‹ La Grande encyclopédieChapitre 52 sur 397 · CAP · texte numérisé non relu

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tagu, et mené rapidement à bonne fin. Des ponts nom* breux ont été construits; il y en a quatre sur 1© fleuve Orange; celui de la Kei a complété l'incorporation de la Cafrerie propre. Les premières lignes de chemin de fer étaient Durement locales et de peu d'étendae. En 1859, fut inaugurée celle de Cape Town à Wellington, de 93 kil.; en 1861, une ligne de banlieue, de Sait River à Wynberg. Plus tard, ce fut une ligne de Port-Elizabeth à Uiîenhage. En 1874, le conseil législatif vota les fonds nécessaires pour la construction de grandes lignes. Partant des trois principaux ports, elles forment trois systèmes, convergeant vers Kimberley et l'Etat libre d'Orange. A la fin de 1885, leur étendue était de 2,573 kil., ayant coûté 335,184,645 fr. Le système de l'O. comprend la grande ligne de Cape Town à Kimberley, et les courts embranchements de Stellenbosch et de Malmersbury, plus la petite ligne de Sait River à KalkBay, total 1,155 kil. Le système du centre comporte la ligne de Port-Elizabeth à la jonction, 544 kil., celle de Naawport à Colesberg, une plus longue de Zuntscop à Graaf-Reinet, et un petit embranchement d'Alicedal à Graham's Town, total 948 kiU Le système de l'E. est constitué par la li<»ne d'East- London à Aliwal-North, avec un court embranchement sur King William's Town : 470 kil. Ces chemins de fer sont fort remarquables et curieux par les travaux d'art qu'ils ont nécessités, tunnels, ponts, viaducs, par leurs courbes, et surtout par les altitudes auxquelles ils atteignent: 1,094 m. dans le district de Worcester; 1,580 m. dans les Zuurberg; 1,703 m. dans les Stormbergen. Il faut ajouter à ces chemins de fer du gouvernement colonial quelques lignes construites par des compagnies privées. Les recettes nettes, en 1886, pour les chemins de fer du gouvernement, ont été de 10,049,275 fr. Le réseau télégraphique s'étend dans les pays limitrophes, jusqu'au Natal, dans l'Etat d'Orange et, récemment, dans le Transvaal. Il est peu de villes, dans la colonie, qui ne soient ainsi mises en communication avec la métropole. Les relations avec l'extérieur sont assurées par des services réguliers de paquebots et par un câble télégraphique. Celui-ci se rattache aux ports de la côte occidentale d'Afrique, et relie le Cap au réseau des télégraphes de l'Europe et de l'Amérique.

Bien que les paquebots puissent aller aujourd'hui d'Angleterre en Australie sans faire escale au Cap, et quoique tout le commerce des Indes prenne la route de Suez, le nombre des navires qui visitent la colonie est maintenant supérieur à ce qu'il était avant ces causes de décadence, tant est grand le développement actuel de ses propres ressources. Le mouvement de la navigation, pour 1885, a été de 5,412,855 ton. dont 5,105,034 pour la navigation britannique, ce qui donne pour l'étranger la faibfe proportion de 5,7 ^/o- Les importations, étant rapportées aux pays producteurs, fournissant toute l'Afrique australe de leurs produits fabriqués, qui entrent par des ports anglais (colonies du Cap et de Natal) et par Lourenço-Marques, il se trouve que l'Angleterre fournit actuellement (1888), 90 ^/o de la consommation, l'Allemagne 9, et qu'il ne reste qu'un centième pour toutes les autres puissances réunies. Pour la colonie du Cap, les importations ont été, en 1885, de 120,792,200 fr. Us exportations, cette même année, ont été de 155,606,525 Ir. Les principaux articles exportés, avec leur valeur, ont été, en 1885, les suivants : pierres précieuses et diamants, 62,241,500 fr.; laines, 35,652,700 fr.; plumes d'autrui'he, 14,631,950 ; minerais de cuivre, 9,891,875 fr.; poils de chèvre, 5,100,450 fr.; peaux de moutons, 4,815,775 fr.; cuirs, 3,223,600 fr.; peaux de chèvres, 2,580,225 fr. ; poissons salés, 396,300 fr.; vin ordinaire, 363,950 fr.; aloès, 205,700 fr.; cornes, 186,850 fr.; ivoire, 90,700 fr.; chevaux, 77,500 fr.; vin de Constance 67,175 fr.; fruits secs, 6i,650 fr.

