CAVOUR — CAXIAS
CAXES ou CAJESI (Eugénie), peintre espagnol, né à Madrid en 1577, mort à Madrid en 1642. Il était le fils et l'élève de Patrizio Caxès ou Cajesi, d*Arezzo, venu en Espagne, appelé par Philippe II. Le jeune artiste travailla d'abord avec son père à la décoration du palais du Pardo ; il peignit à fresque dans la salle des audiences royales le Jugement de Salomon, œuvre magistrale, et qui lui valut promptement d'être compris au nombre des peintres du roi. Le 13 août 1612, Philippe II l'honorait de ce titre auquel était attaché un salaire annuel de cinquante raille maravédis. Il eut ensuite à exécuter divers importants ouvrages pour des églises et des couvents de Madrid ; au couvent de la Merced, il peignit le tableau du maîtreautel; aux Franciscains, un Jubilé et un Saint François; pour l'église paroissiale de Santa-Cruz, \ Annonciation et la Descente du saint Esprit sur les Apôtres, En 1615, il aidait Vicente Carducho dans l'exécution des fresques de la chapelle de la Vierge à la cathédrale de Tolède. En 1618, ces deux artistes, liés d'une étroite amitié, terminaient encore en commun une importante commande destinée au couvent de Guadalupe, oU, pour sa part, Caxès avait peint une suite de compositions tirées de la Vie de la Vierge et une Cène, Philippe IV, voulant immortaliser le souvenir de l'édit par lequel Philippe III, son père, avait achevé d'expulser de ses Etats les Maures non convertis, ordonna à Vicente Carducho, Eugénie Caxès, Angelo Nardi et Velazquez, de peindre une composition destinée à rappeler et à glorifier cet acte. Mayno et Crescenzi furent nommés juges de ce concours, dont Velazquez sortit vainqueur.
Vers l'année 1630, Caxès était chargé de peindre, dans une des salles de l'Alcazar de Madrid, VHlstoire d'Agamemnon^ vaste et superbe décoration qui lui fut payée la somme considérable de onze mille réaux. Jusqu'en 1642, date de sa mort, Caxès ne cessa de concourir à l'embellissement des palais et des édifices religieux de la capitale. 11 fit pour San Antonio de los Portugueses son grand tableau de Sainte Isabelle de Portugal; pour San Bernardo. Saint Joachim, Sainte Anne et la Vierge enfant, un de ses meilleurs ouvrages, et pour le palais du Buen Retire, une grande composition historique représentant la Tentative de débarquement des Anglais à Cadix, en 16^25, peinture remarquable par la correction du dessin, la vigueur du coloris, le mouvement, l'expression et l'excellent effet général. Cette belle œuvre figure aujourd'hui au musée du Prado. Le musée du Fomente possède de Caxès une Adoration des Mages, peinte pour le couvent de la Trinité, et Saint lldefonse recevant de la Vierge la chasuble miraculeuse, vigoureuse peinture traitée en ébauche, et qui porte la signature : Eugenius Caxesi. A l'académie de San Fernando, on trouve aussi de lui la Mort de saint François, qui rappelle beaucoup la manière de Vicente Carducho. Comme Carducho, comme les frères Rizzi, Caxès appartient à cette génération d'artistes, fils et élèves d'Itahens, nés ou élevés en Espagne, et dont le talent, italien par l'exécution, cesse bientôt de s'inspirer de l'idéalisme de ses maîtres pour s'imprégner profondément du caractère de leur patrie adoptive. Très habiles praticiens, grands dessinateurs, et rompus de bonne heure à toutes les difficultés de la composition, ils enseignent à leurs rivaux et à leurs élèves espagnols la hardiesse et l'aisance dans le maniement de la brosse, et communiquent à toute l'école quelque chose de leur admirable facilité italienne à bien ordonner les plus vastes machines ; en retour, l'Espagne leur donne sa piété sérieuse, sa gravité austère, et les préserve encore de l'aff'éterie et du maniérisme en les conquérant à son amour du réel et du vrai . P. L.
BiBL. : V. Carducho, Dialogos de la pintura ; Madrid, 1633. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilusti^es profesores ; Madrid, 1800.
