‹ La Grande encyclopédieChapitre 51 sur 397 · IF · texte numérisé non relu

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d'essence provenant de la pâte est refroidie par l'eau qui arrose continuellement ces lames et dont la distribution régulière est favorisée par le tube G, muni de trous, comme un arrosoir. Une toile très claire, appliquée sur chacune des pentes, dissémine sur la superficie 1 eau des rigoles H. La vapeur d'essence se condense alors sous ce toit, coule le long des plans inclinés et se réunit dans des rigoles I, qui la conduisent dans le récipient J. Au bout de sept minutes chaque couche est étendue et séchée sur le tissu qu'on déroule alternativement de l'un des

deux rouleaux dévidoirs K, L, pour les enrouler sur l'autre, de sorte que les quatorze couches nécessaires pour la confection du tissu se trouvent appliquées en deux heures. La dernière couche étant suffisamment sèche, on enroule le tissu enduit sur un dévidoir portatif. Si le caoutchouc contient du soufre interposé pour la malaxation, il suffira, pour sulfurer Tenduit, d'exposer pendant une heure le tissu à la température de 132 à 135*^ dans un cylindre à double enveloppe, chauffé à la vapeur à quatre atmosphères de pression. Pour enduire un tissu

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sur ses deux faces, on peut utiliser les mêmes dispositions. Il suffit de le retourner sur îa toile sans fin et, dans ce cas, on n'appliquera alors que cinq à six couches sur chaque face. On se sert encore du même appareil pour confectionner des lames minces d'une grande étendue en caoutchouc pur ou mélangé de matières pulvérulentes.

Variétés commerciales de caoutchouc. — Caoutchouc :/»*« qualité. Pour la fabrication des fils, des bandes, et, en général, des objets qui ont besoin d'être très élastiques et souples, on emploie le caoutchouc Para vulcanisé avec 3 à 10 % de soufre.

Caoutchouc minéralisé ou Caoutchouc orange. Ce caoutchouc sert à fabriquer de petits tubes de caoutchouc, des bagues servant à retenir les rouleaux de papier, etc. Il se prépare avec du sulfure d'antimoine (25 parties de sulfure d'antimoine jaune orange précipité pour 100 parties de Para).

Caoutchouc noir. On en fait des bouchons, des tubes, des feuilles. Il se prépare en vulcanisant le Para avec 8 % de soufre et 15 % de litharge. Ce caoutchouc est également la base du caoutchouc à chaussures, mais on ajoute dans la composition de ces dernières des substances destinées à donner la consistance. Voici une formule de caoutchouc pour chaussures :

Para 150

Craie 120

Litharge 60

Noir léger 40

Goudron de gaz 10

Soufre..... 7

, Résine 5

Caoutchouc blanc. Ce caoutchouc s'emploie pour la fabrication de vêtements , objets de toilette , etc. On fait entrer dans leur composition :

Caoutchouc 100

Oxyde de zinc 50, 100, 120

Soufre 8

Tampons joints. On ajoute souvent au caoutchouc vulcanisé des poudres solides et denses qui ont pour objet d'augmenter sa résistance. Ce caoutchouc sert à la fabrication des tampons, des plaques pour mettre dans les parois des navires blindés, etc. On se sert dans ce but de carbonate de plomb, de sulfate de baryte, de plâtre, etc.

Coloration du caoutchouc. On peut colorer le caoutchouc en y introduisant des poudres colorées. La teinture proprement dite du caoutchouc n'a pu être obtenue qu'au moyen de l'orcanette et de quelques couleurs de l'aniline, car il faut avant tout employer une couleur soluble dans les dissolvants du caoutchouc. Lighfoot a proposé de recouvrir le caoutchouc à colorer d'une faible couche de gélatine sur laquelle on fixe la couleur.

Utilisation des déchets de caoutchouc . Cette partie de l'industrie du caoutchouc a pris une très grande importance. Le prix du caoutchouc brut a, en effet, augmenté dans de grandes proportions. Cela est surtout vrai pour le Java, qui valait 1 fr. 50 à 2 fr. le kilogr. en 1852, et qui vaut actuellement 5 à 6 fr. MM. Nathaniel, Chapman, Mitchel, traitent les déchets de caoutchouc par les acides sulfurique ou chlorhydrique, en présence de la vapeur d'eau. Sous une pression de 3 V2 à 5 atmosphères. Ils emploient pour cela l'appareil suivant (fig. 8), qui se compose d'un caisson A muni de couvercles démontables B, dont la surface intérieure est recouverte d'une couche de plomb, afin d'empêcher l'attaque par l'acide. Sur le fonds de ce caisson est disposé un tuyau a à branches percées de trous. Le tuyau vertical b est relié au tuyau d'arrivée par une bague en caoutchouc e. Le tuyau D sert au dégagement des vapeurs.

L'opération a lieu de la façon suivante : on fait couler une certaine quantité d'acide dans le fond de la caisse ; sur cette couche de liquide on dépose les déchets de caoutchouc. On pose le couvercle et on fait arriver un courant

de vapeur à S'/^-S atmosphères de pression, par le tuyau intérieur a qui échauffe les acides. L'opération dure environ cinq heures, suivant la nature des déchets. On obtient à

Fig. 8.

la fin une masse épaisse que Ton enlève et que l'on porte dans une machine à laver pour séparer la matière première des acides et des substances étrangères. Le caoutchouc ainsi obtenu est séché à nouveau, passé aux laminoirs et soumis aux opérations ordinaires. La quantité d'acide employée dans cette opération varie suivant la nature des déchets. Amsi on emploiera 300 à 500 kilogr. d'acide sulfurique à 66^ Baume ou 400 à 700 kilogr. d'acide chlorhydrique pour 1,000 kilogr. de déchets mélangés avec des fibres, etc.

Caoutchouc durci (Syn. Ebcnfte^ vulcanite). On a vu que l'addition du caoutchouc d'une faible proportion de soufre communiquait à cette substance certaines propriétés ; elle le rend moins altérable tout en lui conservant son élasticité. Si l'on vient à forcer la proportion de soufre , on obtient un nouveau produit remarquable surtout par sa dureté, sa couleur et le beau poli dont il est susceptible.

Goodyear a trouvé qu'on obtient ce résultat en ajoutant au caoutchouc une quantité de soufre triple de celle utilisée pour la vulcanisation et en maintenant ce mélange à une température plus élevée. Pour fabriquer le caoutchouc durci, on emploie, en général, comme matière première le caoutchouc de Java dont le prix est peu élevé, et les opérations préliminaires sont les mêmes que celles qu'on fait subir au caoutchouc ordinaire. Toute la différence est dans la vulcanisation. Quand les objets ont été introduits dans la chaudière à vulcaniser, on introduit doucement la vapeur et on met deux à trois heures pour monter à 135^ (3 atmosphères). Cette température est maintenue pendant sept à dix heures. Au bout de ce temps on lâche doucement la vapeur et on laisse refroidir.

C'est généralement sous forme de plaques qu'on fabrique le caoutchouc durci. On découpe celles-ci, et on les travaille comme la corne. Le caoutchouc durci peut aussi se tourner, mais il use rapidement le tranchant des outils.

Le caoutchouc durci a été employé à la fabrication de peignes, de manches de couteau, il sert à confectionner des pièces d'appareils de physique. L'ébonite est utilisée pour la construction de machines électriques et d'isolateurs. On peut obtenir le caoutchouc durci, non seulement par vulcanisation au soufre, mais aussi par vulcanisation au chlorure de soufre (procédé Parkes) par trempe à froid. Nous avons vu que dans le procédé de vulcanisation de Parkes on plonge les objets à vulcaniser pendant quelques minutes dans la solution de chlorure de soufre. Si au lieu de cette immersion rapide, on laisse tremper le caoutchouc pendant douze heures, on obtiendra du caoutchouc durci. L'avantage de ce procédé est de

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conserver au caoutchouc la couleur tandis que T autoclave le noircit; mais par contre, on ne peut traiter que des feuilles minces. F. et E. Hurtzig ont indiqué en 1865 la fabrication d'une variété de caoutchouc durci par l'action du chlore.

Caoutchouc alcalin. Le caoutchouc vulcanisé s'altère à la longue et subit une sorte de fermentation quand il est longtemps soumis à une température de 130» ou quand il est plongé dans l'eau. Le caoutchouc durcit, s'écaille, perd son élasticité et devient impropre à tout usage. Le caoutchouc alcalin ne présente [»as ces inconvénients. H peut résister pendant plusieurs années à une température de 180^.11 n'a pas l'inconvénient de dégager de l'hydrogène sulfuré. Le traitement des objets vulcanisés par un bain bouillant de soude caustique ne donne pas «le bons résultats, surtout avec des pièces un peu épaisses. Le procédé Gérard consisté à mélanger le caoutchouc à 3 à 10 % de chaux, puis de le soumettre à la vulcanisation par le procédé Goodyear. Day a employé dans le même but la terre de pipe.

