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L IDEE DE DIEU ET L EXPERIMENTATION PSYCHIQUE

A première vue, il peut sembler étrange d'entendre dire que l'idée de Dieu jouerait un rôle utile dans Fétude expérimentale, dansl'observation des faits spirites.

Remarquons d'abord qu'il y a tendance, de la part de certains groupements, à donner au spiritisme un caractère surtout expérimental, à s'attacher exclusivement à Tétude des phénomènes, à négliger ce qui a un caractère philosophique; tendance à rejeter tout ce qui peut rappeler, si peu que ce soit, les doctrines du passé, pour se cantonner sur le terrain scientifique. Dans ces milieux, on tient à écarter la croyance et l'affirmation de Dieu comme superflues, tout au moins comme étant d'une démonstration impossible. On pense ainsi attirer les hommes de science, les positivistes, les lit>res-penseurs, tous ceux qui éprouvent une sorte d'avers-ion pour le sentiment religieux, pour tout ce qui a une apparence mystique ou doctrinale.

D'un autre côté, on voudrait faire du spiritisme un enseignement philosophique et moral, basé sur les faits, un enseignement susceptible de remplacer les doctrines vieillies, les systèmes surannés et de donner satisfaction aux âmes nombreuses qui recherchent avant tout des consolations pour leurs douleurs, une philosophie simple, populaire, qni les repose des tristesses de la vie.

D'un côté comme de Tautre, il y a des fouies

à satisfaire; beaucoup plus même d'un côté que de l'autre, car la foule de ceux qui luttent et souffrent dépasse en grand nombre celle des hommes d'étude.

Pour soutenir ces deux thèses, nous voyons de part et d'autre des hommes sincères et convaincus, aux qualités desquels nous nous plaisons à rendre hommage. Pour qui faudrait-il opter? dans quel sens convient-il d'orienter le spiritisme pour assurer son évolution ? Le résultat de nos recherches et de nos observations nous amène à reconnaître que la grandeur du spiritisme, l'influence qu'il acquiert sur les masses provient surtout de sa doctrine; les faits ne sont que les fondations sur lesquelles l'édifice s'appuie. Certes! les fondations jouent un rôle essentiel dans tout édifice, mais ce n'est pas dans les fondations, c'est-à-dire en des constructions souterraines, que la pensée et la conscience peuvent trouver un abri.

A nos yeux, la mission réelle du spiritisme n'est pas seulement d'éclairer les intelligences par une connaissance plus précise et plus complète des lois physiques du monde ; elle consiste surtout à développer la vie morale chez les hommes, la vie morale que le matérialisme et le sensualisme ont bien amoindrie. Relever les caractères et fortifier les consciences, telle est la tâche capitale du spiritisme. A ce point de vue, il peut être un remède efficace aux maux qui assiègent la so-

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ciété contemporaine, un remède à cet accroissement inouï de l'égoïsme et des passions, qui nous pousse aux abîmes.

Nous croyons devoir exprimer ici notre entière conviction : ce n'est pas en faisant du spiritisme seulement une science positive, expérimentale ; ce n'est pas en éliminant ce qu'il y a d'élevé en lui, ce qui entraine la pensée au-dessus des horizons étroits, c'est-à-dire ridée de Dieu, l'usage de la prière, que l'on facilitera sa tâche : au contraire, on le rendrait stérile, sans action sur le progrès des masses.

Certes ! nul plus que nous n'admire les conquêtes de la science ; nous avons toujours aimé à rendre justice aux efforts courageux des savants qui font reculer chaque jour les bornes de l'inconnu. Mais la science n'est pastout. Sans doute elle a contribué à éclairer l'humanité ; cependant elle s'est toujours montrée impuissante à la rendre plus heureuse et meilleure.

La grandeur de l'esprit humain ne consiste pas seulement dans la connaissance, elle est aussi dans l'idéal élevé. Ce n'est pas la science, c'est le sentiment, la foi, l'enthousiasme qui ont fait Jeanne d'Arc, 89, 1914, toutes les grandes épopées de l'histoire.

Les envoyés d'en haut, les grands prédestinés, les voyants, les prophètes n'ont pas choisi comuie mobile la science ; ils ont choisi la croyance, ils sont venus pour montrer la voie qui conduit à Dieu.