VIL Géographie médicale (V. ApRrouE).

Vin. Histoire. — L'histoire de la région du Cap offre

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trois phases, séparées par deux intervalles d'un siècle et demi; sa découverte par les Portugais, en 1486; sa colonisation, à partir de 1652, par les Hollandais, auxquels s'adjoint Télément français ; son extension, depuis 180G, par les Anglais. Nous assistons à l'élaboration d'une quatrième phase, sa fédération, ou la formation des Etats- Unis de rAfrique du Sud, où apparaît, comme pour ceux de FAmérique du Nord, l'immixtion des Allemands, qui déjà ont commencé d'opposer en ces pays des barrières à l'extension de l'Angleterre. Quant aux races indigènes, elles se sont soumises, en général, au lieu d'être anéîmties ou refoulées comme les fauves et comme les sauvages de l'Australie réfractaires à la civilisation. Ce sont les premiers colons qui, volontairement et par esprit d'indépendance, ont fui le pays qu'ils avaient préparé pour leurs envahisseurs, espérant aujourd'hui que leur nombre et leur fécondité leur en assureront de nouveau l'empire.

On sait comment Barthélémy Diaz, le premier, doubla le cap de Bonne-Espérance en 1486, et reconnut et dénomma divers points des côtes de la colonie actuelle, tels que le cap Voltas, à sa limite N.-O., embouchure du fleuve Orange ; les baies de Los Vaqueiros (Flesh Bay, proche le Gouritz), de San-Bras (MosselBay), et d'Algoa, où il débarqua sur l'îlot de Santa-Cruz, qui fut la première terre australe au delà de l'extrémité du continent que foula un pied européen, enfin le Rio-lnfanta (Fish River). On sait aussi comment Vasco de Gama (8 juil. 1497-29 août 1499) accomplit le programme du prince Henri le navigateur et des souverains du Portugal, en allant aux Indes par la circumnavigation de la pointe méridionale de l'Afrique ; il relâcha dans les baies de Sainte-Hélène, False, San-Bras ; il reconnut, au delà du point où s'était arrêté Diaz , les côtes des Cafres et de Mozambique et il dénomma le Natal ; il fut le premier qui eut des communications avec les Hottentots du S. de l'Afrique (V. Afrique et Bonne-Espérance [Cap de]). Aucun fait saillant n'est à signaler durant tout le siècle suivant pour le cap de Bonne-Espérance, et l'on ne tira nul parti de la région qui venait d'être découverte. Ce n'est qu'à partir de 1620 que l'on voit la baie de la Table devenir un mouillage tréquenté par des navires de toutes nations. Mais les Européens ne firent au cap jusqu'en 1650 aucun établissement définitif; les Portugais, en 1525, et les Anglais, en 1614, avaient cherché, mais sans succès, à en fonder un sur la petite île de Robben, dans la baie de la Table. Quant à la prise de possession du Cap, qui fut faite par des Anglais au nom de Jacques l^^, en 1620, ce ne fut qu'un vain simulacre et le projet n'eut pas de suite. C'est au milieu du xvii*' siècle que se présentèrent les premiers colonisateurs.

A cette époque, en 1649, deux officiers marins, Proot et Jantz, et le chirurgien Van Riebeck, tous trois au service de la compagnie des Indes néerlandaises, exposèrent à ses directeurs les avantages de la création d'un fort au cap de Bonne-Espérance. Van Riebeck, chargé de la fondation de rétablissement, proclama la prise de possession le 9 avr. 1652. 11 construisit le fort et l'entoura de cultures, qui bientôt s'étendirent assez loin, et au nombre desquelles se trouvait celle de la vigne. Des esclaves provenant de la côte de Guinée furent adjoints aux soldats laboureurs de Riebeck. Ce premier gouverneur avait fait de la colonie naissante un point de ravitaillement précieux pour les flottes marchandes de la Hollande, lorsqu'il obtint son changement en 1662. Les commencements furent difficiles, par suite des hostilités des Hottentots et des attaques des lions et autres bêtes féroces. En 1672, un nouveau fort fut construit, qui remplaça celui de Riebeck et qui est la citadelle actuelle. En 1676, les premières rues de la ville moderne furent tracées. Le gouverneur Simon Van der Stell, nommé en 1678, imprima une nouvelle impulsion à la colonie. Des orphelines sont envoyées d'Amsterdam pour constituer lus familles des colons. ÎPuis viennent en 1688-89 les protestants émigrés de France.