CAXIAS, Ville du Brésil, prov. de Maranhâo, sur la rive droite de l'Itapicuru, à 60 lieues S.-E. de la capi-
CAXfAS — CAXTON
taie ; sur la rive opposée, la bourgade de Trezidella et le mont Agudo ou Morro da Taboca, mont conique qui reçut après la guerre de l'indépendance le nom de mont do Alecrim ; 6,000 hab. Important commerce. Patrie du poète Gonçalves Dias. — En 1823, les Portugais, commandés par Fidié, y résistèrent longtemps au chef brésilien Alecrim. 11 fallut, pour les réduire, une grosse armée de renforts amenée de Cearâ par Filgueiras (31 juil. 1823). — La ville a beaucoup souffert pendant la guerre civile de 1838-1840. Deux fois elle tomba au pouvoir des révolutionnaires, qui la saccagèrent et mirent à mort des centaines d'habitants. Le président Lima e Silva l'en délivra et fut créé baron, puis comte, marquis et enfin duc de Caxias. R.-B.
CAXIAS (Luiz-Alves de Lima e Silva, duc de), célèbre maréchal et homme d'Etat brésilien, né le 25 août 1803 à Etrella (Etat de Rio de Janeiro), mort le 7 mai 1880 à Santa-Monica (même Etot). Fils aîné du général François de Lima e Silva, régent de l'Empire de 1831 à 1835, il appartenait à une famille qui a donné au Brésil plusieurs hommes de guerre renommés (V. Lima e Silva). Elève de l'Ecole militaire de Rio, il en sortit en 1821 avec le grade de lieutenant. Il fit les campagnes de 1823 à Bahia contre les Portugais, de 1825 à 1828 à la Plata, et, s' étant distingué par son intrépidité, fut promu major. En 1832, il se signala encore dans deux combats, lorsque les adversaires de la régence tentèrent à Rio de Janeiro de renverser le gouvernement. En 1839, déjà colonel, il fut nommé président du Màranhâo et commandant en chef des troupes optont dans celte province ravagée par la guerre civile. 11 réussit à pacifier celte partie de l'empire (1841), fut créé baron de Caxias et promu général de brigade. En 1842, une révolution éclata dans le Sam-Paulo et gagna aussitôt Minas-Geraes. Caxias, après avoir rétabli l'ordre dans la première de ces provinces, se jeta dans la seconde, où les partisans du gouvernement avaient subi quelques échecs, et remporta la victoire décisive de Santa-Luzia. Nommé maréchal de camp, il reçut le commandement de l'armée impériale en opérations dans le Rio Grande do Sul où les républicains, appuyés par quelques caudilhos de la Plata, avaient proclamé l'indépendance et où ils tenaient en échec, depuis 1835, les troupes impériales et les partisans de l'union. Caxias prit possession de son commandement le 12 nov. 1842. Après plusieurs campagnes, joignant la politique à la force, il parvint à pacifier complètement cette province (1®"^ mars 1845). Il fut présenté par les électeurs de Rio Grande do Sul au choix de l'empereur pour un siège vacant au Sénat, et nommé sénateur. Caxias reçut alors le titre de comte. Dans la guerre de 1851-1852 entre le Brésil, les gouvernements de Montevideo, de l'Entre-Rios et du Corrientes, d'une part, et le dictateur de Buenos-Aires, Rosas et son lieutenant Oribe, d'autre part, il commanda les 20,000 Brésiliens dont l'intervention contribua à la chute du dictateur. Promu lieutenant-général, avec le titre de marquis, il fut appelé le 1 4 juin 1 855 au ministère de la guerre par le marquis de Paranâ (V. Carneiro Leào). A la mort de cet homme d'Etat (3 sept. 1856), il lui succéda à la présidence du conseil et poursuivit sa politique large et conciliatrice jusqu'au 4 mai 1857. Le 2 mars 1861, il forma un nouveau cabinet, renversé le 24 mai 1862 par la coalition des libéraux ^vec une partie des conservateurs. En 1865, il accompagna comme aide de camp l'empereur dom Pedro II pendant la campagne de Rio Grande do Sul, et assista à la reddition d'Uruguayana où les Paraguayens avaient dû s'enfermer. Bientôt, les revers des alliés à Curupaity (22 sept. 1866) et le désaccord des généraux décidèrent le cabinet libéral de Zacarias de Vasconcellos à confier au vieux maréchal le commandement en chef des armées de terre et de mer concentrées par le Brésil au sud du Paraguay. Arrivé au camp des alliés en nov. 1866, il se préparait à prendre l'oflensive après avoir instruit les volontaires qui se présentaient tous les jours, lorsque le
