CEINTURE - CÉLADON
moyen de 25 tonnes, qui servent surtout au transport de bois à brûler.
CEINTURE (Chemin de fer de). Les différents chemins de fer qui ont leur tôte de ligne à Paris sont raccordés entre eux par deux lignes dites de ceinture. La première, ou ligne de petite ceinture, fait le tour de Paris à l'intérieur des fortifications en passant par Courcelles- Levallois, Auteuil, Montrouge, la Râpée-Bercy, Ménilmontant, la Chapelle et Courcelles. Cette ligne suburbaine est établie tantôt en tranchée à ciel ouvert, tantôt en souterrain, tantôt en viafduc ; sa longueur est de 30 kil. environ et comporte 27 stations. Elle est administrée par un syndicat dans lequel sont représentées toutes les compagnies ayant leur tête de ligne à Paris. La seconde ligne, dite de grande ceinture, qui a été déclarée d'utilité publique par une loi du 4 août 4875, est établie autour et à l'extérieur de Paris. Elle comprend un circuit fermé allant de Versailles à Noisy-le-Sec par Achères, et de Noisyle-Sec à Versailles par Juvisy et un embranchement reliant Valenton à Massy-Palaiseau. La longueur du circuit principal est de 443 kil., celle de l'embranchement de 48 ; le nombre total des stations est de 39. Cette ligne sert également de raccordement aux différents ch. de fer qui rayonnent autour de Paris et elle est également exploitée par le syndicat des compagnies. La ligne de petite ceinture, qui constitue un véritable ch. de fer métropolitain périphérique, est desservie par des trains fort nombreux; il y en a 4 par heure entre 40 heures du matin et 9 heures du soir, sans compter les trains supplémentaires qui ont lieu les dimanches et fêtes. La ligne de grande cemture, dont la fréquentation est beaucoup plus modeste, ne comporte guère que 4 trains par jour dans chaque sens, non compris quelques trains locaux établis pour desservir certaines portions de la ligne. G. Humbert.
BiBL. : 1» Archéologie. — Daremberg et Saglio, Dictionnaire des antiquités, an mot Cm GXJLVM.'— DeLaborde, Notice des émaux, Glossaire, p. 195. — Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné du mobilier^t. III, p. 104. — Gay, Glossaire archéologique, t^. 291. — Quicuerat, Histoire du costume en France, passim
2* Ancien droit français. — De Laurière, Glossaire du droit français, v» Ceinture ; Niort, 1881, in-4. — Pasquier, les Recherches de la France; Amsterdam, 1723t. 1, 1. Vin, ch. XI, p. 785, 2 vol. in-fol. -— De Lamoignon, Recueil des arrêtés ; Paris, 1783, t. ï, p. 41, 2 vol. in-4. — Encyclopédie méthodique, section Jurisprudence ; Paris, 1784, t. IV, pp. 120 à 123, 8 vol. in-4.
CEINTURIER (Archéologie). Fabricant ou marchand de ceintures. Le Livre des Métiers d'Et. Boileau donne les statuts des corroiers ou courrayers; c'est ainsi que l'on désignait, au xiii® siècle, ceux qui avaient le droit de faire les ceintures et de les plaquer de métal. Dans les règlements de cette corporation, on voit que pour être admis à la maîtrise, il fallait avoir travaillé six ans à Paris ; pour prendre apprenti, un maître devait l'engager pour une période de cinq ans au moins. Ce métier était accessible aux femmes, mais elles n'y étaient admises que dans ceiv taines conditions sévèrement stipulées : « Nul ne peut prendre femme en apprentissage, si elle n'est fille de corroier. Nulle femme ne peut prendre apprenti, mâle ou femelle, si elle n'a été femme de corroier. Si fille de corroier sait le métier, elle doit, pour s'établir, apprendre le métier à son mari. » On voit encore dans la suite des statuts, un article de précaution contre les filles de ceinturiers qui, s'étant établies à leur compte, menaient une vie déréglée, à la suite de laquelle, ruinées et perdues de réputation, elles retombaient à la charge de leurs parents. Un article déclare enfin ce métier susceptible d'être combiné avec la mercerie ; en effet, les ceinturiers, par les broderies et les applications de métal dont ils décoraient leurs produits, se rapprochaient plus des couturiers que des ouvriers en cuir proprement dits. Ad. T.
BiBL. : Et. Boileau, Registre des métiers et marchands de la ville de Paris.
