), les Memini avec Carpentoracte (Carpentras) et les Cabellici (V. ce nom). Les autres villes des Cavares furent : Avenio (Avignon), Aeria {le château de Lers près d'Auriac), Arausio (Orange) que Pomponius Mêla cite parmi les villes les plus importantes de la Gaule; Fmûfaimm, célèbre par la bataille qui y fut livrée en 121 av. J.-C; Acunum ou Acusio (Anconne, près de Montélimart) ; Adletoce ou ad Letoce, à l'embouchure du Lez qui en a gardé le nom et Cerebelliaca, dont on retrouve le nom dans le coteau de Serrebel entre Valence et Aouste. Après la défaite des Arvernes et des Allobroges sur les bords de l'Isère, en 121 av. J.-C, les Cavares sans combat se sont soumis aux Romains et leur pays

fut annexé à la province romaine de la Gaule Transalpine. Sous Auguste il fut compris dans la province sénatoriale de Narbonnaise et avait quatre oppida latina : Avenio, Cabellio, Carpentoracte et Tricastini; une colonia romand deducta : Araubio (Orange) et une civitas fœdC' rata : Valentia. Strabon nous apprend que de son temps les Cavares étaient complètement romanisés quant à la langue, les mœurs et les institutions. Au iv^ siècle le pays des Cavares était compris dans la provincla Viennensis secunda, dont il formait cinq cités : i^ Civitas Valentinorum (Valence) ; 2^ Civ, Tricasti7iorum (Saint- Paul-Trois-Châteaux) ; 3<* Civ, Arausicorum (Orange) ; 4<> Civ. Avennicorum (Avignon) ; 5<* Civ, Cabellicorum (Cavaillon). Plus tard^on y ajouta une sixième, la Civitas Carpentoractensium (Carpentras). L. Will.

Bibl. : Strabon, IV, i, 11-12; Pomponius Mêla, II, v 2, 5. — Pline I'Ancien, Hist. naL, III, v (iv), 4-6. — Pto- LEMÉE, II, X, 14. — Desjardins, Géographie de la Gaule romaine, II, 225, 228.— Du même, Géographie de la Gaule d'après la Table de Peutinger, 32-33 ; 325-334.— J. Cambry, Mémoires sur les Celtes, les Cavares et les S aliens, Introduction à l'histoire d'Avignon ; Paris, 1805, in-8.

GAVAS. Mot arabe qui se prononce kaouâs en arabe et caïuâs en turc. Il signifie archer. Le cavas turc est un fonctionnaire, soldat de là police ou gendarme. En Turquie et dans les pays de langue arabe on donne plus particulièrement le nom de kaouâs à des domestiques indigènes qui ont Temploi d'huissier et de valet de pied avec la charge de gardien. Les banques et les grandes maisons de commerce tenues par des Européens ou des Levantins et surtout les consulats et les ambassades ont à leurs gages un nombre plus ou moins respectable de ces gens qui vont toujours armés de longs sabres recourbés, de pistolets et de poignards passés dans la ceinture. Suivant la province et suivant la nationalité du maître qu*ils sont censés protéger de leurs armes, les kaouâs sont richement costumés, soit eu kurde, soit en albanais ou en palikare, soit en mamloûk égyptien. Leur livrée pittoresque porte les initiales ou la devise de la maison à laquelle ils appartiennent, ou sont aux couleurs du consulat qui stipendie leurs services. On les désigne parfois dans le style des chancelleries sous le nom de 'janissaires (V. ce mot). P. Ravaisse.

CAVATINE. Ce mot, l'un des moins précis de tout le vocabulaire musical, est attribué à certaines formes de l'air. Simple francisation des mots italiens cavata et cavatina, il désigne d'habitude, au théâtre, une mélodie vocale qui diffère de Vair proprement dit par une étendue moindre, l'absence de répétition du motif, et de moins fréquentes répétitions de mots. L'air d'opéra, le grand air surtout, est considéré d'habitude comme ayant un caractère dramatique — ou soi-disant tel — plus complet, plus accentué que celui de la cavatine, à laquelle on a coutume d'attribuer un sens plus lyrique. La cavatine, en tout cas, n'a pas la symétrie architecturale de l'air, Du reste, les dénominations arbitrairement choisies par les compositeurs pour leurs morceaux, n'ont pas peu contribué à rendre ces distinctions d'une variabilité extrême. Dans l'ancienne musique, le nom de cavatine s'appliquait surtout aux ariosos qui devaient exprimer, résumer pour

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ainsi dire, sous une forme très nette et très chantante, mais relativement courte, les sentiments indiqués dans un précédent récitatif. La liste des cavatines célèbres est extrêmement longue; nous nous contenterons de rappeler

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