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dant il était hors d'état de se défendre contre des troupes régulières et fut obligé de capituler. Ainsi finit le règne de la compagnie, que personne ne regretta, en raison de son despotisme et de son esprit mercantile. Dans cette dernière période, il y a lieu de citer les voyageurs célèbres qui visitèrent le Cap : en 1705, l'Allemand Kolbe, qui publia le premier ouvrage sur ce pays; en 4751, l'astronome français La Caille ; en 1772, les astronomes anglais Maclear et Herschel et les naturalistes Sparrmami etThunberg; enl777,Paterson; en 1780, le naturaliste français Levaillant; enfin, le colonel hollandais Gordon, qui découvrit la rivière Orange (1778) ainsi que la girafe, et qui introduisit les premiers moutons mérinos en 1793.
Les nouveaux maîtres s'efforcèrent de rétablir l'ordre intérieur par des mesures libérales et de régler les relations avec les naturels en déterminant les limites officielles de la colonie. La ligne frontière, partant de la Fish River à l'E.. longeait les montagnes de Bamboes et de Zuur jusqu'au sud du pays des Boschimans, se continuait jusqu'à la chaîne des Kamiesberg et se terminait à l'Atlantique par la rivière des Buffles. In 1708, un recensement fournit 21,746 blancs, 25,754 esclaves noirs et 14,447 Hottentots. La paix d^Amiens rendit à la Hollande en 1803 la colonie du Cap. Toute la population blanche, hollandaise ou française, fondue en une môme nation par les mœurs et par la langue hollandaise, fut heureuse de ce retour à la première souveraineté. Ce ne fut que pour peu de temps. Après la rupture de la paix, l'Angleterre reprit ses projets sur le Cap ; une flotte anglaise vint, au commencement de 1806, mouiller entre l'île de Robben et les hauteurs de Blawberg ; 6,000 Anglais, sous les ordres du général Baird, débarquèrent sur cette côte. Ils ne trouvèrent qu'une faible résistance, et la Hollande perdit définitivement cette colonie qu'elle avait su créer. Le traité de 1815 en consacra la cession à l'Angleterre. En cette môme année, une nouvelle révolte des Boers dans le district de Graaf-Reinet fut réprimée avec une sévérité extrême. En 1818, les Cafres firent invasion sur le territoire britannique, ils furent vaincus, et c'est alors que la contrée comprise entre la Fish River et la Keiskamma fut déclarée zone neutre. Les territoires enlevés aux Cafres étaient fertiles et propres à l'acclimatement des Européens, et, comme il était avantageux aussi de contrebalancer l'élément hollandais, le parlement britannique vota une somme de 50,000 livres sterling pour l'envoi de colons dans la partie orientale des possessions du Cap. En 1820, ces colons arrivèrent à AlgoaBay au nombre de 3,600, et bientôt les Anglais dominèrent dans les provinces de TE. Puis l'unité fut favorisée pour la colonie entière par les décrets relatifs à l'emploi officiel exclusif de la langue anglaise (1825-1827). C'est aussi dans l'année 1820 que la ville de Port-Elizabeth fut fondée. Des améliorations de tout genre se multipliaient, des missions préparaient les tribus voisines à la civilisation et à l'annexion ; l'exportation des laines progressait rapidement. Les gouverneurs qui se succédèrent durant cette période furent, en 1806 sir David Baird en 1807 lord Caledon, en 1811 lord Cradock, en 1814 lord Somerset, et en 1828 sir Lowry Cole. Un commissaire général fut institué, dont la résidence était à la frontière orientale, et qui était investi du pouvoir de trancher les questions urgentes sans attendre la décision du gouverneur. Le premier qui fut nommé à ce poste fut Stockenstrom (1827). Il se retira bientôt, n'ayant pu réussira faire cesser à l'égard des natifs la coutume barbare du commando.
