L. COURAJOD, V. DE COURMACEUL, Ch. DANGIBEAUD,rabbé
Decorde, le chanoine Dehaisnes, L. Deschamps de Pas, DiDRON, Aug. DiGOT, EsQuiE, P. DE Fargy, Fé tis. Ed. Fleury, a. Gaussen, J. Gauthier, V. Gay, V. Godard- Faultrier, E. Grésy, E. de Laugardière, Lebre- TON, Lebrun d'Albanne, F. Lienard, Mathon, Monceaux, F. PoTTiER, A. Ramé, Rossignol, Savy et Ser-
ZAY, Eug. SOIL, VIOLLET-LE-DUC.
Angleterre. — Llewellyn Jewitt, the Ceramic art of Great Britain from prehistoric times do-wii to the présent day; Londres, 1878, 2 vol. gr. in-8. — William-Richard Drake, Notes on Venetian Ceramics ; Londres, 1868, in-8. — Aug. Genolini, Maioliche italiane ; Milan, 1881, in-4.
Italie. — Eug. Mû^tz, Histoire de VArt pendant la Renaissance ; Paris, 1889, in-4, donnant la bibliograrjhie des ouvrages des auteurs dont les noms suivent : CampoRi, CoRONA, Darcel, Delange, Drury-Fortnum, Labarte, Malagola, de Mély, Meurer,Molinier, Piot.
Orient. — Stanislas Julien, Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise ; Paris, 1856, in-8. — O. du Sar- TEL, la Porcelaine de Chine ; Paris, 1881, in-4. — J. Ka- RABACEC, Sammbuig von Abbildungen keramischer Objecte aus dem niihen und fernen Oriente ; Vienne, 1885, in-fol. — L. Gonse, l'Art japonais ; Paris, 1885.
CÉRAMIQUE. Quartier de la ville d'Athènes, situé au N.-O. de la ville, et qui reçut, à partir des Pisistratides, l'Agora de la cité. Il était coupé en deux par le mur d'enceinte; le faubourg qui s'étendait jusqu'aux jardins de l'Académie, s'appelait le Céramique extérieur; la partie en deçà des murs est appelée indifféremment Céramique ou Agora par les auteurs ; les deux étaient mis en comnnuiication par la porte du Dipylon, Devant cette porte, le long- de la route d'Eleusis et de la route du Pirée, s'élevaient les tombeaux les plus célèbres, ceux-là en particulier dont la République honorait les citoyens morts pour sa défense. Les mythographes dérivaient le nom du Céramique d'un héros primitif, Céramos, fils de Dionysos et d'Ariane. Mais il est plus naturel d'admettre que le quartier en fut redevable aux nombreux potiers qui l'habitaient. C'était à l'origine un quartier très démocratique ; le premier qui le favorisa d'une manière spéciale fut Thésée, dont le temple {Théseion) en forme la limite au S.-O. Mais le Céramique dut surtout son importance aux Pisistratides qui y transportèrent le centre de l'activité commerciale et politique (V. Athènes, Histoire topographique) en y installant l'Agora. J.-A. H.
C E R A M I U S. Genre d'Hyménoptères-Porte-aiguillons, de la famille des Masarides, établi par Latreille en 4810. Ce sont des Guêpes solitaires, dont les représentants habitent, au nombre d'une douzaine, le Cap de Bonne-Espérance et au nombre de quatre seulement l'Europe méridionale et l'Algérie. Parmi ces dernières, la plus répandue est le C. lusitaniens Klug, qu'on trouve dans le midi de la France, en Espagne, en Portugal et en Autriche. Ses mœurs et ses métamorphoses ont été décrites en détails par le D^ J. Giraud dans les Annales de la Société entomologique de France, 1871, p. 375. (V. aussi Ed. André, Species des Hyménoptères d'Europe, t. II, 1881 , p. 811.) Ed. Lef.
CERAM-LAUT. Groupe de petites îles de la Malaisie, archipel des Moluques, près de la côte orientale de l'île de Céram; l'île principale est par 3<* 54^ lat. S. et 128"^ 40^ long. E. Le groupe fait partie des possessions néerlandaises.
CÉRAN. Com. du dép. du Gers, arr. de Lectoure, cant. de Fleur ance ; 248 hab.
CERANO (Giovanni-Battista Ckespi, dit Le), peintre itahen (Y. Crespi [Giovanni-Battista]).
CERANS-FouLLETOURTE. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de la Flèche, cant. de Pontvallain; 2,209 hab. Il a existé sur cette commune, à l'époque romaine, des forges dont on a retrouvé des scories nombreuses.
CERASINE — CERASTODERMx\
CERASINE (Chimie). Nom donné par Guérin-Varry au principe fourni par les arbres de nos pays, appartenant à la famille des Rosacées, comme le cerisier, le merisier, le prunier, l'abricotier. Cette gomme suinte spontanément du tronc et des branches, surtout chez les arbres déjà vieux; elle est d'abord liquide et incolore, mais, par évaporation, elle se concentre en masses translucides, imparfaitement solubles dans l'eau. On la rencontre dans le commerce en morceaux plus ou moins gros, agglutinés, luisants, transparents, rouges, ordinairement souillés par des impuretés, susceptibles de former avec l'eau un mucilage épais.
La cérasine n'est pas un principe immédiat, mais un mélange de gommes soluble et insoluble, ou plus exactement d'arabines soluble et insoluble. Rouillie longtemps avec de l'eau, elle se dissout entièrement, la partie insoluble se transformant en arabine soluble. De même que dans la gomme arabique, on retrouve ici des bases unies au principe gommeux, notamment la chaux, mais les gummates de chaux se comportent comme l'arabine ellemême sous l'influence de la chaleur, c.-à-d. qu'on peut les rencontrer dans la nature sous deux états isomériques, à l'état soluble ou insoluble. Bref, la cérasine est un mélange d'arabines soluble et insoluble, de gummates soluble et insoluble ou métagummates. Ce n'est pas un principe immédiat, et la cérasine devrait être rayée de la science. Ed. B.