CEI NTURON.L Archéologie. — Ce mot exprime la même idée que celui de baudrier, avec cette seule différence que
le baudrier, plus lâche, se porte en sautoir, tandis que le ceinturon se fixe autour des hanches. Le ceinturon sert à suspendre une partie des armes ; c'est une des pièces importantes de l'équipement du soldat, et jadis, les chevaliers le décoraient avec un grand luxe. Au milieu du xiv® siècle, le ceinturon était devenu une marque distinctive de la chevalerie ; on le portait même sur l'habit civil. La mode le fit placer, tantôt à la hauteur des hanches, tantôt plus bas, presque à mi-jambes, sur la braconnière. Ad. T.
II. Art MiLiTAmE. — Cette pièce de l'équipement du soldat sert à supporter en général le sabre ou l'épée. Elle était en usage dans l'antiquité, ainsi qu'au moyen âge. A partir de la fin du xvi^ siècle, le ceinturon fut remplacé chez nous par le baudrier ; puis on le voit reparaître dans l'équipement des carabiniers à cheval (ord. de 1684) et peu après dans celui des mousquetaires à pied (ord. de 1688).
En 1766, il est prescrit d'employer le ceinturon pour le port des baïonnettes et épées. Mais ce retour n'est qu'éphémère, et l'année 1779 voit le ceinturon de nouveau supprimé. C'est, d'une manière générale, avec le baudrier que se font les guerres de la République et de l'Empire. Réintroduit par la Restauration, l'usage du ceinturon dôvient presque universel sous Louis-Philippe. Depuis 1871, toute notre armée a le ceinturon. Les ceinturons actuellement en usage sont de différents modèles, suivant les armes. Celui de l'infanterie se compose d'une bande de cuir noir de 55 millim. de largeur et de 3 à 5 millim. 5 d'épaisseur. A l'extrémité la plus épaisse, se trouve enchappé un D en fil de cuivre. Les ceinturons des ofliciers sont en cuir verni, sauf pour l'infanterie de marine où ils sont en soie, substance moins sujette à se détériorer dans les pays chauds. Ceux des généraux sont également en soie, avec raies horizontales formées de galons d'or tissés.
BiBL. : !. Archéologie. ■— Viollet-le-Dug, Dict, rais, du mobilier français (armes de guerre); Paris, 1875, in-S.
CEIONIA (Gens), Famille de l'ancienne Rome, connue surtout à partir du second siècle de notre ère. Parmi ses membres, elle a compté L. Verus, le collègue de Marc-Aurèle (V. L. Yerus). G. L.-G.
GEIRAT ou SiRAT, Plaine d'Algérie, dép. d'Oran, s'étend sur la rive droite de la Makta, et se compose en grande partie de terrains broussailleux. Une surface considérable en a été concédée à la Société du chemin de fer d'Arzew à Saïda et a pour centre d'exploitation Debrousseville. Au N., le principal centre est Aïn Nouissy et à l'E. le hameau de Sirat. Le nom de Sirat, par lequel on désigne cette plaine, paraît provenir de celui de l'oued el Hammam, une des branches de la Makta ; elle s'appelait en effet Sirà à l'époque romaine. E. Caï.
CEISAN, CEISEAU (V. Ceysa«).
CÉLADON. L Mythologie. — Nom porté par divers héros grecs, d'ailleurs sans importance. Il signifie le bruyant, le retentissant et semble n'être qu'une épithète personnifiée du flot ou des vents. On retrouve ce sens dans le nom d'un fils de Miletus de Crète, fondateujr de la ville de Milet; ce Céladon est le frère de Byblis, et tous deux sont issus d'une fille de Méandre, personnification du fleuve qui coule au voisinage de Milet; de sorte que Céladon peut n'avoir 'été d'abord que l' épithète du fleuve, comme Byblis est la personnification d'une sourc<& (V. ce mot). J.-A. H.
