‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 11 sur 38 · PARENT AT · texte numérisé non relu

PARENT AT

Mépris universel de la loi!

Désordre effroyable des finances !

Péculat à tous les degrés de la hiérarchie !

Soixante-six millions disparus en 7 ans sans que l’on pût découvrir où ils étaient allés !

La justice devenue un trafic et la délation un métier !

Droit d'asile! Un malfaiteur s’ac croche à la robe d'un moine et la police ne peut l'arréter ! Il est inviolable aussi s’il réussit à se jeter dans le Tibre, ou dans une Eglise, ou dans un sanctuaire de Madone !

Les propos séditieux punis plus sévèrement que le vol ou l'assassinat!

Trois assassinats par jour commis dans les anciens états du Pape! Population : 2,600,000. Moins de deux par jour en France, la mème année. Population : 37,000,000! Voilà la morahté de cette population que l’on nous affirmait être si chrétiennement dirigée !

Toutes les libertés confisquées, mais tous les désordres tolérés !

La comptabilité nulle! Les taxes aussi mal réparties que possible !

La propriété se concentrant de jour en jour dans la main morte !

La captation testamentaire illimitée !

La contrebande organisée sur ure échelle énorme et enlevant à la douane le tiers de son revenu !

Les lettres mettant plus de temps à se rendre à Bologne, (cinquante-cinq lieues) qu’à Paris ! (trois cent trente lieues.)

Brigandage universel ! Familles en tières enlevées aux portes des grandes villes!

Les ministres vendant les honneurs et les charges publiques !

Les employés du gouvernement vendant ses intérêts!

Les Péculateurs gardant leurs profits illicites !

Les moines vendant les sacrements, les hommes leur honneur et les femmes leur beauté !

Promiscuité effroyable dans la poulation pauvre et mœurs plus que ibres chez les riches! Incroyables

crudités de langage chez les femmes dn meilleur monde !

Tous les vices couverts sous le manteau de la dévotion. [es maisons suspectes pleines de madones!

Mœurs du Clergé à l'avenant ! Sigisbés et courtisanes se disputant les prin ces de l'Eglise, et les moines se faisant pourvoyeurs de libertinage ! Le public voyant casser par la haute Cour de Turin le testament d’un Cardinal par lequel il donnait des sommes considérables aux coavents, laissant dans la misère la femme avec laquelle il avait vécu et les sept enfants qu’il avait eus d’eile !

La Cour adjuge la moitié de la fortune à cette femme !

Et chose très remarquable ! Tout en faisant fermer rigoureusement les cafés le dimanche, mesure dont je ne conteste pas l’apropos, on laissait le bureau de la loterie papale ouvert même pendant les offices de l'Eglise !

Et, singularité inouie, Alexandre VIT, Clément XI et Benoït XIII avaient dé fendu la loterie sous peine d’excommunication ! Lesquels se sont trompés ?

Ces trois papes ou leurs successeurs qui ont rétabli la loterie ?

Voilà, Mgr., où en était rendue la Papauté temporelle quand la Providence a décrété sa chute définitive. (Car il faut bien que ses défenseurs en prennent leur parti. La Papauté ne serait pas tombée si la Providence n'avait de longue main préparé sa chute. Ils nous disent chaque jour que rien en ce monde n'arrive que par elle. Qu'ils acceptent donc la conséquence du principe qu'ils posent et qu'ils admet.

tent que c’est elle qui à dû permettre la chute du pouvoir temporel puisqu'il est tombé. Et certes le tableau qne je viens d'en faire et qui est strictement vrai dans tous ses détails, montre bien que jamais pouvoir en ce monde n'avait mérité davantage sa rétribution providentielle. Pour bien connaître le gouvernement des Papes, il faut lire les dépêches des ambassadeurs étrangers accrédités auprès du gouvernement papal à leurs cours respectives. Or, que ces Ambassadeurs fussent laïcs ow ecclésiastiques, leur témoignage est unanime sur la maladministration et la démoralisation unidti dan, tous les départements de

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« TOUS LES VICES DE TOUTES LES EsPè- CES DE GOUVERNEMENT SANS LEURS AVAN- TAGES, RÉUNI3 DANS UN SEUL GOUVERNE- MENT, à dit un grand écrivain moderne ! Certes ce n'est pas sans raison que la Providence a décrété sa chute.