CERASTE. Genre de Serpents Solenoglyphes (Tanathophides), de la famille des Viperidœ On doit à Wagler d'avoir séparé des Vipères proprement dites des Vipériens ayant une tête concave entre les yeux, ces derniers sur-
Cerastes ^gyptiacus Dum. et Bibr.
montés d'écaillés dressées plus ou moins longues; le vertex revêtu d'écaillés tuberculeuses, la présence à la gorge et aux lèvres de grandes plaques dont deux plus larges et séparées entre elles par le sillon gulaire ; les orifices nasaux petits, semi-lunaires, et situés à la pointe du museau. La forme la plus anciennement connue est le Cérastes Mgyptiacus Dum. et Bibr., désigné vulgairement sous le nom de Vipère cornue^ d'une taille moyenne de 70 à 75 centim. ; elle présente une tête excavée, anguleuse ; au-dessus des sourcils, on remarque une corne triangulaire, canelée, formée par des écailles imbriquées et non, comme on l'a cru, par des protubérances osseuses. D'un jaunâtre sale, le corps du Céraste est orné de taches d'une couleur brun rouge, disposées transversalement et à contour presque toujours triangulaire ; une ligne d'un brun jaunâtre s'étend sous l'œil et se réunit sur les côtés du cou à une autre ligne de même couleur issue du menton ; les lèvres et le dessous du corps sont d'un jaune pâle. Le Cérastes JEgyptiacus habite, dit Sauvage, le N.-E. de l'Afrique, l'Arabie Pétrée, l'Arabie Heureuse ; on le trouve également dans les steppes du Soudan oriental et dans le Kordofan. Nous l'avons personnellement rencontré fréquemment dans la Sénégambie, à Kita, Makana, dans le Oualo, le Cayor, à Rufisque, Joal, etc. ; il est assez commun et très redouté des nègres, qui le désignent, dans les contrées où nous l'avons étudié, sous le nom de Unguian ; la crainte des nègres est parfaitement justifiée, car les accidents occasionnés par les morsures du
Céraste sont fréquents et les suites en sont souvent fatales. Nous avons eu à soigner deux négrillons, mordus aux pieds, dans les environs du village de Sors. Les morsures aux pieds sont, en effet, de toutes les plus communes, ce qui
Tête de Céraste.
s'explique par le mode de station des Cérastes. Ils restent enfouis sous le sable, ne laissant passer que la tête, dont la teinte se confondant avec le sol ne permet en aucune façon de les distinguer. Comme les nègres vont les pieds nus ou chaussés de sandales, il est facile de comprendre la fréquence des morsures d'animaux répandus en très grand nombre dans certaines localités.
Le Céraste, dit Sauvage, était connu dès la plus haute antiquité, car l'on trouve son image sur les monuments égyptiens. Son nom originel Fi a été plus tard employé pour désigner la lettre F. Hérodote le cite comme un animal sacré. Rocher.
BiBL. : Sauvage, dans Brehm, Reptiles, éd. franc. — DuMÉRiL et BiBRON, Erpét. gén. — De Rochebrune, Faune de la Sénégarabie,^ Reptiles.
CERASTIUM (Cerastium L.). Genre de plantes de la famille des Caryophyllacées et du groupe des Cérastiées (V. H. Bâillon, Hist. des PI., IX, pp. 88 et 412), composé d'herbes annuelles, bisanuelles ou vivaces, à feuilles opposées, dépourvues de stipules. Leurs fleurs, de couleur blanche, disposées en cymes dichotomes ou unilatérales, ont le plus ordinairement un calice de cinq sépales, plus ou moins largement scarieux sur les bords, une corolle de cinq pétales alternes, à sommet bifide ou bipartit, plus rarement entier, et dix étamines dont les filets sont unis à la base en un court anneau. Le fruit est une capsule cylindrique, droite ou arquée, s'onvrant à son sommet par dix dents dressées ou enroulées en dehors. — Les Cerastium ont des représentants dans presque toutes les régions du globe. On en connaît une quarantaine d'espèces, dont quelques-unes, notamment les C. arvense L. et C. triviale Link, sont communes en Europe dans les lieux arides, sur le bord des chemins et des champs cultivés. Le C. tomentosumh., espèce itahenne, qu'on appelle vulgairement ^1?^gentine, Oreille de souris, est souvent cultivé dans les jardins comme ornementale. On l'emploie surtout pour faire des bordures et pour orner les rocailles. Ed. Lef.
CERASTODERMA (Malac). Genre de Mollusques Lamellibranches, de l'ordre des Vénéracés, établi par PoU (Mail, utriusque Sicil), en 4791, aux dépens du grand genre Cardium de Linné (V. ce mot ) , caractérisé par une coquille subcordiforme, équivalve, inéquilatérale, arrondie ou prolongée en arrière en
Cerastoderma edule L.
CERASTODERMA — GERATI
un rostre court; lunule simple; valves closes, ordinairement couvertes de très fines squammes, quelquefois presque lisses. Charnière composée, sur chaque valve, de quatre dents : deux cardinales bien développées, deux latérales étroites, intrantes et simples sur la valve gauche. Le type de ce genre est le C. edule Lin., coquille de taille moyenne à valves blanchâtres ou grisâtres ; r espèce, très comestible, est connue sur les côtes de rO. de la France sous le nom de Cœur de Pigeon et de Coque en Bretagne. Les Mollusques de ce genre vivent enfoncés dans le sable k une petite distance des côtes.
GERAS US, Ancienne ville du Pont, sur la mer Noire; c'était une colonie de Sinope. C'est de là, dit-on, que Lucullus, en 73 av. J.-C, apporta les cerises, ou plus vraisemblablement une espèce particulièrement estimée de ces fruits.
