‹ La Grande encyclopédieChapitre 348 sur 397 · C. KOHLER · texte numérisé non relu

C. KOHLER

CECI LIA. Nom de trois princesses suédoises : 1^ Ceci' lia, fille de Blot-Sven (xi® siècle), mariée à Jedvard, riche propriétaire et mère de Saint Erik, morte en 1160. — 2^ Cecilia Mânsdotter, fille de Magnus Carlsson d'Eka et de Sigrid Eskilsdotter (Banér), fut mariée à l'âge de dixneuf ans avec le riksrâd Erik Johansson (Vasa) de Rydboholm, à qui elle donna cinq enfants, entre autres Gustaf P' Vasa. Après le massacre de Stockhohn (1520), où périrent son mari et son gendre, elle fut emmenée à Copenhague où elle mourut dans une dure captivité. — 3° Cecilia, troisième fille de Gustaf Vasa et de Margareta Lejonhufvud, née à Stockholm le 6 nov. 1540, morte à Bruxelles en 1627, fameuse par sa beauté et ses débordements. Quoique le comte Jean d'Ostfrise eût été surpris dans sa chambre à Vadstena (1559), et que le scandale fût devenu européen, elle fut recherchée par Ivan IV le Terrible qu'elle refusa, et elle épousa en 1564le margrave Christophe de Baden-Rodemacher, mort en 1575, à qui elle ne fut pas fidèle. Elle se convertit au catholicisme sans s'amender, tomba dans la misère et s'aviHt au dernier point. B-s.

CECILIE. Considérées d'abord comme Serpents par Linné, puis comme animaux intermédiaires entre les Serpents et les Vers, par J. Hermann, les Cecilies ont été étudiées par de Blainville à (pi l'on doit d'avoir assigné leur véritable place dans la série zoologique. Le mot Cecilie, tel qu'il est envisagé aujourd'hui, n'est que le synonyme d'un ordre de Batraciens, les Apodes ou Gymnophiones (V. ce mot) ; en traitant de cet ordre, nous examinerons les caractères anatomiques remarquables sur lesquels repose sa création; aujourd'hui, nous devons nous borner à l'étude du genre type Cecihe (Cœcilia) adopté par Dumeril et Bibron et qui, avec les genres Urœolyptus, Hypogeophis, Typhlonectes, Epicrium, Siphonops^ comprend les anciennes Cecilies, c.-à-d., nous le répétons, l'ordre des Apodes Gymnophiones.

Le genre Cecilie proprement dit renferme des animaux vermiformes à tête cylindrique et à museau saillant, les dents sont fortes, courtes, coniques ; la langue, épaisse, entière et arrondie en avant, porte des papilles lui donnant une apparence veloutée ; presque toujours, dit Sauvage, on voit deux petites élévations hémisphériques qui, lorsque la bouche est fermée, se trouvent logées dans les orifices internes des narines qu'elles doivent, sans doute, fermer très hermétiquement ; les yeux sont tantôt distincts, tantôt cachés sous la peau ; une petite fossette se montre en dessous de chaque narine.

Le genre Cecilie proprement dit compte environ six formes essentiellement américaines ; la plus commo est le

Cecilia lumbricoidea I)aud.

Cœcilia lumbricoïdeaJ)2i\id. Son corps, cylindrique, atteint parfois la longueur de 75 cent, et ne dépasse pas en épaisseur le diamètre d une petite plume d'oie. La tête est large, le museau, arrondi, est très proéminent, les yeux sont fai-

CECILIE — CÉCROPIE

bîement visibles, la peau, marquée de nombreux plis circulaires, est uniformément d'un brun olivâtre. Il est à remarquer que les plis de la peau n'entourent pas entièrement le corps, d'où il suit que la région ventrale offre un aspect lisse. Cet animal, propre aux Guyanes, vit habituellement sous la terre qu'il peut fouir avec une rapidité étonnante, vu la faiblesse de sa taille. Son mode de progression et de fouissement peut être comparé à celui des î^ombrics. Plusieurs auteurs affirment que cette Cecilie n'est pas rare dans les fourmilières et que les Fourmis la supportent sans l'inquiéter. Se nourrissant d'insectes, il est probable qu'elle trouve dans ces stations un aliment dont elle peut disposer à son gré. D'aucuns affirment que son tube digestif contient surtout de l'humus et du sable. Rochbr.

BiBL. : Sauvage, Reptiles, dans Brehm, éd. franc. — DuMÉRiL et BiBRON, Erpét gén. — De Blainville, C. r. Acad. scierwes, 1829.

CECI LIEN, évêque de Carthage (V. Donat et Donatisme).

CECILIOIDE (Malac). Expression employée par de Blainville {Diction, scien, nat.^ t. VU, p. 332) en 4837, pour désigner des Mollusques aveugles de l'ordre des Pulmonés Géophiles, les Hélix acicula et octona de Linné. La création de ce mot appartiendrait, d'après cet auteur, à Ferussac ; mais on ne trouve cette expression dans aucun des ouvrages publiés par les deux Ferussac ; de Blainville a négligé d'mdiquer les caractères distinctifs de ce prétendu genre, lequel par conséquent ne saurait être employé ; les espèces ci -dessus citées appartiennent, la première au genre Cœcilianella, la deuxième au genre Stenogyra (V. ces mots). J. Mâbille.

CECILIUS (V. C^ciLius).

CÉCILLE (Archipel). Archipel du groupe des îles Liou- Khiou (V. ce nom). Il est situé au N. de celles-ci et au S. de l'île Yakouno-Sima, dont le sépare le détroit de Colnet. Il s'étend entre 29<* et 30^ lat. N., et a été étudié et décrit en 4845 par l'amiral français Cécille. Il comprend huit îles et plusieurs îlots : les principales îles, Nakasima ou Pacifique, et Souvasima ou Archimède, n'ont pas deux lieues de long.

BiBL. : Ann. des Voyages, déc. 1846.

CÉCILLE ( Jean-Baptiste-Thomas-Médée) , vice-amiral français, né à Rouen le 46 oct. 4787, mort en 4873. Entré dans la marine en 4804, comme aspirant, contreamiral en 4844, vice-amiral en 4847, député de la Seine- Inférieure à l'Assemblée constituante et à l'Assemblée législative oti il soutint le prince-président; ambassadeur à Londres en 4849, sénateur en 4853.

CECINA(V. C^cina).

CÉCITÉ. La cécité n'est point une maladie ; elle résulte, de même que l'amaurose, d'une foule d'affections qui entraînent la perte de la faculté visuelle. Cécité et amaurose ont une signification analogue. L'un des termes est plus étendu, l'autre plus restreint ; l'une de ces dénominations est générale, l'autre particulière. Tandis que celle d'amaurose ne relève comme symptôme terminal que des maladies des membranes profondes de l'œil et du nerf optique, la dénomination de cécité s'applique indifféremment à la perte de la vision, d'où qu'elle vienne.

Elle est donc l'abolition complète ou l'absence non définitive de la vue, et elle a pour causes ordinaires, soit une action exercée sur les organes générateurs de la vision, rétine, nerf optique et cerveau, soit une action secondaire portant sur d'autres organes accessoires. En d'autres termes, les lésions rétineuses, cérébrales ou optiques, peuvent avoir pour résultat de supprimer d'emblée et d'une façon irrémédiable la faculté visuelle, tandis que cette dernière peut n'être que momentanément entravée par d'autres lésions d'à-côté qui n'atteignent pas l'essence même de la fonction. Dans le premier cas, la sensibilité aux impressions lumineuses est détruite sur place ; dans le second cas, les rayons lumineux sont arrêtés au passage et ne peuvent ainsi arriver jusqu'à la rétine. Elles sont innombrables, les maladies qui portent obstacle à la marche de

ces rayons à travers les milieux de l'œil, et il faudrait faire la revision de toute la pathologie oculaire. Que la cornée soit couverte, particulièrement à son centre, de cicatrices (V. Leucomes), (jui la rendent imperméable à la lumière; que la pupille soit le siège de dépôts inflammatoires ; que l'iris soit adhérent par une fraction ou la totalité de ses bords à la cristalloïde (synéchies) ; que le cristallin lui-même devienne le siège de quelques opacités plus ou moins centrales ou soit envahi par une cataracte, etc., voilà autant de conditions qui entravent nécessairement la marche des rayons lumineux, et sont capables, chacune isolément, de produire une cécité complète que Fintervention chirurgicale seule peut faire disparaître.

La cécité ne relève pas toujours de lésions tangibles et bien définies, comme l'atrophie des nerfs optiques, l'hémorragie ou le décollement de la rétine, les épanchements dans le corps vitré, les compressions des enveloppes (glaucome), et toutes les autres affections localisées dans le segment antérieur de l'œil ; elle dépend aussi de l'épuisé ment et des troubles nerveux. Il n'est pas d'ophtalmologiste qui, dans le cours de sa pratique, n'ait observé quelques-unes de ces cécités bizarres, tout à fait inexplicables, si on ne les avait rencontrées chez des femmes notoirement hystériques, ou à la suite d'accidents de grossesse. La vue s'éteint complètement, sans altération. Ce phénomène de cécité dure un temps, quelques jours ou plusieurs semaines, et il disparaît tout à coup, parfois sans qu'il se soit produit le moindre changement dans la santé. On doit considérer cet état comme une pure névrose due à une sidération du système cérébro-spinal. C'est assurément dans cette catégorie que l'on doit ranger les cas de cécité diurne et de cécité nocturne qui ont été décrits par les explorateurs et nombre de médecins militaires. L'une et l'autre se présentent généralement sous la forme épidémique et affectent un nombre considérable d'hommes. Les privations, le régime, la mauvaise qualité des eaux, et le rayonnement solaire (car c'est particuMèrement dans les pays chauds qu'elles se déclarent), paraissent avoir une influence prépondérante. On n'observe pas, si ce n'est isolément, ces troubles de la vision dans nos climats. — La cécité diurne coïncide d'ordinaire avec le myosis ou la mydriase. Il ne pénètre pas une assez grande quantité de rayons lumineux dans l'œil, ou il en pénètre en excès. 11 y a inertie de la rétine par insuffisance ou par éblouissement. — La cécité nocturne s'explique moins. Elle atteint surtout les individus affaiblis par de longues maladies ou des souffrances de l'estomac, et paraît dépendre d'une nutrition incomplète. La lumière ne se fera sur ce point qu'autant que des observations nouvelles pourront être laites avec les procédés d'investigation qui n'existaient pas autrefois. D^ Ad. Piéchaud.

BiBL. : Mackenzie, Traité des maladies des yeux.

CÉCITÉ verbale (V. Aphasie).

CECLAVIN. Ville d'Espagne, prov. de Câceres, distr. d'Alcantara ; 4,744 hab. Dans une région riche en vins de diverses espèces ; les érudits espagnols voient même dans Ceclavin une corruption d'un nom ancien de la localité, qui aurait été Cella vinù Eaux sulfureuses.

CÉCROPIE (C^croj?taLœfl.). Genre de plantes de la famille des Ulmacées et du groupe des Artocarpées, composé d'arbres lactescents, à feuilles alternes, palmatilobées, à fleurs dioïques disposées en épis denses enveloppés d'une bractée en forme de spathe. Les fleurs mâles ont un périgone tubuleux, percé au sommet de deux pores par chacun desquels sort une étamine à anthères biloculaires. Les femelles ont un périgone campanule, au centre duquel est un ovaire tétragone qui devient à la maturité un achaine monosperme. — Les Cecropia habitent les régions tropicales de l'Amérique. L'espèce type, C, peltata L., croît notamment à la Jamaïque, à Saint-Domingue, et la Guyane. C'est YAmbaiba de Marcgraff {Brasil, liv. lïï, ch. i^^) et de Pison (Brasil, IV, ch. xxii). On l'appelle vulgairement Gnarumo, Cmlequin, Bois-Canon, Bois-Trompette,

CECROPIE — CEDERBORGH

Figuier de Surinam, Son bois, tendre et poreux, est employé à divers usages ; les nègres s'en servent en guise d'amadou. Son écorce, qui rappelle celle du Figuier, est douée de propriétés astringentes. Le suc aqueux, qui découle par incision du tronc et des branches, noircit à l'air et tache fortement le linge. Les naturels l'emploient fréquemment comme vulnéraire. Ed. Lef.