choléra s'abattit sur ses troupes et le contraignit à une longue inaction. En juil. 1867 seulement, il put commencer les opérations en isolant les lignes fortifiées qui protégeaient le camp retranché d'Huinaïtâ. Le 19 févr. 1868, il ordonnait aux cuirassés de forcer le passage d'Humaïtâ et s'emparait de la redoute Cierva. En mars, il était maître de toutes les lignes extérieures depuis Curupaity et Sauce jusqu'à Espinillo, et commençait le siège d'Humaïtâ. En juil. les Paraguayens évacuaient ce camp retranché et tentaient d'opérer leur retraite par la rive droite du Paraguay, mais Caxias avait prévu ce mouvement ; il renforça les troupes qu'il avait placées de ce côté et, après plusieurs jours de combat, l'ennemi mettait bas les armes à Laguna Verà. Cet obstacle surmonté, Caxias se porta vers le nord, s'empara des fortifications du Tebicuary et arriva devant de nouvelles lignes de défense, protégées par des marais (lignes du Pikysyry), qu'il ne put ni attaquer de front, ni tourner. Il fit alors construire, sur la rive droite du Paraguay, une sorte de chaussée traversant des forêts inondées par les eaux du fleuve, et prenant 18,000 hommes de ses meilleures troupes, il les conduisit par cette route au nord des positions de Lopez (5 déc.1868). Caballero, le meilleur général de Lopez, fut chargé de disputer aux Brésiliens le passage du pont dltôrôrô. Une sanglante bataille s'engagea sur ce point le 6 déc. Le pont fut pris et repris plusieurs fois, et Caxias dut se jeter lui-même dans la mêlée. Le 11, nouvelle bataille à Avahy : les troupes de Caballero furent complètement détruites. Le 21, Caxias attaqua les hauteurs de Lo mas- Valent inas qu'occupait Lopez : toute la ligne du Pikysyry fut prise en travers par les Brésiliens. Des régiments entiers furent exterminés. Malgré des pertes énormes, Caxias conserva les positions conquises, et le 27 il s'emparait du quartier général ennemi. Lopez, obligé de fuir accompagné de cinquante hommes environ, s'en fut organiser une nouvelle armée. Caxias prit encore la forteresse d'Angostura, et entra dans Assomption que les habitants avaient désertée (janv. 1869). Il tomba alors malade et fut remplacé à la tête de l'armée par le comte d'Eu. Revenu à Rio de Janeiro, il fut créé duc (seul titre de cette nature conféré à un Brésilien), et grandcroix de l'ordre de Pedro P"^, décoration réservée aux souverains et qu'aucun autre Brésilien n'a reçue. 11 fut chargé pour la troisième fois du portefeuille de la guerre, avec la présidence du Conseil (25 juin 1875-6 janv. 1878). La maladie le força de se retirer. Son corps, conduit de Santa-Monica à Rio, fut porté au cimetière par de simples soldats, selon le désir du maréchal qui, par testament, avait refusé les honneurs dus à son rang. Une souscription populaire, ouverte pour lui élever une statue à Rio, a produit près de 400,000 fr., et l'œuvre a été confiée à R. Bernardelli, élève de l'Ecole des beaux-arts de Rio.
Rio-Branco.
BiBL. : PiNTO DE SousA, Quadvo chronologico sobre a revoiuçào de Minas Geraes em 18^i2; Ouro-Preto, 18i4. — Reflexôes sobre o generalato do conde de Caxias ; Porto Aleyre, 1845. — Titara, Memorias do grande exercito alliado libertador; Rio Grande, 1852. — Alen- CAR, 0 Marquez de Caxias; Rio, 1867. — P. -A. da Ca- MARA Lima, Mv.nuscripto ou Résuma historico das operaçoês dirigadas pelo maréchal de Caxias na Çampanha do Paraguay; Rio, 1872. — Pinço de Campos, Vida do duque de Caxias; Lisbonne, 1878.— Magalhaes, Memoria hislorica da revoiuçào do Maî'an/iào;Rio, 1878.
CAXINE (Cap). Promontoire, à 10 kil. 0. d'Alger, par 36« 48' W de lat. N. et 0« 37' 8'' de long. E. (amiral Mouchez), est formé par l'extrémité d'un des contreforts du Bou-Zaréa ; sur le sommet, s'élève un phare de première classe (64 m. au-dessus de la mer ; portée de 25 milles). Près de là est une grotte préhistorique.
CAXOEIRA (V.Cachoeira).