Glu marine, La glu marine esf, une colie à base de caoutchouc, et qui sert à joindre le bois, les pierres, les tissus. Elle est insoluble dans l'eau et élastique. Pour la préparer on fait dissoudre 2 à 4 p. de caoutchouc dans 34 p. d'huile de houille, et on ajoute ensuite 62 à 64 p. de gomme laque pulvérisée. On fond et on coule la masse. Pour employer la glu marine, on la fait fondre à 120'* et on l'applique à la brosse.

Parcheminé. Ce produit, fabriqué par M. Turpin, à Paris, est du caoutchouc Para, pur, étendu en couches minces. On le vulcanise au chlorure de soufre et on s'en sert pour remplacer la baudruche ou la peau.

Les applications du caoutchouc sont si nombreuses que notre énumération sera certainemeut incomplète. Il sert à fabriquer les joints des machines à vapeur, les courroies, les clapets de pompe; les tuyaux de toute dimension, depuis le tuyau d'arrosage jusqu'au tuyau microscopique qui sert à la monture des fleurs artificielles, les cylindres d'impression qui permettent d'obtenir une finesse remarquable dans la reproduction des tissus ; les cachets et les timbres dont l'emploi s'est généralisé d'une façon remarquable dans ces dernières années, et qui présentent les mêmes avantages que les cylindres d'impression ; les pompes en caoutchouc durci pour le maniement des acides; les fils, les appareils médicaux. L'application du caoutchouc aux industries du vêtement a pris également dans ces dernières années un essor considérable. Pour en donner un exemple, aux Etats-Unis, il y a environ 350 millions de fr. engagés dans la confection des articles de caoutchouc. Sur cette somme, il y a environ 150 millions pour la chaussure. 15,000 personnes travaillent à cette industrie dans 120 fabriques. La quantité de matière première importée chaque année dans ce pays est de 30,000 tonnes.

On fabrique des coussins, des matelas portatifs en caoutchouc. Le caoutchouc a servi à fabriquer des ballons, et le grand ballon de Gitfard, construit en 4878, en était un exemple remarquable. La fabrication des jouets en caoutchouc est devenue une industrie prospère. Les bandes de billards, et mille autres pièces qui demandent de l'élasticité, sont construites en caoutchouc. Nous ne pouvons passer sous silence les services que le caoutchouc a rendus dans certaines sciences et notamment en chimie. Lavoisier était obligé d'employer toutes sortes de luts et de joints pour monter ses appareils : aujourd'hui avec les tubes et les bouchons de caoutchouc, rien n'est plus simple. H va sans dire que l'on doit renoncer à son emploi pour l'étude de tous les corps qui l'attaquent. Citons enfin quelques applications moins importantes : Barnard (1833),a utilisé les hydrocarbures provenant de la distillation du caoutchouc pour la préparation du vernis. Seely a indiqué un procédé de reproduction photographique, dans laquelle on emploie le caoutchouc, et auquel il a donné le nom de

caoutchoucotypie. Ce procédé est basé sur le fait observé par Hancock et Goodyear que le caoutchouc peut se vulcaniser non seulement sous l'action de la chaleur, mais aussi sous l'action de la lumière.

Statistique. — L'industrie du caoutchouc est très importante en Angleterre et aux Etats-Unis. La consommation générale du caoutchouc peut être évaluée à près de 10 millions de kilogr. par an. Pour donner une idée de l'extension du caoutchouc à Paris et dans ses environs, on a compté le nombre suivant de fabricants d'articles de caoutchouc :

La consommation totale du caoutchouc fut de 7,500,000 kilogr. en 1875. Cette quantité était ainsi répartie :

Etats-Unis 2,000,000

France 2,000,000

Angleterre 1,750,' 00

Allemagne 1,570,000

Pays divers 180,000

La provenance de ce caoutchouc était la suivante :

Java 3,500,000 kilogr.

Para 2,250,000 —

Guatemala, Carthagène 1,650,000 —

Venezuela, Nouvelle- Grenade,

Afrique. 100.000 —

Fraudes. — Au lieu de sécher le caoutchouc à l'abri des impuretés et des substances étrangères, on y saupoudre volontairement du sable fin qui s'attache au produit et en augmente le poids. De plus, le caoutchouc ainsi sablé est difficile à travailler; les couteaux, cylindres, etc., qui servent à déchiqueter et à diviser le caoutchouc s'usent et se détériorent rapidement.

Analyse et essai du caoutchouc. — Pour faire l'essai du caoutchouc, on dose les cendres et le soufre. Pour doser les cendres, on incinère dans une capsule tarée 5 gr. de caoutchouc et on pèse. Pour doser le soufre, on pèse 10 gr. de caoutchouc divisé en très petits fragments et on attaque pendant plusieurs heures à 90° environ, par de l'acide azotique. Quand le caoutchouc est désagrégé, on laisse refroidir, on ajoute ensuite de l'eau, puis de la lessive de potasse pure. On chauffe à 100<^ et on obtient une solution complète. On fait passer dans cette solution, pendant qu'elle est encore chaude, un courant de chlore; il se forme un précipité résineux blanc, qu'on sépare et qu'on lave par décantation. La liqueur filtrée est acidulée par l'acide chlorhydrique et le soufre, transformé en acide sulfurique, est précipité par le chlorure de baryum. On recueille le sulfate du baryte, on le sèche, on le calcine, on le pèse, et on déduit de son poids celui du soufre. Voici le procédé d'analyse du caoutchouc vulcanisé :

Cendres. On calcine, à une douce température, 0 gr. 5 à 1 gr. de caoutchouc et on pèse les cendres.

Soufre total. On traite à chaud 1 gr. de caoutchouc par 20 centim. c. d'acide azotique. On ajoute peu à peu une quantité suffisante de chlorate de potasse pour oxyder la totalité du soufre. On évapore pour chasser l'acide ; on reprend par de l'eau additionnée d'un peu d'acide chlorhydrique et on précipite l'acide sulfurique par le chlorure de baryum.

Soufre ajouté pour la vulcanisation. On pèse une certaine quantité de caoutchouc qu'on brûle dans un courant d'oxvgène à basse température. On fait passer les vapeurs dans une solution de brome acidulée par l'acide chlorhydrique. L'acide sulfureux formé est transformé en

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acide sulfurique qu'il suffit de précipiter de la solution broraée.

Substances minérales. Le caoutchouc est souvent additionné de substances minérales, notamment pour la fabrication des jouets (blanc de zinc, craie^, sulfate de baryte, etc.). Pour les doser onchaufie pendant quelques minutes au bain-marie 1/2 à 1 gr. du caoutchouc réduit en petits fragments avec 20 centim. c. d'acide azotique de densité 1,4, Quand la solution est complète, on évapore à sec au bain-marie, et on redissout dans l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique. On obtient un résidu insoluble contenant le sulfate de baryte et la silice. On sèche, on calcine et on pèse ce précipité. La solution chlorhydrique renferme le zinc, la chaux, etc., et on y dose ces* substances par les méthodes ordinaires.

Caoutchouc minéral (Y. Bitume).

Caoutchouc artificiel ou Caoutchouc des huiles. — Ce composé a été découvert en 1849 par MM. Nicklès et Rochleder. 11 s'obtient quand on chautfe des huiles végétales avec du chlorure de soufre. Le mélange s'épaissit peu à peu et finit par se convertir en une masse solide, transparente, possédant une certaine élasticité. Ce caoutchouc artificiel possède certaines analogies de propriétés avec le caoutchouc naturel, et notamment l'élasticité, mais il est moins ductible et moins résistant. C'est en général l'huile de lin qu'on emploie fpour fabriquer le caoutchouc des huiles, et le chlorure de soufre dont on se sert doit être saturé de soufre. Suivant M. Perra, quand on ajoute à l'huile de lin une proportion de 5% de chlorure de soufre, on obtient une masse visqueuse. Avec 15 à 20 % de chlorure, le produit est solide, et avec 25 ^/o il présente le maximum de dureté. Pour fabriquer le caoutchouc blanc, on chauffe à 130^, et pour le caoutchouc noir on chauffe jusqu'à 180^. Le mélange est coulé sur une plaque de verre. Le caoutchouc artificiel s'emploie pour la fabrication de rouleaux d'imprimerie, de manches de couteaux, etc. On fabrique une sorte de caoutchouc artificiel en chauffant à la vapeur sous pression un mélange d'huile de lin cuite, de soufre et de céruse. Ch. Girard.