CECROPIS (Ornith.). Ce genre, établi par Boie (Isis, 4826, p. 974) pour l'Hirondelle à tète rousse du cap de Bonne-Espérance figurée par Daubenton (PL enl,^ 723, fig. 2) et pour quelques espèces voisines (Hirundo senegalensisL,^ H, puella Tem., etc.), est réuni maintenant au groupe des Hirondelles proprement dites, au genre Hirundo de Linné (V. Hirondelle). E. Oustalet.

CÉCROPS. L Mythologie. — Héros de race pélasgique dont le nom se rencontre en divers lieux de la Grèce, en Béotie sur les bords du lac Copaïs, et en Eubée, comme celui d'un ancêtre et d'un fondateur divin. Le Cécrops le plus connu de la fable est celui auquel les Athéniens rapportaient l'origine de leur ville, bâtie par lui sur l'Acropole et nommée Cecropia, d'où le patronymique Cecropides qui chez les poètes désigne les Athéniens primitifs. H était considéré comme un autochtone, et représenté à ce titre avec un corps d'homme terminé en serpent. Son nom a été

Cécrops (musée de Berlin), bas-relief athénien.

expliqué de diverses manières, tantôt en le rattachant à xapTco'c (fruit) et à xpaS;riov (faucille), tantôt en le mettant en rapport avec x£p/o5;uy) qui désigne une espèce de sauterelle analogue à la cigale ; or, on sait que la cigale était l'emblème des anciens Athéniens. La légende lui donne pour épouse Agraule, la fille d'Actaeus, et pour enfants Erysichthon, Agraule^ Hersé et Pandrosos (V. Agraule, et ces divers noms), dont les noms expriment tous des phénomènes célestes en rapport avec l'agriculture ou l'œuvre du labourage (Erysichthon, celui qui ouvre la terre). Après avoir fondé la ville de l'Acropole, Cécrops partagea la région environnante en douze districts; il fonda les cultes de Zens et d'Athéna ; lors de la contestation entre cette déesse et Poséidon, il remplit le rôle d'arbitre, et se déclara pour l'olivier, symbole de la paix et de la civilisation. Son rôle de civilisateur, qui fait de lui comme le prototype de Thésée, se manifeste par d'autres traits encore ; c'est lui qui abolit les sacrifices sanglants et leur substitue des offrandes végétales; l'histoire fabuleuse de Rome transportera ce fait au roi Numa. L'école symbolique s'est emparée d'une tradition relativement récente pour faire de Cécrops un Egyptien venu de Sais dans l'Attique, où il aurait apporté le culte de Neith qui devient Athéna, et de Phlha, qui se change en Héphaïstos. Cette opiniçn est aujourd'hui abandonnée. La figure du héros autochtone dont le corps est terminé en serpent, a été souvent exploitée par les architectes athéniens ; ils l'ont employée notamment à soutenir des entablements, à la façon des cariatides ou des colonnes. Cécrops et ses

enfants figuraient en groupe sur le fronton ouest du Parthénon, qui représentait la lutte de Poséidon et d'Athéna (V. Athènes, Athéna). J.-A. Hild.

n. Zoologie. — Le genre Cécrops, fondé par Leach, se range parmi les Crustacés-Copépodes de la division des Siphonostomes, qui ne renferme que des espèces parasites dont la bouche est organisée pour sucer et pour piquer, ce qu'indique assez bien son nom ; il rentre dans la famille des Caligides et ne comprend qu'une espèce authentique, le C. Latreilei Leach, qui vit sur les branchies du Thon. La femelle atteint un pouce de longueur, le mâle est au moins d'un tiers plus petit et se trouve toujours accroché sous la partie postérieure du corps de la femelle. Le corps du Cécrops est ovale, déprimé, recouvert d'appendices écailleux qui rappellent des élytres et protègent l'abdomen. On voit aussi chez la femelle deux grandes plaques coriaces sous l'abdomen, qu'elles dépassent et qui servent à protéger les œufs. Les antennes de ces animaux sont courtes et formées de deux articles, le bec est inséré derrière les pattes antérieures, les ongles des pieds sont robustes, pour permettre à l'animal de se fixer sohdement sur sa proie. Le genre Cécrops est très voisin du genre Lœmargus Kr. qui s'en distingue principalement par la structure foliacée des pattes ; Atlantique, Méditerranée. R. Moniez.

CEDAN6. Tribu de l'Indo-Chine (V. Sedang).

CÉDAR ou QÉDAR, CÉDARÉNIENS. Peuplade nomade de l'Arabie, qui s'est trouvée en relation avec les Hébreux et qui nous est connue par la mention qu'en font à plusieurs reprises les écrivains bibliques, notamment Isaïe, Jérémie, EzéchieL On ne saurait désigner la région qu'ils fréquentaient de préférence.

CEDAR (Monts). Chaîne située à l'O. de la col. du Cap, courant au 46^ 20' de long. E., entre les 32^* et 33o de lat. S., sur les limites des districts de ClanwiUiam et de Tulbagh, parallèlement à la chaîne occidentale des Olifant Berge, dont elle est séparée par la vallée étroite de l'Olifant ; à l'E., elle domine la vallée du Doorn ; elle se rejoint à la chaîne parallèle, au N. à ClanwiUiam, au S. au Winterhoek, vers Tulbagh; au S.-E., elle est bornée parles deux Bokkeveld, froid (Koud) et chaud (Warm). Sa cime culminante est, au N., le Sneewkop ou « Pic des Neiges » (d ,960 m.) ; dans ses vallées élevées, on cultive le blé et le tabac (ce dernier est cultivé aussi et en plus grande quantité dans la vallée de l'autre Ohfant, affluent du Gauritz). Le nom de Cedar-Mountains vient d'une sorte de cèdres qui couvraient leurs pentes, et qui atteignaient à la base du tronc plus de 40 m. de circonférence. — Bataille livrée le 9 août 4862 par le général confédéré Jackson au général fédéré Banks à Cedar-Mountain, près Culpepper-Court- House. C. Del.

CEDAR-Falls. Ville des Etats-Unis, Etat de lowa; 3,000 hab. (en 4880). Marché important.

CEDAR-Keys. Bourg des Etats-Unis, Etat de Floride, sur le golfe du Mexique, point de terminaison du chem. de fer de Floride.

CEDAR-Rapids. Ville des Etats-Unis, Etat de lowa, sur le Cedar Creek, à 428 kil. O.-S.-O. de Dubuque; d 0,000 hab. Manufactures utilisant la force motrice des « rapids » du Cedar. Point de jonction de plusieurs lignes de chemins de fer. La population s'accroît rapidement.

CÉDAI (Métalh) (V. Fer).

CEDEDA ou SEDADA. Petite oasis du Beled-el-Djerid (Tunisie méridionale), au N. du Chott Djerid et de Tozer, n'a guère qu'une centaine de maisons et une vingtaine de mille palmiers.

CEDERBORGH (Fredrik), écrivain suédois, né le 47 juin 4784 à Stjernfors, mort à Dalkarlshyttan le 47 janv. 4835. Entré au ministère de l'intérieur (4803) où il devint secrétaire rapporteur (1840), il fut ensuite imprimeur à Stockholm et éditeur des journaux le Collée- Honneur (4814-45) et V Annotateur (4846-23), enfin maître de forges (4823). H fut le premier Suédois qui écrivit des romans comiques : Vno von Trasenberg (4809-

CEDERBORGH - CEDERSTROEM

1810); Ottar Trœlling (1810); et le Comte Jean-Jacques Pancrace de ciel et, terre (1818), pleins de jovialité et bien des fois réimprimés jusqu'en 1856 et 1864. Il conte gaîment, peint avec fidélité les menus détails et les situations les plus communes, mais il a peu d'invention, ne creuse pas les caractère, et ne se distingue ni par le style ni dans la composition ; il a aussi publié de vifs pamphlets sur C. A. Grewesmœhlen, une faixe et un drame sans valeur et d'autres petits écrits. Il donna un recueil de ses œuvres {Passe-temps de jeunesse, 1834) dont il a paru un choix en 1856. B-s.

CEDERGREN (Per-Vilhclm), peintre de marine suédois, né à Stockholm le 17 nov. 1823. Inspecteur des constructions navales (1872), il possède les connaissances techniques requises pour peindre des navires avec exactitude. On cite parmi ses tableaux : Vaisseaux de guerre suédois après une bataille (1861); Navire au clair de la lune ; Matinée d'hiver dans les récifs, B-s.

CEDERHJELM. Noble famille suédoise issue d'un paysan danois, Johan Olofsson, qui passa en Suède (1615) comme intendant de Clas Bjelke de Vik, et qui devint bourgmestre de Norrtelje, puis de Sala, où il mourut en 1657 après avoir été député à treize diètes. L'un de ses fils, Johan, fut anobli sous le nom de Gyllenpalm, formé de celui de sa mère Elisabeth Palma; l'autre, Germund, né à Sala en 1635, mort en 1719, fut anobli en 1686 sous le nom de Cederhjelm et baronnisé en 1718. Il fut bourgmestre de Halmstad (1665), bailli de Vestergœtland (1690), gouverneur du laen de Skaraborg (1712). Parmi les descendants de ce dernier, on remarque : 10 son fils Germund Cederhjehn, né en 1661, mort à Charlottenborg en 1741. Il fut baiUi de Nerike (1704) et d'CEstergœtland (1711); gouverneur du laen de Skaraborg et du Sœdermanland (1716); et président de la cour de Gœta (1721). De 1706 à 1716, il fut précepteur du duc Charles-Frédéric de Holstein, neveu de Charles XII. Renommé pour sa justice, son expérience et son activité, il présida plusieurs commissions et réussit à terminer un procès de limite entre provinces qui durait depuis deux siècles. Il laissa en manuscrit des poésies religieuses, philosophiques, bachiques et erotiques, qui ont été pubhées dans Samlade Vitterhetsarbeten af svenska fœrfattare par P. Hanselli (t. XI, part. Il, pp. 61-128, Upsala, 1869, in-8); — 2« son fils, Carl- Gw^^a/* Cederhjelm, né à Sseby en 1694, mort à Paris en 1744. Chambellan du duc Charles-Frédéric de Holstein, prétendant au trône de Suède, il fut nommé par celui-ci ministre à la cour de France ; ses prodigalités le ruinèrent, et ses créanciers le firent enfermer pour le reste de ses jours au Châtelet (1725), où il continua de vivre sur un grand pied, entretenant une vaste correspondance, dépensant annuellement quatre mille livres rien qu'en frais de poste, consulté par les hommes d'Etat comme un oracle. Pour se distraire il écrivit des épigrammes mordantes (comme celle-ci : Après Charles XII Frédéric P'. De midi l'aiguille passe à un) ; imita du français le Code de l'Amour (Paris, 1740 ; 2^ édit., 1759), auquel il ajouta une dédicace aux Suédoises qui est originale et bien tournée ; enfin il échangea des lettres en vers avec Dalin sur les Devoirs envers Dieu et le prochain d'a])rès les prescriptions de la loi naturelle. Ses poésies sont reproduites dans la 2® part, du t. XI deHanselM, pp. 131- 172; — 3** un arrière -petit-fils du n° 1, Germund- Ludvig Cederhjelm, né à Jœnkœping le 8 avr.1755, mort le 8 févr. 1841 ; il servit dans la garde de Gustave lïl, puis dans l'armée française à partir de 1778, refusa les fonctions de ministre de Suède à Paris (1809), devint premier gentilhomme de la chambre (1811), gouverneur du prince Oscar (1842-15), un des seigneurs du royaume (1814), comte (1822). Etant le dernier de sa race il fit des fondations de bienfaisance et légua ses manuscrits à l'université d' Upsala; ~ 4° le frère du n" 1, Josias Cederhjelm, né le 4 mai 1673, mort à Lindholm (Upland)

le 3 sept. 1729 ; il entra à la chancellerie (1700), suivit Charles XII, fut chargé de plusieurs missions cfiplomatiques, tomba entre les mains des Russes à Poltava (1709) et fut relégué en Sibérie. Peu après son retour, nommé secrétaire d'Etat pour les affaires étrangères (1722), puis riksrâd (1723), il devint l'un des chefs du parti holsteinois, qui l'envoya en ambassade à Saint- Pétersbourg (1725-26). Sa politique russophile fut attaquée à la diète (1727), et il dut résigner son siège au riksrâd. Ses épreuves l'avaient porté vers le piétisme, qui se reflétait dans ses éloquents discours et ses rapports bien écrits, mais prolixes. Il laissa des notes sur les négociations de la paix d'Alt-Ranstgedt, et sa lettre à Charles XU (de Riga, 20 août 1709) a été plusieurs fois publiée, notamment en français dans Mémoires sur la littérature du Nord, part. III, et Journal encyclopédique, 1760, t. IV, part. I; — 5^ son fils, Carl-Vilhelm Cederhjelm, né en 1705, mort à Stockhlom en 1769; il fut chambellan, mais vécut surtout dans ses domaines, occupé d'économie rurale et de littérature. Il pubha un mémoire Sur les sauvageons en Suède et une traduction en vers de Brutus, tragédie de Voltaire (Stockholm, 1739, in-4 ; réimprimée dans le t. XI, part. II du Recueil de Hanselli) ; — 6'» son û\s,Josias-Carl Cederhjelm (1734-1795), grand propriétaire, versé dans l'économie poHtique sur laquelle il écrivit des brochures, notamment Pensées sur la disette et la cherté (1757); doué d'une éloquence vive et mordante, il joua un rôle actif à la diète, d'abord comme membre du parti des Bonnets, ensuite de celui des Chapeaux. En 1779-80, il pubha un journal d'opposition : Venté et Amusement. N'ayant pas de fils, il constitua le fidéi-commis de Segersjœ en faveur de son petit-fils, qui prit le nom de Montgomery-Cederhjelm. B-s.