CAXTON (William), introducteur de la typographie en Angleterre et littérateur, né dans là partie du comté de Kent appelée « the Weald » vers 1422, mort à Londres vers la fin de 1491. Fils de parents assez aisés, il reçut
CAXTON ~ CAY
une bonne éducation pour Fépoque. A l'âge de quinze ans environ, il entra en apprentissage chez Robert Large, un des plus notables négociants en marchandises de luxe, qui fut même shériff et lord-maire de la Cité. Il se trouva ainsi en rapports avec des gens de marque, et il apprit à fond le français, qui était alors la langue officielle de la cour d'Angleterre. Après la mort de son patron (1441), il se rendit dans les Pays-Bas, oii il séjourna pendant trente-cinq ans. 11 demeura principalement à Bruges, résidence habituelle du duc de Bourgogne et un des grands centres de la vie commerciale et artistique. En 4462, il fut élu « gouverneur de la compagnie anglaise de commerce » ; vers le même temps il devint « maître et gouverneur des marchands de la nation anglaise », et exerça dans la suite les fonctions de juge-consul. En 1464, il fut adjoint à la commission chargée de conclure un traité de commerce entre Edouard IV, roi d'Angleterre, et Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Lié avec Raoul le Fèvre, chapelain du duc et auteur du Recueil des hisioyres de Troye, Caxton employa ses loisirs à traduire en anglais ce roman de chevalerie, qui jouissait alors d'une vogue singulière et fut le premier livre qu'on imprima en français (vers 'l 472-74). Avec le concours pécuniaire de Marguerite d'York, femme de Charles le Téméraire, auprès de laquelle Caxton eut un emploi, il fit imprimer sa traduction (vers 1474) par le même typographe que celui de l'édition originale, attribuée par la plupart des bibliographes aux presses d'Ulrich Zell, de Cologne, et par quelques-uns à celles de Colard Mansion, de Bruges. Cette traduction est le premier livre imprimé en anglais. Il fit imprimer ensuite sa traduction anglaise du Jeu des eschez moralisé 'de Jacobus de Cessolis (1475 ou 1476), et celle du roman de Jason et Médée de Raoul le Fèvre. En 1476, il retourna à Londres, familiarisé déjà avec l'art de la typographie, et immédiatement, grâce à la protection de Thomas Milling, abbé de Westminster, il établit une imprimerie dans les dépendances de cette abbaye. Le premier livre qui y vit le jour fut la traduction d'un recueil de sentences : The Dictes and sayinges of the Philosopher s (18 nov. 1477). Dès lors Caxton fit preuve d'une activité extraordinaire, traduisant sans relâche les ouvrages les plus renommés de la littérature française contemporaine, des écrits de Cicéron, d'Ovide, de Virgile, d'Esope, de
m^mmmmmmmwm
Marque typographique de Caxton.
Boèce, etc., et les imprimant au fur et à mesure avec des soins particuliers. Le nombre d'ouvrages sortis ainsi de ses presses s'élève à près de quatre-vingts. Ils sont généralement d'une rareté insigne et se vendent à des
prix fort élevés. Les plus importants ont été, de nos jours, reproduits en fac-similés. Presque à la veille de mourir, Caxton acheva sa traduction de Vitœ Patrum^ qui fut imprimée par son élève Wynken de Worde. Le Roxburghe Club lui fit ériger, en 1820, dans l'abbaye de Westminster, un monument exécuté par Westmacott jeune. Le quatrième centenaire de l'introduction de l'imprimerie en Angleterre a été célébré avec solennité et a donné lieu à une intéressante exposition typographique au musée South-Kensington.
Caxton s'est servi depuis 1487 d'une marque dont nous donnons une reproduction réduite, et qui offre des particularités énigmatiques. Le chiffra 74 placé entre ses initiales désigne évidemment l'année 1474, mais à quel événement de la vie de Caxton se rapporte cette date ? On est porté à croire que c'est celle de l'impression de sa première œuvre : The Recuyell of the Historiés ofTroy. D'autre part, les mystérieuses lettres S. C. qui figurent sur la même marque sont interprétées par quelques bibliographes comme étant l'abréviation des mots Sancta Colonia, et désignant que l'impression de ce livre eut lieu à Cologne. G. Pawlowski.
BiBL. :J. Lewis, Life of mayster Wyllyam Caxlon; Londres, 1737.— DiBin^, Typographical Antiquities. — Ch. Kmght, William Caxton; Londres, 1844, in-16, nouv. éd., 1877.— W. Blades, Life and typographï/ of William Caxton; Londres, 1861-1863, 2 vol. in-4. — Du même, the Biography and typography of W. C, 1877, in-8, pU — G. BuLLEN, Catalogue of the Lo an Collection of antiquities, etc. (4« Centenaire de Caxton), 1877, in-8. — B.-H. Beedham, a Listof the Reproductions both imitation and in fac-similé of the productions of the press of W. C. ; lowa-City, 1879, in-8. — Bigmore et Wyman, Bibliography ofprinting, 1. 1°'-, 1880.
