‹ La grande énigme, Dieu & l'universChapitre 2 sur 18 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

AiLV heures pesantes de la vie^ aux jours dt tristesse et d'accablement, ouvre ce livre. Echo des voix d'en haut, il te donnera le courage ; il t'inspirera la patience, la soumission aux lois éternelles.

Où et comment ai-je songé à récrire ? C'était un soir d^hiver, un soir de promenade sur la côte azurée de Provence.

Le soleil se couchait sur la mer paisible. Ses rayons cVor, glissant sur la vague endormie , allumaient des teintes ardentes sur le sommet des roches et des promontoires, tandis que le mince croissant lunaire montait dans le ciel sans nuages. Un grand silence se faisait, enveloppant toutes choses. Seule, une cloche lointaine, lentement, tintait l'angélus. Pensif, /écoutais les bruits étouffés, les rumeurs à peine perceptibles des villes d'hiver, en fête, et les voix qui cJiantaient en mon âme.

Je songeais à V insouciance des humains qui se grisent de plaisirs pour mieux oublier le but de la vie^ ses impérieux devoirs^ ses lourdes responsabilités. La mer berceuse^ Vespace qui., peu à peu, se constellait d'étoiles, les senteurs pénétrantes des myrtes et des pins, les harmonies lointaines dans le calme du soir, tout contribuait à répandre en moi et autour de moi un charme subtil, intime et profond.

Une voix me dit : « Publie un livre que nous t'inspirerons, un petit livre qui résume tout ce que V âme humaine doit connaître pour s' orienter dans sa voie ; publie un livre qui démontre à tous que la vie n'est pas une chose vaine, dont on puisse user avec légèreté, mais une lutte pour la conquête du ciel, une œuvre haute et grave d' édification ^ de perfectionnement, une œuvre que régissent des lois augustes et équitables, au-dessus desquelles plane V éternelle Justice, tempérée par IWmour. »

La Justice! S'il est en ce monde un besoin, une nécessité impérieuse pour tous ceux qui souffrent, dont Vâme est déchirée, n'est-ce pas le besoin de croire, de savoir que la justice n'est pas un mot vide, qu'il y a quelque part des compensations pour toutes les douleurs, une sanction à tous les devoirs, une consolation pour tous les maux?

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