CE RAT. L Pharmacie. — Les cérats sont des médicaments pour usage externe, formés d'huile, de cire, parfois de blanc de baleine, additionnés de divers principes médicamenteux, comme des eaux distillées, des extraits, des poudres, des teintures, des essences, etc. Pour les préparer, on divise la cire, on la fait fondre dans l'huile au bain-marie ; on verse le mélange dans un mortier de marbre échauffé, on agite vivement jusqu'à refroidissement, puis on incorpore dans la masse les principes médicamenteux. Un liquide aqueux doit-il entrer dans le mélange, on l'ajoute en partie aux corps gras et à la cire avant la fusion, puis on incorpore le reste au mortier, en agitant continuellement. Lorsqu'on opère sur de grandes quantités de matières, on se sert avec avantage d'une bassine en tôle étamée, le métal, bon conducteur, conservant plus longtemps dans toutes ses parties une température assez élevée pour éviter la formation des grumeaux. Les sels, les poudres, les extraits, les teintures, etc», ne sont ordinairement ajoutés qu'à la fin de l'opération; le corps actif est-il soluble, on le dissout dans une petite quantité d'eau ; s'il s'agit de poudres, il faut les pulvériser finement, au besoin les porphyriser. Les cérats doivent avoir une consistance molle, une blancheur parfaite, à moins qu'ils n'aient été préparés avec de la cire jaune ou qu'ils aient été additionnés de matières colorées ou colorantes ; ils rancissent facilement en raison de la grande quantité d'air qui se trouve nécessairement incorpoi^ée dans leur masse. Aussi, conseille-t-on avec raison de ne les préparer cfu'au moment du besoin et en petites quantités à la fois. Voici ceux qui sont le plus employés :
rA«of oi-mr^iû s Huile d'amandes douces .... 300 av. Cerat simple | ç^^^^ ^^^^^^^^ ^^^^ ^
On fait liquéfier la cire dans l'huile, à la chaleur du l3ain-marie, on agite continuellement dans un mortier, jusqu'à refroidissement complet.
I Huile d'amandes douces .... 400 gr,
Cérat de Galien | Cire blanche 100 —
( Eau distillée du vase 300 —
On chauffe au bain-marie la cire, l'huile et la moitié de l'eau; après liquéfaction, on verse le mélange dans un mortier de marbre échauffé, puis on agite vivement. Lorsque le mélange est en partie refroidi, on y incorpore le reste de l'eau aromatique par petites portions, tout en continuant à battre vivement.
Quelques pharmacologistes ont proposé de chauffer ensemble toutes les substances, de les verser dans un mortier et de battre immédiatement ; on évite par là le chauffage du mortier et l'emploi du bain-marie ; mais ce procédé ne réussit bien que sur de petites quantités. Galien préparait son cérat en faisant fondre de la cire jaune dans de l'huile rosat, et en lavant à plusieurs reprises la matière figée avec de l'eau de rivière, sans incorporer d'eau dans la masse.
Au lieu de faire fondre la cire dans l'huile à une douce chaleur, quelques praticiens font chauffer la cire jusqu*au point où elle fume abondamment, afin d'obtenir un produit plus blanc, mais cette pratique est inutile; pour
avoir un produit d'une blancheur parfaite, il serait préférable de décolorer l'huile d'amandes douces en la chauffant pendant quelques minutes à une température de 250^. En tout cas, il faut rejeter l'emploi d'un peu de potasse pour obtenir ce résultat, car on enlèverait au cérat ses propriétés adoucissantes. En remplaçant l'eau de rose par l'eau de laurier-cerise, on obtient le cérat calmant de Roux de Brigiioles. Le cérat à l'eau simple, aromatisé avec Talcoolat de concombres, donne le cérat de concombre^ substitué dans quelques locahtés à la pommade de ce nom. Ajoute-t-on au cérat de l'extrait de belladone ou d]opium, du laudanum de Sydenham, de l'onguent napolitain, du sous-acétate de plomb, on obtient les cérats belladone, opiacé, laudanisé, mercuriel, saturné. A l'exemple de Galien, dans les hôpitaux de Paris, on remplace la cire blanche par la cire jaune, ce qui fournit un cérat plus économique, sinon plus adoucissant :
( Cire jaune 100 gr.
Cérat jaune } Eau ordinaire 250 —
( Huile d'amandes douces , • . , 350 — On opère comme pour le cérat de Galien.
( Soufre sublimé et lavé 20 gr.
Cérat soufré < Huile d'amandes douces. ... 10 —
( Cérat de Galien 100 —
On mêle le tout, de manière à obtenir un mélange homogène.
Cérat à la rose ( Huile d'amandes douces. ... 100 gr.
(Pommade pour } Cire blanche 50 -—
les lèvres) ( Carmin et essence de rose, m 0§'50
On fait liquéfier la cire dans Thuilo, on laisse refroidir
à moitié et on ajoute le carmin délayé dans un peu d'huile,
puis l'essence de rose. Remède efficace contre les gerçures
des lèvres.
( Huile d'amandes douces. ... 215 gr. \ Blanc de baleine et eau de
Cérat cosmétique ) rose ââ 60 —
(Cold cream) \ Cire blanche 30 —
/ Teinture de benjoin 15 —
l Essence de rose 0^30
^ On fait liquéfier la cire et le blanc de baleine dans l'huile d'amandes douces, on coule la masse dans un mortier de marbre échauffé, et on triture jusqu'à refroidissement complet : on ajoute alors l'essence, puis on incorpore, par petites portions, le mélange de l'eau de rose et de la teinture, préalablement passé à travers un linge. On supprime parfois le benjoin et l'essence de rose, qu'on remplace par de l'eau de Cologne. On peut faire entrer dans le cold-cream de l'eau de fleur d'oranger, du borax, du camphre, des essences diverses, etc. Ed. Bourgoin.
IL Thérapeutique. — Les cérats diffèrent des pommades et des onguents, en ce que ceux-ci ont pour base des matières résineuses, et celles-là des matières grasses ; autrement, ils reçoivent les mêmes applications thérapeutiques : ce sont des préparations adoucissantes, destinées à être appliquées sur la peau comme cosmétiques ou pour le pansement des plaies. On les employait autrefois à l'intérieur dans la diarrhée dysentérique, mais cet usage, qui s'appliquait spécialement à la cire, est maintenant abandonné. Lallemand prescrivait du cérat en injections vaginales et en lavements. Aujourd'hui que les pansements antiseptiques à l'iodoformè, au phénol, à l'acide borique, et surtout à la vaseHne, ont pris une grande extension, les cérats sont beaucoup moins employés qu'autrefois.
Ed. Bourgoin.
CERATAULUS (Ehrenberg. Bericht d. Berlin, Akad., 1843). Genre de Diatomacées qui se distingue du genre Biddulphia par ses valves discoïdes ou elliptiques. Tous les autres caractères sont communs aux deux genres, ce qui a conduit un certain nombre d'auteurs modernes à supprimer le genre Cerataulus et à le considérer comme une section du genre Biddulphia (V. ce mot). P. Petit.
