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CENDAL — CENDRE

taines étoffes de soie légère qui nous viennent aujourd'hui de Chine. On en faisait des bannières, des enseignes, des couvertures et des draps de lit, des vêtements civils et religieux ; on finit par n'en plus faire que des doublures, et au XVI® siècle il devint une étoffe de qualité tout à fait inférieure.

Jusqu'au xni® siècle, il paraît avoir été exclusivement une étoffe d'importation. Dans les cadeaux dlïaroun al Raschid à Charlemagne, on voit figurer une pièce de cendal. Vers 1250, il semble que la Sicile, que Venise commencent à en fabriquer ; Candie avait déjà commencé. Cependant les inventaires nous conservent encore les noms différents qui lui venaient de son pays d'origine. Cendal d'Aumarie, d'Andrîa en Phrygie, de l'Inde, de Tyr, d'Afrique, de Russie, mais ce dernier nom indique seulement le pays par lequel il passait : c'étaient certainement des cendaux de Perse et de Chine. Plus tard, des fabriques assez nombreuses s'ouvrirent en Italie, mais au xvi® siècle la fabrication des magnifiques étoffes brochées d'or et d'argent fit dégénérer l'industrie ancienne; on n'utihsa plus dès lors cette étoffe unie que pour des usages tout à fait ordinaires; nous pourrions, à ce moment, la comparer au florence de nos jours. F. de Mély.

BiBL. : DucANGE, Glossariiim v Cendalium. — Francisque Michel , Recherches sur le commerce, la fabrication et l'usage des étoïïes de soie^ d'or et d'argent ; Paris, 1854,2 vol. in-4. — Viollet-le-Duc, Dict. du mobilier^ V Etoffes., t. III, p. 358. — W. Heyd, Hist. du commerce du Levant ; Leipzig, 1886, in-8. ~ Henry Havard, Dict. de l'ameublement., t. I, p. 614. — Victor Gay, Glossaire archéologique du moyen âge et de la Renaissance., p. 295.

CENDRAS. Corn, du dép. du Gard, arr. et cant. (0.) d'Alais; 888hab.

CENDRE I. Chimie. — On donne en chimie agricole le nom de cendres aux résidus fixes que laissent les végétaux à l'incinération. Indépendamment du carbone, de l'hydrogène, de l'oxygène et de Fazote, constituant les éléments fondamentaux des tissus, on trouve toujours dans ces dernières des matières minérales qui proviennent exclusivement du sol, contrairement à l'opinion de Rraconnot : phosphates, sulfates, silfce, alcalis, fer, etc. Suivant Th. de Saussure, Garreau, Deherain, etc., ces matériaux sont très inégalement répartis dans les diverses parties du végétal. En général, les cendres augmentent avec l'âge dans les feuilles, ce qui est conforme avec les lois physiologiques. Dans le bois, la proportion augmente du centre à la périphérie ; d'après Th. de Saussure, pour le chêne, on a les chiffres suivants pour i ,000 p. :

Cœur de chêne 2

Aubier 4

Ecorce , . 60

De même, dans le peuplier, tandis que le tronc écorcé ne fournit que 0,8 % de cendres, l'écorce en donne 7,0 %. Quant aux racines, bien qu'elles constituent les organes d'absorption des matières minérales, elles sont moins riches en cendres que les organes aériens; 4,000 p. de turneps desséchés contenaient 80 p. de cendres seulement, alors qu'on en trouvait 130 dans les feuilles (Johnston) ; pour la même quantité, Garreau a trouvé 70 p. dans les racines de tabac et 230 dans les feuilles. Bien plus, la proportion de cendres fournies par les racines semble diminuer avec l'âge. D'ailleurs, cette proportion peut varier dans plusieurs circonstances, suivant la nature du terrain, la culture, les engrais, etc. C'est ainsi que les betteraves, qui donnent 6 gr. par kilogr, à l'état normal, peuvent en fournir jusqu'à 8 gr. lorsque le sol a été amendé par des engrais chimiques.