VI. Thérapeutique. — - Le caoutchouc s'emploie en médecine pour son imperméabilité, son élasticité et sa légèreté. — Les toiles imperméables préparées avec cette substance servent à préserver la literie des malades du contact de leurs déjections, du pus ou du sang, bien qu'on leur préfère souvent, pour cet usage, la toile cirée, moins coûteuse et moins odorante. Le caoutchouc sert à la confection d'urinaux et en général de tous réservoirs devant être à la fois imperméables, légers et pouvant se déformer ou se replier à volonté : tels sont les manchons pour l'irrigation continue ou le pansement à l'eau froide. Les bandelettes et les plaques de caoutchouc sont employées aujourd'hui couramment dans le traitement d'un grand nombre d'affections cutanées, en particulier l'eczéma et les dartres, où elles agissent en isolant du dehors les surfaces malades, en s'op posant à l'évaporation, et en excitant d'une façon énergique Télimination de la sueur. Cet obstacle apporté à la transpiration normale par les tissus imperméables, devient un inconvénient sérieux au point de vue de l'hygiène, lorsqu'on fait usage de vêtements recouvrant à peu près toute la surface du corps et destinés à garantir de la pluie : la température du corps s'élève considérablement et prédispose à divers accidents lorsque quelque autre point moins bien garanti, les pieds ou les voies respiratoires, se trouve exposé en même temps au froid. Nous ne faisons que mentionner les sondes, les bougies en caoutchouc, dont l'usage est journalier et a réalisé un si grand progrès sur l'emploi des instruments métalliques, — les tubes à drainage employés universellement aujourd'hui pour le pansement des grandes plaies, — les tubes et la bande d'Esmarch servant à arrêter la circulation dans un membre et permettant ainsi d'y pratiquer de longues opérations chirurgicales, à peu près sans effusion de sang, ou de suspendre une hémorragie jusqu'à ce que les ligatures

utiles soient faites, — la bande de Maisonneuve, destinée à amener la réduction graduelle des hernies, — les pelotes creuses remplies d'air ou d'eau, fixées à demeure par une ceinture, pour maintenir la contention des hernies réductibles, — les pièces de caoutchouc employées dans la confection des injecteurs, des insufflatears, etc. On emploie en Angleterre, sous le nom d'Enema, des injecteurs vaginaux construits tout entiers en caoutchouc et munis de soupapes silencieuses, dont l'usage se répand aujourd'hui de plus en plus. On a construit également en caoutchouc des coussins, des matelas de formes diverses, qu'il suffit dégonfler d'air pour les rendre rigides et que l'on vide ou que l'on remplit à volonté au moyen d'un robinet, — des pessaires établis sur le même principe, introduits facilement lorsqu'ils sont vides et gonflés sur place au moyen d'une poire à insufflation (pessaire Gariel),

— des ballons permettant de déplacer doucement et temporairement certains organes, pour faciliter diverses opérations chirurgicales, tel est le ballon de Petersen, indispensable aujourd'hui pour toutes les opérations pratiquées sur la vessie. Les tubes de caoutchouc eux-mêmes, en dehors de leur rôle comme organes d'une foule d'appareils à inhalation, à pulvérisation, à irrigation, etc., sont employés fréquemment pour produire l'extension continue et la contre-extension, la coaptation des fragments d'une fracture et dans la réduction des luxations ; dans ce dernier cas, un système de tubes rattache le malade, en passant sous ses bras, à un point fixe, la tête de son lit par exemple, tandis qu'un autre groupe de lacs et de tubes attire l'extrémité libre du membre luxé ou fracturé dans une direction opposée, en se rattachant au pied du lit. Enfin, on fabrique, avec des fils de caoutchouc, des tissus élastiques analogues à celui des jarretières, au moyen desquels on confectionne des appareils compressifs, genouillères pour hydarthroses chroniques, bas pour varices, ceintures eutociques pour la grossesse et les positions vicieuses de l'utérus, etc., sans parler des nombreuses pièces en caoutchouc qui entrent dans la construction des appareils prothétiques, bras, mains ou jambes artificielles.

Le caoutchouc est très rarement employé en nature comme médicament ; on a proposé récemment, dams le traitement des maladies de la peau, sous le nom de trau-» matic'me, l'usage de vernis préparés avec une dissolution de caoutchouc ou de gutta-percha additionné d'acide chrysophanique. A l'intérieur, le caoutchouc a été employé dans le traitement des catarrhes chroniques des voies respiratoires par Haller, Kufferschlœger, Hanon ; ce dernier prescrit dans la phtisie, et surtout dans la bronchorrée, à la dose de 4 à 5 grammes par jour, une solution de 4 partie de caoutchouc très pur dans 2 parties d'essence de térébenthine ; son action serait la même que celle des térébenthines. Selon Juan de Torquemada (4645), les Mexicains retiraient par distillation l'huile essentielle du caoutchouc pour l'employer en frictions comme tonique, et à l'intérieur comme a nti hémorragique.

Quant au caoutchouc durci ou ébonite, ainsi nommé par comparaison avec le bois d'ébène, il sert, dans les industries se rattachant à la médecine, à confectionner des stéthoscopes, des spéculums pleins, des platines de microscope, etc. D' R. Blowdel.

BiBL. : 1° Botanique et Thérapeutique. — J. de Torquemada, ia Monarquia Ind'iana, IGlb, t. II,p. 6tj3.

— Valmont de Bomar, Dict. d'hist. nat, — James CoLLiNs , Pharm. Society of London, 1869. -- E. Carrev, Monil. universel^ 1858. — Bâillon, Bot. méd.y 934, 994. 998. — Hebra, Arch. f. Dermatologie, 1859. — Jamain, Man, de petite chirurgie.— Clavel, Gaz. hebd., 1865.

2* CniiMiE. — Berthelot , Action de l'acide iorfhydrique sur le caoutchouc {Soc. ch., t. XI, 33, 98).

— Bouohardat, Distillation du caoutchouc [Journ. pharm. et ch., 1837, t. XXUI, 454). — Faraday, Analyse du caoutchouc {The quart. Journ, of se, t. XI, 19)*.— Greville-Williams, Distillation du caoutchouc {Hroc. ofthe Roy. Soc, 1860, t. X, 516). ~ Himly, Ann. der Ch. und Pharm., t. XVI, 61 ; t. XXVII. 4U. — Hurtzig Caoutchouc durci {Soc. ch., t. IV, 232). — Joule et

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T^^OM?soN, Elasticité {An. phys. ei cA., t. LU, 127). — JLIèvV, Recolle du caoutchouc {Joum. pharm. et ch.^t, XV, '^56 [4]). — y A\ EN t Porosité pour ta dialyse des gaz {id.j t. IV, 375 [4]). — Précis de chimie industrit-Ue lb67, t. I, 186, 2i8, 5« éd. — SiMPSOiN-WARTiioN, Action àè la lumière sur le caoutchouc {Soc. c/^., t. XVI, 188). — SinLLER, Action des agents atmosphériques {Journ. of Ihe chem. soc, 18H4, 44). — Wright, Action de l'ozone {Soc. c/i., t. XVIII, 438).

CAP (Mar.). l.e cap d'un navire immobile ou en marche e^t la direction dans laquelle il présente son avant. W est indiqué par la division de la rose du compas qui s$ trouve en regard de la ligne de loi ; cette indication ou çap au compas, corrigée de la variation, donne le cnp vrai (V. Bopssule). Ce mot est employé dans un grand nombre de locutions maritimes, on dit ainsi qu'un navire a le cap au N. 60^ E. lorsqu'il est orienté dans cette direction ; qu'il a le cap sur un point lorsque celui-ci se présente exactement sur son avant ; qu'il a le cap à terre ou au Isjrge; qu'il niet le cap à telle aire de vent lorsqu'il change d^ route pour prendre cette nouvelle direction. Lorsqu'il prend une direction opposée à celle qu'il avait auparavant, en faisant une route inverse s'il est en marche, en évitant s'il est au mouillage , on dit qu'il change de route ou qu'il évite cap pour cap. — Ce mot peut être ej^ployé pour désigner une direction quelconque; on dit par exemple dans une saute de vent, que la brise à changé cap pour cap, lorsqu'elle s'est établie brusquement d'une direction contraire à celle qu'elle possédait avant. — Enfin, dans l'ancien langage maritime, le mot cap signiiait aussi l'avant du navire.

Cap de Mouton. — Bloc en bois, de forme lenticulaire présentant une engoujure et percé de trois ou quatre trous. Les caps de mouton sont installés par paires, l'un fixé à l'extrémité intérieure d'un hauban, l'autre à la ferrure de la cadène, et une ride passée dans leurs trous et raidie fortement permet de donner au hauhan la tension convenable. Aujourd'hui les haubans sont généralement raidis au moyen de ridoirs métalliques qui ont beaucoup restreint l'emploi des caps de mouton. — On em])loyait anciennement pour rider les étais des bas-mâts, des blocs de bois percés de douze ou quinze trous et que l'on nonmiait aussi par extension caps de mouton. Ce nom tire ptobablement so,n origine de la forme de cet objet qui, auiretois, était allongé au lieu d'être rond, et rappelait ainsi, avec les trous dont il était percé, la configuration d'une tète de mouton décharnée (V. Hauban, Uide, Kidoir, Ridage, Cadène).