CAY. Ce mot, qui signifie plante, entre dans la composition d'une multitude d'expressions employées en Chine et en Cochinchine, pour désigner surtout les végétaux utiles. Ainsi, on appelle notamment : ^fl?/ te", le Litchi ; Cay bap, le Maïs ; Cay bau, la Calebasse {Lagenaria vulgaris Ser,); Cay binch ba, le Pommier; Cay bo de, le Figuier des Pagodes {Ficus religiosa L.); Cay bon hon, le Savonnier {Sapindus Saponana L.) ; Cay buoi, le Pamplemous^er (Citrus decumana Willd.); Cay buong, le Flamboyant (Erythrina corallodendron L ) ; Cay buong chiala, le Gombo (Hibiscus esculentus L.); Cay Cam, l'Oranger; Cay can, l'Aréquier; Cay canh, le Citronnier ; Cay caphe, le Caféier ; Cay dao annam, le Jambosier ou Jamerosier (Eugenia Jambos L.) ; Cay dao nhen, le Pêcher ; Cay dêa, le Palétuvier des Indes {Bruguiera gijmnorhim Lamk); Cay dej gay, le Châtaignier; Cay du-du, le Papayer ou Arbre à melons [Papaya carica Gaerln.); Cay du-du dealU le Ricin ; Cay dung dinh, le Caryota urens L. (Palmiers) ; Cay duong, le Cyprès; Cay gai, la Ramie (Boehmena nivea Hook) ; Cay hachdeo, le Noyer ; Cay hang, l'Oignon ; Cay Khe, le Carambolier (Averrhoa Carambola L.) ; Cay lot, V Opuntia Ficus indica L.; Cay mach maoc, le Sorgho à sucre ; Cay mang, le Mangoustan (Garcinia mangostanaL,)\ Cay mang eau, TAttier ou Atocire [Anona squamosa L.), qui fournit la Pomme cannelle ; Cay me, le Tamarinier ; Cay mocua, le Badamier {Terminalia Cafappa L.) ; Cay moi, le Prunier ; Cay mon, la Colocase (Colocasia esculenta Schott); Cay nen, l'Echalote; Cay nho tan, la Vigne ; Cay oi, le Goyavier ; Cay ro tan, le Chou ; Cay sao, le Teck (Tectona grandis L.); Cay sen, le Nélombo {Nelumbo nuciftra Gaertn ) ; Cay t'hach hiu, le Grenadier ; Cay thi, le Plaqueminier {Diospyros Ebenum L.) ; Cay tlan, le Bétel (Chavica Betle Miq.) ; Cay toi, l'Ail; Cayvaug^ le Sappan ou Brésillet des Indes (Cœsalpinia Sappan L.) ; Cay vaug dee, le Sassafras; Cay vaug nhuâ, le Garcinia Hanburyi Hook. f., qui produit la véritable Gomme-gutte ; Cay œoai, le Manguier (Mangifera indicah.), etc. Ed. Lef.
CAY ou KAY (Adrien-Thomas), portraitiste de l'école flamande, dont le nom se trouve sur les listes de la Gilde
CAY — CAYEUX
d'Anvers, de 1558 à 4588, et sur deux volets d'un remarquable triptyque du musée de cette ville, représentant une Cène peinte dans la manière italienne. Mais le portrait du donateur, Gilles de Schtnidt, syndic du couvent des récollets, ceux de sa femme et de leurs huit enfants, qui figurent agenouillés sur le revers, sont bien supérieurs par le caractère de sincérité, la largeur de l'exécution et la distinction du coloris et font de cet ouvrage une des meilleures peintures de cette époque. L'artiste avait été élève de son oncle Willem Cay, né à Bréda, qui mourut à Anvers en 1568, et dont on ne connaît qu'un petit nombre de tableaux d'une facture un peu sèche; deux portraits signés, au musée de Hanovre : une Suzanne au bain de 1546, et une Sainte Famille dans la galerie Pommersfelden.
CAYAMBÉ {onCerrO'Blanco). L'une des cimes volcaniques des Andes, située dans l'Equateur à 75 kil. dans Je iN.-E. de Quito. Elle mesure environ 5,850 m. d'alt. et est inférieure seulement au Chimborazo ; on la connaît sous le nom de Cayambé-Ourcou.
