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La Grande Falaise 17851799 Albert Sorel

Ce roman d'Albert Sorel, que noue rééditons, avait paru en 1872. Il est dédié à son intime ami Albert Eynaud. C'est une œuvre de jeunesse, passionnée et de pure imagination. Conçue dès 1867, écrite une première fois en 1868, abandonnée pendant la guerre — encore que l'auteur ne cesse dy penser — elle est reprise et terminée en juin 1871.

Les épisodes dramatiques de ce récit empruntent à la Hague son pittoresque, à la Révolution ses décors et ses costumes. Les personnages, toutefois, pour subir l'influence de ces jours troublés, qui expliquent leurs actes, sont inventés de toutes pièces : pour n'être point en contradiction avec l’époque, dans laquelle l’écrivain leur donne naissance, ils expriment des sentiments et se manifestent par des traits de caractère qui pourraient être ceux de tous les temps.

Dans ce premier livre, Albert Sorel ne songe qu'à être un narrateur. Il semble pourtant que, déjà, il prenne conscience de sa vocation, ainsi qu’en témoigne le fragment suivant de la lettre par laquelle il annonçait à Taine le volume qu'il lui adressait i

« Cher Monsieur,

« Je vous envoie un petit livre que j'avais écrit avant la guerre et que fai entièrement revu cet été. J’y ai mis tout le soin que fai pu; je n’ose cependant le croire digne de votre attention, mais je vous prie de l'accepter comme l’hommage reconnaissant d'un lecteur qui s'était attaché à vous bien avant d'avoir le plaisir de connaître votre personne.

< Si je n'avais attendu cette occasion, qui a tardé bien plus

que je ne voulais, je vous aurais déjà remercié de l'extrême

LA GBAÏIDE FALAISE

bienveillance avec laquelle vous avez parlé de moi à M. Boutmy ( directeur de l'École libre des sciences politiques). Je n'ai accepté celte lourde tâche qu’en tremblant :j'ai bien peu de temps pour m'y préparer. Mais je crois que le moment est venu de donner tout ce qu'on peut et je me jette dans la mêlée... »

La Grande Falaise peut être considérée, tout ensemble, comme le début d’un romancier et comme le présage de l’historien.

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