On nous parle bien du rétablissemeut de la Papauté sous Pie VII et l'on en déduit le triomphe prochain de Pie IX; mais qui donc a rétabli Pie VIT sur son trône ? Les despotismes européens. Eh bien, regardez donc un peu autour de vous et comprenez ce que vous voyez—et nunc intelligite !— Où sont donc les despotismes qui pourraient aujourd'hui refaire un Pape- Roi? Pourquoi la Providence les at.

elle tous laissés tomber? Ne serait-ce pas peut-être pour assurer l'unification d’une grande nation toujours morcelée et nullifiée par l'ambition des Papes?

Ne serait-ce pas aussi peut être pour rendre impossible le rétablissement de la Papauté temporelle, dont le gou.

vernement était devenu pratiquement la négation de lous les préceptes de l'évangile et de toutes les notions de la justice, du devoir et du droit?

Peut-être Dieu ue voulaitil plus que son vicaire restàt—avec l'Empereur de Russie—le seul aespote du munde chrétien! Despote paternel m'at-on dit! Oui! les millions d'hommes qui ont pourri dans les prisons papales sous Léon XII Grégoire XVIet Pie IX, sans savoir bien souvent pourquoi ils y étaient ;et les 326 exécutés des Etats Romains en 1851. sont là pour prouver la clémence paternelle du gouvernement ecclésiastique ! Non ! il est évident à qui ne ferme pas volontairement les yeux que le doigt de la Pro vidence est dans cette chute bien plus que les desseins et les projets des hommes!

Metre l'humanité à la discrétion d’un pareil pouvoir, n’était ce pas l’attacher à une borne ?

V. G. fait depuis longtemps des efforts surhumains pour consacrer ici l'idée de la suprématie ecclésiastique en tout ordre de choses. Eh bien, lon peut hardiment prédire qu’elle va voir au premier jour tout cet échafaudage factice de prétentions surannées, inad-

missibles et repoussées partout, crouler de lui-même sous le bon seus publie. Ses amis de vingt ans l'ont désertée après avoir mis son influence à profit, e elle aura tout simplement montré une fois de plus combien le prêtre est incanable de mûrir une idée politique acceptable et pratique !!

«Nous ne somimnes pas faits pour gouverner les hommes,» disait l’un des plus illustres prêtres qui aient visité ce pays. Et cela va de soi puisque l’idée première de tout système clérical est l'incapacité présumée ces sociétés de trouver le vrai, même en droit social et politique, sans le Pape.

Et cependant ceux qui ont étudié l’histoire de la Papauté à la lumière des faits historiques et non pas seulement de leurs sympathies religieuses, ont pu se convaincre qu'en droit social et politique elle a toujours été à côté du vrai. Il n’y a que ceux qui n'ont lu que M. Veuillot et ses pareils qui ignorent cela !

Et ce qui le prouve, c'est qu'aujourd'hui encore sa théorie est que les Parlements, les municipalités et les urnes d'élection sont les «os décharnés d'Ezéchiel, » et que les universités ne sout que des «cadavres fétides.» Ges belles choses sont écrites tout au long dans la Civiltà Cattolica, rédigée sous les yeux du Pape par des Jésuites qui sont dans sa confidence intime. Et, depuis le commencement du siècle, la Papauté n’a-t-elle pas condamné toutes les constitutions découlant du principe de la souveraineté du peuple et consacrant la liberté de conscience et des cultes ? Donc il faut détruire les institutions populaires et tous les établissements d'éducation que le Clergé ne contrôle pas! Il faut aussi recommencer la proscription contre les hérétiques et redemander la monarchie absolue, seule institution qui soit selon le cœur de la Papauté. Voilà le régime par excellence parceque le confesseur du Roi est souvent nlus roi que lui puisqu'il le dirige; et sous cet ordre de choses le Clergé fait magnifiquement ses affaires car il réussit d'habitude à s'affranchir des charges de l’état, (taxes générales et locales)

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et à les rejelter sur le peuple seul. Le peuple n'est-il pas fait pour le gouvernement ? C’est un prêtre qui nous le dit, Parlant avec Louis XVI, au moment de 89, il lui observe : « Sire, on commence à répandre des idées horribles. Il ya des gens qui osent prétendre que les sujets ne sont pas faits pour les gonvernements, mais que ce sont les gouvernements qui sont faits pour les sujets !» Et si les sujets sont faits pour les gouvernements, ils le sont encore bien plus pour lEglise.