CERATI (l'abbé Domenico), architecte vicentin du milieu du xviii^ siècle. S'étant adonné avec zèle à l'étude de
CERATI — CERATIUM
l'architecture civile et militaire, Domenico Cerati fut nommé professeur d'architecture à l'université de Padoue et fut chargé dans cette ville de la construction de plusieurs édifices : l'Observatoire qu'il établit, vers 4769, sur une ancienne tour conservée du palais du tyran Ezzelino ; le nouvel hôpital et les palais 7Vbriani,Aldringhetti et Moleno. On doit aussi à Cerati les embellissements de la plus grande place de Padoue, le Prato délia valle ; place elliptique plantée d'arbres, ornée de statues et dont la forme est due, pense-t-on, à l'amphithéâtre antique qui avait été aménagé au même endroit par les Romains.
Charles Lucas.
BiBL. : MiLiziA, Memorie degli Architetti ; etc., Venise, 1771, t. II, in-8.
CERATIAS (Astron.) (On trouve aussi Ceratius). Nom donné par certains auteurs à une comète cornue qui paraît souvent barbue et quelquefois avec une queue. Quelquesunes de ces comètes ressemblent à la nouvelle lune avec leurs queues crochues ou recourbées d'une certaine largeur. On cite comme telle la comète de i6iS après laquelle on souifrit de nombreuses calamités : elle avait une queue de 104'*, mesurant environ 80,000,000 de kilom.
CERATI N A (Ambigu itas). Les rhéteurs latins appelaient ainsi le fameux sophisme que les Grecs nommaient xepaxivo; ^oyoç, le raisonnement de la corne, formulé de la sorte. « Ce que vous n'avez pas perdu, vous l'avez. Or, vous n'avez pas perdu de cornes. Donc vous avez des cornes. » (V. Aulu-Gelle, XVIII, 2.)
CERATIOCARIS (Paléont.). Genre de Crustacés fossiles, créé par M'Coy et appartenant à l'ordre des Phyllocarida (Packard), dont le genre Nebalia (V. ce mot) est le seul représentant vivant. Les Ceratiocaris sont des Malacostracés caractérisés par leur carapace dorsale bivalve, à valves ovales, ovoïdes ou quadrilatères, reliées par un bord droit, rétrécies en avant, tronquées en arrière. Le rostre mobile est grand, lancéolé. Le céphalothorax est muni, en dessous, de puissantes mandibules dentées et probablement d'appendices articulés. Le corps a quatorze segments au moins dont cinq à sept dépassent la carapace en arrière : le dernier est allongé et se termine par un fort aiguillon caudal muni lui-même de deux aiguillons accessoires faisant saillie en dessous et plus courts que l'aiguillon terminal. La surface du corps est ordinairement ornée de lignes très fines. — On connaît environ trentecinq espèces dont quelques-unes atteignent 60 centim. de long. Ce type s'étend du silurien inférieur d'Angleterre (C latus Sait) et de Rohème, au calcaire carbonifère du même pays [C. oretonensis Woodw.); la plupart des espèces sont du silurien supérieur d'Europe (nord de la France, etc.) et de l'Amérique du Nord {C. papilio et C. Murchisoni sont de ce dernier pays). — Plusieurs genres viennent prendre place près de celui-ci ; tels sont : Hymenocaris, du cambrien du pays de Galles; Dyctyocaris (à bouclier univalve d'un pied de long), du silurien supérieur d'Ecosse; Echinocaris, plus voisin de Ceratiocaris par son bouclier bivalve, renflé ; le rostre est absent ; il y a sept segments abdominaux libres terminés par trois aiguillons égaux {E, punctata du dévonien inférieur de New-York). Elymocaris, Tropidocaris également du dévonien de l'Amérique du Nord ; Acanthocaris du carbonifère d'Ecosse ; Dithyrocaris, Caryocaris et beaucoup d'autres types douteux ou mal connus viennent prendre place dans le même groupe (V. Phyllocarida). E. Trouessart.
CERATITES (Paléont.). Genre à' Ammonites (V. ce mot), créé par de Haan et devenu le type de la famille des Ceratitidœ de Mojsisovics qui présente les caractères suivants : dernière loge courte n'ayant qu'un demi à un tiers de tour ; coquille ornée de côtes et tubercules ; selles généralement simples, à contours réguliers ; les lobes finement dentés avec de faibles échancrures inégales; bord de l'ouverture simple avec la partie ventrale un peu proéminente ; étranglements et Aptychus inconnus. — La plupart des représentants de cette famille sont du trias,
mais le type se montre déjà dans le permo-carbonifère de l'Inde avec des formes à suture plus compliquée que celle des formes triasiques. — Ceratites a la coquille discoïde, à large ombilic, les flancs couverts de côtes faiblement courbées, l'ouverture large et aplatie sur son bord externe {C. nodosvs, espèce caractéristique du muschelkalk triagique). Plusieurs sous-genres {DinariteSy Arpadites, etc.), sut été créés aux dépens de ce type. — Le genre Traohyceras (Laube), s'en distingue par l'ombilic plus étroit, C3i surface de la coquille entièrement recouverte de côtes Idivisées par des sillons et ornée de tubercules et d'épines. Ce type est du trias alpin (T. noduloso-costatum) , et renferme les sous-genres Tirolites, Balatonites, etc. Les genres Clydonites, Helictites, Badiolites, du keuper de Saint-Cassian (Tyrol), et Choristoceras du rhétien, prennent place ici. — On range dans la même famille deux formes aberrantes par l'enroulement allongé, en forme de vis, de la coquille : Cochloceras à coquille turritulée du trias supérieur (keuper), et Rhabdoceras à coquille en tube ornée de côtes obliques imitant la spirale d'un pas de vis; du même étage. — Acrochordiceras (Hyatt), est placé par Mojsisovics dans une famille voisine, celle des Tropitidœ (V. Ammonites). E. Trouessart.
