‹ La Grande encyclopédieChapitre 331 sur 397 · CAVERNE — CAVIAR · texte numérisé non relu

CAVERNE — CAVIAR

plus doux qu'aujourd'hui et l'homme erre sans doute sur les plateaux et dans les forêts. A la période suivante, au contraire, période pluvieuse plus froide, Thomme rentre, se cache sous terre et ne vit plus guère qu'à l'état de petites colonies familiales éparses le long des petits cours d'eaux aux rives abruptes creusées d'abris et de cavernes. L'homme des cavernes de nos régions n'est pas un homme primitif. Il sait tailler une assez grande variété d'outils en silex, puis il apprend à travailler l'os, et finit par développer une "curieuse civilisation artistique, depuis la vallée de la Vézère dans le S.-O., jusqu'en Suisse et dans le sud de l'Allemagne. Il sait non seulement faire et entretenir du feu, mais cuire encore tous ses aliments. Il passe des saisons entières dans les cavernes en y satisfaisant tous ses besoins. Les traces qu'on y trouve de sa présence sont donc extrêmement nombreuses et de toute nature. Ce sont principalement des foyers, amas de cendre et de charbons, autour desquels sont enterrés des débris de repas consistant en ossements de toute nature. Ces foyers, dans certaines cavernes, sont superposés en grand nombre. Ils sont séparés, les uns par de courtes périodes d'abandon assez régulières, d'autres par des périodes au contraire très longues. Ils forment ainsi, quelquefois sur une très grande épaisseur, des séries de couches archéologiques^ brèches noirâtres très dures, presque uniquement composées d'un amalgame d'ossements brisés, de cendres, de charbon, de débris d'armes et d'outils et de pièces entières. Nous connaissons plusieurs cavernes qui, depuis la seconde époque quaternaire ou époque du Moustier, ont été occupées successivement à toutes les époques subséquentes. Les résidus du long séjour de l'homme y forment d'énormes amas. Telles sont les grottes de Laugérie-Haute sur la Vézère ; dans la grotte de Gourdan, dans les Pyrénées, les foyers de l'âge du renne seul forment plusieurs assises ; et à ces foyers sont encore superposés des foyers de l'âge néolithique et des foyers de l'âge du bronze. A ï'êige néolithique, un très grand nombre de cavernes furent encore habitées, surtout dans le centre de l'Europe. Mais dans nos régions, elles servaient dès lors plutôt de sépultures et d'ossuaires, quelquefois pour des villages entiers, et des tribus en creusaient même d'artificielles dans la pierre tendre. Ce n'est que bien exceptionnellement qu'elles furent occupées pendant l'âge du bronze. Les villages y cherchèrent toutefois des refuges en tout temps et jusqu'aux temps modernes, pendant les périodes de guerre et de dévastation, quand ils ne creusèrent pas de vastes souterrains à cet effet. Elles sont encore un peu partout mises à profit par l'homme. Entre les grottes artificielles et les maisons creusées encore aujourd'hui tout entières dans le rocher, il n'y a que des différences de degrés. Les pueblos du S.-O. de l'Amérique du Nord étaient des villages communistes formés de petits logements creusés souvent par étages superposés sur le flanc de collines. Les grottes naturelles et les souterrains ne servent plus en général chez nous que décavés ou dechaix. Mais l'antiquité a connu des peuplades de troglodytes, et il en existe encore. Nous avons dit que lesGuanches (V. Canaries), ont habité des cavernes presque jusqu'à nos jours. Hérodote et Diodore de Sicile nous parlent de troglodytes dans l'Ethiopie et le N. de l'Afrique. Etaient troglodytes encore les Cosséens de l'Assyrie, des Ligures, les indigènes des Baléares, les montagnards de la Sardaigne. On en a signalé de nos jours dans le S. de TArabie, au N.-O. de l'Inde, sur les côtes de la presqu'île malaise, dans certaines îles aléoutiennes, etc. Le nom d'âge des cavernes appartient cependant plus spécialement à tout<î la seconde partie, à une bonne moitié des temps quaternaires. Zaborowski.

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