CEDERSCHIŒLD. Fajnille suédoise quiremonteà Elias Gavelius, bourgmestre de justice à Gefle, dont le fils Per (1625-1697), professeur de droit à Upsala (1655), inspecteur général des fiscaux (1655-4675), assesseur à la cour de Gœta (1675-1697), et auteur de plusieurs dissertations juridiques, fut anobli en 1687 sous le nom de Céder schiœld. De lui sont issus : 1<* à la quatrième génération, Fredrik-Johan Cederschiœld (1774-1846), professeur de philosophie à l'université de Lund (1808-1841), qui publia vingt-deux dissertations et quatre traités de Morale rationnelle (1821-1831) ; —2<> le frère decedernier, Per-Gustaf Cederschiœld, né à Lidboholm le 4 sept. 1782, mort à Stockholm le 12 fév. 1848. Après avoir été médecin militaire (1808), et prosecteur à Lund (1811), il s'étabht à Stockholm (1817), devint professeur d'obstétrique à l'institut KaroHn, et directeur de la Maternité générale (1822). Outre plusieurs mémoires de médecine, il publia un Manuel pour les sages- femmes (1 822, 7^ édit. , 1868); Manuel d'obstétrique instrumentale (1830, 5^ édit., 1870). Comme membre libéral de l'ordre équestre, il jouit d'une grande influence dans les diètes, écrivit sur la constitution et pubha: Manuel des députés (1822, 3« édit., 1839); la Diète de Stockholm en i7i9 (1826, 2 vol.), ainsi que d'autres ouvrages et brochures politiques ; — 30 le fils de celui-ci, Fredrik-August Cederschiœld (1813-1883), adjoint en obstétrique à l'institut Karolin (1842), professeur à l'école des sages-femmes à Stockholm ; il publia : Manuel pour les sages-femmes (1873 ; 2® édit. 1879) ; Manuel d'obstétrique instrumentale pour les accoucheuses (1874), et des mémoires de médecine ; — ^ 4*^ un cousin de ce dernier, Gustaf-Johan- Christopher Cederschiœld, né en 1849, docent à l'université de Lund, puis directeur de l'école de filles à Gœteborg, est un des meilleurs nordistes de la Suède. Il a donné des éditions de sagas, notamment Fornsœgursudrlanda (Lund, 1884, in-8). B-s.

GEDERSTRCEM (Olof-Rudolf), marin suédois, né à Landskrona en 1764, mort le 1^^ juin 1833 à Lœl'sta (Upland). Entré dans la mariae en 1779, il devint capitaine en 1787, chef de l'arsenal de Karlskrona en 1799, contre-

CEDERSTRCEM — CÈDRE

amiral en i 801, vice-amiral en 1809, commandant gêné- l rai de la marine suédoise en 1813, conseiller d'Etat en 1815, chevalier de l'ordre des Séraphins en 1816, amiral en 1818, comte en 1819, amiral général en 1823, et chef de la flotte désormais unifiée sur sa proposition, jnais en 1828 il dut se démettre, pour avoir vendu de vieux vaisseaux afin d'en faire construire de neufs avec la somme obtenue. Voici ses principaux faits d'armes: en 1790, il s'empara de la forteresse de Rogerwick; en 1802, après vingt mois de croisière avec cinq frégates, il imposa la paix aux Etats barbaresques ; en 1808, il reprit aux Russes l'île de Gotland, et pourvut à la défense de cette île en organisant une miMce. B-s.

CEDERSTRCEM (Gustaf-Olof, baron), peintre suédois, petit-fils de l'amiral, né à Krusenberg, près Stockholm, le 1 2 avr. 1845. Etant sous-lieutenant (1864), il étudia la peinture sous Fagerlin à Dusseldorf (1867), puis à Paris sous Bonnat, et donna sa démission en 1870 pour se liv rer à ses goûts artistiques. Le Convoi de Charles XII, qui figurait à l'Exposition universelle de 1878, lui valut une médaille de seconde classe. Vivant surtout à Paris, il a exposé, en iSS6,V Armée du salut; en 1887, la Secte des Baptistes. Bon coloriste, il cultive aussi a>^c succès !a peinture de genre : Epilogue, Heures de tristesse, le Racolage, etc. B-s.

CÉDILLE. Petit signe qui donne au c la valeur de Vs devant les lettres a, o, u et leurs nasales. Sa forme est celle du c retourné ; il se place au-dessous de la lettre. Le nom de cédille et le signe même nous viennent des Espagnols, lesquels pourtant l'ont abandonné pour y substituer s ou z,

CEDMON (V. C^dmon).

CÉDRAT. L Botanique. — Fruit du Cédratier (V. ce mot).

II. Confiserie. — Les cédrats se mangent crus, mais on en fait aussi des confitures et une liqueur. Pour faire des confitures, on prend des fruits bien mûrs que l'on casse en petits morceaux, le contact du fer d'un couteau noircissant la chair, et on les met bouillir un quart d'heure environ dans un chaudron. On laisse refroidir, on pèse la pulpe à laquelle on ajoute poids égal de sucre concassé, et on fait cuire sur un feu doux pendant trois ou quatre heures, jusqu'à ce que le tout ait pris une belle couleur dorée ; on peut alors ajouter quelques zestes de citrons amolhs dans l'eau bouillante, on retire du feu et on verse la confiture dans des pots. — La liqueur se prépare en faisant macérer, pendant huit jours, les écor ces de trois ou quatre cédrats et de un ou deux citrons dans trois litres de bonne eau-de-vie à laquelle on ajoute le suc des fruits et 1,500 gr. de sucre. La macération terminée, on filtre et l'on met en bouteilles.

CED RATA (V. Sedrata).

CÉDRATIER. Nom vulgaire du Citrus medica 'Risso^ arbuste de la famille des Rutacées-Aurantiées, considéré par les uns comme une espèce distincte, par les autres comme une variété du Limonier ou Citronnier proprement dit (Citrus limonum Risso). On l'appelle également Citronnier des Juifs, C'est le Citrus Cedra de J.-B. Ferrarius [Hespérides, 1646, tab. 59, 61, 63), le Citrus medica Cedra de G. Gallesio {Traité du Citrus, 1811, p. 87), et très probablement la véritable Pomme de Médie des anciens. Le Cédratier n*a pas encore été observé à l'état sauvage, mais on le croit originaire de l'Inde, d'où sa culture se serait répandue de très bonne heure dans l'Asie occidentale, surtout en Mésopotamie, en Médie et en Perse. (V. A. De Candolle, Origine des Plantes cultivées, 1883, p. 143). Passé de là en Grèce, en Italie (vers le m® ou iv^ siècle de notre ère), puis en Sicile, en Sardaigne et en Corse, il est maintenant naturalisé dans beaucoup de localités de la région méditerranéenne. On le cultive également aux Açores et à Madère. ïl diffère du Limonier ou Citronnier proprement dit par ses feuilles

Cédratier (fruit).

plus grandes, elliptiques, peu ou point acuminées, souvent même échancrées au sommet et par ses fruits plus gros, inégalement rugueux ou mamelonnés à la surface, avec des sillons longitudinaux et transversaux plus ou moins profonds. Ces fruits, bien connus sous le nom de Cédrats^ ont une écorce épaisse et résistante, qui sert à la préparation de conserves sucrées très estimées. On en extrait une huile essentielle à odeur suave, dite Essence de Cédrat, très employée en parfumerie.

Leur pulpe verdâtre, relativement peu abondante, a une saveur douce, légèrement acidulée. Celle du Cédratier à gros fruits ou Pondre (Citrus medica tuberosa Risso et Poit.J est acide et presque sèche. Ed. Lef.

CÈDRE. I. Botanique. — Nom vulgaire de plusieurs arbres ou arbustes appartenant, les uns à la famille des Conifères, les autres à des familles toutes différentes. Ainsi^ on appelle : Cêdre-acajou, C. de la Martinique, C. des Barbardes, le Cedrela odorata L., Méliacée des Antilles qu'on nomme également Acajou femelle, A, à planches (V. Cédrel) ; Cèdre argenté, le Cedrus atlantica Manetti, qui n'est qu'une variété du Pinus Cedrus L. ; Cèdre blanc, llcica altissima Aubl. ou Iciquier-cèdre, de la Guyane, arbre de la famille des Térébinthacéesl(V. Iciquier) , le Thuya occidentalis L., ou Arbre de vie (V. Thuya), le Cupressus thuyoides L., de l'Amérique du Nord, qui est le Chamœcyparis sphœroidea de Spach, et le Thuya sphœroidalis de L,-C. Richard (V. Cyprès), enfin, le Tecoma leucoxylon Mart. (Bignoiiia leucoxylon L.), Bignoniacée des Antilles, dont le bois, désigné sous le nom de Gaïac bâtard, est très employé en ébénisterie (V. Tecoma); Cèdre de Busaco, C. de Goa, le Cupressus glauca Lamk (C. lusitanica^ïM,); Cèdre à encens, C. d'Espagne, le Juniperus thurifera L. (V. Genévrier) ; Cèdre de Lycie, le Juniperus Lycia L., et le J. phœnicea L. ; Cèdre de Sibérie, le Pinus cembra L. (V. Pin); Cèdre de la Jamaïque, le Guazuma ulmifolia Lamk (Theobroma Guazuma L.) ou Or^me d'Amérique, 0. des Antilles, de la famille des Malvacées, tribu des Buettnériées (V. Guazuma) ; Cèdre de l'Himalaya, le Pinus Deodara Roxb. ; Cèdre des Antilles, le Swietenia Mahogoni L., Méliacée des régions tropicales de TAmérique, qui fournit le véritable Bois d'acajou à meubles (V. Swiéténie) ; Cèdre DES Bermudes, le Juniperus Bermudiana L. ; Cèdre du Liban, le Pinus Cedrus L. ; Cèdre (petit), le Juniperus oxy cedrus L., ou Cade (V. Genévrier); Cèdre rouge, C. DE Virginie, le Juniperus Virginiana L. ou Redcedar des Américains du Nord (V. Genévrier).

