CAVE — CAVEAU
les Cave-Browne-Cave, baronnets dont le titre a été créé en 1641. Plusieurs personnages de cette famille ont joué un rôle important dans l'histoire d'Angleterre.
CAVE (François), constructeur de macbines français, né au Mesnil, en Picardie, le 12 sept. 1794, mort à Paris le 6 mars 1875. Fils de pauvres paysans, il apprit dans son village l'état de menuisier et partit à dix-sept ans pour Paris, aîin de s'y perfectionner. Malgré les exigences abusives de son premier patron, il trouva le temps d'étudier le calcul et le dessin, puis s'intéressa à la mécanique et entra à vingt-six ans comme contremaître chez le fabricant de cachemires Hildelang. A la grande stupéfaction du manufacturier, il transforma tout son outillage et entreprit môme, en 1823, de remplacer le manège par une machine à vapeur de son invention ; il la construisit de toutes pièces et sur place, sans l'assistance d'aucun ingénieur. L'habile ouvrier venait de trouver la machine oscillante, dont il devait faire par la suite tant d'applications de toutes proportions et à toutes sortes d'usages. Enhardi par de tels succès, il s'établit à son compte avec ses petites économies, 5,000 francs. L'installation en prit tout de suite trois, la banqueroute de son premier client les deux autres. Il ne se découragea pas, et, à force d'énergie et d'industrieuse activité, vit bientôt sa maison prendre un rapide essor. En moins de dix ans, il devint, avec Calla, l'un des deux plus grands constructeurs-mécaniciens de Paris. Dès 1830, ses ateliers de la barrière Saint- Denis, qui occupèrent jusqu'à 900 ouvriers, construisaient des machines de navires, et, en i 844, des frégates à vapeur sortaient de ses chantiers de Clichy, sur les bords de la Seine. Pendant vingt années, la maison Cave a produit une multitude d'ingénieuses machines-outils, fabrication dont elle a longtemps partagé le monopole avec la maison Calla, de nombreuses chaudières et machines à vapeur de tous systèmes, des locomotives de sept types différents, des bâtiments pour la navigation maritime et fluviale et pour la marine de guerre, des moulins, des laminoirs, etc., etc. Les ateliers du faubourg Saint-Denis ont été acquis en 1852 par la maison Cail, qui les a depuis liquidés et démolis, et ceux de Clichy par Pérelre. Dans le domaine de la science mécanique, François Cave s'est livré à une série d'études comparatives sur les chaudières des machines à vapeur et sur la forme à donner aux hélices, et à de longues expériences sur la torsion des arbres de transmission en fer et en acier. Léon Sagnet.
BiBL. : J. Gaudry, Notice sur F. Cave (Mém. et C. Rend, des trav. de la Soc. dôs Ingénieurs civils ; Paris, 1876, p. 63, in-8.)
CAVE (Hygin-Augnste), littérateur et administrateur français, né à Doudeville (Manche) le 24 déc. 1794, mort à Paris le 29 mars 1852. Chef de la division des beauxarts et des théâtres au ministère de l'intérieur, puis directeur des palais et manufactures au ministère d'Etat, il avait épousé M'"^ Clément Boulanger, veuve du peintre de ce nom. Cave avait débuté, en collaboration avec Ad. Dittmer, par des vaudevilles anonymes : les Biographes (1826); les Deux Elèves ou l* Éducation particulière (1827), etc. Tous deux signèrent ensuite du pseudonyme de Luc et de M. de Fongeray des scènes dialoguées, non destinées au théâtre et où ils mettaient en action des épisodes de l'histoire contemporaine, ou des personnages animés des sentiments du jour : Une Commission de censure^ scène non historique^ seconde édition (il n'y a jamais eu que celle-là), publiée, revue et augmentée par E,C,,, et G.-F, D. (autres pseudonymes des mêmes auteurs) avec la relation du procès qui fut intenté au sieur Luc (déc. 1827, in-8) et les Soirées de Neuilly, par M. de Fongeray, esquisses dramatiques et historiques en prose, ornées du portrait de l'éditeur et d'un fac-similé de son écriture (1827-1828, 2 vol. in-8). Ce portrait, par Henry Monnier, est la charge, à peine exagérée, de Stendhal (Henri Beyle) : aussi a-t-on avancé que sa présence en guise de frontispice équivalait
presque à un aveu de collaboration, mais les Soirées de ISeuilly, par la netteté du trait et la rapidité du dialogue, font plutôt songer aux qualités maîtresses de Mérimée, dont le Théâtre de Clara Garni avait très certainement servi de modèle aux deux écrivains. 11 ne faut pas confondre les Soirées de Neuilly avec les Scènes contemporaines laissées par feu ili*^" la vicomtesse de Chamilly (1827-1830, 2 vol. in-8), également ornées d'un frontispice d'Henry Monnier mais qui sont dues à la collaboration de Loeve-Weimars, d'E. Vanderburch et de Romieu. Dittmer et Cave ont aussi donné, sous leur pseudonyme, un remarquable récit : la Be traite de Hannu (le Globe, 1829) et dans la Bévue de Paris, le Coup d'Etat, dialogue (1830, t. X); Vîncendiaire, nouvelle (1831, t. Xlll). M.Tx.