IL Céramique. — Couleur verte, feuille de pêcher naissante, et, par extension, porcelaine orientale à fond d'émail vert très clair, semblable à un empois. Est-ce le berger Céladon de VAstrée d'Honoré d'Urfé, qui leur a donné son nom ? Il semble difficile de le nier, en réfléchissant que c'est au moment de la grande vogue de ce roman, dans lequel les bergers revêtaient les couleurs les plus- tendres, que la Compagnie des Indes, constituée en 1602, faisait ses premières importations de porcelaine orientale en Occident ; la cour de France baptisait immédiatement une couleur inconnue et tendre, du nom du héros à la mode. En
CELADON — CELASTRACÉES
4690, Ant, Furetière donnait le droit de cité au mot céladon^ en le définissant couleur verte, blafarde, mêlée de blanc; l'Académie l'acceptait en 4694. De la teinte, le nom passa à la porcelaine elle-même ; aujourd'hui, le mot céladon s'applique à toute une série de pièces chinoises, japonaises, persanes, dont le fond n'est plus même de ce vert clair qui lui a valu tout d*abord son nom, mais bien d'un émail uniformément teinté, couvrant entièrement la terre, et qui est de toutes les nuances, depuis le gris roussâtre jusqu'au vert de mer foncé. Cette décoration, une des plus anciennes, servit dans le principe à dissimuler la terre rouge qu'on employait avant le kaolin ; son emploi s'est continué jusqu'à nos jours, même sur la terre à porcelaine blanche. On a le céladon fleuri, c.-à-d. semé de bouquets de fleurs sur un fond vert clair, le céladon craquelé, truite, vert feuille de camélia, le céladon bleu empois, le céladon japonais ventre de biche de Satzouma. Les céladons persans sont généralement d'un vert très foncé. F. DE Mély.
CÉLADONITE. Variété de Monte (V. ce mot).
CEL^NiC. Ville riche et florissante de la Phrygie.EUe était située sur le Méandre qui prenait sa source dans la résidence royale. Un autre cours d'eau, le Marsyas, jaillissait au pied du château-fort construit par Xerxès et se jetait dans le Méandre. Dans une grotte située auprès de cette source on conservait la peau de Marsyas (V. ce nom). (V. Xénophon, Cyrop.^l^ 2; Strabon, p. 577, etc.; Arrien, Exp., I, 29 ; Tite-Live, XXXVIII, 43 ; Pline, H.N.,Y. 29; Q.-Curce, I, 7.)
CEL^NIA (Zool.). Genre d'Arachnides, créé par le D^ Thorell, dont les affinités ont été diversement appréciées, mais qui paraît cependant se rattacher, comme type anormal, à la famille des Epeirides. Le céphalothorax des Celœnia est acuminé dans la région frontale, leur abdomen s'élève et se dilate d'avant en arrière, leurs pattes des deux premières paires, beaucoup plus longues que les autres, sont rejetées latéralement, ce qui leur donne l'aspect des ThomisuSj parmi lesquels le Rev. Cambridge les avait classés. La toile des Celœnia n'a pas été observée ; leur cocon ovigère est tout à fait sphérique, son tissu externe est dur, cassant et d'un vert olivâtre veiné de noir tandis que l'interne est une bourre floconneuse. Toutes les espèces de ce genre sont propres à l'Australie. Le type est C, Kinbergi Thorell. Le genre Taczanowskia, proposé depuis par KeyserMng pour des espèces américaines, fait le passage des Celœnia aux Epeirides normaux, particulièrement aux Poltys.
Eug. Simon.
CEL^NO. L Mammifères. — Genre de Chéiroptères créé par Leach (4822), et synonyme de Noctilio Linné (V. Noctilion).
II. Arachnides. — Genre d'Acariens de la famille des Gamasidœ créé par Koch et présentant les caractères suivants : Mandibules très longues et grêles terminées par une pince dont la branche fixe est plus longue que la branche mobile et cultriforme. Cuirasses dorsale et ventrale soudées ensemble. Jambes de la première paire tactiles, munies d'ongles et de ventouses. Pas de camérostome ni d'enfoncement pour l'insertion de la première paire. Epistome à épine cihée. Ouverture sexuelle mâle placée assez en arrière, sur la plaque sternale. Les larves sont hexapodes et présentent sur le pourtour du corps une large membrane soutenue par des épines chitineuses : les nymphes ressemblent aux adultes, mais sont dépourvues de la fossette ou dépression longitudinale que porte la plaque dorsale de ceux-ci. La forme du corps est un peu pyriforme, élargie en arrière : la couleur est jaunâtre ou rougeâtre ; les pattes sont assez courtes ; la taille ne dépasse guère un demi-mill. de long. Ce genre se rapproche à'Uropoda]^2iV la disposition des organes buccaux cachés sous 1 epistome, qui s'avance ici en forme de proue ; mais l'absence du camérostome et de l'enfoncement où s'insère la première paire de pattes dans les Uropodes l'en distingue à première vue. Le type (Cœleno œgrota Koch),
vit dans la mousse des forêts sablonneuses et paraît assez répandu en Europe ; on le trouve en France : c'est le Gamasus lagenariics de Dugèset deMégninetle Trachynotus pyriformis de Kramer. Le G. Celœnopis (Berlese) se rapproche davantage des vrais Gamases (V. ce mot).