Le Cèdre du Liban appartient à la famille des Conifères et au groupe des Abiétinées. On en a fait le type d'un genre Cedrus, mais la plupart des auteurs modernes le rattachent à titre de simple section au genre Pinus Tourn., de même que les Sapins et les Mélèzes. Il a été nommé successivement Pinus Cedrus par Linné, Larix Cedrus par Miller, Abies Cedrus par Lamarck, Cedrus Libani par Loudon (Arboretum et fruticetum Britannicum, 1838, t. IV, fig. 2402, fig. 2267-2282), et Cedrus Libanolica par Link (Linnœa, XV, 237), C'est un grand arbre, à port majestueux, dont le tronc peut acquérir des dimensions considérables. Les branches qui s'en détachont

CÈDRE — CÊDREL

sont étalées horizontalement et prennent un grand développement en longueur. Elles portent des rameaux déployés en éventail et couverts de feuilles aciculaires, glabres, d'un vert foncé, solitaires et éparses sur les jeunes rameaux, mais fasciculées, sur les vieux rameaux, comme celles des Mélèzes. Sur ces mêmes rameaux se développent

Cèdre.

de nombreux chaton?, les uns mâles, les autres femelles; ces derniers deviennent des cônes ovales, dressés, très gros, de couleur roussâtre, formés d'écaillés coriaces, imbriquées, serrées les unes contre les autres, larges et minces sur les bords, et portant chacune à leur base deux graines surmontées d'une aile membraneuse. Ce bel arbre habite plus spécialement les montagnes de la Syrie. Il présente une variété à feuilles ordinairement plus courtes, souvent d'un glauque argenté et à cônes plus petits, que Marretti a décrite comme une espèce distincte sous le nom de Cedrus Atlantica; cette variété croît dans le Taurus, en Asie Mineure et dans les montagnes de l'Atlas, en Afrique, o(i il forme de vastes forêts. Le Cèdre Deodar (Pinus Deodar a Roxb., Cedrus Deodar a Loudon, Libo^ cedrus Deodara Endl.), qui ne serait lui-même, d'après Hooker et Thomson (BulL Soc, bot de France, lïï, p. 478), qu'une forme du Cedrus LibanU est originaire de l'Himalaya et croit sur les vieilles moraines du Tibet et du Népaul. C'est également un très bel arbre, qui diffère du Cèdre du Liban par ses branches plus flexibles et pendantes, surtout aux extrémités, et par la teinte cendrée de son feuillage. Son bois, très employé par les Hindous comme bois de construction, renferme une résine très fluide qui est usitée, dans l'Inde, comme stimulante dans le traitement des ulcères indolents. Ses feuilles et ses jeunes rameaux passent pour diurétiques et vulnéraires. Son bois, d'une très grande durée, prend un très beau poli et répand une odeur agréable.

Le Cèdre du Liban est connu depuis la plus haute antiquité. Il est souvent cité dans les livres sacrés comme l'eiiiblème de la grandeur et de la puissance, et l'on rapporte que son bois, qui passait pour incorruptible, a servi à construire en grande partie les temples de Jérusalem et d'Ephèse. Toutefois, ce bois ne paraît pas avoir les propriétés que lui attribuaient les anciens. Il est léger, d'un blanc roussâtre, veiné comme celui du pin sauvage, dont il se distingue assez difficilement, et est considéré généralement comme inférieur à celui des pins, des sapins et des mélèzes. Ed. Lef.

IL Chimie. — Essence de cèdre. Le bois de cèdre de Virguiie, soumis à la distillation avec l'eau, fournit une essence molle, rougeâtre, formée comme la plupart des essences naturelles de deux principes, un carbure d'hydrogène et un principe oxygéné. Pour obtenir ce dernier, qui constitue la partie concrète du produit, on soumet celui-ci à la distillation au bain d'huile, de manière à recueilhr ce qui passe

de 275^ à SOâ^' ; la majeure partie distille vers 282°. Le produit recueilli est coloré en jaune paiUe, on l'exprime dans un linge pour séparer la plus grande partie du liquide ; la masse solide est ensuite dissoute à plusieurs reprises dans l'alcool ordinaire, qui retient de préférence le carbure liquide, celui-ci restant dans les eaux mères.

V essence de cèdre concrète est sous forme d'une masse cristalHne, incolore, d'un éclat remarquable ; elle est douée d'une odeur caractéristique, aromatique, sans saveur appréciable ; elle fond à il¥ et bout à 282°. Elle est à peine soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, surtout à chaud, véliicule qui l'abandonne par le refroidissement en aiguilles cristallines, d'un éclat soyeux. L'acide sulfurique concentré la dissout en donnant un Mquide de couleur ambrée ; avec le perchlorure de phosphore, elle donne un dérivé aromatique, non analysé. Distillée avec l'anhydride phosphorique, elle se dédouble en eau et en carbure d'hydro- .gène, qui paraît identique avec le cédrène. Walter a adopté successivement les formules C^^H^^O^ et C^^fl^^O^, mais Gerhardt préfère la formule C^^H^^O^, et adopte par conséquent pour le cédrène la formule C^^H^'* :

En admettant ces formules, l'essence de cèdre concrète est isomère du camphre de cubèbes.

V essence de cèdre liquide ou cédrène y C^^H^^, se prépare aisément en attaquant dans une cornue l'essence concrète par l'anhydride phosphorique, ajouté par petites portions, afin d'éviter une trop forte élévation de température ; on décante la couche surnageante et on la rectifie sur le sodium. Le cédrène possède une odeur aromatique particuhère, qui ne ressemble en rien à celle de son générateur ; sa savetfr, d'abord faible, devient persistante et poivrée ; il bout à 237^ ; sa densité à 44^5 est de 9,084 ; la densité de vapeur a été trouvée égale à 7,9. La partie liquide qu'on obtient en exprimant l'essence brute possède les mêmes caractères, à cela près qu'elle est plus suave que le produit artificiel. Ed. Bourgoin.

CED R EL (Bot.). Nom vulgaire du Cedrela odorata L., qu'on appelle également Cèdre-acajou, Cèdre des Barbades^ Acajou femelle^ Acajou à planches, Caïlcedra d'Amérique,^ C'est un grand et bel arbre de la famille des MéHacées, tribu des Cédrélées, dont l'écorce a une odeur fétide très prononcée. Ses feuilles sont alternes, imparipennées, composées de foHoles nombreuses, pétiolulées, ovaleslancéolées, aiguës, qui répandent une odeur désagréable. Ses fleurs petites, d'un blanc jaunâtre, sont disposées en grappes paniculées, étalées, très amples. Chacune d'elles présente un calice gamosépale à cinq dents, une corolle de cinq pétales dressés, rapprochés à la base en un tube court, et cinq étamines Kbres, à anthères largement oblongues. L'ovaire, sessile et supère, surmonté d'un style peu alîongé que termine un stigmate dilaté en forme de disque, devient une capsule ligneuse, ovale, s'ouvrant, à la maturité, en cinq valves pour laisser échapper des graines comprimées, munies d'une aile membraneuse et contenant un albumen charnu au milieu duquel est situé l'embryon.

Le Cedrela odorata L. croit aux Antilles où ses feuilles sont préconisées en infusions théiformes comme antispamodïques (V. Descourtilz, Flore des Antilles, VI, p. 420). Son bois léger, poreux, de couleur rougeâtre et d'une odeur aromatique agréable quand il est sec, est peu corruptible et très employé pour la construction des maisons, des barques et des piro^es. Il sert également à confectionner des meubles ; mais, à cet égard, il est bien moins estimé que celui du Swietenia Mahogonî L. ou Acajou à meubles (V. Swiéténie).

Plusieurs autres espèces de Cedrela fournissent également un beau bois usité dans les constructions. Tels sont notamment le C, montana Mor., de la Colombie, le C, angustifolia Moç., du Pérou, et le C. Toona Roxb., du Bengale. Cette dernière espèce a une écorce résineuse et astringente, que l'on emploie dans le traitement des diarrhées, des dysenteries et des fièvres intermittentes. On l'associe

CEDREL — CEES

iOU

d'ordinaire à la poudre des graines du Guilandina Bonducella ^oxh,, Légumineuse-Cœsalpiniée, qui est h Kutulegee des Bengalais. L'écorce du Cedrela febrifuga Bl. ou Suren des naturels de Java est également substituée au quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes ; on l'appelle pour cette raison Quinquina des Indes Orientales, Quant au Cedrela Rosmarinus de Loureiro, arbrisseau de Cochinchine qui sert à préparer une eau distillée et une huile essentielle très odorantes, c'est une Myrtacée-Leptospermée que Blume a nommée Backeacochincliinensis, (V. H. Bâillon, Dict, encycL des Se. médic, de Dechambre, F^ sér. t. XÏII, p. 538.) Ed. Lef.

CÉDRÉLACÉES (Cedrelaceœ A Juss,).Grou])e de Végétaux Dicotylédones, considéré pendant longtemps comme une famille distincte, mais qui ne forme plus qu'une section (Cédrélées) de la famille des Méliacées. M. H. Bâillon (Hist. des PL, V, p. 485) la caractérise ainsi: « Arbres à feuilles généralement composées-pennées ; étamines libres, en nombre égal ou double de celui des pétales; filets insérés au-dessous d'un disque hypogyne épais ; loges ovariennes multiovulées ; fruit capsulaire, loculicide ou septifrage ; graines comprimées à albumen nul qu peu abondant. » Les Cédrélées renferment seulement les trois genres ; Cedrela L., Chloroxylon DC. et Flindersia R. Br.

Ed. Lef.

CED RENE (Chimie) (V. Cèdre, § 4, Esse7ice de cèdre).

CÉDRÉNUS (Georges), moine et chroniqueur byzantin du XI® siècle. Sous ce titre, Hùvo^iç taxopiwv, il a écrit un résumé de l'histoire universelle, qui commence à la création du monde et s'arrête à l'avènement d'Isaac Comnène, en 4057. Cet ouvrage n'a aucune valeur originale. Compilateur maladroit, esprit borné, l'auteur accueille sans défiance une foule de fables. Ses principales sources sont les chroniques de Georges le Syncelle, de Georges Namartole, de Nicéphore, surtout celle de Jean Scylitzès qu'il s'est contenté de reproduire textuellement presque en entier. C'est là le seul intérêt que présente ce livre, tant qu'on n'aura pas une édition spéciale de Jean Scylitzès. La chronique de Cédrénus a été publiée dans les Byzantines de Pains et de Bonn, avec la traduction latine de G. Xylander (Heidelberg, 4566).

BiBL. : LEO Allatius, De Georgiis (Fabricius, Bibliotheca grœca, édit. Harles, t. Xll, p. 32). — Nicolai, Griechische Litteratur-Geschichte, 1873-78, t. III, pp. 110-111, 3 vol. in-8. — HiRSCH, Byzantinische Studien, 1876, pp. 375-376, in-8. — Chassang, Histoire du roman dans Vantiqidté; Paris, 1862, pp. 430 et suiv., in-12.

CED RI NE (Chimie). Substance cristalline retirée par Lcwy des fruits du Simaba cedron (Planchon). Sa composition est inconnue et son étude chimique reste à faire.

C É D R 0 N , plus exactement Q I D R Ô N . Ravin profond qui se creuse à l'E. de Jérusalem et sépare cette ville du mont des Oliviers. Les eaux qui s'écoulent par cette vallée, à la suite des pluies, vont se jeter dans la mer Morte après un cours accidenté dans des régions désertes et presque inaccessibles.

CEDRON (Matière médicale). On emploie sous ce nom, ou plus souvent sous celui de Noix de Cédron, les cotylédons plan-convexes de l'embryon du Quassia Cedron H. Bn. {Simaba Cedron PL). Ces cotylédons se trouvent dans le commerce à l'état isolé, rarement encore renfermés dans le fruit, sorte de drupe coriace, de la forme et du volume d'un œuf de dinde, un peu tronquée à son sommet, atténuée à sa base en un court pédoncule excentrique ; cette coque épaisse (5 millim.), grise et subéreuse au dehors, souvent entaillée au couteau tangentiellement à sa surface, rugueuse et d'un blanc sale au dedans, Hgneuse et compacte sur sa tranche, renferme une graine que la dessiccation a rendue plus étroite que son enveloppe, et qui heurte les parois lorsqu'on l'agite, comme la boule d'un grelot. Les téguments de cette graine sont peu épais, bruns, coriaces et cassants ; ordinairement, le plus externe demeure adhérent à la face interne du noyau et ainsi isolé du second *

dans ce cas, la cavité du noyau parait tapissée d'une couche très lisse, un peu onctueuse, et d'un brun chocolat. Cette enveloppe externe porte, au dehors et en haut, une large surface ovoïde, le hile, d'où part un profond sillon dirigé vers le bas. Le second tégument, tantôt adliérent au premier, tantôt libre, est également mince, coriace et brun, mais bariolé à sa face interne comme la surface de la graine du Ricin : il porte, au niveau du hile, une large fossette cratériforme à bords relevés à pic. Les deux cotylédons sont ordinairement isolés l'un de l'autre, la petite plantule supère qui leur sert de lien étant fréquemment rompue. Ils sont brunâtres au dehors, d'un jaune pâle sur leur face ventrale ou plane, compacts, durs, pesants, se réduisant aisément, par le grattage, en râpures très fines. Leur saveur est violemment et immédiatement amère, nauséeuse même. L'odeur est faible et ne se dégage nettement que si l'on vient à râper la surface : elle rappelle alors celle du cacao. Au microscope, on trouve ces cotylédons constitués par un parencyme compact gorgé de grains d'amidon.