Ces réfugiés , au nombre de 300 , en y comprenant femmes et enfants, n'apportaient que leur industrie et quelques ceps de vigne, mais ce furent des ressources précieuses; ils contribuèrent surtout à l'extension et au perfectionnement des vignobles et de leurs produits. Cependant ils eurent à souffrir, bien que la compagnie des Indes eût subvenu à leurs premiers besoins, du monopole commercial qu'elle exerçait dans le pays et du despotisme du gouverneur. La compagnie leur avait assigné pour résidences Stellenbosch, la vallée de la Perle et celle des Eléphants, aujourd'hui le Fransche-Hoekc.-à-d. Coin français. C'est vers cette époque que Van der Stell, qui s'était adjugé une grande concession de terrain, en fit le domaine célèbre de Constance. En 1699, il se démit de ses fonctions en laveur de son fils Adrien ; celui-ci fut révoqué, huit ans après, à cause de ses exactions. Cependant, la colonie, qui ne devait être d'abord pour la compagnie hollandaise des Indes qu'un point de relâche, avait pris de l'extension sous les deux Van der Stell ; elle comprenait, en 1708, toute la saillie continentale entre les deux baies de Sainte-Hélène et False Bay, avec une partie des terrains voisins. Les Hollandais avaieut acheté, dès 1690, aux indigènes la baie de Natal. Des explorations lointaines avaient été faites vers la Cafrerie (1702), par des bourgeois ou kirghers^ ainsi que vers le N. et le pays des Namaquas (1705), par des fermiers, qui, s'èmparant des pâturages, trouvèrent de la résistance chez les naturels, Hottentots et Boschimans, envahissant, à leur tour, les possessions hollandaises. Plusieurs expéditions furent dirigées contre ces derniers de 1774 à 1777.

Tandis que la colonie progressait ainsi aux dépens des naturels, elle avait à courir des dangers sérieux de la part des ambitions européennes. L'Angleterre, la trouvant si bien placée sur la route des Indes, la convoitait. Profitant de la guerre qui éclata entre elle et la Hollande en 1780, elle fit une tentative sur le Cap ; cette tentative échoua, grâce à Suffren, vainqueur du commodore Johnston, qui avait reçu l'ordre d'occuper le Cap. Les projets des Anglais se trouvèrent ajournés. Ils devaient être favorisés par le gouvernement colonial même, par les dissentions intestines qu'il avait provoquées. Les réfugiés, dès leur arrivée, avaient été en butte à des persécutions tendant à leur faire perdre leur nationalité et leur interdisant définitivement, par décret de 1724, l'usage de la langue française, qui se perdit en effet rapidement. Du reste. Français ou Hollandais d'origine, tous étaient mécontents du gouvernement. Dans l'impossibilité d'obtenir justice de la métropole ou de retourner en Europe, beaucoup se dirigèrent vers l'intérieur, cherchant l'indépendance, en môme temps et bien plutôt que des pâturages pour leurs troupeaux. Ce fut le commencement des exodes ou trek de ces fermiers de la frontière, auxquels on donna le nom de Boers (V. ce mot) . Plus tard, leurs convois nomades seront plus nombreux et s'éloigneront davantage, sous l'empire d'un sentiment autre que la gêne de l'oppression et l'attraction des terres spacieuses^ savoir, la haine et le dépit d'une domination étrangère. De leur côté, les Boers outrepassaient, vis-à-vis des indigènes, et particulièrement des Cafres à l'E., leur droit de se défendre et d'acquérir pacifiquement des terrains, en abusant contre eux du commando pour aller les piller ou les massacrer. Puis, en 179e3, une révolte éclata dans la province de Graaf-Reinet, dont le préfet fut chassé par les Boers. Aussi, lorsque cette même année, la Hollande fut envahie par les armées de la République française et que le stathouder dut se réfugier en Angleterre, le cabinet britannique, profitant des circonstances, obtint du prince d'Orange la permission d'occuper le Cap pendant la durée de la guerre. Une escadre, commandée par l'amiral Elphinstone, parut le 10 juin 1795 dans False, portant des troupes de débarquement sous les ordres du général Craig. Le gouverneur hollandais ne crut pas devoir obéissance au stathouder, mais à la compagnie des Indes. Cepen-

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