En 1834, un nouveau gouverneur, sir Benjamin Durban, arriva avec la mission d'abolir l'esclavage et de traiter les indigènes avec humanité. Or, c'est à ce moment que les Cafres, franchissant la frontière au nombre de 20,000, vinrent massacrer les fermiers, brûler leurs habitations et enlever leurs bestiaux. Ce fut le signal d'une véritable guerre, la première guerre cafre, car jusque-là il ne
s'était agi que d'attaques de courte durée. Bientôt les Cafres furent châtiés et vaincus par le colonel sir Harry Smith, et le territoire qui forma plus lard la Cafrerie britannique fut annexé, (iette annexion était fort avantageuse, pourtant sir Durban fut désavoué par la métropole, où régnaient les influences négrophiles. Son successeur, Stockenstrom, fut chargé de restituer aux Cafres les terrains conquis. A cette même époque eut lieu le grand trek des Boers, mécontents et lésés par suite de l'abolition de l'esclavage. Ils quittèrent le pays au nombre de 20 à 25,000 et se dirigèrent, les uns au N. du fleuve Orange, les autres vers le Natal. Les territoires qu'ils abandonnèrent, dans les bassins du Gamtoes et du Great Fish River, furent occupés à leur suite par les colons anglais. Les Boers furent attaqués dans leur marche par les chefs indigènes, mais ils finirent par en triompher et par les chasser. Prétorius, qui les commandait, ayant vaincu le terrible Dingan, roi des Zoulous, vint occuper, en 1840, le Natal, qui fut évacué, dans cette circonstance, par h garnison anglaise. Mais les Anglais, deux ans après, sous le gouvernement de sir G. Napier, obligèrent les Boers à faire leur soumission et reprirent cet important établissement maritime, dont ils firent d'abord une colonie distincte, et qui, en 1844, fut annexé à la colonie du Cap, pour être de nouveau érigé en colonie britannique séparée en 1845. Cependant les Cafres voyaient avec méfiance les Anglais se fortifier à la frontière de l'E.; sur les territoires que ceux-ci leur avaient rendus se commettaient journellement des empiétements d'une part, des maraudes de l'autre. En dernier lieu, des actes sanglants qu'amena le vol d'une hache par un indigène, firent éclater de nouveau la guerre. Les Cafres eurent d'abord l'avantage, mais leurs chefs finirent par être traqués et par faire leur soumission. Toutefois la métropole manifesta sa désapprobation des grands sacrifices d'argent qui avaient été faits sous les gouverneurs sir Maitland et sir Pottinger, qui furent successivement révoqués. Sir Harry Smith, déjà populaire par ses services militaires, fut nommé gouverneur. Il n'eut guère qu'à établir les conditions de la paix (1847), annexant de nouveau la bande de terrain qui eut plus tard des frontières nettement déterminées et naturelles, la Keiskamma et la Kei, et qui fut connue sous le nom de Cafrerie britannique. Smith ayant ainsi réglé les affaires cafres du côté de l'E., se porta au N., où il déclara souveraineté britannique les territoires situés au delà de l'Orange, après avoir défait les Boers révoltés (1848). Ceux-ci, sous la conduite de leur chef Prétorius, poussant alors plus loin leur émigration, fondèrent la république du Transvaal.
Le Cap fut menacé en 1848 de devenir une colonie pénitentiaire; mais une vive opposition des habitants empêcha la réalisation de ce projet ; le gouvernement de la métropole, si sévère pour ses hauts fonctionnaires, s'inclina devant l'opinion publique, et les convicts, déjà arrivés à Simon's Bay, durent être dirigés dans une autre possession, l'ile Norfolk, sans avoir pu débarquer. En 1850, il y eut un nouveau soulèvement des Cafres qui prit quelque temps après des proportions considérables. Cette troisième guerre se prolongeant sans succès marqués du côté des Anglais, sir Harry Smith, qui la conduisait, fut révoqué en 1852 et remplacé par le général Cathcart. Mais il fallut près d'un an encore pour réduire les chefs rebelles, tels que Kréli, Macomo et Sandilli : ce dernier se soumit en févr. 1853. Le plus redoutable de tous, Mosheh, roi des Basoutos, fit sa soumission après la bataille de Berea. Ainsi se termina la troisième des grandes guerres cafres, pour lesquelles l'Angleterre avait dépensé un tofal de 212 millions 1/2 de fr. Déjà, en 1852, le général Cathcart avait entamé avec Prétorius des négociations amicales en renonçant à toute prétention de protectorat sur les pays situés au N. du Vaal, d'où résulta la reconnaissance de la république hollandaise du Transvaal. Un an après, au commencement de 1854, la