CAP (Colonie du). Colony of the Cape of Good Eope. I. Généralités. — Région de l'Afrique australe et possession britannique. Les dernières annexions de la colonie du Cap sont : 1° à l'E., la Cafrerie propre, ou les Transkei Districts, le Griqualand oriental et le Pondoland ; 2^ au N.-K., le Basutoland qui, actuellement, relève pour son administration directement de la métropole; '6^ au N., le Griqualand occidental, faisant partie du même corps politique; 4^ plus au N., le Bechouanaland britannique, limité par le Malopo ; 5^ les territoires d'abord placés virtuellement sous la suzeraineté de l'Angleterre, puis annexés en 1888, comprenant les pays des Bakuenas et des Khamas, et limités par le !20« degré long. E. Greenvvich (17*> 40', Paris) et22« lat. S., étendus ensuite jusqu'au Zambèze dans le pays des Matebele, entre les 27« et 3i« degi^és long. E. Greenw. (2i^40' et 29'>40' Paris). Le Nalal est une colonie distincte, pourvue d'un gouverneur, et à laquelle est adjoint le Zululand britannique; mais le gouverneur du Cap a la haute main, avec le titre de « High Commissioner », sur les atiaires cafres (ou réellement sur les atiaires extérieures) des diverses possessions anglaises de TAtrique du Sud. Toute cette Atrique du Sud, depuis le Zambeze et le cap Frio, soit en moyenne depuis le 17^ parallèle S., a été, à diverses époques, saut la bande orientale portugaise, entre les mains ou sous la suzeraineté nominale de l'Angleterre ; mais l'Etat d'Orange et le Transvaal ont été repris par les

Boers, les pays des Damaras et des Grands -Namaquas, à l'exception de l'enclave de Walfish-bay, lui ont échappé pour devenir territoires allemands. — On ne décrira ici que la colonie telle qu elle était limitée avant les dernières annexions, qui sont traitées ailleurs (V. Afrique, Betchouanas, Cafrerie, Griqualand occidental, Poxdoland). La colonie du Cap se trouve, avec ces restrictions, comprise entre les 14* et 2G^ ij"! degré long. E., 28« et 35« degré lat. S. Ses limites sont naturelles : à rO., l'océan Atlantique; au N., le fleuve Orange, qui la sépare, en partant de i'O., du Gross-Namaqualand a'iemand, du Betchouanaland britannicjue, du Criqualand- West et de l'Etat d'Orange; à l'E., la Telle et le rameau des Wittebergen, qui la séparent du Basutoland, puis les Stormbergen, ITndwe et la Kei, qui la séparent de la Cafrerie; au S. l'océan Indien et l'océan Atlantique, le premier à l'E., le seconda TO. du cap des Aiguilles. Dans ces limites, la colonie du Cap a une superficie de 517,849 kil. q., c.-à-d. presque égale à celle de la France continentale; avec le Griqualand occidental (45,300 kil. q.), elle a 563,449 kil, q. Les Tranbkei districts et le Griqualand oriental ont 40,334 kil. q. ; le Basutoland, ^25,175 kil. q. La dernière annexion de 4888 a une superficie supérieure à celle de la colonie du Cap. — La population de la colonie en y comprenant le Griqualand-West était, en 18s5, de 919,513 hab., ce qui donne 4,6 pour la population kilométrique.

IL Géographie physique. — La contrée a la forme d'un trapèze, dont les angles sont occupés par l'embouchure de l'Orange, le cap de Bonne-b^spérance, l'embouchure de la Kei et le confluent de l'Orange et de la Telle. Côtes et Iles. — La position de cette région à la pointe du continent lui procure une grande étendue de côtes, environ 4 kil. pour 2G0. kil q., malgré le désavantage à cet égard de l'ensemble de l'Afrique. 11 n'existe sur tout le parcours des côtes de la colonie du Cap qu'un petit nombre d'îlots insignifiants et de rochers. La partie 0., sur l'Atlantique, est boidée de plaines basses et sablonneuses ; le littoral de la saillie continentale qui la termine au S. est accidenté ; la côte S. est accore, roc heuse et inégale. Les parties saillantes forment des promontoires élevés, dont les principaux sont les caps de Bonne-Espérance et des Aiguilles.

Toutes les baies sont largement ouvertes, sauf celle de Saldanha, sur l'Atlantique, qui possède une étroite ouverture à rO. ; c'est un port naturel, malheureusement dépouvu d'eau douce. Sur cette côte, les baies de Sainte- Hélène et de la Table sont tournées vers le N., ce sont les plus spacieuses. Dans celle-ci se trouve l'île de Uobben et le port de Cape Town, abri artitieiel excellent. Dans la petite baie de Bobbe Bay, est ie Port Nolloth, lieu d'exportation àQS minerais de cuivre d'Ookiep. Bout Bay est au N. de la presqu'île que termine le cap de Bonne-Lspérance. Des phares éclairent ce cap et l'entrée de la baie de la Table. Sur la côte S., les baies sont plus nombreuses. A TE. du cap de Bonne-Espérance, entre ce promontoire et le cap Bangklip,on trouve immédiatement la profonde et large FaUeBay, dont l'ouverture est au S. et où se trouve le mouillage de Simon's Town, abrité cent le le N.-O. Les baies qui se présentent ensuite se ressemblent par leur forme et consistent en une longue étendue de côte légèrement concave E.-O., terminée par un crochet S. S.-E., dont le (ond est conséquemment abrité du iN.-E. au S. par le N. A l'extrémité la plus méridionale est le célèbre cap des Aiguilles (cap Agulhas) : il est surmonté d'un phare; ce promontoire se prolonge de (irès de 2 degrés en un banc sous-marin. Vient ensuite la baie de Saint-Sébastien entre le cap Infanta et le cap Barracouta, Leven, au iond de laquelle est le Port-Seaufort sur la Breede; puis, Bull})oint, cap des Vaches (c. Vacca), Fleesh Bay et Fibh Bay ; le cap Saint-Biaise, éclaiié par un phare, forme ie côté occidental de la baie de Mosseî, sur lequel est bâtie Aliwal-South, le meilleur port na-

turel jusqu'à Natal. L*estuaire de la Knysna (kassna Uarbour) n'est pas sablonneux et est accessible. Le cap Saint-François forme le côté 0. de la baie de ce nom (S. Francis Bay). Entre les caps Récif et Padrone se trouve creusée la grande et célèbre baie d'Algoa ; le cap Récif (cap Receife) est pourvu d'un phare, et c'est Inv ce côté que se trouve abrité du N.~0. Port-Eliz^beth, le port le plus important de la colonie ; au tond de cette baie est Tilot de Sainte-Croix; à l'entrée sont les petites îles aux Oiseaux (Bird l^), éclairées par un phare. En poursuivant vers le N.~E., on trouve Port-AlNd, mauvais mouillage; Waterloo Bay, au tond de laquelle est la Grande Rivière des Poissons (Great Fish River). Celte partie de la côie se termine à la Calî'erie propre par une échancrure à TE. de laquelle se trouve le cap Morgan, puis la rivière Kei, formant limite naturelle.

Relief du sol. — L'Âlrique australe {V. Afrique) est entourée d'une bordure de montagnes séparant comme des murailles, escarpées du côté de la mer, des plateaux qui forment une série de gradins en s'éievant vers Tinté-^ rieur. Nous ne considérerons ici que la Colonie du Cap dans les limites posées plus haut, La chaîne occidentale qui longe l'Atlantique du N. au S. prend successivement les noms de Kamiesbergen ou Kowsie et de Karree de i'O., en offrant des cimes élevées, telles que le Voi^elklip (1,3-24 m.), le Welcorae (1,564 m.). Au S. de l'Olifant, la chaîne se bifurque en deux branches parallèles et voisines. A TEst ce sont les Cedarbergen (Monts des Cèdres) dont le point culminant est le Sneeuw^Kop (1,931m.) ; à ro., les Olifantbergen et les Cardon, dont se détache le Piquetbcrg (1,050 m.) et qui, au point de rencontre avec la précédente chaîne, se redressent à 2,085 m. par le Wiuterhoek, puis se continuent, sous le nom de Drakensteen, jusqu'au cap Hangklip (445 m.). Une chaîne indépendante bordière parcourt la saillie continentale comprise entre les baies de Samte-Hélène et False Ray, et se relève à la baie de la Table pour entourer la ville du Cap d'un cirque de montagnes, la Table (1,082 m), le Lion et le pie du Diable. — Des chaînes transversales presque parallèles à la côte S. naissent de la grande chaîne occidentale ou s'y rattachent ; elles sont au nombre de trois : les deux premières, méridionales, un peu obliques à la côte, où elles aboutissent; la troisième, plus éloignée de la mer, vient également s'y terminer par une bifurcation, mais se rattache par sa branche maîtresse au système des montagnes de la côte orientale. La chaîne la plus rapprochée de la mer, laissant une zone maritime dont la plus grande largeur, au N. du cap des Aiguilles, est de 80 kiî., prend, à partir de TO. vers Stellenbosch, les noms de Zonder end, Langeberge du S., Outeniqua, Lange Kloof, Karadow, ces derniers monts se terminant au cap Saint-François. L'ait, moyenne est de 1,000 m. Au delà de cette chaîne se trouve un plateau aride, du moins en plusieurs points, un Karrou^ large de 40 à 50 kil. et borné par un second escarpement dont l'ait, moyenne est de 1,500 m. La deuxième chaîne continue les monts Cedar sous les noms des Bokkeveld l'roid et chaud, Wittebergen S., Zwartbergen, dont quelques sommets dépassent 2,200 m., et se terminent par le grand Winter-lloek (de l'Ë.), 1,753 m. Le second escarpement supporte au N. un plateau aride, deux ou trois fois plus large que le précédent, soit en moyenne de 100 kil. C'est le grand Karrou, dont Tait, est de 600 à 900 m.; il vient s'adosser à la troisième chaîne de montagnes.