E. Trouessart.
CELANO.ViUe d'Italie, prov. d'Aquila; 6,638 hab. Vieux château, trois églises du temps de Charles II ; tanneries. Prospère au moyen âge, cette ville fut détruite par Frédéric II (4223) et ne se releva que lentement et incomplètement. A 4 kil. au S. était le lac de Celano, l'ancien lac Fucin (V. ce mot), récemment desséché.
CE LA NO (Carlo), littérateur et auteur dramatique italien, né à Naples en 4647, mort le 43 déc. 4693. Soupçonné d'avoir écrit une relation des tumultueux événements de 4644, il fut jeté en prison et n'en sortit que grâce à l'intercession de Capece-Galeota, régent du Conseil collatéral. Il fut lié d'amitié avec Mabillon qui lui témoigna plus d'une fois son estime, notamment dans Vlter Italicum. On lui doit : Délie Notizie del bello, delV an-tico e del cunoso délia città di Napoli (^a^leSy 4792, 4 vol. in-4) ; Degli Avanzi délie poste (Naples, 4676- 4684, 2 part, in-8), sorte de guide pour les étrangers, en forme de lettres, et qui contient de curieuses nouvelles et des remarques d'un rare intérêt sur les usages populaires du royaume de Naples. Sous le pseudonyme d'Ettore Calcalona ou Calcalone, il écrivit de très amusantes et très étranges comédies, moitié itaHennes, moitié en dialectenapolitain : Non è padre essendo Re (Naples, 4663); gli Ejfetti délia cortesia (Rome, 4662); Dell' Amore l'ardire (Rome, 4662); la Pietà trionfante (Rome, 4662); la Forza delta fedeltà (Rome, 4662); Proteggere Vinimico (Naples, 4664); VArdito vergognoso (Naples, 4676); il Consigliere del suo proprio maie (Venise, 4692); Cauteli e danni^ S, Casimir o^ la Molinarella^ trois pièces que l'on ne connaît que par des mentions d'anciens catalogues. R. G.
BiBL. : Giambattista Passano, I Novellieri Italiani in prosa; Turin, 1878, 2 vol. in-8. — Pietro Martorana, Notizie biografiche e bibliografîche degli scrittoin del dialetto napoletano; Naples, 1874, in-8.
GELANO (Thomas de) (V. Thomas de Celano).
CE LARE NT. Terme de logique qui désigne un mode de la première figure du syllogisme (V. ce mot), où la majeure est universelle négative (E), la mineure universelle affirmative (A) et la conclusion universelle négative (E), Ex. : Aucun être fini n'est exempt d'erreur, — tous les hommes sont des êtres finis, — donc aucun homme n'est exempt d'erreur.
CELAS. Rassin houiller du nord du dép. du Gard (Y, ce mot.)
CELASTRACÉES (Celastraceœ Lindl.). Famille de Végétaux Dicotylédones, dont les représentants sont des arbres ou des arbustes parfois épineux ou grimpants, rarement des herbes vivaces, à feuilles alternes ou opposées, presque toujours simples et accompagnées de petites stipules caduques. Les fleurs sont régulières et hermaphrodites, quelquefois polygames ou dioïques, et disposées le plus ordinairement en cymes ou en grappes axillaires. Elles ont un périanthe double (quelquefois simple par avortement de la corolle), pentamère ou tétramère, avec un disque nectarifère épais qui sépare la corolle de l'androcée. Celuici est formé d'un verticille de cinq étamines alternipétales (quatre dans les fleurs tétramères), à filets courts terminés par des anthères introrses, parfois extrorses. L'ovaire, très variable au point de vue du nombre des loges, des ovules et des styles, devient à la maturité un fruit sec, déhiscent ou indéhiscent, parfois drupacé ou bacciforme, dont les graines sont généralement pourvues d'un arille et d'un albumen charnu.