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Grande-Bretagne renonça à sa souveraineté de la rivière Orange, fondée en 1848, et à laquelle succéda la petite république de Free Stat ou Etat libre d'Orange. C'est vers cette époque, à la fin de 1853, que la constitution coloniale fut définitivement sanctionnée. La première session du Parlement s'ouvrit le 1«'' jui!. 18o4, sous la présidence du lieutenant-gouverneur Darling. Le gouverneur Cathcart venait d'être rappelé honorablement et devait être remplacé dans ses fonctions, à la tin de l'année, par sir G. Grey. SoUs ce gouvernement se produisit un fait fort singulier. En 1856, un prophète cafre, Umhlagaza, se mit à prêcher à ses compatriotes, comme un message reçu des héros et des chefs trépassés, la destruction de leurs bestiaux et de leurs grains, leur annonçant pour prix de ces sacrifices un nouvel état de choses, la résurrection de ces héros, avec des troupeaux plus nombreuji et de plus riches récoltes, en même temps que l'anéantissement des blancs et de la tribu ennemie des Fingos. Ce qui arriva, ce fut une horrible tamine qui fit périr ^D,000 Cafres, tandis qne l'imposteur s'enfuyait et que les Anglais négrophiles faisaient esclaves 100,000 de ces malheureux et occupaient sans coup férir le territoire oti ils trouvaient la place nette ! On sait comment les Anglais dominateurs se sont occupés depuis à améliorer le sort des indigènes et ont réussi à faire de ces Cafres turbulents des voisins tranquilles. Le gouverneur, sir G. Grey, s'était donné pour programme l'annexion progressive de la Cafrerie propre; il avait aussi émis des idées lédérahstes, qui furent alors désapprouvées par le gouvernement englais. En 1860, il y eut une agitation séparatiste : mais les partisans de la séparation des provinces de l'E., qui voulaient faire une capitale de Graham's Town ou de Port-Elizabeth, éprouvèrent un double échec, au parlement du Cap et dans les conseils de la reine. Celte même année, la Cafrerie britannique fut détachée de la colonie du Cap et érigée en colonie distincte. Ce ne fut que pour un petit nombre d'années : elle était incorporée, en 1865, par un bill qui avait été provoqué par sir Wodehouse, successeur de Grey depuis 1862. En outre, le ministère des colonies ordonna, dans le but de restreindre les dépenses, de fixer la frontière à la Kei, en retirant les troupes qui occupaient la contrée située au delà de cette rivière; en même temps, elle lut peuplée par des Fingos et autres tribus fidèles, protégeant les Anglais contre les tribus ennemies et particulièrement contre les Gaîékas. Cependant, la constitution octroyée en 1853 à la colonie du Cap ne l'affranchissait qu'à moitié. Ce fut sous l'administration de sir Henry Barkly, qui avait acquis en Australie l'expérience du gouvernement constitutionnel, et qui succéda en 1870 à Wodehouse, que leselfgovernment complet lui fut accordé ; la nouvelle constitution fut proclamée le 29 nov. 1872, et le premier ministère responsable fut formé par sir John Molteno. Une ère de prospérité matérielle coïncida avec ce changement politique, elle était due à une période de saisons favorables et surtout à la découverte récente des diamants au Griqualând Ouest. En 1874, le chiffre des exportations, sans compter celle des diamants, s'éleva à près de 106 millions de fp.» étant plus que quintuple de celui de 1854.
En Cette année 1854, les Anglais avaient renoncé à la province d'Orange, qu'ils supposaient sans valeur. Mais après la découverte des diamants dans le Griqualând (1867), ils trouvèrent des prétextes pour se l'annexer (1871), en y rattachant Kimberley (1872), et moyennant un dédommagement dérisoire de 2,250,000 tr. En 1880, le Griqualând Ouest rentra dans le corps politique de la colonie du Cap En ce qui concerne la république sœur du Transvaal, le gouvernement britannique avait reconnu son indépendance en 1852. Mais plus tard, surtout après la découverte en ce pays des mines d'or, les Anglais, sous le prétexte d'intervention dans les querelles sanglantes entre les Boërs et les indigènes, prrclamèrent l'annexion des uns et dés autres. En 1877, un commissaire britan-
nique, Shepstone, annexa, à Pretoria, le Transvaal au territoire de la Grande-Bretagne. Les Boers s'étaient rési* gnés d'abord, mais bientôt, revenus de leur stupeur et indignés, ils se révoltèrent : ils furent victorieux, et leur indépendance fut reconnue, dans une dépêche envoyée de Londres au gouvernement du Cap.