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Qu'est devenue la science du passé ? Les vagues de l'oubli l'ont submergée, comme elles submergeront la science de nos jours. Que seront les méthodes, les théories actuelles dans vingt siècles j^ Par contre, les noms des gi^ands missionnaires ont survécu à travers les temps. Ce qui survit à tout, dans l'écroulement des civilisations, c'est ce (jui élève l'àme humaine au-dessus d'elle-même, vers un but sublime, vers Dieu !

Il y a autre chose encore. Même en nous cantonnant sur le terrain de Fétude expérimentale, il est une considération capitale dont nous devons nous inspirer. C'est ia nature des rapports qui existent entre les hommes et le monde des esprits ; c'est l'étude des conditions à remplir pour tirer de ces rapports les meilleurs effets.

Dès qu'on aborde ces phénomènes, on est frappé par la composition de ce monde invisible qui nous entoure, par le caractère de ces foules d'esprits qui nous enveloppent et cherchent sans cesse à se mettre en relations avec les hommes. Autour de notre planète arriérée flotte une vie puissante, invisible, où dominent les esprits légers et moqueurs, auxquels se mêlent des esprits pervers et malfaisants. Il y a là bien des passionnés, des vicieux, des criminels. Ils ont quitté la terre l'âme pleine de haine, la pensée altérée de vengeance; ils attendent dans l'ombre le moment propice pour satisfaire leurs rancunes, leurs fureurs, aux

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dépens des expérimentateurs imprudents et imprévoyants qui, sans précaution, sans réserve, ouvrent toutes larges les voies qui font communiquer notre monde et celui des esprits.

C'est de ce milieu que nous viennent les mystificationssansnombre,les tromperiesaudacieuses, les manœuvres que connaissent bien les spirites expérimentés, manœuvres perfides, qui, dans certains cas, conduisent les médiums à l'obsession, à la possession, à la perte de leurs plus belles facultés. A tel point que certains critiques, en faisant le dénombrement des victimes de ces faits, en énumérant tous les abus qui découlent d'une pratique inconsidérée et frivole du spiritisme, se sont demandé s'il n'y avait pas là une source de dangers, de misères, une nouvelle cause de décadence pour l'humanité (1).

Fort heureusement, à côté du mal est le remède. Pour nous délivrer des influences inau vaises, il existe une ressource suprême. Nous possédons un moyen j)uissant pour écarter les esprits de l'abîme el faire du spiritisme un élément de régénération, un soutien, un réconfort. Cette ressource, ce préservatif, c'est la prière, c'est la pensée dirigée vers Dieu. La pensée de Dieu est comme une lumière qui dissipe l'ombre et éloigne les esprits de ténèbres , c'est

(Il VoirJ. Maxwell, Phénomènes psychiques, pp. 232 à 255. — LÉo>- Desis, Dans l'Invisible, cliap. XXII. — Voir aussi Compte rendu du Congrès spirite de Bruxelles, 1910, pp. 112, 124.

une arme qui écarte les esprits malfaisants et nous préserve de leurs embûches. La prière, lorsqu'elle est ardente, improvisée, et non pas une récitation monotone, a un pouvoir dynami que et magnétique considérable (1) ; elle attire les esprits élevés et nous assure leur protection. Grâce à eux, nous pouvons alors communiquer avec ceux que nous avons aimés sur terre, ceux qui ont été la chair de notre chair, le sang de notre sang et qui, du sein des espaces, tendent leurs bras vers nous.

Nous l'avons constaté bien des fois dans notre longue carrière d'expérimentateur : lorsque, dans une réunion spirite, toutes les pensées et les volontés s'unissent en un élan puissant, dans une conviction profonde, lorsqu'elles montent vers Dieu par la prière, le secours ne fait jamais défaut. Toutes ces volontés réunies constituent un faisceau de forces, une arme sûre contre le mal. A l'appel qui s'élève vers le ciel, il y a toujours quelque esprit d'élite qui répond. Cet esprit protecteur, par une invitation d'en haut, vient diriger nos travaux, écarter les esprits inférieurs ; il laisse seulement intervenir ceux dont les manifestations sont utiles pour euxmêmes ou pour les incarnés.

(1) Nous en avons obtenu la preuve objective au moyen des plaques photographiques. Dans l'état de prière, par le contact des doigts, nous avons réussi à imprégner les plaques de radiations iteaucoup plus actives, d'effluves plus intenses qu'à l'état normal.

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