CERATITIS (Entom.) (Ceratitis Mac Leay). Genre de Diptères-Rrachycères, de la famille des Muscides et du groupe des Trypétines!^ Ce sont de très jolies Mouches, caractérisées essentiellement par le front large, pourvu de chaque
Ceratitis hispanica Br.
côté, au bord des yeux, de deux longues soies rigides, assez épaisses, terminé par une large expansion cornée, en forme de palette losangée. Les Ceratitis, dont Guérin- Méneville a publié une monographie dans la Revue zoologique par la Société Cuviérienne (1843, p. 194), sont connus depuis longtemps par les dommages qu'ils causent aux fruits des orangers et des citronniers. Les femelles, en effet, piquent la peau des oranges et des citrons à moitié mûrs pour y déposer leurs œufs. Peu de temps après avoir été piqués, ces fruits jaunissent et tombent à terre, où ils ne tardent pas à s'altérer. C'est ainsi qu'en 1871, le Ceratitis hispanica Rr. a presque entièrement détruit la récolte des orangers à Rlidah et dans toute l'Algérie. (V. Ann. soc. eut. de France, 1871, p. 439.) Des dégâts analogues sont souvent causés, à Rourbon, par le C. Catoiri Guér.-Men., et aux Açores, à Saint-Michel, à Madère, par le C, capitata Wiedemann, qui est le Petalophora capitata de Macquart. Ed. Lef.
CERATIUM (Zool.). Ce genre a été étabh par Schrank en 1793 ; il fait partie de l'embranchement des Protozoaires, classe des Flagellés, ordre des Cilio-flagellés, famille des Péridiniens. Comme les autres membres de la famille, les Ceratium sont des êtres d'aspect bizarre dont la cuirasse de cellulose émet des prolongements en forme de cornes qui peuvent beaucoup varier et modifier considérablement l'aspect de l'animal. On n'observe pas, dans ce genre, de sillon longitudinal, mais une forte entaille de l'enveloppe à la face ventrale ; il n'existe qu'un seul flagellum et une couronne ciliaire centrale. Les Ceratium habitent la mer, comme le C. tripos Nitsch, si abondant dans les eaux de
la mer du Nord, ou les eaux douces, comme par exemple le C. hirundinella décrit pour la première fois par O.-F. Millier. R.-S. Bergh, dans sa récente étude sur les Cilio-flagellés {Der Organismus der Cilio-flagellaten, Morphologisches Jahrbuch, 4882) ne compte que cinq espèces dans ce genre : les C. furca, iripos, fusuSy cornutum, macroceros (syn. hirundinella) auxquelles il faut ajouter le C, biceps décrit par Claparède et Lachmann et une espèce de Carter insuffisamment connue, le C. Kumaonense. R. Moniez.
CERATOCEPHALA (ZooL). Ce genre, de la famille des Néréidiens (Annélides-Chœtopodes), a été créé en 1867 par Malmgren (Annulatapolychœta,^, 176) et caractérisé de la manière suivante : corps allongé, subdéprimé, graduellement aminci vers l'extrémité postérieure, lobe céphalique iprostomium) subrectangulaire à base transverse, prolongé en avant en quatre éminences coniques disposées par paires de chaque côté, les intérieures correspondant aux tentacules, les extérieures aux palpes des Néréides. Cirres tentaculaires au nombre de quatre de chaque côté, filifornies inégaux, comme chez les Néréides, trompe exsertile armée au sommet de deux maxilles puissantes denticulées; son article basai est dépourvu de paragnathes mais garni de papilles molles membraneuses. Rames des paropodes séparées, le notopode petit, conique, acuminé, simple; le neuropode plus grand, bilobé. Soies tantôt épineuses à article terminal très atténué, acuminé, tantôt (rame inférieure) un peu arquées à la base et à pointe ciliée serrée , tantôt (rame supérieure) droites, à sonnnet entier. Cirres dorsaux comprimés à la base, cirres ventraux par groupes de deux paires sur chaque segment.
L'espèce type du genre, Ceratocephala Loueni Malmgren, est aveugle. Elle a été trouvée sur la côte du Bohusîan par une profondeur de oO à 100 brasses. A. Giard.
CERATODES (Malac). Genre de Mollusques Gastéropodes, de l'ordre des Prosobranches-Pectinibranches, créé
- 1197 — CERATIUM — CERATODUS
dans les strates triasiques. Le genre Ceratodus ne fut longtemps connu que par ces restes primordiaux lorsqu'on
Ceratodes cornu-arictis L.
par Guilding en 1828 pour une coquille à enroulement planorbiforme, discoïde, déprimée, très largement ombiliquée en dessous, un peu concave en-dessus ; ouverture subarrondie, largement échancrée par la convexité de l'avantdernier tour, à bords simples mais réunis par une lame calcaire peu épaisse ; cette coquille, qui rappelle complètement par sa forme le Planorlns corneus L., de la faune européenne, habite les eaux douces de l'Amérique du Sud, dans les régions chaudes et parti(;ulièrement les rivières de Bolivie, de l'Equateur, du Venezuela, etc. Une espèce est citée de l'île de la Trinité. J. Mabille.
CÉRATODON (Crypt.) (Ceratodon Brid.). Genre de Mousses de la fann'lle des Bryacées, tribu des Acrocarpes, poussant sur toute espèce de support, à tige droite et bifurquée, en touffes d'un vert foncé, brunes à l'intérieur, à feuilles étalées à nervure entière, à pédicelle d'un rouge pourpre, à capsule inclinée, oblongue, présentant quatre sillons après l'émission des spores, un opercule conique, de teinte rouge et un péristome à 16 dents fendues ou 32 dents d'un rouge pourpre à la base, d'un rouge orange au sommet. La coiffe est dimidiée. L'espèce type, C. piirpurens Brid., est très commune sur la terre, les rochers, etc. H. F.
CERATODUS (ZooL). Genre de Poissons de l'ordre des Dipnoi et de la famille des Sirenidœ (V. ces mots), créé par Agassiz poiu* des dents d'animaux qu'il regardait comme voisins des Squales, et dont les restes avaient été découverts
Fig. 2. — - Dent de Ceratodus fossile.
Fi-. 3.
— Dents de Ceratodus en place (a).
Fig. 1.— Ceratodus Forsteri Kreiït.
1870, Krefft fit connaître un animal fréquent dans les eaux douces du Queensland, dont la dentition était en tout senddable à celle du type fossile ; dès lors, le représentant vivant d'une forme considérée comme éteinte était péremptoirement acquis à la science. Le Ceratodus relie, en effet, les Dipnés anciens aux Ganoïdes actuels.