Cette chaîne septentrionale, distante de la mer de 200 kil., est la plus élevée et la plus importante et forme le faîte de partage des eaux. Elle relie les deux systèmes des côtes occidentale et orientale, ce dernier ayant une altitude supérieure. En commentant par i'O., elle fait suite aux Langehergen N. et prend les noms de Roggeveid, Nieuweveld, entre lesquels se trouve le Komsberg (1,640 m.), Winterbergen avec des ait. do 2,2a0 m.

Koudveldbergen, Sneeu\\bergea, qui s'élèvent auCompassberg ou Spitzkop (2,738 m.), point culminant de h région du Cap. De là part une ramitication S.-E., les Rudel et Zwagershoek, qui, après s'être élevée au Grand- Winterberg à 2,378 m., se termine à l'embouchure delà Kei. Quant à la chaîne maîtresse, elle se dirige au N.-E., d'abord sous le nom deZuurbergen (duN.); ce sont ensuite les Stormbergen, au S. desquels se trouve le Uangklip (2,100 m.). Les Stormbergen forment la limite naturelle N.-E. de la colonie avec la Cafrerie propre, pour se continuer avec les Kahlambaou Drakenbergen S., qui séparent celle-ci et le Natal du Basutoland. Le rameau de Witteberg N. st^pare ce dernier pays de la colonie. Au N. de cette troisième chaîne, jusqu'au fleuve Orange, s'étend un vaste plateau, qui atteint une largeur N.-S. de 450 kil. et ollre des petits massifs disséminés; au N.-O., il constitue le Grand-Pays des Rushmen, d'une ait. de 1,000 à 1,100 m. ; la chaîne des Ivarrce N., groupement de montagnes tabulaires isolées, divise en deux le plateau, en traversant E.-O. les districts de Fraser Bay et de Victoria West, le Hartrog's Rand s'en détache; les Kaikopbergen sont plus à ro. Ces hautes plaines sont aussi des Karrou, on y rencontre plusieurs lagunes salées, restes des anciens marécages des temps géologiques, notamment le Grand-Zoutpan (district de Calvinia). La portion N.-E. forme un plateau distinct par son élévation plus grande, qui est de 1,200 à 1,400 m.

Géologie. — Les grandes lignes concernant la géologie de l'Afrique australe, savoir, ancienneté des terrains et ossa» ture de granit, absence de volcans, etc., ont été tracées à l'article Afrique : il s'agit ici des détails permettant la comparaison des divisions naturelles de la région plus limitée que nous considérons. — A TO. , dans la saillie continentale que limitent les baies Sainte-Hélène et False Ray, entre l'Atlantique et la chaîne de montakines,le granit vient affleurer partout où les schistes anciens ont été dénu» dés. Au N. de la baie de Sainle-Uélone, il est d'abord caché sous les schistes anciens, puis re[)araît, associé au gneiss, dans le pays des petits Namaquas, qu'il constitue presque en entier, séparé de la mer par une bande de schistes métamorphiques. Cette formation de gneiss s'élève au delà de l,5uy m. avec la chaîne des Kamies, puis s'abaisse à 1,100 m. pour former le vaste plateau du Rushmanland en s'étendant sur la rive méridionale de l'Orange à 500 kil. vers TE. En outre, il existe des schistes probablement cambrions, le long de la côte, depuis l'Olifant jusqu'à Mossel Ray, sur une largeur de 20 à 100 kil., et qui pénètrent dans les vallées de l'Olifant et de la Rreede» Les crêtes des montagnes qui enserrent ces vallées, les Cedar, Olifant, Drakenstein jusqu'au cap Hangklip, sont formées par des grès du dévonien inférieur, se prolongeant à TE. dans toute la première chaîne côtière. G© même grès constitue le sommet horizontal de la Table, oti il repose directement sur le granit. Dans I'O. de la xone comf»rise entre les deux premières chaînes, au N. des Langehergen, des schistes argi'eux alternant avec des grès, et tossilitères, représentent le dévonien supérieur, car ils reposent sur les grès précédents ; ils s'élèvent au N.-O. vers les deux Bokkeveld, qu'ils constituent. Les strates situés au-dessus consistent en des schistes également fossilifères et des grès, peut-être de la formation carbonifère : ils constituent le petit Karrou partie E., la deuxième chaîne et le bord du grand Karrou au N. de cette chaîne. On voit déjà qu'à mesure qu'on s'éloigne des côtes, les terrains deviennent moins anciens, c'est le trias qui va maintenant apparaître. Toutefois on a rencontré le terrain jurassii|ue sur la côte S.-Ë., dans l'espace compris entre Uitenhage, le Winterhoek, le Zuurberget Graham's Town, mais son rôle est relativement faible, il faut en dire autant du terrain tertiaire, qui se présente sous forme de tuf près la rivière Sunday. Une autre remarque à faire, c'est que l'on passe ici, à partir des rivages, de la formation ignée à la formation marine, puis, avec le trias de ces contrées, à une formation lacustre.

CAP

Le grand Karrou ou Karrou central, la troisième chaîne, puis au N. le Karrou supérieur, plateau borné au N.-O. par le Busbmanland, autrement dit, ce qui nous reste à étudier géologiquement de la colonie, à laquelle il faut joindre certaines régions voisines (Etat d'Orange, Basutoland, Cafrerie), appartient à la formation triasique. On y a distingué trois étages. L*étage inférieur consiste

(lune brèche mélaphyrique. L'étage moyen, comprenant des schistes, argiles et grès, constitue la surface presque entière du plateau et la base des montagnes de leur bassin. Il est fossilifère et Ton y trouve des restes de grands reptiles. Les couches de Tétage supérieur, formées de grès quartzeux ou de schistes micacés, constituent les sommets des Drakenbergen,Stormbergen, NieuweveldetKomsberg. On y trouve des plantes fossiles et de la houille, notamment en divers points de ces montagnes, affleurant à des ait. de 1,150 à 4,700 m. De nombreuses éruptions de diorile, communes dans l'Afrique du S., sont fréquentes surtout dans le trias du désert ; au delà de la troisième chaîne parallèle, elles ont donné lieu à des monticules arrondis. Presque partout, et principalement dans les endroits où dominent ces diorites, le plateau est recouvert d'un sable rouge de formation contemporaine, qui dissimule les roches sous-jacentes, Çà et là, des tufs calcaires se montrent, qui proviennent de la décomposition des diorites, donnant lieu, en outre, sous l'action des eaux pluviales, aux matières salines des lagunes nombreuses aux quelles les Boers ont donné le nom de pans.

Régime des eaux. — La troisième chaîne transversale est le principal faîte de partage entre les océans Atlantique et Indien des eaux de la région, séparant toutes celles delà portion orientale. A l'O., la deuxième joue à cet égard un rôle moindre. Pour la première ainsi que pour la chaîne occidentale , qui sont voisines de la mer, les cours d'eau peu étendus qui en descendent sont portés généralement dans la même direction. Le versant septentrional de la troisième chaîne conduit les eaux à l'Atlantique par le fleuve Orange (ou Gariep) : grande artère qui, prenant naissance dans le Basutoland, sur la pente méridionale du Champagne Castle ou Cathkin Peak (3,157 m.), 29o lat. S., se porte d'abord au S. entre le 30® et 31® degré, puis vers le N., pour déboucher dans TAtlantique à 28^ W lat. S., après avoir traversé presque toute l'Afrique de TE. à rO., dans un cours sinueux de 2,140 kil., ayant reçu les eaux d'un bassin de 1,275,000 kil. q. Les affluents principaux de sa rive gauche sont, de TE. à l'O. : la Telle, qui prend naissance au N. des Wittebergen ; la Kraï, qui descend des Storm ; le Malapo ; le Hartebeest est le dernier affluent gauche notable que reçoit le fleuve Orange, ayant pourtant encore à fournir le tiers de son parcours jusqu'à son embouchure; mais une branche du Hartebeest, qui longe les Katkopbergen, draine les plateaux du grand Busbmanland, à peu près secs, tandis que, d'autre part, viennent y aboutir les ramifications d'un aftluent de l'Olifant 0. sur l'Atlantique. En outre de cet affluent, l'Olifant 0. a deux branches principales, l'une coulant au N, du Winterhoek; l'autre, connue sous le nom de Doorn, prenant naissance au N. des Bokkeveld et Wittebergen de la deuxième chaîne. Une dernière rivière sur la côte occidentale est la Great Berg River, dont l'embouchure est dans la baie de Sainte-Hélène, Il n'y a point ensuite de cours d'eau de quelque importance jusqu'au cap des Aiguilles.