GAVÉ (Marie-Elisabeth Blavot, veuve), épouse en premières noces du peintre Clément Boulanger, en deuxièmes noces de Auguste Cave, auteur dramatique et chef de la division des Beaux-Arts, née à Paris en 1810. Elle a débuté au Salon de 1835 ; en 1836, ses envois lui valurent une médaille de 3® classe. Elle avait exposé quelques aquarelles délicatement exécutées : Jean-Jacques et les petits Savoyards; Berquin surprenant deux petites filles qui lisent l Ami des enfants; Bernardin de Saint-Pierre causant avec de bons paysans. Une autre aquarelle, la Bataille d'ivry, lui valut, en 1839, une médaille de 2« classe. Parmi les œuvres qui ont suivi, on peut citer : la Convalescence de Louis Xlll, Un Tournoi, les Bois, le Triomphe de Bacchus, les Plaisirs de la convalescence, un Triptyque, et ses pendentifs représentant les sept Sacrements {k l'Etat), et la Sainte Vierge après la mort de JS. 5. Jésus-Christ (musée de Rouen). M"^® Cave s'est ensuite adonnée à la publication de quelques ouvrages d'enseignement artistique, le Dessin sans maître, méthode Cave; l'Aquarelle sans maître,
Ant. V.
CAVE A (Paléont.) (V. Ceriopora).
CAVEAU. Petite cave ou renfoncement pratiqué dans une cave pour recevoir les vins fins. — On entend aussi par ce mot l'étage souterrain servant autrefois, dans les églises, à la sépulture de certaines personnes notables et la crypte affectée de nos jours, dans les cathédrales, à la sépulture des prélats ; enfin ce mot désigne les constructions spéciales pratiquées dans les cimetières, sous le sol, pour recevoir les restes d'une famille. Ces derniers caveaux, resserrés dans le double sens de la longueur et de la largeur et offrant sur leur hauteur un certain nombre de cases superposées destinées à renfermer chacune un cercueil, obéissent à des prescriptions administratives et à des données toutes spéciales de construction qu'il suffit d'indiquer ici (V. Cimetière), et qui ont surtout pour but, en assurant l'entier isolement et la sécurité des cercueils, d'utiliser aussi complètement que possible l'étroit espace — le plus souvent d'un mètre sur deux, — concédé à haut prix par la ville ou par la commune. Charles Lucas. CAVEAU (Le). Histoire littéraire. — On a vu plus haut (art. Cabaret) quelle place le cabaret tenait jadis dans les habitudes et les divertissements des lettrés du xvii® et du XVIII® siècle, mais la plupart des établissements dont ils ont tait la renommée n'ont eu qu'une durée éphémère, alors qu'une autre réunion de même nature est devenue une institution effective, en se transformant sensiblement, il est vrai, depuis son point de départ. Vers 1737, quelques écrivains déjà célèbres, Piron, Crébillon père, Crébillon fils, Gresset, La Bruère, directeur du Mercure, Collé, Saurin, etc., et deux chansonniers, Panard et Gallet, l'épicier, se rassemblèrent d'abord fortuitement, puis le premier et le quinze de chaque mois, chez un traiteur de la rue de Buci, nommé Landelle. D'où vint le nom de Caveau ? On ne sait trop. D'aucuns prétendent que c'était l'enseigne même du restaurateur, d'autres que cette désignation avait été imaginée par Gallet. Quoi qu'il en soit, si l'on y buvait sec, on y causait librement et