Plus de vingt années de paix avec les naturels avaient endormi la colonie dans une sécurité trompeuse, lorsque des rumeurs alarmantes vinrent, en 1876, donner l'éveil. Sir Bartie Frère, nommé gouverneur en 1877, fut chargé, en qualité de haut-commissaire, des intérêts anglais dans toute l'Afrique du Sud. Une nouvelle guerre ayant éclaté, elle se termina par la défaite du chef des Galékas, Kréli. Le gouvernement, par un acte de préservation de la paix, proclama le désarmement dans le Transkei, et voulut rétendre au Basutoland. Mais dans ce dernier pays il ne rencontra pas la soumission. Les Basoutos, qui, en 1868, étant alors en guerre avec l'Etat libre d'Orange, avaient été secourus par Wodehouse, pour être placés sous la suzeraineté britannique, puis annexés en 1871 par sir Barkly, étaient irrités du contrôle des magistrats européens ; la menace de leur désarmement fut une occasion pour leurs chefs d'entraîner les tribus dans une rébellion; à la fin de 1880, le soulèvement était général. Cependant les forces de la colonie et les subsides de la métropole, à laquelle cette guerre coilta plus de centtnillions de francs, en vinrent à bout. Sir Hercule Robinson, successeur de Bartie Frère, en 1881, régla les conditions de la paix avec les Basoutos. Malgré ses efforts conciliateurs, il rencontra des difficultés qui amenèrent le gouvernement « impérial » en Angleterre à se charger de 1 administration du Basutoland. Ce territoire tut, en conséquence, détaché de la colonie, en 1883, et il est actuellement gouverné par un commissaire-résident placé sous la direction du haut-commissaire. Le ministère du Cap, en 1884, avait proposé de céder également à la métropole l'administration des districts du Transkei ; mais le ministère suivant, du 13 mai de la même année, a pris, au contraire, pour programme de compléter leur annexion. Lorsque l'Angleterre, surprise par l'événement soudain de Fintro* duction allemande sur la côte 0., fut obligée d'admettre ce protectorat étranger, comme une exception avait été faite pour la possession britannique de Walfish Bay, le gouvernement du Cap s'empressa de l'annexer à la colonie par un acte de 1884. A la même époque fut achevée l'incorporation de tout le territoire transkeien. Les districts de Griqualând East, ïdutywa et Fingoland avaient été annexés par acte en 4877 ; en 1885, les territoires deTembuland, EmigrantTembuland, Galekaland et Bombanalând furent faits portion intégrante du Cap de Bonne-Espérance. Les derniers événements concernant l'Ali'ique du Sud, et qui intéressent la colonie du Cap, ont trait à l'extension au N. des possessions de la Grande-Bretagne, et aux projets de fédération des Etats anglais et hollandais. L'Angleterre avait annexé une partie du pays de Bechouanas, sous le prétexte de détendre les indigènes contre les Boers. Le reste du pays n'était encore en 1888 qu'en sa possession virtuelle, lorsqu'elle profita de Finvasion d'un Boer^ le commandant Grobetaar, dans le pays du chef Kbama, qui est partiellement placé sous son protectorat, pour annexer sans bruit, d'un trait de plume, toute la région comprise entre le Zambèze, au N., le Bechuanaland britannique et le Transvaal, au S.,etleDamaraland allemand, à FO. 11 a suffi pour cela d'un rapport de sir Sheppard au gouverneur du Cap, sir Robinson, et d'un ordre du ministre des colonies. H faut, d'ailleurs, remarquer que les indigènes, maltraités par les Boers, prêtèrent la domination anglaise, puis que Fextension graduelle de sa première possession du Cap a paru jusqu'ici à l'Angleterre une garantie contre les conflits extérieurs, tout en taisant courir le risque d'annexer des ennemis, enfin que les circonstances présentes commandaient cette précaution contre les ambitions rivales dès
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envahisseurs de race blanche. Quoi quMl en soit, la compétiiion actuelle des intérêts entre l'élément anglais, le plus riche, et l'élément hollandais, le plus nomhreux, le plus stable et le plus africain, provoquant une rivalité entre la colonie du Cap et la Grande-Bretagne, la mère patrie officielle, amène des complications qui s'étendent à toute TA trique du Sud, et même au delà. Les derniers événements de la première moitié de Tannée 4889, rupture du gouvernement anglais avec le parti de VAfrikander Bond^ menaces de l'Angleterre, ses rêves affolés d'annexion de la plus grande partie de TAfrique, démission ilu gouverneur sir Hercule Hobinson, lui-même en désaccord avec le mmistre des colonies qui voudrait gouverner de Londres tous le^ territoiies annexés, montrent là une opposition grandissante et les graves embar* ras de la métropole.
Les principaux explorateurs qui visitèrent le Cap depuis la prise de po^sessiorl britannique sont : John Barrow, vovaeeur et administrateur anglais (4797-9H) ; Truter et Somerville (1804-1802); Liclitenstein (1803- 1806) ;Will.Burchel!(l8H-18l2); Campbell (181^2-20); G. Thompson (1821-24); Banbury (4846); le missionnaire Mofiat, l'ethnographe Fiitsch, le géoloiiue Moulle,etc,