X. — Le Ciel étoilé
Un livre grandiose, avons-nous dit, est ouvert sous nos yeux, et tout observateur patient peut y lire le mot de l'énigme, le secret de la vie éternelle.
On y voit qu'une Volonté a disposé l'ordre majestueux en qui s'agitent toutes les destinées, se meuvent toutes les existences, palpitent tous les esprits et tous les cœurs.
O âme! apprends d'abord la suprême leçon qui descend des espaces sur les fronts soucieux. Le soleil est caché sous l’horizon ; ses dernières lueurs de pourpre teintent encore
le ciel ; une lumière adoucie indique que, làbas, un astre s’est voilé à nos yeux. La nuit étend au-dessus de nos têtes son dôme constellé d’étoiles. Notre pensée se recueille et cherche le secret des choses. Tournons-nous vers l’Orient. La voie lactée déroule comme une écharpe immense ses myriades d’étoiles, si pressées, si lointaines qu’elles semblent former une masse continue. Partout, à mesure que la nuit se fait plus noire, d’autres étoiles apparaissent, d’autres flammes s’allument comme des lampes suspendues dans le sanctuaire divin. A travers les profondeurs insondables, ces mondes s’envoient leurs rayons d’argent; ils nous impressionnent à distance et nous parlent un muet langage.
Ils ne brillent pas du même éclat, et le puissant Sirius n’est pas comparable à la lointaine Capella. Leurs vibrations ont mis des siècles à parvenir jusqu’à nous, et chacun de leurs rayons est comme un chant, une mélodie, une voix pénétrante. Ces chants se résument ainsi : « Nous aussi, nous sommes des foyers de vie, de souffrance et d’évolution.
Des âmes, par milliers, accomplissent en nous des destinées semblables aux vôtres. »
Cependant, tous n’ont pas le même lan-