CAYAMBÉ. Village de la République de l'Equateur, prov. de Pichincha, situé au pied du volcan, à 2,858 m. d'alt. par OM'35'' de lat. N., 80«24'8'' long. 0. à l'extrémité septentrionale de la ligne du degré mesurée en 1743. Non loin, sont les ruines d'une forteresse et d'un temple de l'époque des Incas.
CAYAPO (Brésil) (V. Caiapo).
CAYAPONA. Le Cayapona globulosa que M. Bâillon place dans le genre Perianthopodus S. Mons. (V. ce mot), est une Cucurbitacée du Brésil, jouissant, comme beaucoup de plantes de cette famille, d'un pouvoir drastique énergique, et employée couramment, dans son pays d'origine, sous le nom de Caboclit, par Fart vétérinaire. Elle a été récemment introduite dans la thérapeutique aux Etats-Unis et en Angleterre. On en a extrait un alcaloïde, la Cayaponina qui, à la dose de 5 à 6 milligr., procure des évacuations alvines abondantes et répétées, sans déterminer, paraît-il, aucune colique. On a essayé d'administrer la Cayaponine en injections sous-cutanées, sans produire d'autres résultats qu'une violente et très douloureuse irritation locale, pouvant aller jusqu'au phlegmon, mais sans le moindre effet purgatif. Ce médicament, encore inusité chez nous, rentre donc dans le groupe des drastiques ordinaires.
CAYBATÉ ou plutôt CAÂI BÂTÉ (Bataille de). Livrée le 10 févr. 1756 entre les armées alliées du Brésil et de l'Espagne, commandées par les généraux Andonaegui et Freire d'Andrada (comte de Bobadella), et les Guaranys des missions de l'Uruguay que les jésuites avaient poussés à la révolte, à la suite du traité de délimitation entre les possessions espagnoles et portugaises de l'Amérique signé en 1750 parles gouvernements de Madrid et de Lisbonne. Les Indiens, que dirigeait Nicolas Neenguirti, furent complètement battus. Us ont planté une grande croix avec inscription guarany sur le champ de bataille, qui se trouve dans la partie centrale du Rio Grande do Sul, au N. de Sam Gabriel, entre les collines de Caaibaté faujourd'hui Coxilha do Pao Fincado) et un marécage, que le jésuite Henis appelle le Yacaré-Pitû (sources du Cacequy). B.-B.
CAYCHÂX. Corn, du dép. de l'Ariège, arr. de Foix, cant. des Cabannes ; 163 hab.
CAY EN NE. Ville capitale de la Guyane française, Amérique du Sud, située dans l'île et à l'embouchure du fleuve du même nom, sur l'Atlantique, 4» 56^ lat. N. et 54^ 59^ long. 0. du méridien de Paris. Cayenne, résidence du gouvernement de la colonie, est le siège des tribunaux et des grandes administrations. Elle se partage en vieille ville et ville neuve. La première n'avait en 1675 qu'un millier d'habitants. La ville neuve a été créée en 1777 par l'intendant Malouet. Sa population en 1883 ne dépassait pas 8,455 hab., dont 7,490 indigènes, 305 Français, dont 242 fonctionnaires, 142 Anglais, 230 Chinois, le reste Américains, Brésiliens et Hollandais. Cayenne, en tant que ville, ne date guère que de 1674.
En 1715, la ville commença à se peupler. Les jésuites y attirèrent plus de 16.000 hab., dont 5,000 esclaves noirs, 2,000 mulâtres et 1,200 blancs. En 1759, on comptait encore près de 2,000 colons et 2,000 noirs. En 1848, la loi relative à l'émancipation des esclaves porta à Cayenne un coup dont ni l'immigration africaine d'ailleurs supprimée en 1859, ni l'immigration indienne n'ont pu la relever entièrement. En 1852, l'empereur Napoléon III tenta de la relever au moyen de la colonisation pénale, mais cette tentative n'aboutit qu'à de tristes résultats. Sur 23,659 déportés en Guyane, près de 12,000 moururent de maladie.
Le port de Cayenne, commode et relativement sain, mais peu profond par suite des atterrissements, ne peut recevoir que des navires de faible tonnage. En 1874,1e mouvement maritime comprenait à l'entrée et à la sortie 154 navires portant 46,000 tonnes, dont 102 français avec 26,000 tonnes. Le total des importations varie entre 7 et 8 millions, l'exportation entre 4 et 5 millions, dont la plus grande partie en or natif. Cayenne exporte, en outre, des bois d'ébénisterie, du sucre brut, cacao, tafia, peaux, etc. La température moyenne est de 29 à 30<> centigr. Climat humide. La saison des pluies dure de mars à juin, et la saison sèche de juillet à novembre. C. de Varigny.