Ces cotylédons renferment de l'amidon, une matière grasse spéciale, et un principe amer, cristallisable, la cédrine (V. ce mot).

La granie est très réputée dans toute l'Amérique centrale, contre la morsure des serpents et même la rage. Les indigènes de la Nouvelle-Grenade percent le cotylédon et l'attachent à un collier qu'ils portent dans leurs voyages ; s'ils viennent à être piqués par un serpent venimeux, ils râpent aussitôt une petite quantité de la graine, qu'ils avalent dans du rhum. Expérimenté en Europe, le Cedron ne s'est nullement montré à la hauteur de sa réputation. Il n'a d'autres vertus que celles des autres Rutacées amères, telles que le Quassia, le Picrœna et le Simarouba, dont il est botaniquement très voisin. Rayer l'a vanté contre les fièvres intermittentes. Il est, en réaHté, sans action sur la périodicité, mais peut rendre des services aux fébricitants comme tonique et apéritif, au même titre que tous les amers en général. D^ R. Blondel.

BiBL. : GuiBouRT et Planchon, Hist. nat. des Dr. simples^ 6« éd., III, 564. — Rosenthal, Synopsis pi. diaph. — H. Bâillon, Diet. encycl. des Se. médicales, XIII, 539; Adansonia^ X, 317. — R. Blondel, Man. de mat.méd., 1887, 299.

CED U LE. I. Diplomatique. — Le mot cédule (en latin Schedula, Scedula) a été, au moyen âge, un terme générique équivalent à peu près à notre mot billet ; on désignait ainsi toutes sortes d'écrits, authentiques ou non. On a plus tard compris plus spécialement sous ce nom des reconnaissances, des engagements ou promesses sous seingprivé. On a aussi désigné par ce terme des mandats ou des attestations de paiement et divers actes de procédure. Pour spécifier la nature de l'acte, on ajoutait au mot générique cédule un adjectif ou un substantif : cédule de présentation, cédule évocatoire, etc.

IL Jurisprudence. — On appelle encore cédule l'ordonnance que rend un juge d'instruction, qu'il transmet au procureur de la République, et dans laquelle il indique les témoins qu^il veut citer, les lieu, jour et heure de leur audition (art. 14 C. instr. crim.). Ce mot désigne enfin la permission que donne un juge de paix, en cas d'urgence, d'abréger les délais de la citation (art. 6 C. proc. civ.), ou l'autorisation d'appeler les experts qu'il a désignés. On appelait cédule évocatoire, dans notre ancien droit, l'acte par lequel une partie demandait le renvoi du procès devant un tribunal autre que le tribunal saisi.

CEES ou CEZ (ancien droit français et droit canon). Synonyme d'interdit (V. ce mot) : Cessatio a divinis. La décision XCV^ de Jean des Mores porte ceci : « On ne peut mettre cees ou royaume de France es villes qui sont du demaine, ne qui sont as roynes de France. » Cette décision fut extraite de lettres patentes du roi Jean et de Charles V (23 nov. d350 et 3 janv. 4369), qui corroboraient la jurisprudence antérieure (arrêt du parlement du 24 juil. 4303). La défense dont il s'agit figurait parmi les plus anciennes hbertés de l'Eglise gallicane. P.-L. C.

CEES - CEILLAG

BiBL.: Julien Brodeau, Coufumes de Paris; Paris, 1669, t. II, p. 570, 2 vol. in-fol.

CE FA LU. Ville d'Italie, prov. de Palerme (Sicile); 42,744 hab. (en 4884). Située au pied d'un promontoire de 376 m, de haut, que couronnèrent l'ancienne Cephalœdimn, dont il subsiste des ruines, puis un château élevé par les Normands, cette ville possède une belle cathédrale du xn^ siècle. Son port exporte l'huile, le vin, le marbre du voisinage, les sardines pèchées par ses marins.

CEFFI (Filippo), traducteur et compilateur italien du xiv^ siècle, né à Florence où il fut notaire. Il traduisit en langue vulgaire VHistoria Trojana de Guido Guidice dalle Colonne, ou de Columna, lequel l'avait lui-même rédigée en latin d'après Darès ; elle avait déjà été traduite en français (Histoire de la destruction de Troye, ou la Grant destruction de Troye) et le fut encore plusieurs fois en italien et en dialecte vénitien. Une traduction des Epitres d'Ovide lui était attribuée d'après une mention assez obscure du manuscrit du Vatican, l'Epistole tradotte in prosa (xv^ siècle, in-4), mais Luigi Biondi y ajouta des preuves extrinsèques. Il en est de même du Libro délie Dicerie^ traité de rhétorique et recueil de discours que le même savant a publié sous le nom de Ceffi et qu'Antonio Benci croyait plutôt l'œuvre d'un ser Gianni da Vignano ou da Ugnano, notaire [notaio) et qu'il ne faut pas confondre, en tout cas, avec Lapo Gianni, le poète, un peu moins ancien. En effet, d'après cette dernière hypothèse, les Dicerie appartiendraient au xni® siècle : Le Dicerie di ser Filippo Ceffi, notaio fiorentino^ pubblicateda Luigi Bio7idi (Turin y 4825). R. G.

BiBL. : Luigi Biondi, Préface des Dicerie, — Antonio Benci, Intorno al libro délie Dicerie, dans Y Antologia; Florence, juin et déc. 1825.

CE FF! A. Com. du dép. du Jura, arr. de Lons-le- Saulnier, cant. d'Arinthod; 463 hab.

CEFFONDEZ (Le) ou CEFFONDET. Petite rivière du dép. de la Haute-Marne, qui prend sa source près de la ferme d'Acron, sur le territoire de Beurville, et coule vers le N. Elle sort bientôt du département pour passer dans celui de l'Aube, y rentre à Trémilly, traverse Thilleux, Ceffonds, et va se jeter dans la VoireàMontier-en-Der. On lui donne également, à sa source, le nom de Stond et celui de Bierne. A. T.

CEFFONDS. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Wassy, cant. de Montier-en-Der ; 723 hab. L'histoire de cette locaKté, située sur le Ceffondez, est intimement liée à celle de l'abbaye de Montier-en-Der; dès 4020, Fromond P^, évêque de Troyes, fit don à cette abbaye d'une chapelle située à Ceff'onds; une chaite de 1483 mentionne le prieuré que les religieux du Der y avaient étabh. Au XIV® siècle, le pays fut ravagé par les bandes de Brocard de Fénétranges. Plus tard, sous Mazarin, Ceffonds suivit le parti de la Fronde ; les habitants furent assiégés dans l'église par les troupes du maréchal de la Ferté, le 44 juin 4652 ; un curieux graffite, sur l'un des piliers de la nef, en ferait foi, si le portail ne conservait encore des traces nombreuses de balles et de biscaïens. Cet édifice (mon. hist.), construit en forme de croix latine, a 44 m. de longueur sur 49 de largeur. La tour du clocher est romane; elle se terminait autrefois par une flèche légère flanquée de quatre clochetons; le chœur et les transepts sont gothiques ; le portail et une porte latérale appartiennent à la Renaissance. L'intérieur est éclairé par vingt-deux grandes fenêtres flamboyantes, garnies en partie de belles verrières du xvi® siècle, représentant des sujets tirés de la Passion, de l'histoire de la Vierge, des légendes de saint Jean-Baptiste^ de saint Hubert, de saint Remy, etc. On remarque aussi de beaux fonts baptismaux et une fresque intéressante de saint Christophe. La châsse de sainte Hélène, apportée de l'abbaye bénédictine de Hautvillers, en 4790, à Montier-en-Der, puis à Ceffonds, y séjourna jusqu'en 4820, époque où la duchesse de Berry la fit transférer dans l'église Saint-Leu, à Paris. Jacques d'Arc, père de l'héroïne de Domremy, est né à Ceffonds. A. Tausserat.

GRANDE ENCYCLOPÉDIE, — TX.

BiBL. : BouiLLEVAux, Ics Moines du Der ; Montier-en- Der, 1845, in-8 avec pi. — Em. Jolibois, La Haute Marne ancienne et moderne ; Chaumont, 1858-1861, gr. in-8.

C EGA ou C EJ A. Rivière de la prov. de Ségovie (Espagne), prend sa source dans la sierra de Guadarrama, à quelque distance au S.-O. des défilés de Somo-Sierra, reçoit sur sa rive gauche le Piron, baigne Mojados et, un peu audessous de cette ville, se jette dans le Douro.

CE61ELSKI (Hippolyte), écrivain polonais, né en 4845 dans le grand duché de Poznan, mort en 4868. Il fit ses études à Berlin et devint professeur au gymnase de Poznan; en 4846, il abandonna l'enseignement pour se livrer au commerce et à l'industrie. De 4848 à 4850, il rédigea la Gazeta Polska; en 4849, il fut député à la diète de Prusse. Le plus important de ses ouvrages est une anthologie des poètes polonais publiée sous ce titre : la Poétique (Nauka Poezyi). Elle n'a pas eu moins de quatre éditions. La dernière (Poznan, 4879), a été revue et complétée par M. Nehring. L'auteur y donne les règles et l'histoire des différents genres dont il reproduit des spécimens. L. L.

CE6INUS (Astron.). Nom de l'étoile de troisième grandeur située à l'épaule gauche du Rouvier, et désignée par les astronomes sous le nom de y Rouvier. C'est une étoile d'un blanc bleuâtre appartenant au premier type du P. Secchi, et dont le spectre, presque continu, est marqué des quatre fortes raies noires de l'hydrogène.

CE6NAR (François), poète slovène contemporain. Il est né en Carnioleen 4826. Il fit ses études à Liublanja (Laybach) et puis entra dans l'administration des postes et télégraphes. Il a publié un grand nombre de poésies, qui sont devenues populaires dans tous les pays Slovènes. Il a donné, en outre, des traductions de poèmes allemands, tchèques, serbes, etc. L. L.

CEHEGIN. Ville d'Espagne, prov. de Murcie, dist. de Caravaca ; 9,760 hab. Ville bien bâtie et florissante ; commerce de vins, distilleries, fabriques de papier aux environs, nombreuses sources minérales ; dans les montagnes, carrières de plâtre et de jaspe que l'on exploite pour les constructions.

CEI (Francesco), poète italien, né à Florence, qui vécut dans la seconde moitié dif xv® siècle. Il écrivit des vers dans le goût de ceux de Pétrai^que, et ses contemporains le prirent pour un grand poète. Son unique recueil de vers a pour titre : Sonecti, capitoli, canzoni, sextine, stanze e strambotti composti in laude di Clitia (Florence, 4503); une autre édition^ est ainsi libellée : Opère di Fr. Cei in laude di Clitia (Florence, 4549) ; on en connaît une troisième au titre plus expMcite : Opéra gentile e amorosa, etc. (Milan, 4520). R. G.

BiBL. : Giulio Negri, Istoria degli scrittori Fiorentini; Ferrare, 1722, in-folio.

CEIGNES. Com. du dép. de l'Ain, arr. de Nantua, cant. d'Izernore ; 294 hab.

CEILHES-ET-RocozELs. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Lodève. cant. de Lunas ; 964 hab. Rocozels (Piocozellum) paraît dans les actes au xi® siècle, Ceilhes (Silias, Celianum) au xii®. Dès le xviii® siècle, les deux localités réunies formaient une seule paroisse du diocèse de Réziers. Eglise du xi^ et du xni^ siècle à Rocozels.