Lq Ceratodus Forsteri àeKreiït (fig. i)se caractérise, d'après Gunther, par un corps allongé, comprimé, les nageoires paires en palettes avec le bord large recouvert d'écaillés, par les dents vomériennes en forme d'incisives, par les dents molaires à surface ondulée et semblable à des meules; la tête est déprimée, relativement petite, le museau court dépasse cependant le maxillaire inférieur; l'œil est petit, derrière lui on observe quelques larges écailles ; le dessus de la tète et l'espace situé en avant des yeux sont couverts d'une peau épaisse percée de pores; la fente de la chambre branchiale est largement fendue ; la partie postérieure du corps est aplatie, de telle sorte que la queue fait suite directement avec le corps; la dorsale, très en arrière, est constituée par un repli de la peau se continuant avce la caudale, il en est de même de l'anale ; les deux nageoires paires, très éloignées l'une de l'autre, sont en forme de palettes, le corps est recouvert de larges écailles.
Le Ceratodus présente des caractères anatomiques d'un haut intérêt. Nous avons précédemment décrit la forme des dents, nous n'y reviendrons pas, seulement nous figurons comparativement, d'après Gunther, une dent de Ceratodus fossile et celles du Ceratodus vivant, dans leur situation normale à la voûte palatine a (lig. 2, 3).
Les membres ou nageoires paires du Ceratodus sont, avons-nous dit, en forme de
g. 4. — Na£>eoire de Ceratodus.
CERATODUS — CERATONEREIS
Si^
Fig. 5. — Poumon de Ceratodus.
palettes garnies d'écaillés ; leur squelette consiste en une tige centrale sur laquelle \iennent s'insérer sur chaque bord une série de rayons. Cette disposition, comme l'observe Sauvage, rappelle l'organisation de certams Poissons dévoniens désignés par Huxley sous le nom de Grossoptérygiens (fig. 4).
Bien que le Ceratodm fournisse une large somme de caractères propres à le maintenir dans le type Poisson, son mode de respiration, son système circulatoire lui sont communs avec les Amphibiens nus. Chez lui, en effet, on constate l'existence d'un sac situé en dehors de la cavité abdominale, occupant la place de la vessie natatoire et débouchant par l'intermédiaire d'un canal commun dans la partie intérieure du pharynx.
Ce sac, présentant des alvéoles bien développées et des réseaux capillaires, remplit le rôle physiologique de poumon, reçoit du sang veineux par une branche de la crosse aortique postérieure et envoie au cœur le sang artériel par les veines pulmonaires (fig. 5).
Les conditions de respiration sont, comme on le voit, identiques à celle des Amphibiens nus à respiration branchiale et pulmonaire. La ressemblance dans la conformation du cœur est encore évidente ; la circulation est, en effet, double et l'on voit deux oreillettes ; de plus, il existe un cône artériel musculeux renfermant des séries de valvules tendant à diviser la cavité du cône en deux moitiés, dont l'une est en rapport avec les artères branchiales, l'autre avec les vaisseaux pulmonaires (fig. 6).
Le Ceratodus peut respirer indifféremment à l'aide de ses branchies ou avec son poumon. Suivant Sauvage, les branchies sont largement suffisantes quand l'animal se trouve dans une eau convenablement oxygénée, mais lorsqu'il est forcé de séjourner dans de l'eau trouble et boueuse, le poisson se sert de son poumon. Uniquement connu dans les eaux du Queensland, en Austrahe, comme nous l'avons dit, le Ceratodus est fort recherché comme aliment ; sa chair a la couleur et le goût de celle du saumon. Au dire des voyageurs, il ferait entendre une sorte de grognement, surtout ia nuit. RocHBR.
BiBL. : Sauvage, dans Brehm, éd. franc. — Guntiier, Stiidy of Fishes. — Proceed. Zol. Soc. of London, 1870.
CERATOGYMNA (Ornith.). Le Buceros elatus de Temminck (PL co/.,521, fig. 1) est un Calao (V. ce mot et BucÉROTiDÉs) de grande taille qui habite la côte occidentale
Fig. 6. — Cœur do Ceratodus.
d'Afrique, depuis Sierra-Leone jusqu'au Gabon, et qui constitue le type et, jusqu'à présent, l'unique représentant du genre Ceratogymna de Gh.-L. Bonaparte. Dans cette espèce, les mâles se font remarquer par le grand développement de leur casque qui est arrondi en arrière, comprimé latéralement en avant et qui tranche par sa couleur jaune sur la teinte noire des mandibules, très épaisses à la base et recourbées du côté de la pointe. Ces oiseaux ont les yeux entourés d'un cercle dénudé d'un bleu vif, qui se continue de chaque côté du cou par une bande également dépourvue de plumes et colorée de la même façon. La peau du devant de la gorge présente un repli longitudinal, de couleur jaune, qui se termine inférieurement par une sorte de goitre d'un rouge vif. Sur le derrière de la tête, au contraire, se dresse une touffe de plumes légères, d'un noir verdàtre ; le corps est revêtu d'un manteau sombre, à reflets verts, et la queue, noire au miheu, est d'un blanc pur sur les parties latérales. Chez les femelles, la teinte du corps, des ailes et de la queue est exactement la même, mais la huppe est rousse, le fanon jaune, le bec jaune avec une protubérance de même couleur représentant le casque du mâle. On ne possède malheureusement aucun renseignement sur les mœurs de cette espèce. E. Oustalet.
BiBL. : D.-G. Elliot, Monogr. of the Bucerotidœ, 1882, pi. XXIII.
CÉRATOÏDE. Quelques géomètres appellent point cératoïde ou kératoïde le point de rebroussement de première espèce.