De là limmunité ecclésiastique dans tous les détails du temporel ; immunité des personnes, et immunité des biens. C'est une des prétentions les plus décidées de l'ultramontanisme que tous les biens du Clergé, de quelque nature qu'ils soient, sont exempts, de droit divin, de toute taxe ou charge publique quelconque, et ce sous peine d'excommunuication ipso facto de tous les individus qui composent un gouvernement, parlement et municipalités compris ; le collecteur au mème degré que le législateur !

La Civiltà nous apprend de plus que le Pape est juge souverain des lois civiles, ee les deux autorités, spirituelle et temporelle, se réunissent en lui ! (Civilta du 18 mars 1871}, Donc si une loi empêche les catholiques de persécuter les protestants ; ou si elle abolit ces ordres mendiants qui sont de si parfaits modèles de fainéantise et souvent de vices plus graves ; ou si elle défend d’enlever les enfants aux parents sous prétexte de religion ; ou si elle prohibe la captation testamentaire, le Pape aura le pouvoir d’ordonner au gouvernement qui aura passé cette loi de la rappeler, et ce gouvernement devra s’empresser d’obêir !!

S'imagine-t-on en vérité que la portion éclairée de la société laïque va accepter ces prétentions d'un autre âge, restes malheureux de traditions séculaires, respectables en leur temps, acceptées il y a six siècles, mais qui n’excitent plus aujourd’hui que le rire des gens sérieux ? S'imagine-t-on commander la confiance du public en exigeant pareilles imposstbilités prati ques? Mais ce qui étonne le plus, c’est

que quand on ose encore essayer d’imposer cette vieille défroque des heureux temps de l’omnipotence cléricale, on ait la bonhomie de trouver étrange que les esprits éclairés s'éloignent de la Papauté. On n'a pas assez d’anathèmes pour ceux qui, au 19me siècle, repoussent les traditions, les idées et les institutions du 1îme !! La suprême perfection sociale, pour la curie romaine, C'est L'INERTIE !

Chose étrange ! La curie romaine et les Jésuites, que l'on dit si habiles, n'ont pas seulement l'air de se douter que le monde a marché depuis sept siècles ! Ces antiques et vénérables personnages n’ont pas encore découvert que les laïcs ne sont plus ce qu'ils étaient quand on les tenait forcément dans l'ignorance! Ils flétrissent la science moderne parcequ’elle a recherché et prouvé tous les faux dont le Clergé s'est servi pour ériger l'édifice de sa suprématie, et ils maudissent intelligemment le progrès tite a rendu les laïcs supérieurs aux ecclésiastiques en lumières, en connaissances exactes et en capacité pratique, ce qui leur permet de juger en pleine connaissance de cause leurs supérieurs d'autrefois.

Aussi quels efforts pour faire taire ceux auxquels des études sérieuses ont démontré le faux irrémédiable des prétentions ultramontaines ! Quel luxe de moyens pour préjuger contre eux les masses, et surtout la jeunesse, et pour contenir celle-ci dans l’obéissance aveugle et la soumission, abjecte quelquelois, de l'intelligence aux directeurs qu’on lui donne! Si cette jeunesse allait s’aviser de penser par ellemême, de faire des étndes un peu fortes, de sortir du cercle imposé, de chercher le vrai ailleurs que dans nos livres, faits souvent pour la tromper, que deviendrait notre influence? Il faut donc l’amener par des souplesses infinies, par les plus gracieuses mines, à ne penser que par nous, l'empêcher de se livrer à l'étude approfondie, d'examiner le pour et le contre; lui procurer des billards, et même des Casinos avec buvette bien garnie pour l’anuser. Et si elle veut absolument lire, et bien on lui glissera adroitement