Les substances minérales constituant les cendres des végétaux sont nombreuses; beaucoup d'entre elles n'y existent qu'en minimes quantités ou même accidentellement. Il convient de citer en première hgne les alcalis et les hases alcahno-terreuses : potasse, soude, chaux, magnésie. Dans un travail important, Péligot a démontré que la soude est beaucoup moins répandue dans le règne

végétal qu'on ne le croyait généralement. On la rencontre surtout dans les Atripîicées et les Chenopodées : aroclie, A triplex hasta, Cheno'podium murale, tétragone, betteraves ; mais quelques plantes de ces familles en sont dépourvues, comme les épinards, le Chenopodiiim chi*noa, A l'exception des plantes qui se plaisent au bord de la mer, comme les Salsola, qui fournissent depuis un temps immémorial à l'industrie la soude dite naturelle, on peut dire que les végétaux ont peu de tendance à s'assimiler la soude, alors que les sels de potasse constituent de puissants engrais. Tout le. monde sait que les plantes terrestres fournissent à l'incinération la potasse perlasse, d'où le nom à' alcali terrestre donné à la potasse par les anciens chimistes, par opposition à la soude, qu'ils appelaient alcali marin. En opérant avec le plus grand soin sur les végétaux lavés, Péligot n'a pas trouvé trace de soude dans le blé, l'avoine, la pomme de terre, le chêne, les feuilles de tabac, de mûrier, de ricin, de pivoine;" dans les haricots, le souci, la pariétaire, le panais, le Gypsophila pubescens. Une autre base alcaline, qui est assez répandue dans les végétaux, mais toujours en faible quantité, c'est la lithine dont la présence est révélée par l'analyse spectrale. On la rencontre dans tous les bois d'Odenwald, les potasses commerciales de la Russie, les céréales du Palatinat, les feuilles de la vigne, du tabac, du raisin. Elle est parfois accompagnée de traces de rubidium, par exemple dans le tabac, le café, la betterave (Grandeau). On a signalé la présence de l'alumine dans quelques végétaux ; dans un vin du Midi, il en existait 6 milligr. par litre (Bourgoin). Il est rare de brûler du bois, des feuilles, des racines, sans voir les cendres présenter une teinte rougeâtre due à l'oxyde de fer, contenant parfois des traces de mangaîièse. D'après Zôller, ces deux métaux se rencontrent de préférence dans les plantes aquatiques : Nymphœ acerulea,dentata et lutea, Hydrocharis Humboldti, Nehimbiwn asperifolium, Victoria regina. D'après Braun, on rencontre le zinc dans les tiges du Viola calamiîiaria, plante qui ne croît guère que dans les terrains zincifères, aux environs d'Aix-la- Chapelle par exemple, à tel point que ce Viola sert, diton, de guide dans la recherche des minerais de zinc. On trouve du cuivre, à l'état de traces, dans beaucoup de produits végétaux: froment et seigle (Mcyer), avoine, orge, riz, cacao, pain, son. D'après le docteur Galippe, ce métal est très répandu dans les végétaux et l'homme en absorbe journellement dans son alimentation.

Les acides minéraux qu'on rencontre dans les végétaux sont surtout la silice, l'acide sulfurique, l'acide phosphorique. La sihce se trouve dans les chaumes des Graminées ; suivant Guibourt, le Jahaschir est une excroissance siliceuse du grand bambou des Indes ; l'acide sulfurique est plus rare, sans doute parce que les sulfates sont rapidement réduits dans l'acte de la végétation. Mais c'est l'acide phosphorique qui joue un rôle prédominant dans la végétation ; on l'a rencontré plus spécialement dans les grains des céréales, et tout le monde sait que le phosphate de chaux est exploité en France comme engrais sur une grande échelle. Les terrains siliceux de la Bretagne sont devenus fertiles par l'emploi du phosphate de chaux, employé tantôt en nature, tantôt à l'état de superphosphate. Les analyses ci-dessous, dues à Berthier, sont tout à fait démonstratives (V. page suivante).

Les haloïdes, chlore, brome, iode, se rencontrent dans certains végétaux, notamment dans les plantes marines. C'est ainsi que l'iode se retire surtout des fucus, oti il n'existe toutefois qu'en petite proportion. En comparant entre elles les analyses de cendres provenant d'une même espèce végétale trouvée dans des sols différents, on constate que la composition centésimale varie fort peu. C'est ainsi que la paille de froment contient régulièrement de 65 à 70 7o de silice, tandis que les grains de blé ne fournissent guère à l'analyse que des phosphates. D'après Malaguti et Durocher,' les Graminées, les Fougères et

CENDRE

Richesse en pJiosphate dans iOO p. de cendres.

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