Etablie en 4844 par R. Rrown sous le nom de Celastrineœ^ cette famille s'est augmentée depuis lors par l'adjonction de plusieurs groupes, tels que les Stackhousiacées,
CÉLASTRAGÉES — CÉLÈBES
les Hippocratéacées, les buxacées, qui ont ete considérés pendant longtemps comme autant de familles distinctes. Elle se rapproche surtout de celle des Rhamnacées, dont elle diffère notamment en ce que les ctamines sont alternipétales et non oppositipétales. Les quarante et un genres qu'on y admet aujourd'hui sont répartis par M. H. Bâillon dans les sept groupes suivants : 4° Evonymées : Evo^ nymus Tourn., Catha Forsk.; Elœodendron Jacq., Rhacoma L., Celastrus L., etc.; 2** Stackhousiées : Stackhousia Sm. ; 3^ Goupiées : Goupia Aubl. ; ¥ Azïmées : Azima Lamk, Dobera Juss. et Salvadora Garcin. ; 5** HippocRATÉÉEs : Hippocratea L., SalaciaL., etc.; 6<* BuxÉES : Buxus Tourn., Sarcococca Lindl., etc.; 7° Geissolomées : Geissoloma Lindl. (V. H. Bâillon, Hist, des Plantes, YI, p. 4). Ed. Lef.
CELASTROPHYLLUM (Paléont.). On a donné ce nom à des feuilles rencontrées, tant en Europe que dans l'Amérique du Nord, dans les formations tertiaires, et se rapportant indistinctement à diverses Célastracées des genres Celastrus L., Evonymus L., Nemopanthes Raf., Prinos L., etc., sans qu'il' soit possible d établir entre elles une différenciation exacte.
CELASTRUS {Celastrus L.). Genre de plantes qui a donné son nom à la famille des Célastracées (V. ce mot). Ses représentants sont des arbustes ou des arbrisseaux, souvent grimpants, à feuilles alternes, pétiolées, entières, à fleurs hermaphrodites, parfois unisexuées, disposées en grappes composées de cymes axillaires ou terminales. Ces fleurs ont un calice gamosépale à quatre ou cinq divisions et une corolle de quatre ou cinq pétales, insérés sur le bord d'un disque plus, ou moins concave et tapissé intérieurement d'un disque de forme variable dans les sinuosités duquel sont insérées les étamines. L'ovaire, placé au milieu du disque, devient à la maturité une capsule globuleuse ou oblongue, coriace, dont les loges renferment chacune une ou deux graines albuminées et enveloppées d'un grand arille charnu. Les Celastrus sont disséminés dans les religions chaudes et tempérées du globe. On en connaît plus de cent trente espèces. Le C» scandens L. {Evonymus scandens Mœnch), originaire de l'Amérique du Nord, est un arbrisseau volubile que l'on cultive en Europe comme ornement. On r=appelle vulgairement Bourreau des arbres^ parce qu'il étouffe les arbres sur lesquels il monte. Son écorce est employée au Canada comme émétique, évacuante et narcotique. Le C» paniculatus Willd. {C, nutans Roxb.), qui habite les Indes Orientales, fournit, par distiflation de ses graines, une huile empyreumatique utilisée dans le traitement du Béribéri (V. ce mot). Enfin, à Bourbon, à Maurice et à Madagascar, on emploie contre les gonorrhées le C, undulatus Lamk, qui porte le nom de Bois de merle, — Le C, edulis Vahl est devenu le prototype du genre Catha (V. ce mot). Ed. Lef.
CELAYA ou ZELAYA. Ch.-l. de district de la prov. de Guanajuato (Mexique), dans une position qui domine le cours supérieur du rio Lerma (rio Grande de Santiago) ; 44,000 hab. Tanneries. Station du Mexican central (El Paso à la Vera-Cruz).
CELÉ (La). Rivière de France qui se jette dans le Lot. Elle naît sur les pentes méridionales du massif du Cantal, dans le département de ce nom, non loin de Calvinet, arrose ensuite, en se .dirigeant de l'E. à l'O., Saint-Constant, Figeac, Marcillac, Cabrères, et rejoint le Lot non loin de Saint-Cirq, en amont de Cahors. Son cours est d'environ 90 kil. Le plus important de ses affluents est la Rance, qui arrose Maurs (Cantal). L. F.