Dans l'océan Indien, en partant de ce cap, on rencontre d'abord la Breede, dans la baie de Saint-Sébastien. Puis vient le Gouritz, né au S. de la troisième chaîne, qui reçoit principalement la Groote Rivera droite, etTOlifant-E.à gauche, coulant entre les deux premières chaînes. La Knysna a un cours peu étendu, elle est la seule accessible, avec son estuaire profond, aux navires tirant 5 m. d'eau, n'étant pas barrée par les sables comme les autres rivières de la côte. Le Gamtoos naît au S. des Winterbergen et des Sneeuwbergen, dans le grand Karrou, et franchit en de profondes gorges les deux chaînes côtières pour

déboucher, réduit parfois presque à sec, dans la baie de Saint-François. Au fond de la baie d'Algoa, à l'E. de Port-Elizabeth, débouche le Sunday ou Zondag, issu des Sneeuwbergen, au pied du Compassberg. Déjà on entre dans une zone moins sèche, où les rivières roulent une plus grande quantité d'eau, car là commence la côte orientale du continent. On trouve immédiatement après la baie d'Algoa, la Bushman River, née de la deuxième chaîne. La rivière Kovvie vient ensuite, elle est remarquable par le Port Alfred établi à son entrée : ce point de la côte, où il y a une barre considérable, est d'ailleurs un mouillage détestable. La Fish River, limite occidentale de l'ancienne « zone neutre », bornée à l'E. par la Keiskamma, est un cours d'eau d'une grande longueur, car elle descend du versant méridional des Zuur du N. La Keiskamma naît au S. du grand Winterberg ; elle constitue à son tour une limite occidentale pour la Cafrerie anglaise, dont la Kei forme la limite orientale séparant jadis les tribus hottentotes et catres, plus tard la colonie anglaise de la Cafrerie. Dans cet intervalle on peut signaler la rivière de King- William's-Town, Buffalo River, issue de la deuxième chaîne, arrosant les fermes d'une petite colonie allemande et se terminant par l'escale d'East-London, port très dangereux du reste. La Kei descend du versant méridional des Stormbergen, son cours est entrecoupé par de nombreuses cascades ; Queen's Town est bâtie sur un de ses affluents ; un autre affluent, l'Indwe, forme la portion N. de la limite occidentale de la Cafrerie propre.

Climat. — Comme pour tout l'hémisphère Sud, les localités de la colonie du Cap ont une température inférieure à celle des localités correspondantes de l'hémisphère Nord, sur le même méridien et à une égale latitude, la différence est de 4° environ ; à égalité de température, leur rapprochement de l'équateur doit être plus grand à peu près de 5 à 6 degrés de latitude. La côte occidentale de cette région est moins chaude que la côte orientale de l'Afrique, soit d'environ 2 degrés pour le parallèle de 30*^, au bord de la mer, dans les mômes conditions d'altitude. La cause principale de ce dernier fait consiste dans les courants marins, l'un chaud, dii de Mozambique, l'autre froid, antarctique : là où ils sont voisins sans se confondre, comme des deux côtés du cap de Bonne-Espérance, le contraste est très manifeste; en été, le courant froid, à rO. de la presqu'île, a une température inférieure de 9^ à celle du courant de Mozambique à l'E., dans False Bay, ce qui explique la température moyenne de Simon's Town, supérieure de plus d'un degré à celle de Cape Town, bien que cette dernière ville soit plus rapprochée de l'équateur. La moyenne annuelle de la température dans la colonie oscille autour de 17'^5, qui se rapporte à la zone tempérée chaude. Cape Town a 16^8 ; mais Clanwilliam se distingue par un chiffre élevé, 20*^2 ; les localités des grandes altitudes sont nécessairement plus froides, tel est Aliwal North, 13^8. C'est surtout par les écarts de température dans les saisons extrêmes que les climats de la région se différencient, et ces écarts s'accroissent à mesure qu'on s'avance dans l'intérieur, où l'hiver est plus froid, conformément à l'augmentation de l'altitude, et où l'été, néanmoins, est aussi plus chaud. Sur les côtes, les vents tempèrent les saisons.

Les alizés de S.-E., qui soufflent en été, sont froids, les vents de retour du N.-O. , en hiver, amènent de la chaleur. Les uns et les autres, presque toujours violents, apportent aussi, malheureusement, de fréquentes tempêtes. Sur la côte de l'Atlantique, ce sont, en été, de septembre à avril, des coups de vent de S.-E., soulevant des tourbillons de poussière et suivis d'une recrudescence de chaleur ; en hiver, dans les mois de juin, juillet et août particulièrement, le vent de N.-O. cause de nombreux sinistres, c'est alors que tombent des averses abondantes, parfois accompagnées d'orage. Quoi qu'il ensuit, ces vents sont considérés comme assainissants dans le pays. Ils sont aussi fertilisants comme agents de transport des

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vapeurs se résolvant en pluies ; seulement, dans la distribution de ces pluies, leur rôle est inverse sur les deux côtes. Toute Thumidité des vents S.-E. s'est condensée en pluies d'été sur les chaînes qu'ils rencontrent, la côte orientale est arrosée et fertile, les districts de la colonie voisins participent dans une certaine mesure à ces avantages. Au delà du Gouritz vers l'O., ce n'est plus que de la sécheresse que ces vents produisent. Le vent N.-O., d'autre part, pluvieux en hiver sur l'Atlantique, est un vent sec pour les côtes E. de l'océan Indien.

En somme, la région du Cap est sèche, la quantité d'eau qui tombe annuellement a une hauteur de 0°™68 à Cape Town et seulement 0"*40 et même 0"^iO sur les grands plateaux arides de l'intérieur. Lorsque ces hauts Karrous reçoivent leurs trop rares pluies, qui leur viennent du S.-E., celles-ci sont absorbées immédiatement par les sables de la surface, mais comme elles sont d'ordinaire diluviennes, elles enflent les rivières et transforment en torrents les cours d'eau périodiquement desséchés, que l'on appelle àesspruits. Du reste, en presque tout le pays il y a à regretter l'absence de hautes cimes neigeuses et la rareté des pentes boisées.

m. Flore et faune (V. Afrique.)

ÏV. Anthropologie et ethnographie. —Les races indigènes de l'Afrique australe sont, dans la colonie du Cap, les Hottentots, comprenant les Namaquas, et les Boscbimans ou Bushmen ; à l'est, ce sont les Cafres, de race et de langue bantou. Les Boers, d'origine européenne, sont devenus en quelque sorte une race à part; ils ont donné naissance aux métis Griquas ou Bastaards (V. Afrique, Cafres, Boers, etc.)

V. Géographie politique. — Histoire politique, Administration, Institutions. — Durant l'occupation du Cap comme dépendance de la C^® hollandaise des Indes orientales, de 1652 à 1795, l'autorité executive, législative et judiciaire était exercée par un gouverneur et un conseil nommés par la compagnie. Une semblable forme d'administration a existé de 1803 à 1806, durant le temps que la colonie avait fait retour à la République Batave ; toutefois, avec cette différence que le gouverneur et son conseil, au lieu de dépendre d'une société commerciale, étaient subordonnés directement au pouvoir suprême des Etats.