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le livre ultramontain, ou les brutales|ner une lutte trop forte pour un tirades de notre grand Veuillot, ou les! homme isolé et de m'appliquer excluupudentes excentricités de notre frin- | sivement à l'étude... « Ah, grand Dieu, gant abbé Morel, et nous lui tiendrons |» me dit-il, n'allez pas faire cela! Lutsur les yeux l'impénétrable bandeau |»tez au contraire sans fléchir ! IL faut de l'esprit réactionnaire. Nous en» bien que quelqu'un leur dise nn peu ferons aiusi une pâte de statuaire facile |» leur fait, leur rappelle qu'il y a une à pétrir et à mouler, Il faur surtout |» opinion, et venge les droits de la penbien lui persuader que, soumise au |»sée humaiue ! Que deviendrions-nous Clergé, elle marchera facilement dans |» si nous n'avions pas quelques homla vie, pendant que studieuse et libé- |» mes énergiques pour combattre l'esrale, le succès lui sera rendu difficile, |» prit de domination universelle de ces et peut être même impossible, hors dès |» gens Là ? »—-Mais, Ini observai-je très grands centres. sérieusement, comment se fait-il que J'ai souvent été effrayé de voir|vous me manifestiez ces sentiments ? l'hypocrisie si parfaitement accueillie, | Vous êtes un de ceux qui m'ont vertej'oserais dire s1 choyé: au milieu de | ment attaqué parceque je combats les uous, et la sincérité si amèrement inju-| tendances absolutistes que je vois se riée. Je gémis tous les Jours de voir! produire de plus en plus au milieu de nombre de jeunes gens ne pas oser | nous dépuis que les Jésuites sont venus manifester leur persée, ou parler en{s'y établir.—« Ah, que voulez-vous, républic contre toutes leurs convictions! pondit-il un peu désorienté, tout le intimes, et cela parce qu’ils ont le tort | monde n'a pas votre indépendance d'’esde croire le Clergé assez puissant pour | prit, et puis ceux même qui l'ont parmi mettre à volonté leur avenir en péril. Ls jeunes gens n’ont pas encore l'étude Et pourtant c’est bien sans contredit par l'indépendance de caractère ét l'é-| vation des idées plutôt que par l’obsé-| qiosité calculée que l’on peut obtenir | ment ce terrible pouvoir qui broie sans non seulement une position honorable | pitié tout ce qui n’est pas assez fort pour et respectée, mais surtout la bonne lui résister. Il nous faut bien, nous | | {

suftisante pour faire la lutte et surtout ne sont pas dans une position sociale assez affermie pour combattre ouverte-

opinion de soi-même et la satisfaction | commençants dans la carrière de la vie, d’un grand clevoir accompli. louvoyer un peu jusqu'à ce que nous J'ai eu assez récemment dans mon | ayions acquis u::° position un peu bien propre bureau une conversation avec | assise ; mais sc'ez tranquille, nous ne un jeune homme de talents remarqua- | serons pas toujours jeunes ! Mais quant bles qui était venu me demander mes | à vous, je vous en prie au nom de dermiers pamphlets. Je lui en mani- | la jeunesse intelligente, continuez sans festai quelque surprise, le croyant hos-| fléchir la grande lutte que vous faites, tile à mes idées; mais il m'assura | et soyez sûr qu'il n'y a que les imbéqu'il les partageait au contraire en- | ciles, parmi les jeunes gens, dont vous tièrement, Après quelques observa-|n’ayiez pas les sympathies. » tions échangées sur les désastreux ré- oilà Mgr. la société que le Clergé sultats parmi nous de l'hostilité insen. | nous fait. Et sans admettre lexactisée du Clergé à tout ce qui ressemble | tude de la dernière observation que de près ou de loin à l'indépendance de | me faisait ce jeune homme, il n’en est caractère et au droit à l'étude, je lui | pas moins vrai que voilà de singulières fis, un peu pour le sonder, la remarque | notions de sincérité à inculquer à la qu'après tout je jouais peut-être à qui- | jeunesse. Mais tel est le système. «Si perd-gagne en combattant comme je |» vous n'êtes pas ce qui nous convient, le faisais l’absolutisme clérical dans |» paraissez l'être, sinon Postracisme. un pays où tant de personnes m'ap-|» Nous ameuterons vos familles contre prouvaient de tout cœur mais n’osaient |» vous et les femmes ne vouslaisseront pas me soutenir en public, et que je |» pas un moment de repos » Eh bien, ferais peut-être aussi bien d’abandon- | j'appelle cela, moi, Mgr. lsrmer les

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générations à subir, par âcheté morale, | ainsi en lui-même son antidote. Mais

toutes les espèces de despotisme. Faites donc des citoyens sous un pareil système! Basez donc les libertés pu bliques sur l'hypocrisie générale, sur la peur d'agir comme l'on pense, sur la crainte de mauifester ses honnètes couvietions parce qu'elles déplaisent à un ordre dominateur pour qui la liberté de penser est un crime et la liberté de l'étude une certitude de damnation !