CÉLÈBES. Ile de la Malaisie comprise entre ^^W de lat. S. et 4^ 45' de lat. N., par 446° 34' et 422o 52' de long. E. Sa configuration est des plus irréguHères : sa forme a été comparée à un squelette recourbé, à un fer à cheval double, à un polype, à une araignée écrasée. Elle se compose, en réalité, de quatre presqu'îles unies par des isthmes étroits et séparées les unes des autres par les baies de Boni, de Tolo et de Gorontalo. Elle est située dans le
grand Océan, à l'O. des îles Moluques, à l'E. de Bornéo, dont elle est séparée par le détroit de Macassar, baignée au S. par la mer de" Banda, au N. par la mer de Célèbes qui la sépare des fles Philippines. Sa longueur, du N. au S., est d'environ 750 kil. ; sa largeur, de l'E. à l'O., varie de 60 à 200 kil. Sa superficie est évaluée à 490,000 kil. q. Sa population est d'environ 3,000,000 d'âmes. Les quatre presqu'flesdont nous venons de parler sont celles de Gorontalo au N., de Balante et de Tambuco à l'E. ; de Macassar au S. Les côtes de Célèbes sont généralement élevées, très accidentées. Parmi les bons ports, gui ne manquent pas à cette île, ceux de Macassar, de Boni et de Gorontalo occupent le premier rang. Avec une configuration aussi bizarre que celle de Célèbes, les caps sont nécessairement très nombreux : nous citerons comme les plus remarquables ceux de Candy et Cofiin, sur la côte N. ; Talabo, sur celle de l'E. ; River, Donda, Temoul, Willem, Kil, Onkona et Mandhar, sur celle de l'O. Chacune des presqu'îles est traversée par une chaîne de montagnes, mais pas plus que l'fle de Bornéo, sa voisine, Célèbes ne possède aucun volcan important.
De nombreuses rivières se précipitent au pied de rochers énormes et traversent avec fracas des forêts majestueuses. Les plus connues de l'fle sont la Chinrama, qui se jette dans la baie de Boni, et le Boul, qui se rend dans la mer de Célèbes. Célèbes compte, en outre, plusieurs lacs dont le plus important est celui de Tempe. Le climat de Célèbes est sain et doux ; malgré son exposition tropicale, la chaleur y est tempérée par des pluies abondantes et par des brises fraîches, qui pénètrent facilement dans l'intérieur de l'île à cause de sa configuration particuUère et des golfes qui découpent ses côtes. Excepté dans quelques rares parties marécageuses, l'air est salubre. Aucun point de son territoire n'étant éloigné de la mer, Célèbes offre des dispotions très favorables à l'exploitation des immenses forêts qui couvrent une partie du sol et où l'on trouve le bois de gofaffu et de bintanger, excellent pour les constructions navales ; le bois de fer, dont le tronc a quelquefois 3 m. de diamètre ; l'ébène donnant des madriers d'une largeur de 4 ""32 ; la lingoa, qui fournit des meubles d'une rare élégance. Cette belle île produit les plantes les plus vénéneuses que l'on connaisse. Le fameux Oupas est un poison commun à Célèbes ; les Macassars y trempent leurs poignards. A côté de ces arbres de mort et des arbres au bois utile, on trouve aussi les girofliers, les muscadiers, les bananiers, les cocotiers, les caféiers, les palmiers, les sagoutiers, etc. On cultive du tabac, des melons, les patates, les iguanes, les choux, la chicorée, et en général toutes les plantes domestiques d'Europe. Le riz et le coton abondent. On ne voit dans les forêts ni tigres, ni éléphants, mais beaucoup de cerfs, de sanghers et de singes dont un grand nombre sont dévorés par une espèce de serpent de taiUe énorme. Célèbes nourrit aussi des buffles, des chèvres et des moutons, habitués aux montagnes. Les forêts sont infestées de couleuvres, de pythons, de scorpions et, sur les bords des rivières, de crocodiles ; les côtes fourmillent de tortues et de poissons. Parmi les oiseaux, les perroquets blancs, gris et noirs sont en grand nombre.
Les minéraux méritent l'attention. La partie méridionale de l'île en est dépourvue, mais la péninsule septentrionale est remplie de mines d'or ; à Gorontalo, on exploite près de cent mines, dont le métal est disséminé en paillettes presque imperceptibles dans la roche calcaire. Il y a aussi des mines de cuivre, d'étain et même de diamants. Quelques montagnes donnent du cristal, d'autres du fer. Des terrains, remplis d'une immense quantité de soufre, sont bouleversés par de fréquents tremblements de terre.