CAY ES. Terme général employé pour désigner les îlots rocheux qui se trouvent en grand nombre particulièrement le long des côtes de Floride, dans le groupe des Bahama, autour des Grandes Antilles, sur les côtes du Honduras et du Yucatan, et dans les îles Sous-le-Vent.
CAY ES (Les) (Sénégal). Poste français dans le Kasso, riv. g. du Sénégal, à 12 kil. en aval de Médine ; terme de la navigat. du fleuve pendant les hautes eaux ; tête de ligne du chem. de fer commencé en 1881 vers le Niger.
CAY ET (Pierre-Victor-Palma), historien et controversiste français, né L Montrichard (Loir-et-Cher) en 1545, mort à Paris le 8 mars 1610. D'abord protestant et même ministre, il se convertit au catholicisme et prit part aux . controverses que suscitèrent les luttes religieuses. 11 a laissé, entre autres ouvrages, l'histoire des guerres civiles de 1589 à 1604, dans deux séries: la Chronologie septennaire ou Histoire de la Paix depuis 1589 jusqu'en 1604, publié à Paris de 1605 à 1612, et la Chronologie novennaire depuis 1589 jusqu'à la paix de Vervins en 1598, publiée à Paris, en 1608. C'est une bonne source à consulter pour l'histoire d'Henri IV.
CAYEUX-en-Santerre. Com. du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant. de Moreuil; 200 hab.
CAYEUX-sur-Mer {Caiotum, Gaiacum), Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Saint-Valery-sur-Somme, sur une plage do galets; 3,285 hab. Phare, bains de mer, pêche. Ancien prieuré de l'ordre de
Eglise de Cayeux-sur-Mer.
Saint-Benoît. Eglise à trois nefs, voûtée en bois, avec poinçons et entraits apparents, du xvi® siècle (style gothique flamboyant). Dans le chœur, belles boiseries sculptées du xviii« siècle. Motte féodale. Au lieu dit Watihurt, tombelle. G. Durand.
BiBL. : Praro.nd, Histoire de cinq villes et de trois
GAYEUX - CAYLEY
cents villages ; Abbeville, 1861-1868, 6 vol. in-12, t. III, pp. 337 à 377.
CAYLA (Pierre), homme politique français, né vers le milieu du xyiii® siècle, à Figeac (Lot), mort à Cahors en 1796. Avant la Révolution, il était avocat au parlement de Toulouse. Elu membre de la Convention, il fit partie du groupe de la Montagne. 11 vota la mort de Louis XVI, et fut ensuite nommé président du tribunal de Cahors.
CAYLA (Zoé Talon, comtesse du), favorite de Louis XVllI, née en 1784, morte en 1850. Fille d'un avocat général au Châtelet, qui eut à instruire en 1790 le procès du marquis de Favras et qui gagna peut-être dès lors par sa discrétion la bienveillance du comte de Provence (plus tard roi sous le nom de Louis XVIII) ; elle reçut dans la maison d'éducation de M""® Campan une instruction distinguée et, sous l'Empire, mit à profit ses relations pour servir, dans la mesure de ses forces, la cause de la royauté. Son père, agent secret du prétendant, ayant été emprisonné, elle finit, à force de démarches, par le faire remettre en liberté. Le souvenir de ses services et son mariage avec le comte du Cayla lui valurent d'être admise à la cour, après la restauration des Bourbons. Là, grâce à son éclatante beauté, non moins qu'au charme de son esprit, elle sut inspirer à Louis XVItf une passion sénile qui ne fit que grandir avec les années. Presque chaque jour, surtout à la fin du règne, la Comtesse avait avec le vieux roi de longs tête-à-tête, dont l'intimité, au dire de ses défenseurs, restait purement platonique. Quoi qu'il en soit, M°^« du Cayla exerçait sur Louis XVIII un ascendant presque irrésistible, s'en servait pour favoriser la politique de la Congrégation et des ultras et aussi pour trafiquer des faveurs dont elle disposait à son gré. Elle reçut de son vieil amant des dons immenses et notamment le château de Saint-Ouen où, délaissée après la mort de ce prince (et séparée de son mari par sentence judiciaire), elle finit par se confiner. Elle passa les dernières années de sa vie dans la retraite, s'occupant principalement d'essais et d'améliorations agricoles. A. Debidour.