Je sais bien que le système n’a pas!

au fond d'autre objet que de miuer partout les libertés publiques en linfiltrant graduellement dans tous les rouuges sociaux ; et dans cette Lactique le Clergé est sans contredit dans son rôle. Ce que je que je comprends moins c'est que si peu de personnes s'aperçoivent qu'avec ce système on ne façonne que des inannequins, on ne prépare que des sujels et non des citoyeus ; on force les hommes à rester enfauts toute leur vie, et, comme au collége, à ne jamais se prononcer sur rien sans d'abord regarder le professeur, C’est-à dire que le peuple ne s'appartient plus, ce qui rend le Clergé maitre de tout.

Ah oui, le Clergé ultramontain, ennemi né de toute espèce de liberté, le Clergé ultramontain sait où il va en faisant de l'hypocrisie imposée la clé de son système. Ce sont ceux qui le suivent qui ne savent pas où on les mène ! Il ne base sa force que sur l'a.

baissement des caractères; il n’agrée que les intelligences qu'il a façonnées dans son moule, et quand elles sont devenues bien nulles, bien esclaves, il triomphe et se complait dans son œuvre. À n’y a qu’un malheur à ce beau système, c’est que quand il à besoin de caractère énergiques pour le défendre dans les temps de péril, il ne les trouve plus parcequ'ils les a nullifiés en leur défendant de penser en dehors de l’étroite sphère où il les a murés.

Voilà pourquoi il est toujours sûr d'être battu dans les temps de crise, car il a nues affaibli à l'avance la force morale de ses défenseurs. Et il est bien heureux, au fond, que son système d’abaissement universel porte

le peuple ne s'aperçoit pas assez que ce système appliqué à la jeunesse nullifie du mème coup bien des hommes qui pourraient servir leur pays en défoudant énergiquement ses droits. Mais ou leur à lait perdre jusqu'à la notion distincte du droit, et ils sont heureux de rester instruments Au reste quels droits existent aux yeux de l’ultramontain qui regarde toutes les institutions démocratiques comme des «os décharnés » ec des « cadavres fétides ?»

Cet hommes n'a évidemment d'autre principe que le perindè ac cadavvr.

Avec cela on fait dés moines, jamais des hommes ! Ou organise un couvent, jamais une nation.

Le jeune homme qui me disait ce je vieus de rapporter s'imaginait qu’'après avoir subi pendant quelques années, par prétendue nécessite de faire son chemin dans le momie, un joug odieux pour lui, il pourrait plus tard le secouer au besoin; mais bien profonde est sou erreur, car celui qui s'habitue au joug y reste le plus sou.

vent attaché toute sa vie, et l’on ne brise pas à volonté les chaînes que l'on s'est forgées soi-même, Quand ce jeune homme voudra reprendre son indépendance, il se trouvera enveoppé dans un tel réseau de relations clericales ou politiques, d'influences de famille, d'habitudes acquises et de liens difficiles à briser, qu'après deux ou trois efforts il abandonnera la lutte et restera esclave d’un système dont il aura vu le danger mais dont il n'aura pas eu l'énergie de s'affranchir à temps. En dernière analyse il dira toute sa vie le contraire de ce qu'il pense. Le Clergé l'en louera, mais pourra-t.il s’estimer lui-même ?