Les habitants de Célèbes, que l'on distingue en Bonis et Boughis d'une part, et Alforèses ou Alfourus de l'autre, sont très braves, mais vite abattus. Ceci est dû à l'abus de l'opium. Leur arme favorite est le criss^ dont la lame s'allonge en serpentant. Leur éducation les rend agiles, industrieux et robustes. Les mères frottent leurs
CÉLËBES — CÉLERI
enfants avec de l'huile ou de l'eau pour leur développer le corps. Les Boughis sont répandus sur toute la surface de l'île. Ils étaient jadis adonnés à la piraterie ; ils sont grands, vigoureux et ont beaucoup de ressemblance avec les Malais ; ils ont seulement le teint plus clair et la forme du visage plus ovale que ces derniers. D'un caractère doux et paisible, les Boughis reconnaissent sans murmurer la suprématie des Hollandais. La polygamie est en usage parmi eux ; les femmes sont employées aux travaux de la terre et, en général, aux occupations les plus pénibles ; cependant, il y a des districts où elles jouissent des mômes droits que les hommes et prennent part aux affaires publiques. Les Boughis sont superstitieux ; leurs prêtres consultent le vol et le chant des oiseaux, les entrailles des victimes ; quelquefois ils plongent leur tête dans le ventre fumant de l'animal sacrifié et rendent ainsi des oracles, la face barbouillée de sang.
Les Âlforèses se distinguent par la blancheur de leur peau, la coupe arrondie de leur visage et la douceur de leurs mœurs. Ils n'ont pas les instincts maritimes: sur toute la côte N. de Célèbes, on ne rencontre aucune embarcation de pêcheur. Ils paraissent avoir renoncé à la navigation par crainte des pirates de Soulou. Ils ont coutume de se teindre les dents en noir.
Les peuples de Célèbes ne reconnaissaient autrefois d'autres dieux que le soleil et la lune. On n'offrait de sacrifices à ces dieux que dans les places puWiques, parce qu'on ne trouvait pas de matière assez précieuse pour leur élever des temples. Le mahométisme s'est répandu dans cette île il y a deux siècles. Les prêtres y exercent une très grande influence.
Les Portugais s'établirent à Macassar, dans le S. de Célèbes, en 1525. Ils s'y maintinrent même après avoir été chassés des Moluques ; la raison qui les y retenait et qui y attirait aussi les Anglais était la facilité de se procurer des épices. Les Hollandais, que cette concurrence empêchait de s'approprier le commerce exclusif du girofle et de la muscade, entreprirent, en 1660, d'arrêter ce trafic et parvinrent à chasser leurs concurrents de l'île. Les princes indigènes qui en partageaient la souveraineté furent réunis en une espèce de confédération. Ils s'assemblaient de temps en temps pour les affaires d'intérêt général, et le gouvernement de la colonie hollandaise présidait à cette diète. Aujourd'hui, cette organisation n'existe plus; la domination hollandaise est plus solidement établie.
Les Hollandais ont divisé leurs possessions et leurs protectorats en trois parties : la résidence de Ménado au N., celle de Ternate à l'E., et au S. le gouvernement de Macassar ou Mangkassar. Le Ménado ou province de Minahassa comprend une population de 200,000 âmes. Il y a là de magnifiques rizières, très prospères dans un terrain où les couches d'humus ont jusqu'à six mètres d'épaisseur, et sous une température de M^ centigr. en plaine, de 26° sur les hauteurs. On y cultive aussi le café, le cacao. Les jardins de cacaotiers donnent à cette résidence un aspect des plus pittoresques. La capitale, Ménado, est située au pied du Klobath, un volcan éteint. Sur les bords de la rivière s'étendent le quartier malais et le kampong chinois. La rade est dangereuse. Pendant la mousson du S.-E., de mai à octobre, les vaisseaux peuvent y relâcher, mais dans la mousson du N.-O., ils sont obligés de mouiller de l'autre côté de la presqu'île, à Kema. Macassar est le cheflieu des étabhssements hollandais dans la partie méridionale de Célèbes ; située au fond d'une rade excellente que deux bancs de sable protègent contre la mousson d'O., Macassar est appelée à un brillant avenir. La ville, qui compte 20,000 âmes, se compose do deux parties, le fort Rotterdam et la ville de Vlaardingon, bâtie depuis 1708. Bentham est à une journée de Macassar. Le district, avec Boule-Comba, contient 30,000 hab. Maros est dans la même plaine que Macassar. Près de Lagousi est une vallée qui porte lo nom classique de Tempe et où deux lacs alimentent une belle rivière.