CERATON EREIS (ZooL). Le genre Ceratonereis fut établi, en 1865, par Kinberg, pour une Annélide de la famille des Néréidiens. qu'il avait recueillie pendant le voyage de la frégate Eugénie. Un dessin représentant cette espèce Ceratonereis tcntaculata Knbg parut dans la publication du voyage {Zoologie, pi. 20, fig. 5), mais sans texte explicatif. D'après la diagnose du genre parue dans Oefvers. of K. Vet. Akad. Fôrhandlingar (1865, n*' 2, p. 170) l'anneau basilaire de la trompe est entièrement dépourvu de paragnathes ; le dessin enseigne, en outre, que les paragnathes médians de l'anneau antérieur font également défaut. Une espèce du même genre fut plus tard trouvée k Naples par Grube et décrite sous le nom de Cerato7iereis Costae, Enfin Claparède découvrit également à Naples trois espèces nouvelles : Ceratonereis guttata Clpd. (probablement identique à Nereis guttata Risso), C. Ehlersiana et C, Kinbergiana. Ces trois espèces sont très voisines et se distinguent toutes de la C. teiitaculata Knbg par la brièveté ^de leurs tentacules. Cependant l'armature de leur trompe ne les classe pas moins dans le genre Ceratonereis auquel d'ailleurs Claparède n'attribue que la valeur d'un sous-genre. Nous prendrons pour type le Ceratonereis guttata. Cette espèce .est longue de 36 millim., large de 3^"^5, le nombre des segments est de 55 environ. La coloration de cette Annélide est d'un vert d'eau un peu varié de brunâtre qui, vers le tiers de la longueur chez les femelles pleines d'œufs, passe à un vert pré fort tendre. Dans la région moyenne, chaque segment porte une ou deux taches noires de manière à constituer sur le dos deux rangées longitudinales irrégulières. Le lobe céphalique triangulaire est très fortement échancré sur les côtés par l'insertion des palpes. Ceux-ci ont l'article basilaire très large et long à peine atténué au sommet; les tentacules sont relativement courts, le plus long n'atteignant pas deux fois la longueur du palpe. Le segment buccal est un peu plus long que le suivant. Les pieds ont leurs rames peu divisées à languettes médiocres. Le cirre dorsal dépasse notablement l'extrémité de la languette supérieure. Les soies en serpe et en arête sont distribuées, comme chez les autres espèces ; jusqu'au sixième segment sétigère, les soies en serpe sont'plus grêles et ont un article terminal plus long que celles des segments suivants.
Les mâchoires, sont étroites et longues, armées de huit fortes dents. Les paragnathes forment en dessus comme en dessous, à l'anneau antérieur de la trompe, deux groupes
CERATONEREIS — CERATOPOGON
latéraux. Le groupe médian esl réduit en dessous à quatre petits paragnathes, en dessus il fait entièrement défaut. L'anneau postérieur est inerme ; les œufs sont d'un beau vert. ^ A. GiARD.
CERATONIA. L Botanioue. — (Ceratonia L.). Genre de plantes de la famille des Légumineuses-Caesalpiniées, dont l'unique espèce, C. ùllqiia L., est èien connue sous le nom \ulgaire de Caroubier (V. ce mot).
IL P-ALÉONTOLOGIE VÉGÉTALE (V. CarOUBIEr).
CERATOPHRYS (Erpét.). Genre de Batraciens Anoures, de la famille des Cystignathidœ^ créé par Boie pour des animaux dont les principaux caractères sont les suivants : tête large, grosse, ornée de crêtes plus ou moins élevées, paupière supérieure prolongée en pointe conique, bouche énorme, langue cordiforme, dents vomériennes, doigts complètement libres, pupille horizontale, membres forts, médiocrement longs, corps hérissé de tubercules de dimensions variables, suivant les régions. Ce genre comprend environ une dizaine de formes toutes propres au nouveau monde ; l'une d'elles, le Ceratophrys cormita de Schlegel, atteint une forte taille et se distingue par la richesse de sa coloration ; d'après Sauvage, une large bande orangée part du museau et s'étend sur toute la région dorsale, cette bande^'est semée de taches^vertes ; des taches et
Ceratophrys Boiei Gunth.
des bandes rouges et brunes existent sur la tête et les épaules ; les parties latérales du corps, d'un gris brun, portent des taches d'un noir olive bordées de gris rouge ; les jambes, d'un verdàtre pâle, sont ornées de bandes transversales d'un beau vert pré ; le ventre, jaunâtre, est semé de petites taches d'un beau brun rougeâtre. Ce Ceratophrys, d'une longueur de 25 cent., habite le Brésil et se tient dans les forêts sombres et les endroits marécageux ; sa nourriture consiste en petits Rongeurs, en Oiseaux, Batraciens, etc. Nous figurons une forme voisine et non moins remarquable, le Ceratophrys Boiei Gunther, des mêmes régions. Rochbr.
BiBL. : Sauvage, dans Breiim, Reptiles, éd. franc. —
DUMÉRIL Ot BlBRON, Evp. g 611.
CÉRATOPHYLLÉES (Ceratophylleœ Gray). Groupe de plantes Dicotylédones, dont la place dans la série botanique n'est pas encore nettement déterminée. Rangé par De Candolle au voisinage des Haloragées, des Ilippuridées et des Lythrariées, par Endlicher à côté des Callitrichées et Podostémacées, par Ad. Brongniart auprès des Chloranthacécs et des Santalacées, enlin par A. Gray, non loin des Nélumbées et des Cabombées, il est considéré aujourd'hui par M. H. Bâillon (//i5^. des PL, III, pp. '479, 483) comme une série des Pipéracées, et par M. Van Tieghem {Traité de Botanique, 1884, p. 1397) comme devant être rattaché aux Urticacées. Il renferme le seul
genre Ceratophijllum L., dont les représentants sont des herbes aquatiques, vivaces, submergées-nageantes, à tiges très rameuses, dépourvues de racines, mais chargées de feuilles verticillées par 6-12, sans stipules et découpées en segments dichotomes, filiformes, raides et cassants. Les fleurs, unisexuées, monoïques, sont solitaires et sessiles à l'aisselle des feuilles, une par verticilïe. Leur réceptacle court et convexe porte un périanthe simple à 10-12 divisions concrescentes à la base et plus intérieurement, dans les fleurs mâles, de 10 à 20 étamincs à anthères sessiles biloculaires et cxtrorses, s ouvrant par deux fentes longi-
Coratophyllum vulgare Schleid. (Extrémité d'un rameau.)
Ceratophyllum vulgaro Schleid. Fruit grossi.