Un autre fait très remarquable aussi est venu à ma connaissince et montre à nu la tactique du Clergé et l’effet qu’elle produit. Un rédacteur de journal, d’un talent incontestable, après avoir longtemps hésité, au sortir du Collége et avant d'entrer dans le journalisme, entre ses convictions et son intérêt, finit par mettre celles-à au panier et conclut en faveur du camp clérical. Il devint, sans en croire un

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de l’idée de la suprématie de droit divin du Clergé en tout ordre de choses. Son passé comme jeune homme était loin d'être éblouisssant de sagesse, car Monsieur avait déjà un maitresse avant d'entrer en philosophie, Mais on pardonne beaucoup dans l'E.

glise à ceux dont on espère faire des instruments. Mon homme se mit donc à écrire des articles en fort bon style, pourfend. nt sans merci les hommes de conviction et dénichant de cent lieues la plus petite velléité libérale chez un confrère. Jamais on n'avait vu tant de zèle et d'amour du Pape. Notre zélé pratiquant des bons principes n’en donnait pas moins force coups de canif dans son contrat de mariage, contrat du reste où beaucoup de roman et de sacrisiie s'étaient mêlés, mais ceux qui l'avaient pris à leur service ne pouvaient clairement renoncer à si belle plume pour si mince cause, et on fermait les yeux avec le plus édifiant parti-pris. Et pardessus le marché, mon homme eut l’heureuse idée de ne pas manquer la religieuse escapade de la Gatineau ni l’orgie qui s’en suivit. Mais on avait besoin d’une plume, et l’on pardonnait tout. Ah!

si un hbéral eût fait la dixième partie de cela, les chaires auraient croulé sous le poids des anathèmes !

Un jour qu’il se trouvait à New- York, où il était allé chaperonner le premier détachement de Zouaves qui sont ailés protéger le pouvoir temporel, mon homme fit un petit diner avec quelques amis. L'un d'eux, mon parent, lui dit après quelques verres consacrés à l’amitié :—Mais dis-moi donc, X..... comment diable faistu pour écrire si bien des articles dont tu ne penses pas un mot? Avec nous tu parles des prêtres comme Voltaire, et dans ton journal tu les encenses comme un vieux thuriféraire ! Vas-tu continuer longtemps ce jeu là, penser d’une manière et parler de l’autre 1»

Et voici, Mgr., la réponse textuelle de ce rédacteur à bons principes, et si transporté d'amour pour le Pape. Et je demande même pardon à V. G.

d’être obligé de copier l'expression que

permise, Mais ce défenseur, qui l'a formé ?

— Que veux-tu, mon cher, ce n'est pas de sitôt que nous pourrons nous débarrasser, en Canada, de cette 8...

canaille de prêtres !!

Voilà, Mgr. le mot d’un homme qui a fait son chemin par le moyen du Clergé ! C’est un de ses élèves les plus choyés qui parle ainsi! N'y auraitil pas, par hazard, quelque vice grave dans une direction qui produit de pareils résultats? Ces élèves, si moralement dirigés, pensent d'une manière et écrivent de l'autre pour faire leur cour ; insultent par hypocrisie de zèle ceux qu'ils savent être sincères et dont la vue seule souvent les fait rougir de leur propre duplicité; mordent sans relâche tout ce qui n’est pas servile et abject comme eux; et le Clergé, tout en n'ignorant nullement le fond de leur pensée ni les détails de leur conduite, se sert d'eux et leur dicte ce qu'ils doivent dire ! ! Où dénicher la morale et la conscience dans ces hypocrisies et ces connivences, Mgr. ?

Et je retrouve partout le même sys tème. Personne n’ignore la grande lutte qui avait lieu il n'y a pas très longtemps dans une « Union » célèbre pour la soustraire en partie à linfluence du Clergé. On se rappelle encore quelles ardentes discussions ont eu lieu ; combien on s’insurgeait d’un côlé contre une direction mesquine, étroite et trarassière ; et combien on criait à l’insubordination de autre. Tout parait marcher sur des roues aujourd'hui gràce à la capacité d'intrigue des uns et à la longue habitude de suivre des autres; mais on entend encore bruire dans latmosphère les brûlantes épithètes adressées par ceux qui voulaient cesser de suivre à certain chapelain plus remarquable par le mouvement qu’il se donne dans nos rues que par sa discrétion et surtout sa franchise. On n’a pas encore oublié qu'il était un beau jour surpris en pleine séance changeant le sens d’une lettre qu’il communiquait à ceux auxquels il était chargé d’inspirer des sentiments de religion, mais

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