Sous le gouvernement britannique, de 1705 à 1803, et ensuite depuis 1806, les gouverneurs seuls exercèrent tout le pouvoir et toute l'autorité, jusqu'à ce que, en 1825, un conseil exécutif fut créé pour les assister. Dix ans après, en 1835, un conseil législatif, dont les séances étaient publiques, fut institué par instructions royales. Par lettres patentes de la reine Victoria, en 1850, ce conseil fut autorisé à rendre des ordonnances pour l'établissement d'un gouvernement représentatif. Le 11 mars 1853 fut ordonnée la création d'un Parlement colonial, composé de deux Chambres, la Chambre basse ou l'Assemblée (House of assembly) et la Chambre haute ou Conseil législatif. Auprès du gouverneur se trouvait un conseil exécutif, qui fut d'abord irresponsable devant le Parlement. Ce n'est qu'en 1872 qu'un gouvernement représentatif et responsable fut concédé à la colonie, devenue ainsi autonome ; la couronne a conservé la prérogative de nommer le gouverneur et d'exercer le droit de veto. Le Conseil exécutif comprend cinq ministres : le secrétaire colonial (administration civile, défense, police) ; l'attorney général ; le trésorier général ; le commissaire des terres de la Couronne et des travaux publics (travaux publics, agriculture, mines, postes) ; le secrétaire des affaires indigènes. L'Assemblée est composée de 74 membres élus pour cinq ans ; le Conseil législatif, de 22 membres, ayant le titre d' « honorables ». Les électeurs pour les deux Chambres sont tous les sujets britanniques, blancs ou noirs, possédant des moyens assurés d'existence, dont le minimum est, du reste, peu élevé. L'ancien code romain-hollandais a été adopté, mais avec

des modifications, depuis l'occupation anglaise. La défense est assurée par une armée coloniale (820 hom.), et par des volontaires (4,392 en 1886), et, en cas de guerre, par les hommes valides formant une réserve de plus de 120,000 soldats. Le gouvernement anglais n'entretient qu'un petit nombre d'hommes, à Cape Town et à Simon's Town, mais il participe à la direction des forces militaires, et le gouverneur a les attributions et le titre de commandant en chef. Depuis 1875, le principe de la séparation de l'Eglise et de l'Etat est voté. La religion réformée hollandaise et la religion anglicane étaient, avant cette époque, privilégiées et subventionnées par le budget colonial, ce sont les communautés de blancs les plus nombreuses; mais c'est la confession wesleyenne qui fait le plus grand nombre de prosélytes parmi les indigènes, Hottentots et Cafres. Les Malais sont mahométans, ils ont des mosquées à Cape Town et à Port-Elizabeth. L'instruction publique n'est pas obligatoire. L'ensemble du budget a été, en 1885, de plus de 5 millions de francs. Les écoles primaires sont distinguées en trois groupes, conformément aux préjugés de race, pour les enfants blancs, métis et indigènes. La dette publique du gouvernement colonial s'élève à six années de son revenu, soit pour 1886-87, 561,332,325 fr.

Divisions politiques actuelles, — Avant 1874, la colonie du Cap était divisée administrât! vement en deux provinces, celle de l'Ouest, capitale Cape Town, et celle de l'Est, capit. Grahams Town. Depuis 1874, la colonie a été partagée en sept provinces, au point de vue électoral, comprenant des divisions ou districts fiscaux ou judiciaires, dont le nombre augmente tous les dix ans, avec la population. Il y en avait 50 en 1875, et 69 en 1885, sans compter Walvisch Bay. La colonie du Cap proprement dite a ajouté, en 1880, à ses sept provinces électorales une huitième, celle du Griqualand Ouest, partagée en quatre districts. En voici l'énumération.

1<* Province de rOuest: J)'ms\ons ou districts: 1 Cape Town, 2 Cape Division, 3 Wynberg, 4 Simon's Town, 5 Stellenbosch, 6 Paarl.

2» Prov, du N,-0. : 1 Maîmesbury, 2 Piquetberg, 3 Namaqualand, 4Port-Nolloth, 5 Clanwilliam, 6Calvinia, 7 Worcester, 8 Tulbagh, 9 Ceres.

3° Prov. du S.-O, : 1 Swellendam, 2 Robertson, 3 Uiversdale, 4 Ladismith, 5 Caledon, 6 Bredasdorp, 7 Oudtshoorn, 8 George, 9 Uniondale, 10 Mossel Bay, 11 Knysna.

h Prov^ du Centre : 1 Graaf-Reinet, 3 Murraysburg, 3 Aberdeen, 4 Beaufort, 5 Prince Albert, 6 Willowmore,

7 Victoria-West, 8 Prieska, 8 Frasersburg, 10 Sutherland, 11 Carnarvon, 12 Richmond, 13 Hope Town.

5» Prov. du S.'E.: 1 Albany, 2 Bathurst, 3 Victoria- Est, 4 Peddie, 5 Uitenhage, 6 Jansenville, 7 Humansdorp, 8 Alexandria, 9 Port-Elizabeth.

6*» Prov, du /V.-£. : 1 Fort-Beaufort, 2 Stockenstrom 3 Albert, 4 Somerset, 5 Bedford, 6 Cradock, 7 Steynsburg,

8 Colesberg, 9 Hanover, 10 Middelburg.

70 Prov, de TE. : 1 King Williamstown, 2 Stutterheim 3 Komgha, 4 East-London, 5 Queen'sTown, 6 Cathcart, 7 Tarkastad, 8 Aliwal-North, 9 Herschel, 10 Wodehouse, 11 Barkly-Éast.

8<* Griqualand Ouest: 1 Kimberley, 2 Herbert, 3 Barkly-West, 4UpperHay.

Un parti existe dans la colonie, qui se propose d'arriver à une union politique et économique plus ou moins serrée des différents Etats, anglais et hollandais, de Vkfvlque dimirah (Afrikander Bond)^ répudiant d'ailleurs toute idée de recourir à la force et travaillant à rendre plus intimes les relations des diverses nationalités et à développer l'autonomie des colonies. Ce projet do fédération rencontre de grandes difficultés, c'est ainsi que les efforts faits récemment pour arriver à une union douanière des colonies anglaises et des Etats hollandais de l'Afrique australe ont échoué. Dès 187 5, le projet avait été émis par lord Carnarvon au nom du gouvernement an-

CAP

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glais^ cointtiê «ffraiit une garantie pour les colons do race européenne Contre les indigènes. C'était là, eneifet, pour les 8o?Ts nn pt)int important, mais ils ne voulaient consenti*' â cette fosion qu'à la condition que l* Angleterre en fût exclue, tandis que l'ambition de cette dernière était qu'elle consistât en une seule dominion de la Couronne. Cette divergence d'intérêts existe encore aujourd'hui et se manifeste particulièrement dans les tracés proposés pour les chemins de fer internationaux de l'Afrique du Sud. L'opposition s'accentue même entre la colonie du Cap et la mère patrie : c'est que l'élément hollandais, qui existe déjà presque seul dans ses propres républiques, l'emjJôfte par le nombre sur l'élément anglais, même dans cette colonie et jusque dans son parlement.

Habïïants. — L'accroissement de la population est exprinré par les chiffres suivants, pour ces dernières années : en 1875, la colonie du Cap (non compris le Griqualand-ôuesl) comptait 7:20, 98i individus, eteniSSo» 811,450, avec un accroissement de plus d'un dixième du chiffre primitif dans cette décade. Une semblable augmentation s'est produite dans le Transkei, qui a passé de 332,834 à 375,758. Sur les 811,450 hi^bitants de la colonie, il y a 260,725 blancs et 541,725 hommes de couleur. Ceux-ci se subdivisent en Hottentots 1/5, et en (M'rès 4/5. Les Hottentots, auxquels se rapportent les Petits Namaqûâs (plus récemment annexés), n'ont plus de groupement politique sur le territoire du Cap, depuis 1810, et ils ne furent affranchis qu'en 1828. Ces indigènes sont loin de diminuer de nombre, comme on pourrait le croire par le tait de l'augmentation beaucoup plus rapide des blancs, au milieu desquels ils sont disséminés et confondus et où on les emploie comme domestiques, laboureurs et bergers. En 1865, ils étaient au nombre de 81,600 dans la Colonie, et en 1885, il y en avait 98,560. En outre, il y a du sang bottentot dans les 84,540 métis constatés par cé dernier recensement. A l'E., ils se sont croisés avec les Cafres. C'est dans cette partie de la colonie voisine de la Cafrerie que ceux-ci sont en effet le plus nombr«'UX. C'est encore là une race qui se multiplie avec une grande rapidité. Il faut y ajouter les autres aborigènes de même famille, Fingos, Basontos et Betchouanaâ. Les noirs qu'on rencontre dans la colonie sont les descendants de nègres esclaves importés jadis au Cap de la côte d'Afrique. 11 existe aussi des Malais, que Ton voit surtout àCapeïown, ce sont les descendants d'esclaves de l'archipel Indien amenés autrefois par les Hollandais.

Quant aux blancs, les Hollandais en forment les 2/3, viennent ensuite les Anglais, des Français, des Allemands et divers autres. Le Cap est une véritable colonie de peuplement. Les colons hollandais considèrent l'Afrique comme leur patrie adoptive : ils se disent Afrikanders. La plupart sont fermiers ou paysans, sous le nom de Boers. Ces premiers occupants de la colonie forment comme une grande famille dans toute l'Afrique du Sud, et il existe entre eux une solidarité qui influe sur les décisions du Parlement du Cap et qui prépare leur unité nationale. Cependant il leur manque l'intluence qu'exerce la langue parlée et surtout écrite.