Les Hollandais et les Chinois ont presque tout le monopole du commerce de Célèbes. L'exportation consiste en riz, or, cuivre, cire, girofle, muscade et autres épices, bois de senteur, d'ébénisterie et de construction, chevaux, nids d'hirondelles, peaux, sel, etc. Les principaux articles d'importation sont les cotons, la soie, l'opium, les liqueurs, les métaux travaillés, le fil d'or, le tabac, les porcelaines, la gomme laque, etc. Meyners d'Estrey.
C E L E B R ET (Droit canon) (V. Admittatur) .
CELEBRINO (Eustachio), poète italien du xvi® siècle, né à Udine (Vénétie), et dont la vie est des plus inconnues. Ses œuvres, fort rares, sont d'assez curieuses facéties, excepté la première qui semble une pièce historique : // Successo de tutti gli fatti che fece il duca di Borbone in Italia, con la presa di Roma (Venise, 1535); Opéra nuova chiamata Panthéon (Venise, 1535); Novella de uno prête il quai per voler far le corne a un contadino se ritrovo in la merda lui e il chierico, cosa piacevole da rider e (Venise, 1535); Dichiarazione percfiè non è venuto il diluvionelM.D, XX//// (Bologne); d'autres opuscules de Celebrino, notamment des Capitoli, sont mentionnés dans le catalogue Capponi.
BiBL. : Catalogo délia libreria Capponi; Rome, 1717, in-8. — Brunet, Manuel du libraire; Paris, 1860.
GEL EN 10 (Inarco), pseud, (V. Moratin [Leandro-Fernandez de]).
CELENO, CŒLENO, SELENO (Astron.). Nom d'une étoile de sixième grandeur appartenant au groupe des Pléiades situé sur la croupe du Taureau, et appelé dans nos campagnes la Poussinière, probablement parce que la plus belle étoile du groupe, Alcyone (V. ce mot), ressemble à une poule entourée de ses poussins.
CELER (V. C^ciLius, Domitius, Egnatius, Novius).
CELER, chevalier romain du temps de Domitien. Accusé d'avoir eu des relations avec une vestale, nommée Cornelia, il fut, malgré ses protestations d'innocence, tué sous le fouet, en plein forum, par ordre de l'empereur. (V. Suétone, Domitien^ 8 ; PHne le Jeune, Lettres IV, 41 .)
CELER ES. Les Romains donnaient ce nom à un corps de cavalerie de 300 hommes, qui servait de garde aux rois. Il était partagé en trois centuries, correspondant aux trois tribus, et placé sous les ordres d'un commandant appelé quelquefois lucumon et ensuite tribun, qui prit beaucoup d'importance et fut comme une sorte de lieutenant du roi. Le nom de lucumon est étrusque, et suivant la tradition, c'est un chef étrusque du nom de Vibenna ou Vibia qui vint avec ses cavahers en aide à un roi de Rome contre les Sabins. Ce roi semble être Tullus Hostihus, bien que Tite-Live attribue la première création de ce corps d'élite à Romulus, qui en aurait fait un instrument de tyrannie. Le nom de celer es disparaît de l'histoire avec la royauté. Au temps d'Auguste, les chevaliers le reprirent pour flatter le prince en s'assimilant à la garde des anciens rois. (V. Dictionnaire des anti^ quités, art. Celer es ^ par E. Saglio, avec les notes bibhographiques.)
CÉLERI {Apium Tourn.). I. Botanique. — Genre de plantes de la famille des Ombellifères et du groupe des Carées. L'espèce type, Apium graveolens L., est appelée vulgairement ic/i^ odorante, Ache, Persil ou Céleri des marais. C'est une herbe bisannuelle , dont la racine pivotante donne naissance à une tige dressée, fistuleuse, glabre, très rameuse, portant des feuilles pinnatiséquées, luisantes, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, avec une gaine étroite à bords amincis et blanchâtres ; leurs folioles cunéiformes, incisées, dentées au bout, sont au nombre de trois, cinq ou sept, selon que la feuille est placée plus ou moins haut sur la tige. Les fleurs, petites, d'un blanc verdâtre, sont disposées en ombelles nombreuses, sessiles ou brièvement pédonculées, naissant presque dès la base de la plante et dépourvues d'involucre et d'involucelles. Elles ont un calice à peine développé, en forme d'anneau, et cinq pétales arrondis, entiers, à sommet involuté. Les