CAYLA (Jean-Mamert), publiciste français, né au Vigan (Gard) en 1812, mort à Paris le 2 mars 1877. Après avoir terminé ses études au collège de Cahors, il travailla de 1837 à 1843 à V Emancipation de Toulouse, fonda la Mosaïque du Midi et devint, à Paris, le collaborateur de V Esprit public, de la Réforme, du Siècle^ etc. J.»M. Cayla avait entrepris deux publications locales : Histoire de Toulouse (1839) et Toulouse monumentale et pittoresque ; la première est restée inachevée. Il avait réédité, avec une étude sur les dialectes méridionaux, les OEuvres complètes de Pierre Gudelin (1843, in-8). Outre diverses publications de circonstance, telles qu'une Histoire des capitales, Constantinople ancienne et moderne (1855, gr. in-8) ; Histoire des vaisseaux, [la Belle Poule, la Sémillante, le Vengeur, le Henri l F] (1855, gr. in-8), il avait commencé une Histoire de la caricature politique sous la Révolution (1850), dont il n'a paru que cinq feuilles ; une Histoire des arts et mé' tiers et des corporations ouvrières de la ville de Paris depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (1853, in-8) et un répertoire biographique de Célébrités contemporaines (1855, 1. 1). H prit part aux polémiques religieuses qui suivirent la guerre d'Italie (1859), par une série de brochures à titres provocants : Pape et Empereur (1860); la France sans le Pape (1861); les Prêtres à mm^r (1861) ; Plus de couvents (1861) ; Si fêtais pape (iS6i); la Conspiration cléricale (1862); Plus de pape-roi (1862) ; Pape et Pologne (1862) ; Ces bons Messieurs de Saint-Vincent-de-Paul (1863, in-12 ; 2« éd., augm., 1864) ; le Diable, sa grandeur et sa décadence (1864, in-12); le Milliard des Couvents (1865, in-8) ; les Jésuites hors la loi (1869, in-12) ; Guerre aux couvents (iSlO, in-12); l'Expulsion des Jésuites (iSl 6, in-12). M. Tx.
CAYLANIE(V. Câilânie).
CAYLAR (Le) {Castlarium, Cayslarium). Ch-1. de cant. du dép. de l'Hérault, arr. de Lodève ; 714 bab. Cette partie du pagus Lutevensis s'appelait anciennement aicis Alagone, en dialecte du pays Alajou, et le Caylar s'est longtemps dit le Caylar d]Alajou. Il était habité dès l'époque préhistorique ; le territoire de la commune renferme trois menhirs. Situé sur le versant méridional du vaste plateau de Larzac, le lieu du Caylar est traversé par l'ancienne voie romaine de Lutem à Segodunum (Rodez). Le nom de cette localité est cité dès 1098 dans le cartulaire deGellone; elle fut possédée plus tard par les évêques de Lodève, qui y élevèrent un beau château dont on voit encore les débris. Au moyen âge, le Caylar avait une certaine importance (foires créées dès 1281), qu'il a perdue depuis. Il faisait partie du diocèse de Lodève, et ressortissait au sénéchal de Béziers. Auprès du Caylar, le Roc de Servières (833 m.), curieux amas de rochers dolomitiques. . A. Molinier>
CAYLAR. Famille du Languedoc à laquelle appartenait le maréchal de Thoiras (V. ce nom) ; le P. Anselme en a dressé la généalogie, mais il parait avoir confondu deux familles différentes, l'une des diocèses de Lodève et de Béziers, l'autre de celui de Nîmes. La première, qui paraît à la fin du xm® siècle, devait tirer son nom du lieu de Caylar au diocèse de Lodève ; alliée aux meilleures maisons du pays, elle possédait les seigneuries de Roujan, Espondeillan et Pouzols. En 1668, elle obtint du commissaire chargé de vérifier les titres de noblesse d'être rattachée à la famille de Caylar du diocèse de Nîmes, et prit dès lors le nom patronymique de Bermond, comme descendant des Bermond de Sauve. L'une des branches de cette famille, celle des barons de Puisserguier, a produit Guillaume du Caylar, chef protestant, qui servit sous Crussol et le cardinal de Châtillon, combattit à Jarnac, et devint maréchal de camp de Damville, puis gouverneur de Béziers (1582); cette dernière charge resta longtemps dans la famille. Ce Guillaume était seigneur de Puisserguier, Cazillac, Cébazan et Pexiora. — La famille, au xvii® siècle, voulut se rattacher aux Bermond de Caylar, seigneurs de Thoiras, de Restinclières, de Saint-Bonnet et de Saint-Jean de Gardonnenque, issus des seigneurs de Sommières ; la branche de Saint-Bonnet a produit le maréchal de Thoiras.