(Coupe longitudinale.)
tudinales. Dans les fleurs femelles, le gynécée est formé d'un ovaire libre, uniloculaire, renfermant un seul ovule orthotrope. Cet ovaire devient, à la maturité, un achaine souvent pourvu, vers sa base, de deux ou trois pointes aiguës et obliques. La graine, dépourvue d'albumen, renferme, sous ses téguments très minces, un gros embryon droit dont la gemmule, très développée, contient déjà plusieurs verticilles de feuilles. — Les Ceratophyllum, désignés sous le nom vulgaire de Cornifles, vivent en abondance dans les eaux douces de l'Europe et de l'Améri(pie du Nord. Les deux ou trois espèces connues ont été réunies par Schleiden (Imw^ga, XI, p. 513) en une seule sous le nom de C. vulgare. Ed. Lef.
CERATOPHYLLUM {Ceratophyllum L.). Genre de plantes qui a donné son nom au petit groupe des Cératophy liées (V. ce mot).
CERATOPOGON (Entom.). Genre de Diptères-Nématocères, établi par Meigen et appartenant à la famille des Chironomides. Ses représentants, tous de très petite taille, ont la tête déprimée en avant, prolongée inférieurement en museau , avec la trompe légèrement saillante et le deuxième article des palpes plus long que les autres. Les antennes, composées de treize articles dans les deux sexes, sont garnies, chez les mâles, de longs poils formant un pinceau dirigé obliquement en dehors. Les ailes sont velues ; elles ont la cellule basilaire interne confondue avec la deuxième postérieure et la cellule marginale divisée par une nervure transversale. — Les Ceratopogon ont été étudiés monographiquement par Winnertz (Beitrag zur Kenntniss der Gattung Ceratopogon, dans Linnœa entomologica, 18o2, VI, S. 45). On en connaît actuellement plus de cent
Ceratopogon
Laboulb,
grossi.;
Du fou ri
(Mâle très
CERATOPOGON — CERATOSOMA
Ceratopogon Dufouri Laboulb.
1. Antenne du njâle; 2. Antenne de la femelle {très grossies).
cinquante espèces d'Europe. Guérin-Méneville, puis Léon Dufour (Ann. soc. ent. de France, 1833, p. 161 et 1845, p. 215) ont décrit les métamorphoses du C, geniculatiis Guér.; Perris {Ann. soc. ent. de France, 1847, p. 556
et 1870, p. 138), a fait connaître celles des C. bninnipes Perr. , C.
lucorum Meig et C. Laboulbeni Perr. ; Heeger ( Sitzungsberichte der kais.
Acad. des Wissenschaftenin Wien, 1856, Band XX) a publié les premiers états du C. varias Winn. et M. le professeur Laboulbène {A7in. soc.
ent. de Fraiice, 1869, p. 157) ceux du C. Dufouri Laboulb .
Cette dernière espèce, que nous figurons, est longue de 2 milL, d'un gris cendré un peu blanchâtre, avec l'écusson et les pattes d'un jaune blanchâtre et quatre bandes longitudinales noirâtres sur le prothorax. Ses larves vivent dans la sève épaissie qui suinte des Ormes vieux ou ulcérés. Ed. Lef.
CERATOPSIDÉES (Erpét.). Marsh a décrit sous le nom de Ceratops, en 1888, un étrange reptile découvert dans les couches saumâtres qui se trouvent sur le flanc est des Montagnes Rocheuses, couches qui peuvent être rapportées à l'époque crétacée supérieure. Les Ceratopsidées avaient une ou plusieurs cornes sur le rostre ; ils forment un type très distinct qui comprend, outre le genre Ceratops^h genre Triceratops. E. Sauvage.
BiBL. : Anner. Journ. of science, 1888, 1889. CÉRATOPTÈRE. Genre de Poissons Chondroptérygiens-Batoïdes, de la famille des Cephalopteridce, comprenant des animaux voisins des Céphaloptères, dont ils se différencient par les appendices céphaliques dirigés soit en avant, soit en arrière, par la bouche située en avant; des dents seulement à la mâchoire inférieure et très petites, par une queue très mince, une nageoire dorsale entre les ventrales et l'absence d'épine. Les formes de ce genre sont propres aux mers tropicales et atteignent souvent une taille considérable. Rochbr.
BiBL. : GuxTHER, Stiidij of Flshes.
CERATORHINA (Ceratorhina Westw.). Genre d'Insectes-Coléoptères, de la famille des Scarabéïdes {Lamellicornes de Latreille) et du groupe des Goliathides. Il ren-
ferme une vingtaine de très belles espèces africaines, caractérisées surtout par 1 a saillie anté-coxale du prothorax , qui est large, plane et arrondie ou anguleuse à l'extrémité. Les mâles sont armés d'appendices céphaliques dressés et bifurques.
Le C. (Dicranorhina) Smithii Hope, dont nous figurons le mâle, est d'un vert bronzé avec les élytres jaunâtres, ayant deux taches noires et une bordure de même couleur. Ed. Lef.
CERAT0RHINUS,CERAT0THERIUM(V.RmNOcÉROs).
CERATOSAURUS(Paléont.). Marsh désigne sous ce nom un Reptile dinosaurien des formations jurassiques des Etats- Unis, dont le crâne, très développé, porte une corne dans sa partie antérieure ; les dents sont fortes, tranchantes, ce qui indique un régime Carnivore. Le genre Ceratosaurus appartient à l'ordre de Theropoda. E. Sauvage.
BiBL. : Marsh, American Joium. of sclence,lSi4:,t.XX\ll.
CERATOSOMA (Malac). Genre de Mollusques-Gastéro; podes de l'ordre des Opistobranches-Nudibranches, établi par Adams et Reeve en 1848 pour un animal à corps très allongé, comprimé «latéralement, aminci en arrière ; à ten-
Ceratorhina Smithii Hope.
Ceratosoma cornigerum Adams.
tacules buccaux très courts ; non rétractiles, dépourvus de gaines, bulbeux à leur base, divisés en lamelles à leur extrémité ; tête grande, arrondie en avant et dépourvue de voile frontal. Branchies divisées en cinq branches rameuses, rétractiles, contenues dans une cavité commune ; des lobes ou appendices plus développés postérieurement protègent les branchies. Le type de ce genre est le C. cornigerum Adams et Reeve. Les Ceratosoma sont répandus depuis la mer Rouge et les Philippines jusqu'à la Nouvelle- Calédonie ; ils vivent attachés aux plantes marines ou cachés sous les pierres. J. Mabille.