CEILLAC. Com. du dép. des Hautes-Alpes, arr. d'Embrun, cant. de Guillestre, un peu au-dessous du confluent du Mélezen et du Cristillan, afil. de g. du Guil; 557 hab. Ceillac est bâti au pied des Eiselieres, à une ait. de 4,630 m. Pendant l'été, les Ceillaquins se dispersent dans les chalets où ils se livrent à l'élevage du bétail et à la fabrication des fromages. L'église, dédiée à Sainte-Cécile, a eu à souffrir des violences des guerres de religion. Quelques ruines marquent la place d'anciennes habitations seigneuriales. Les choux de Ceillac sont renommés. On trouve dans la commune le marbre vert, dit Rrèche- Napoléon. La famille de Tencin est originaire de Ceillac, et est issue d'un colporteur qui avait émigré de là à Romans en 4520.

CEILLIER — CEINTURE

CEILLIER (Dom Rémy), bénédictin français, né en 4688 à Bar-le-Duc, mort le 17 nov. 1761. Destiné de bonne heure à la vie monastique, il entra, en 1705, dans la congrégation de Saint-Vanne et Saint-Hydulphe , au couvent de Moyenmoutier. Il remplit successivement plusieurs charges importantes dans l'ordre des Bénédictins et fut nommé prieur du monastère de Flavigny (près de Nancy), où il passa la plus grande partie de sa vie. Il mourut président de la congrégation de Saint-Vanne. Il se consacra presque uniquement à la publication du grand ouvrage intitulé Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, qui contient leur vie, le catalogue, la critique, le jugement, la chronologie, V analyse et le dénombrement des différentes éditions de leurs ouvrages, ce qu'ils renferment de 'plus intéressant,' aie.. (Paris, 1729-1763, 35 vol. in-4, et deux de tables rédigées par Rondet et Drouet, en 1782); une réimpression a été publiée à Paris (1858-1869, 17 vol. in-4). Cet ouvrage commence avec l'Ancien Testament (Moïse), et le reste de la Bible, à laquelle sont consacrés les deux premiers livres et une partie du troisième ; le dernier volume, qui ne fut publié qu'après la mort de l'auteur, s'arrête à Guillaume d'Auvergne (milieu du xiii® siècle). Dom Ceillier, pour trouver un éditeur, commença par écrire son ouvrage en latin, alors la langue de l'érudition, et ne le rédigea en français qu'à partir du second volume. Cet ouvrage donne non seulement une étude complète sur chaque auteur, mais contient aussi des notices détaillées sur les principaux conciles. Dom Ceillier entre dans les détails les plus circonstanciés sur chacun des ouvrages qu'il analyse : il consacre près d'un volume entier à saint Jean Chrysostome et étudie ses homélies une à une. Au point de vue de l'exactitude des renseignements, il. remplace complètement l'ouvrage du même genre publié antérieurement par Dupin, quoique ce dernier lui soit quelquefois supérieur au point de vue de la critique. Dom (Ceillier est également l'auteur de l'ouvrage suivant, composé à l'occasion des polémiques philosophiques et religieuses qu'inaugurait le xviii^ siècle et auxquelles il crut devoir se mêler : Apologie de la morale des Pères de l'Eglise contre les injustes accusations du sieur Barheyrac (Paris, 1718, in-4); son adversaire avait insinué, dans la préface qu'il avait jointe à une traduction du Droit de la nature et des gens de Puffendorf, que les Pères de l'Eglise « étaient tombés, au sujet de la morale, dans des erreurs grossières ». Dom CeiUier chercha à le réfuter dans cette dissertation, qui est d'une polémique diffuse. E.-D. Grand.

BiBL. : ZiEGELBAUER, Histovia literaria ordinis S. Benedicti. — D. Calmet, Bihlioth. lorraine. — De Chevrier, Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres de Lorraine. — Lenglet-Dufresnoy, Méthode pour étudier l'histoire, supp., 1740, II, p. 23.

CEILLOUX. Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. de Clermont, cant. de Saint-Dier; 750 hab. Dans l'église, chaire curieuse.

CEINTRAGE (Mar.). Opération gui consiste à entourer la carène d'un navire qui se 'disjoint et qui fait eau avec de forts cordages que l'on roidit le plus possible, en prenant les bas-mâts, par exemple, comme point d'appui. — Ce procédé, si primitif qu'il paraisse, a sauvé beaucoup de navires de l'ancienne marine que l'on envoyait à la mer dans un déplorable état de vétusté ; un bâtiment ainsi ceintré n'avait d'ailleurs plus qu'à rallier le port le plus voisin. — Le ceintrage n'est pas applicable aux navires en fer, dont les voies d'eau ne se produisent pas par la déliaison des coutures.

CEINTREY (Senterei, Synterei, xii^ siècle). Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. d'Haroué, sur le Madon, affluent de gauche de la Moselle, et le chemin de fer de Nancy à Mirecourt, à 22 kil. au S. de Nancy ; 663 hab. Fabriques de boutons de fleurs d'oranger. Débris gallo-romains. Le fief de Ceintrey relevait de la châtellenie de Nancy.

CEINTURE. I. Archéologie PRÉmsTORiQUE et Ethno- GRAPmE — La ceinture est le premier vêtement (jue l'homme ait porté, sauf quelques exceptions, le seul aussi que, selon toute apparence, il ait porté pendant longtemps. La ceinture fut, en effet, indispensable pour le petit tablier de propreté ou de pudeur qui est encore le seul vêtement en usage chez tant de peuples. Le manteau rivalise peut-être d'ancienneté avec la ceinture. Mais les peuples qui ne portent encore que la ceinture sont très nombreux. Les Veddàhs n'ont pas autre chose sur le corps qu'une cordelette, autour de la taille, qui soutient par devant un haillon malpropre, un peu plus grand chez les femmes que chez les hommes. Les nègres non musulmans, Gallas, Niams-Niams, Fans, portent aussi uniquement et de la même manière un morceau de cuir ou de peau. Les Hottentots portent le morceau de cuir et souvent le manteau. Les Bertas ne portent pas de tabher devant, mais sur le siège. Les Cafres font de même, mais^ se servent aussi de véritables ceintures plus relevées. Au lieu de tablier, des femmes de l'Afrique et de l'Amérique du Sud ne portent qu'un bouquet d'herbes sèches. Les tabliers prennent au contraire toute l'importance d'un large vêtement chez d'autres peuples, par exemple chez les nègres Monbouttous,oti il sont faits d'écorce de figuier. Et, dans ces cas, la ceinture reste à l'état de corde pour le fixer autour de la taille, comme un corsage. D'autres fois, c'est la ceinture elle-même qui prend toute l'ampleur d'un vêtement. Les Fuégiennes se nouent parfois une peau autour de la taille. Les Fidjiens ont pour vêtement un bande d'étoffe fabriquée avec l'écorce du mûrier à papier, et longue de 6 à 10 m. Ils la passent entre les jambes et l'enroulent autour de la taille. Les Fidjiennes portent seulement autour de la taille une bande d'écorce d'hibiscus garnie d'une frange, assez courte pour les jeunes filles, plus longue pour les femmes. A ces deux types de ceintures se rattachent des vêtements qui n'en diffèrent au fond que par les dimensions et la forme. Ainsi le ferdah, le vêtement des Abyssins, des Bedjas, n'est que la ceinture des Fidjiens plus ample. Il consiste en une pièce d'étoffe de coton bordée d'un liseré, que l'on enroule à la taille et dont on rejette un bout sur l'épaule.

Le nom de ceinture toutefois appartient en propre à cette partie du vêtement qui servit d'abord et sert encore aujourd'hui à maintenir le reste autour de la taille, et, par la suite, à redresser, à soutenir le buste. Elle a été le prototype du corset. Mais, dans sa forme la plus simple et la plus répandue, elle n'est qu'un cordon. Elle est encore chez nous-mêmes le plus souvent une courroie. Partie importante du vêtement, elle en a suivi les progrès, le luxe ; elle est devenue elle-même un motif d'ornement ; elle a servi aussi à porter des accessoires variés, depuis des armes de toutes sortes, jusqu'à de la monnaie.

Elle a été ainsi, dès une antiquité reculée, un des objets de toilette les plus précieux, par où se manifestaient également l'art et la richesse des peuples.

L'ornementation de la ceinture a commencé par la boucle d'attache, par l'agrafe. Il est à croire que les premières boucles de ceinture furent en os. Les plus anciennes que nous connaissions sont en bronze et appartiennent à l'époque de ce métal.

Elles consistent en des tubes ou petits cylindres renflés aux deux bouts, qui portent sur l'un des côtés une ouverture ovale allongée et sur l'autre une longue boucle en métal plein (fig. 1). Dans certains de ces tubes on a trouvé des restes de bois. Il est donc probable que la bande d'étoffe ou de cuir de la ceinture était fixée à la boucle avec tube à l'une des extrémités, et à l'autre extrémité, à un simple anneau qui s'insérait, pour la fermeture, dans l'ouverture du tube,

Fig- 1. — • Boule et agrafe présumée de ceinture. — Cachette de Reach en Angleterre (Ewans).

CEINTURE

Fig. 2. — Boucle ou coulant de ceinture (bronze). — ■ Dreuil, prés d'Amiens (Èwans).

de manière qu'une cheville en bois passée dans celui-ci, traversait Fanneau et le fixait. On a trouvé des anneaux creux à trous transversaux qui pouvaient ainsi servir de pendant à la boucle avec tube. Ces mêmes anneaux en outre pouvaient, à l'aide d'une épingle passée à travers leurs trous transversaux et les plis d'une bande d'étoffe, remplir à eux seuls l'office de boucle de ceinture ou de broche (fig. 2). On a trouvé encore de simples boucles allongées coulants, ou des boucles cannelées, une virole (Dreuil, près d'Amiens ; Abergele, en Angleterre), qui ont servi pour d'autres systèmes de fermeture des ceinturons de cuir (Ewans, p. 440).

Vers la fin de l'âge du bronze, les agrafes de ceinture étaient déjà beaucoup jflus perfectionnées et tout à fait du type des boucles de ceinture en cuivre de nos uniformes.

Elles consistaient pour la plupart, en effet, en un disque garni de dents ou de griffes destinées à le fixer au cuir, et en une plaque ovale allongée, terminée par un crochet (fig. 3). Ces deux pièces, fondues, ont leur surface extérieure légèrement convexe, ornée de lignes, de points et de croix en creux, de cercles concentriques, de boutons ou de mamelons. Mis à part ces boucles d'un réel effet décoratif, les ceintures, au cours même de l'âge du bronze, et depuis étaient en outre ornées d'appliques. Ces appliques, lames rondes ou carrées, ont de 5 à 40 centim. de diamètre. Elles ont toutes des griffes pour les fixer au cuir et sont ornées extérieurement soit de nervures concentriques, soit de séries de pointillés à jour et de lignes concentriques, etc. Ce n'est pas tout. Ces ceintures, auxquelles s'attachaient d'ailleurs de tout temps des outils et

Fig. 3. — Agrale de ceinture de l'âge du bronze. — Saint- Chély (Lozère) (E. Chantre).

Fig. 4. — Ceinture en feuille de bronze laminée. Age du fer. Tumulus de Metzotetten (Wurttemberg) (E. Chantre).

des armes, étaient parfois chargées de différents objets d'ornements. On y accrochait des pendeloques et des chaînettes. Enfin, toute la ceinture elle-même n'était parfois qu'une magnifique parure. On possède quelques échantillons de ces parures remontant incontestablement à l'âge du bronze, et d'ailleurs tout entiers de ce métal. L'un d'eux est formé de trois rangées d'anneaux plats relices entre elloa par des fils quadrangulaires. A la rangée inférieure est accrochée une suite de pendeloques en feuilles de laurier. A l'extrémité, deux pendeloaues plus grandes s'accrochent à un

enlacement de fils de bronze qui donne naissance à deux larges enroulements en antennes. Ces parures devinrent plus luxueuses encore au premier âge du fer. A cette époque appartiennent, en effet, des ceintures en feuilles de bronze laminées et estampées (fig. 4). Dans l'antiquité, la ceinture occupait une place également importante comme pièce du vêtement, ornement de toilette, accessoire indispensable et objet de luxe. S. Zaborowski.