Les Anglais, moins nombreux dans la colonie que les Hollandais, habitent principalement les villes; ils y ont apporté les moeurs, l'esprit et les habitudes anglaises. Ils aiment, après leur journée de travail, se retirer dans leurs villas paisibles et confortables. L'élément britannique ne forme jusqu'à présent dans la colonie du Cap que le sixième de la population totale, mais il y prend chaque jour un développement croissant. Les Irlandais, au Cap, appartiennent à la basse classe, et les Ecossais y exercent, en général, les professions d'artisans et de petits commerçants. Les Français émigrés dans toute l'Afrique australe sont en proportion infime, 300 environ; mais ort rencontre dans quelques districts, entre autres à Fransehe-Hoek, les descendants de protestants français .ayant fui leur pays lors

de la révocation de l'édit de Nantes. Ces réfugiés ont mêlé aussi leur sang à celui des anciens colons hollandais pour former la population des Boers, où bien des noms français de famille et de localité se sont conservés ; mais ils ont oublié leur p:Urie originelle, en gardant pour leurs demi-frères de race française une grande sympathie. C'est la race envahissante des Allemands qui se fait ici remarquer par ses progrès récents ; on évalue leur nombre pour l'Afrique australe à 70,000; ils forment le plus souvent des sortes de colonies ericîavées ; il est des villages purement allemands, Berlin, Potslam, Francfort, etc., dans le district de King-Williani's Tovvn,qni sont habités par les descendants de la légion anglo-germanique, congédiée après la guerre de Crimée. A CapeTown et dans les environs on compte 5 à 6,000 Allemands; un journal, le Capland^ est chargé de la défense des intérêts allemands; une société allemande existe à PortËlizabeth, oti leur situation est considérable.

VI. Géographie économique. — Agriculture. — Le sol arable de la colonie du Cap est généralement aride, et même acide ou salin en plusieurs points des Karrous ; il est insuffisamment arrosé par les cours d'eau et par les eaux du ciel, mais le soleil, là où l'eau ne fait pas défaut, y développe une végétation remarquable. Des travaux considérables d'irrigation ont été entrepris : on a construit des lacs artificiels d'une contenance d'un million de mètres cubes ; on a transformé ainsi certaines parties du désert. Cette économie de l'eau doit être complétée en allant la chercher dans les nu:iges mêmes, et cela par la plantation des pentes de montagnes. Les régions tempérées des chaînes du N.-E. et de l'E. offrent des forêts où croissent des essences d'une grande valeur industrielle, telle est celle de Knysna. La\ie de la colonie repose sur l'œuvre agricole et particulièrement sur l'industrie pastorale, à laquelle se livre le tiers de sa population. Les cultures en grand sont celles des céréales, du tabac et dé la vigne. Celle du coton commence à s'agrandir dans les districts du N. Le riz fournit de belles récoltes dans la plaine noyée de Clanwilliam. La culture et l'industrie du tabac sont concentrées dans la vallée de r Olifants River, affluent du Gouritz, district de Oudtshoorn. Les vignobles ont été constitués par les réfugiés français ; ce climat convient à la vigne à un tel point que le rendement est quadruple de celui des diverses contrées du monde. L'oidiura a dû être combattu par le soufrage, et le phylloxéra a fait son api-arition en 1886. Le célèbre cru de Constance est situé dans la presqu'île du Cap de Bonne-Espérance, entre CapeTown et False Bay. La pomme de terre réussit bien presque partout ; et les fruits des contrées tempérées et tropicales peuvent être à la fois obtenus, avec ce climat de transition. Les pâturages jouent un grand rôle, étant nécessaires à l'élève des bestiaux, ils sont sous la dépendance des eaux et se rencontrent dans les vallées du S., à TE. de la colonie, et même en divers points des plateaux du centre et du N. Parfois survient le fléau des sauterelles ; mais plus souvent sévissent les sécheresses, qui sont la cause que des troupeaux nombreux périssent en entier.

Les chevaux du Cap sont renommés. Ils proviennent originairement de la Plata et ont été croisés avec les races anglaise et arabe. Les bœufs, beaucoup plus nombreux, descendent des ammaux à longues cornes des Hottentots, et leur race a été modifiée par celles d'Angleterre et de Hollande. Les vaches laitières sont encore en trop petit nombre pour les besoins de la colonie. Ce sont surtout les moutons que l'on élève. Ceux du Cap à queue grasse et à poil grossier, au nombre d'un million, ne servent qu'à la boucherie. Les moutons mérinos à laine fine constituent par leur toison la principale richesse du pays, mais ils ne tarderaient pas à dégénérer si Ton ne laisait venir chaque année des béliers des meilleures provenances pour renouveler la race. Ou compte environ neuf millions de têtes. La chèvre d'Angora fournit des peaux

pour la maroquinerie, et surtout son poil , constituant le « mohair » ; des boucs ont été importés du Tibet. Il faut citer aussi des animaux indigènes qui ont été domestiqués, tels qifune espèce d'antilope et Fautruche. L'élevage de cette dernière a pris de grandes proportions depuis le moment où l'on a commencé d'y recourir (1864). Comme cet élevage n'a pas réussi ailleurs, la colonie, pour en garder le monopole, a mis des droits de sortie lort élevés sur ces producteurs. En 1886 , on comptait 180,000 autruches.

Mines. — Les fameuses mines de diamant du Cap se trouvent dans la nouvelle province du Griqualand-Ouest, qui sera traitée dans un article spécial (V. Griqualand). Le Namaqiialand, qui est aussi une des dernières provinces incorporées, est riche en gisements de cuivre. Une compagnie anglaise fait exploiter, depuis 1863, à Laide d'indigènes hottentots et herrero, au nombre de 1,800 environ, dirigés par des Anglais du CornwalL les mines situées dans le voisinage du VogeMvlip, à Ookiep, d'oiile minerai est expédié paruïie \oie terrée de 145 kil. à Port- NoUoth. La quantité extra'te annue'lement est de 10,000 à 20,000 tonnes. Ln 1886; la \aleur du minerai a été de près de 14 millions. 11 existe de nombreux dépôts de guano sur les rochers et îlots épars le long des côtes. L'île Ichahoe avec les îlots voisins sont considérés comme dépendances du Cap, bien que situés sur le littoral du Gross-Namaqualand allemand. Leur exploitation a produit, en 4884, la somme d'un demi- million de francs. Les récoltes ont dû y être réglementées. D'autres îles à guano se rattachent aux districts côtiers, notamment dans les baies de Sainte-Hélène, de Saldanha, de Hout, False Bay et d'Âlgoa. Le sel se trouve partout dans la colonie en grande quantité. Dans les Karrous et le bassin de l'Orange, il est rassemblé dans des dépressions en forme de cuvettes, qu'on appelle des pans. Il est employé, entre autres usages, à la salaison des poissons. La houille commeîice d'être exploitée dans les districts des Stormbergen. On exploite aussi une mine de manganèse dans la péninsule du Cap. Un grand nombre de sources médicinales sont utilisées, elles sont généralement sulfureuses et ferrugineuses, thermales. Celles des en\ irons de Caledon ont 49'* C. 11 en est qui atteignent 63** C, dans le district de Worcester.

Industrie. — Jusqu'en ces derniers temps, les seules industries, d'ailleurs considérables, de la colonie, étaient celles qui se rapportent à la production et à l'extraction. Encore aujourd'hui, la plus grande partie des produits consiste en matières brutes (minerais, laines), expédiées en Angleterre pour être manufacturées; mais on commence à se passer de la mère patrie, malgré la cherté de la main-d'œuvre, pour la fabrication de la plupart des articles de consommation et d'usage courant.

Voies de communication et Commerce. — La colonie du Cap est un pays producteur, non un simple lieu de relâche et de transit pour les nations maritimes ; c'est ce qui fait que l'ouverture du canal de Suez (inauguré fin de 1869), ne lui a pas porté atteinte. Précisément à partir de cette époque, son développement prit un nouvel essor. Déjà des grandes routes avaient été ouvertes, et les produits de l'agriculture et de l'élevage augmentaient, lorsque à ces éléments de prospérité vinrent s'ajouter les découvertes inattendues des mines de diamants et d'or, attirant toute une population de mineurs et d'autres consommateurs. En 1869, ce furent les diamants du Griqualand, annexé en 1871 ; en 1873, ce fut l'or du Transvaal. Des chemins de fer, alors, ne tardèrent pas à doubler les transports et les trafics.

Jadis, dans la région du Cap, tantôt montagneuse, tantôt offrant d'immenses plaines desséchées, partout dépourvue de rivières navigab'es , les lourds chariots traînés par de nombreuses paires de bœufs étaient l'unique mode de locomotion. Ce ne fut qu'en 1844 qu'un système de routes carrossables fut entrepris, par Mon-

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