IL Archéologie classique. — Tous les peuples ont connu l'usage de la ceinture. Les Egyptiens retenaient leur pagne à l'aide d'une ceinture dont les extrémités se nouaient par devant. Les bas-reliefs assyriens nous montrent les rois et certains démons avec une large ceinture ornée de broderies ; les personnages d'un rang inférieur avaient une ceinture pins simple. Les Hébreux, dans l'action et les voyages, serraient leur tunique avec une ceinture. Les riches portaient des ceintures d'étoffes précieuses ; celles des pauvres étaient en cuir. Pour célébrer la Pâque, tous devaient avoir une ceinture nouée autour des reins. La ceinture était un des insignes du grand prêtre ; on employait à sa fabrication « l'or, l'hyacinthe, la pourpre, l'écarlate teinte deux fois et le fin lin. » {Exode, XXVIII,

4, 5, 39.) Elle ne devait être portée que pendant la célébration du sacrifice.

Chez les Grecs, la ceinture faisait partie du costume masculin et du costume féminin ; on la désignait sous les noms de ÇoSvt], Çt6vtov, ÇwaiTjp, %zax6q. Elle servait à serrer la tunique à la taille et à la relever pour laisser les jambes libres; dans ce cas, elle tombait pardessus la ceinture et formait un çli, comme on peut le voir dans la fig.

5, empruntée à un vase peint. Parfois on retenait ce pli sur les hanches par une seconde ceinture; on trouvera un exemple de ce mode d'ajustement dans une statue d'Amazone conservée au musée de Berlin. Quant à l'attache, tantôt c'était un fermoir de métal, tantôt un simple nœud. Les ceintures étaient souvent ornées de riches broderies; rappelons celles des personnages figurés sur le vase de Ruvo (Bullet, Na-^ polit., in, pi. IL); et surtout la ceinture qu'Homère attribue à Vénus et dont il donne la description. On y avait brodé la représentation des désirs, des joies et des peines de l'amour. Les personnages de tragédie portaient, par-dessus leurs longues robes orientales, de riches ceintures auxquelles s'adaptaient des bretelles passant sur les épaules et croisées sur la poitrine. Telle est la ceinture d'une femme qui porte des offrandes à un tombeau (fig. 6), et dont nous empruntons l'image à un vase peint. Homère nous montre les héros se ceignant toutes les fois qu'ils s'apprêtent à la lutte. Les Grecs n'avaient parfois d'autre arme défensive que la ceinture ; elle était munie de plaques de métal. Sur un certain nombre de monuments grecs et étrusques, à la ceinture était ap* pendu un tablier destiné à protéger le ventre.

La ceinture des Romains {zona, cestus) ne différait pas essentiellement de celle des Grecs. La ceinture ou ceinturon, appelée cingulum, était la marque distinctive

- Ceinture grecque (Thésée).

CEINTURE

Fig. 6. — Ceinture d'une femme portant des offrandes à un tombeau.

des soldats. Prendre le ceinturon, c'était devenir soldat ; pour dégrader un soldat, on lui enlevait son ceinturon. Le ceinturon servait à joindre la cuirasse au jupon qui la prolonge; rarement à supporter l'épée, qui d'ordinaire était suspendue à un }3audrier. Les légionnaires du commence- ^ ment du ii® siècle, figu-

rés sur la Colonne trajane, ont un large ceinturon, garni de plaques métalliques carrées avec ornements saillants, et sur le devant duquel pendent des courroies ferrées de clous qui forment tablier. Quelques soldats représentés sur des tombeaux dans une tenue qui n'est peut-être pas la tenue de. campagne, n'ont pas do baudrier, mais seulement un ceinturon auquel pendent l'épée et le poignard; d'autres ont deux ceinturons, l'un pour Pépée, l'autre pour le poignard. Sous Constantin, le ceinturon n'était plus qu'un simple ruban. Les empereurs et les généraux, du i^^ au v^ siècle, portent sur la cuirasse une ceinture qui paraît être un insigne de commandement; elle est en étoffe ou en peau molle et nouée d'une façon particulière et toujours la même. Les statues de porphyre adossées au mur de l'église Saint-Marc à Venise et celles du Vatican, qui représentent des Augustes et des Césars du iv® siècle, portent sur leur cuirasse, non pas le ruban noué sur la poitrine, mais à sa place une ceinture enrichie de pierreries. Sur le diptyque de Monza, le personnage que l'on identifie avec Aétius, porte son épée suspendue au moyen de deux ceinturons dontl'un serre la taille, et l'autre rattaché du côté droit au premier, descend obliquement à gauche. Sous le Bas-Empire, le cingulum devint aussi l'insigne des emplois civils. Celui du préfet du prétoire était de cuir teint en pourpre. A la même époque, les femmes portaient des ceintures d'une grande richesse, garnies de pierreries, de perles et de broderies.

La tunique des Gaulois était serrée à la taille par une ceinture, comme on le voit sur des monnaies qui représentent un chef gaulois. On conserve au Cabinet des médailles, à Paris, une ceinture gauloise, trouvée à Saint- Leu d'Esserent, qui consiste en un cercle d'or dont les extrémités sont terminées par deux baguettes recourbées formant agrafe. Les guerriers francs portaient des ceintures qui leur servaient à suspendre, outre leur épée, toutes sortes d'objets de toilette. Les sépultures franques ont fourni un grand nombre de boucles de ceinturon.

Dans les textes latins du moyen âge, la ceinture est désignée par les mots zona, cingulum et corrigia. Nous dirons d'abord quelques mots delà ceinture dans le costume civil du moyen âge. A l'époque carolingienne, les femmes la posaient plus haut que la taille. Les hommes l'abandonnèrent au xii^ siècle quand la tunique fut remplacée par le vêtement long. La ceinture fut au contraire, à cette époque, un des principaux ornements du costume féminin : on laissait pendre les bouts par-devant jusqu'au bas de la robe. Au xiii® siècle, la ceinture féminine n'a plus qu'un seul bout pendant ; les hommes en portent qui sont à peu près semblables, mais dont le pendant est moins long. Au xiv*' siècle, les hommes avaient des pourpoints ajustés, serrés à la taille ; mais la ceinture, décorée de plaques d'orfèvrerie, était fixée à la jupe du pourpoint à la hauteur des cuisses; tel est l'habillement du gentilhomme d'environ 1360 représenté dans notre fig, 7. On voit cependant des personnages qui portent deux ceintures, l'une serrant le pourpoint à la taille, l'autre, simple ornement, posée plus

Fig. 7.— Ceinture 'de gentilhomme( d'après une miniature d'environ 1360;.

bas. La ceinture des femmes était aussi descend ize au-dessous de la taille ; elle était lâche. Jehan deMeung, dans son Testament (édit. de Méon, p. 63), a parlé de ces ceintures dont les femmes étaient « si peu estraintes ». A la fin du xiv*^ siècle, la ceinture reprit sa place naturelle; les femmes la remontèrent très haut, jusque sous les seins. Les femmes en deuil ne portaient pas de ceinture. Sous les règnes de Charles VIII et de Loîiis XII reparurent les ceintures ornées de plaques métalliques, avec un bout pendant sur le devant. Les habillements du xvi® siècle enlevèrent à la ceinture son importance dans le costume civil. Au xv^ siècle, plusieurs ordonnances, spécialement en 4446, interdirent aux femmes de mauvaise vie le port de la ceinture sous peine de confiscation et d'emprisonnement. C'était le prévôt de Paris qui était chargé de veiller à l'observation de ces ordonnances. Par ordonnance du 5 août 4424, Henri VI, roi d'Angleterre et de France, lui défendit de s'approprier les ceintures saisies.

Venons maintenant à la ceinture militaire ou ceinturon. Les chevaliers du x^ siècle avaient leur épée retenue par une ceinture, mais p]*is généralement par un baudrier. Du xii® au xiv^ siècle, les chevaliers portaient un large ceinturon auquel ils attachaient par des courroies d'un côté l'épée, et de l'autre la dague ou poignard. Au xiii^ siècle, le costume des chevaliers présente souvent une particularité; une ceinture serre la tunique à la taille, une autre plus large et posée plus bas retient l'épée. Au xiv^ siècle, les soldats dits pavaisiers passaient une hache dans leur ceinturon ; les archers avaient leur carquois pendu à la ceinture. Sous Louis XIII, le ceinturon fut remplacé par le baudrier comme mode de suspension de l'épée. Mais à la fin du xvii® siècle, le ceinturon reparut. Sous Louis XV, les gens d'armes portaient à la fois la bandoulière et le ceinturon ; celui-ci était de soie pour les corps d'élite, de buffle jaune pour la cavalerie, de buffle blanc pour l'infanterie ; dans le ceinturon était passée à droite la giberne ; à gauche, un pendant pour soutenir l'épée et le fourreau de la baïonnette. L'ordonnance de 4779 ne laissa le ceinturon qu'à la garde royale et à la cavalerie ; l'infanterie porta deux buffleteries se croisant sur la poitrine.

La ceinture faisait partie des ornements du sacre du roi de France. On lit dans des comptes de 4350 : « Pour la ferrure de deux ceintures ferrées de boucles, de mordant, de trépas, l'une de cuir blanc, laquelle le roy a ceinte avant son sacre et l'autre de soye blanche quand il fut sacré. »

On a fait, au moyen âge, des ceintures en toutes matières, en tissus, en cuir, en métal, et même en cheveux ; car un testament de 4377 mentionne comme léguée à une certaine Katerine Lecoutellier « une chainture faicte des cheveux de sa mère, estoffée d'argent doré ». Un compte de l'argenterie de la reine de 4397 mentionne une ceinture toute en or « une ceinture d'or oti il n'y avoit point de tissu ». Les gens du peuple avaient des ceintures de corde. Les ceintures ornées d'-; plaques d'étain étaient très répandues. Elles furent prohibées en Angleterre en 4337, mais, en France, J'osa^e persista et s'en répandit au point que les ceinturiers d'eta^'n devinrent assez nombreux pour former une corporation dont les statuts furent approuvés par lettres royaux de mars 4550. Les ceintures de peau

CEINTURE

de lion rendaient invulnérable." Les ceintures qui avaient touché les reliques de sainte Rose, à Viterbe, et celles du tombeau de sainte Christine, à Spolète, favorisaient les accouchements. On attribuait la même vertu aux ceintures de peau de serpent. L'ornementation des ceintures était très variée au moyen âge. On les chargeait de plaques de métal historiées, émaillées et ciselées, de pierreries, de perles et même de camées. On déployait un grand luxe surtout dans la décoration de la boucle. Les ceintures pour la danse étaient ornées de sonnettes et de grelots. On brodait aussi sur les ceintures des textes saints ou des devises; on trouve dans un inventaire de 4380 une ceinture « , d'un tissu de soye où est escrit l'évangile saint Jean ».

Les ceintures servaient non seulement à maintenir le vêtement à la taille, mais aussi à le relever; les inventaires du XV® siècle mentionnent des ceintures à trousser ou troussouères. Les femmes suspendaient à leur ceinture une aumônière et divers objets de toilette. Pour les hommes, surtout les marchands et les gens du peuple, ils attachaient à la ceinture bien d'autres choses que des armes. En 4379, J. de Brie énumère tous les objets que le bon berger devait avoir à sa ceinture : une boîte à onguent, un canif, des ciseaux, une alêne, un étui à aiguilles, un fort couteau, un fourreau pour mettre les « flaiaux. » Les grands personnages avaient aussi de menus objets attachés à leur ceinture, car parmi les joyaux de Charles VI (4420), on trouve « un tixu de soye ardent, garny de boucle, mordant et 8 fermeures d'or, et y pend un coustel, une forcettes et un canivet garnis d'or ». La ceinture servait de boursefl Un conte du xiv^ siècle nous montre un sacristain qui emplit d'argent « une grant corroie ». Dans un autre conte, de Constant Duhamel, cité par Viollet le Duc, on lit :

Dame, fet-il, c'est vérité.

Mes je vous ai ci apporte

Ne sai quans deniers que j'avoie;

Atant li baille la corroie

Qui moult estoit plaine et farsie.

M. Prou.

III. Ancien droit français. — La privation de la ceinture était un signe d'infamie ; l'abandon de la ceinture impliquait renonciation à des droits de succession ou de communauté ; ceci à cause de l'ancien usage qui était d'attacher la bourse et les clefs à la ceinture. Les banqueroutiers et les débiteurs insolvables étaient privés du droit de porter une ceinture. Cet usage ne peut-il être rattaché à de vieilles traditions germaniques, à la Chrenecrudaàe la loi salique? Le meurtrier hors d'état de payer la composition en accomplissant la Chrenecruda devait être diseinctus. Les coutumes du Bourbonnais (art. 72) et de la Marche (art. 64) exigeaient que le débiteur qui voulait faire cession de biens comparût en justice, attestât par serment qu'il n'avait pas agi en fraude de ses créanciers, rien détourné à leur détriment, puis qu'il jetât ceinture à terre. Dans les derniers siècles, ce vieux symbolisme n'était plus observé, même dans les provinces, lors de la cession de biens, mais il est probable qu'il fut d'abord de pratique assez générale. Il était réglementé par un édit de 4542, art. 70. Anciennement (c'est l'une des maximes de Loisel, Instit, coutumières^ règle 432) : « Femme veuve, renonçant à la communauté, jetait sa ceinture, sa bourse et ses clefs sur la fosse de son mari. Maintenant, il faut renoncer en justice et faire inventaire. » La femme devait jeter la ceinture avec la bourse à cause de l'usage de porter l'argent, non seulement dans l'aumônière, mais dans la ceinture. Tout d'abord il fallait que la femme fit sa renonciation elle-même en la forme susdite; en 4343, Jeanne de Navarre ayant renoncé à la communauté par procureur après le décès du roi de Navarre, comte d'Evreux, son mari, la renonciation attaquée dut être l'objet de lettres de ratification délivrées par le roi (4393). Peu après (4364), Marguerite de Bourgogne, veuve du duc Philippe P^ « pour le doute ou'elle ne trouvât trop grandes

dettes, renonça à ses biens meubles, en mettant sur sa représentation (image iunèbre) sa ceinture avec sa bourse et les clefs, comme il est de coutume, et de ce demanda instrument à un notaire public qui était là présent ». (Monstrelet, Chronique^ 1. I, ch. xvni ; comparer Ane, coût, de Bourgogne^ art. 3.)

Ceinture de la reine. Nom d'un impôt qui se levait tous les trois ans sur chaque muid de vin ; il fut étendu à quelques autres denrées, comme le charbon. De même que l'impôt analogue qui se trouve en Angleterre sous le nom de Queen Gold (or de la reine), cet impôt était destiné à l'entretien de la maison de la reine et, selon ce qui vient d'être expliqué, à garnir sa ceinture.

Ceinture dorée. Pièce de la parure des femmes au moyen ^ âge, qui devint, au xv® siècle, un signe distinctif des femmes d'honnêtes mœurs, à la suite de divers arrêts portant interdiction aux prostituées de porter cette ceinture, ainsi que collets renversés, queues et boutonnières à leurs chaperons (arrêts du parlement de Paris de 4420 et 4446). On commença dès lors à dire : « bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. » Estce que, la défense ayant été enfreinte, des femmes de mauvaise vie portèrent la ceinture dorée ? N'est-ce pas plutôt qu'au milieu du dérè|lement des mœurs, maintes dames de la cour et de la ville ne vivaient pas d'une manière bien différente de celles auxquelles la ceinture dorée était interdite ?

Ceinture funèbre. Droit honorifique appartenant aux patrons des égUses ou aux seigneurs hauts justiciers ; c'était une bande noire qui était peinte dans l'église de distance en distance ou au dehors avec les armoiries seigneuriales. La ceinture funèbre du patron était peinte dans l'église au-dessus de celle du seigneur justicier, mais seul celui-ci pouvait faire peindre la sienne au dehors de l'église (Lamoignon, Arrêtés^ t. VII, art. 15 et 48). Cette ceinture se nommait aussi une litre (V. ce mot). On honorait ainsi la mémoire du seigneur et celle des membres de sa famille. Aujourd'hui, la ceinture funèbre est une bande noire et ornée des armoiries du défunt qu'on tend autour de l'église. Paul Cauwès.

IV. Chirurgie. — Les ceintures sont des appareils destinés à entourer et à comprimer plus ou moins fortement la partie inférieure du tronc. Elles se font en cuir, en coutil, en étoffe ou en tissu élastique selon le but cherché. Elles sont dites ombilicales, abdominales, ou ventrières, hypogastriques suivant la région du corps contre laquelle on les applique. — Les ceintures ombilicales servent à peu près exclusivement à contenir les hernies de l'ombilic lorsque les bandages ordinaires (V. Bandage) sont insuffisants ou mal supportés. Le modèle le plus simple se compose d'une bande d'étoffe ou de coutil supportant un petit tampon qui appuie sur la hernie. Dans les cas où l'intestin ne peut rentrer dans la cavité abdominale, la ceinture supporte, en outre, une sorte de sac qui reçoit la hernie, la maintient et la protège dans une certaine mesure contre les chocs extérieurs. Chez les enfants, les ceintures ombilicales sont assez souvent employées, par suite de la fréquence relative des hernies de l'ombilic. L'appareil est alors assez large pour recouvrir à peu près tout l'abdomen; il est, en outre, maintenu par des ligaments élastiques dont les uns le fixent à l'épaule, les autres aux cuisses. La pelote doit être assez forte pour refouler l'intestin sans pénétrer dans l'anneau. — Les ceintures abdominales trouvent leur emploi dans les cas les plus variés. Elles servent surtout dans le traitement des affections de l'utérus, et pour soutenir les parois du ventre relâchées par de précédentes grossesses. Elles sont encore fort utiles aux femmes très grosses et dans les déplacements de certains viscères abdominaux. La ceinture de grossesse du docteur Pinard est l'un des modèles les mieux compris; elle peut être ulihsée par les femmes enceintes dont les parois abdominales sont affaiblies, mais elle sert plus fréquemment à maintenir le fœtus dans une

CEINTURE

position déterminée,lorsque des manœuvres externes ont modifié une présentation vicieuse de celui-ci. — Les ceintures hypogastriques rendent surtout service dans les affections de Futérus, particulièrement les déviations. Elles agissent sur l'organe malade soit à l'aide d'un ressort, soit par l'intermédiaire d'un levier.

La ceinture de Hildan est un appareil dont on s'est servi autrefois pour réduire les luxations et les fractures. Il était en cuir et était placé de façon à faciliter la contreextention pendant que l'on tirait sur le membre à réduire. — On a appelé ceinture humide un procédé hydrothérapique qui consiste dans l'application d'un linge humide recouvert d'une compresse sèche sur la région épigastrique. Cette pratique, peu commode, a été recommandée plus particulièrement dans certaines affections chroniques du tube digestif. D'' Alphandéry.

V. Art militaire. — La ceinture paraît avoir été, de tout temps, une marque de distinction, un insigne de commandement dans les armées. Le maître de la cavalerie à Rome portait une ceinture en cuir rouge fixée par une boucle d'or. Une idée d'honneur s'attachait à cet insigne. Nous retrouvons plus tard la ceinture chez les Francs, où elle est le signe de l'admission dans l'armée ; sous la féodalité, elle fait partie des attributs que revêt le jeune noble quand on l'arme chevalier. Aujourd'hui, la ceinture existe encore avec son sens honorifique dans la tenue des généraux et des membres du contrôle et de l'intendance militaire, tandis que les ceintures de gymnase, de natation, d'incendie ou celles des troupes d'Afrique, etc., ne sont que des objets utiles à divers exercices, ou des accessoires hygiéniques du vêtement. La ceinture des généraux est de nuance différente suivant leur grade. Celle du ministre de la guerre et des maréchaux de France, est formée de six raies en filet d'or entremêlées de cinq raies d'or et de soie blanche. La soie est ponceau pour le général de division, et bleu de ciel pour le général de brigade. Pour les administrateurs militaires, les raies sont en filet d'argent avec soie de couleur variant suivant le grade. La ceinture affectée aux hommes de troupe, à titre hygiénique, est particulière aux corps d'Afrique. Elle est en laine écarlate, avec effilés pour les tirailleurs algériens (turcos), et en laine bleu clair sans effilés pour les zouaves. Sa longueur est de 6 m. sur 42 centim. de large pour la cavalerie, et de 4 m. 20 sur 40 centim. pour les corps à pied. D'autre part, des ceintures de flanelle, que le soldat doit porter sur la peau, sont distribuées aux troupes d'Algérie, aux troupes en campagne ou dans les camps, et même aux troupes de France quand l'autorité le juge utile. En campagne, la voiture d'effets qui est affectée à chaque répiment comporte un petit approvisionnement de cent cinquante ceintures de flanelle. Parmi les ceintures d'exercice, nous citerons : 1° celle des sapeurs-pompiers qui sert pour le service d'incendie; elle est en tissu croisé de laine avec doublure de toile de chanvre; 2° celle des télégraphistes militaires, de couleur bleu de ciel, avec boucle pour porter le sac à outils ; 3° la ceinture de gymnase en tissu de fdà raies alternées rouges et blanches, doublée en treillis; 4** enfin, la ceinture de natation en tissu de sangle et portant un anneau de fer à chacune de ses extrémités.

Ceinture de projectile. Dans le tir des bouches à feu rayées, en acier, la rofetion de l'obus est assurée au moyen d'une ou plusieurs ceintures de cuivre fixées sur le projectile. Au départ du coup, les cloisons de l'âme de la pièce s'incrustent dans le métal des ceintures, tandis que les parties non découpées de ce métal se logent dans les rayures : les cloisons et les rayures, tracées suivant une ligne hélicoïdale, obligent le projectile à prendre un mouvement de rotation. Les ceintures ont encore pour effet de fermer toute issue aux gaz de la poudre du côté de la bouche de la pièce. — L'artillerie française avait essayé d'appuyer le projectile dans les rayures au moyen de deux ceintures placées de part et d'autre du centre de gravité; mais on reconnut bientôt qu'on pouvait sans inconvénient

remplacer la ceinture avant par une surépaisseur de fonte, la ceinture arrière, dite forçante, suffisant pour assurer l'obturation et la rotation. Cette suppression de la ceinture avant permet, d'ailleurs, d'employer la rayure progressive. La ceinture a un profil généralement rectangulaire. Le ceinturage se fait en logeant la ceinture dans le moule du projectile avant la coulée ; on pose aussi la ceinture à la main ou au moyen de machines. La haison entre la ceinture et l'obus, pendant la rotation du projectile, est obtenue en donnant aux surfaces de contact de ces deux parties une forme polygonale.

VI. Marine. — La ceinture est un placage en bois fixé à la flottaison d'un navire destiné à se tenir accosté à des quais ou à d'autres bâtiments, et qui a pour but de préserver des dégradations produites par les chocs la muraille de ce navire à la partie la plus renflée. — Les grosses embarcations , les chaloupes , par exemple , dont la partie la plus large est voisine du plat bord, portent aussi, en cet endroit, un placage en bois, ou une véritable ceinture en corde garnie, de distance en distance, de renflements en paillet.

Ceinture cuirassée, La cuirasse métallique des bâtiments de combat modernes ne s'étend pas en général sur toute la muraille ; elle est limitée le plus souvent à la flottaison, dont la protection est essentielle pour la sécurité du navire, et au fort central (ou aux tourelles) qui contient le gros canon.

La cuirasse de flottaison s'appelle ceinture cuirassée, bien que, sur quelques navires, elle s'arrête à une certaine distance des extrémités. La hauteur de cette ceinture est très variable, suivant le type du bâtiment ; en moyenne, elle s'étend de 60 centim. à 4 m. au-dessus de la flottaison, à i"^50 ou 2 m. au-dessous. On admet que la force vive de projectiles qui atteindraient la coque à plus de 3 m. audessous de la flottaison serait amortie par la résistance de la couche de Hquide assez considérable qu'ils auraient traversée. — Ils rencontreraient du reste les formes fuyantes de la carène sous une incidence peu favorable à la perforation. (Pour les épaisseurs de plaques de ceinturg cuirassée, V. Cuirasse.)

Ceinture de hamacs. Long cordage muni de hanets, c.-à-d. de petits bouts de ligne greffés, « épissés », dans ses torons, qui sert à mettre au sec les hamacs que l'équipage vient de laver. Chaque hamac est tenu à la ceinture par deux hanets qui viennent passer dans des trous ou « œillets » disposés à chaque coin. L'expression de ceinture de hamacs provient de ce que les cordages étaient autrefois suspendus aux extrémités des basses vergues et formaient ainsi de grandes guirlandes horizontales qui semblaient entourer le navire.

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