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Monde, tont récemment approuvé par V. G., a poussé ses théories sur l’omnipotence du prêtre, Ce sont les aberraions absolutistes dés bulles Unam Sañctam, Clericis Kicos, In Cœnû Domini, Supernæ disposilionis, Cûm ex Apostolalus officio, ex plusieurs autres, que l'on nous présente comme obligeant les consciences catholiques. Toute: ces bulles, qui ont pour objet de soumettre en tout le temporel à la domination ecclésiastique, violent tout à la fois le droit naturel, le droit social, le droit politique, le droit civil ; bouleverseraient tous les gouvernements du monde si elles étaient acceptés, rendraient toute législation impossible, et mettraient à néant l'indépendance des nations. D’après leurs dispositions, les laïcs ne sont plus rien dans létat qui ne doit rien se permettre sans l’assentiment des Evèques. C'est le glaive temporel an service du seul souverain du monde, le Pape.
Autrefois dans l'Eglise on prenait au sérieux les textes : «Mon royaume n’est pas de ce monde,» « Remettez votre épée au fourreau » «Les rois des nations les dominent, il n'en sera pas ainsi parmi vous,» el nombre d’autres.
Aujourd’hui non-seulement on a mis tout cela de côté, mais lultramonia-
|nisme, par la bouche de Roccaberti, a
contourné res textes dé manière a en changer entièrement le sens et à en tirer l'affirmation de la suprématie cléricale sur le temporel! Il à altéré toute la tradition, fait la leçon aux pères de Eglise, relégué St Grégoire le Grand sur les tablettes, et a nonseulement déclaré le pape infaillible, mais #mpeccuble aussi et l'a proclame saint par le seul fait de sa promotion.
(Voir le Diciatus Pape, de Grégoire VIE, qui en réfère là-dessus aux décré:
tales du pape Synmimague, décrétales qui n'ont jamais existe, et sont des faux de Pseudo-Isidore.
Et quel sera le résultat de tant d’efforts et de tactique ? C’est que comme il n'y a pas aujourd'hui dans Funivers chrétien un seul gouvernement qui pourrait subsister deux heures en ac ceptant ces prétentions comme règle de conduite, il faut les regarder tout simplement comme un legs des temps
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d'ignorance, legs qui devient nécessairement caduc et nou avenu quand cette ignorance s'est dissipée devant les progrès de l'intelligence générale ; c'est que l'ultramontanisme rend de plus en plus irrém“diable l'antagonisine profond qui existe depuis si longtemps entre la conscience de l’humaunité et les détestables traditions poli tiques de la Pajauté.
Ou nous prèche labsolutisme sous toutes les formes et nous n’en voulons pas. On veut nous soumettre au contrôle d'hommes qui n’onr d'autres notions politiques que celles qu'ils ont pu acquérir sons le régime papal, le pire qui existât en Europe avec le régime russe ou le régime autrichien en Vénétue; et 11 n’y a que des gens sans étude et sans expé rience, ou des interessés, qui nuissent accepter pareil contrôle et pareil régime., On est confondu, en vérité, de la singulière incompétence des hommes qui espèrent encore persuader les s0ciétés de marcher les yeux fermés sous la conduite de pilotes que l'on voit en toute GCcasion ne rien entendre à la manœuvre.
On voudrait en un mot faire reculer les sociétés, et quoiqu'on fasse, à Rome ou ailleurs, elles ne reculeront pas puisque Dieu les a faites pour pro gresser toujours. L'humanité marche irrésistiblement vers Dieu, son but suprême, comme le fleuve coule vers l'océan dans la durée des siècles ! Et ni l'une ni l’autre ne sauraient suspendre leur maiïche ou remonter vers leur source. Mais il reste évident à quiconque veut voir qu'au point où en sont lies choses, il faut de toute nécessité que les sociétés ou la Papauté reculent. Or celle-ci compte déjà trop de défaites dans son passé pour que les gens sérieux s’'alarment beaucoup de son attitude actuelle. Son hostilitéau progrès ne saurait durer toujours. Il se peut sans doute qu'elle prépare des catastrophes par sa persistance à vouloir empiéter sur uz domaine qui n’est pas le sien, mais son sort sera finalement celui de toutes les institutions qui ont dévié de leur principe; et si elle ne veut absolument pas emboîter le pas
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avec la civilisation et le progrès qu’elle flétrit aveuglément, elle se trouvera, un jour qui ne saurait être éloigné, seule et delaissée sur la graude route que Dieu a tracée de toute éternité à la marche incessante de lhumanité.
Et le fait est qu’elle en est presque ren due là aujourd'hui ; mais elle persiste à pe pas le voir, Où sont ses amis, les gouvernements absolutistes ? Tous disparus sons le souflle des peuples!
Comine une antique aïeule qui quelquefois voit peu à peu disparaître autour d'elle plusieurs générations qui lui doivent l'existence, la Papauté voit aussi tomber un à un les despotismes qui étaient ses seuls soutiens daus le monde politique. Elle semble ne leur survivre un peu que pour formuler obstinément quelques dernières protestations au nom du passé contre le progrès qui transforme et détruit les institutions qui s'en vont avec elle.
La vraie formule du progrès, c’est la grande parole prononcée il y a dix huit siècles: «Soyez parfaits comme votre père est parfait!» Or comme l'homme ne saurait jamais égaler Dieu en perfection, ce precep:e signifie qu'il doit se perfectionner toujours autant que sa nature le lui permet. Mais cette loi de perfectionnement regarde autant l'humanité que linaïvidu. Le progrès pour l'individu consisi: dans le développement de ses facultés éntel.
lectuelles et morales ; et pour humanité il consiste dans le perfectionnement constant des institutions qui permettent à l'individu d'atteindre le but que la Providence lui a assigné. Voilà ce que la Papauté n’a jamais compris, et semble moins comprendre que jamais.
Pour que l’homme ressemble à Dieu autant que sa nature imparfaite le lui permet, il faut qu’il progresse en tout ordre d’ilées et en tout ordre de er. se; et ce sont précisément les institutions qui lui assurent ce progrès que la Papauté déteste et flétrit pour ne préconiser que celles qui l'ont toujours tenu dans l’ornière de la routine et dans la peur de mieux faire que ceux qui l'ont précédé. Il n’y a pas une idée destinée à faire progresser l'humanité qui n'ait été flétrie à Rome du nom de
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nouveauté, mot terrifiant qui a toujours donné la chairÿf de poule à toute la sainte curie, Grégoire XVI détestait les nouveautés au point de ne vouloir pas entendre parler d'introduire les chemins de fer dans l'état pontifical, si dénué d'industrie, et où le commerce était aussi systématiquement entravé que l’agriculture. Et ceux qui détestaient ainsi tout progrès industriel, détestaient encore bien davantage tout progrès intellectuel.
Défense d'importer des livres !
Défense d'en publier sans l'imprimatur du ceuseur, toujours choisi par.
mi les plus rétrogrades ! Les Evèques eux-mêmes, pendant le Concile, ne peuvent faire imprimer leurs observations sur les changements proposés à l’antique foi de l'Eglise!
Défense de recevoir les journaux étrangers!
Défense de voyager à l'étranger sans permission |
Défense d'envoyer ses enfants rece voir leur éducation dans un autre pays !
Défense de parler du gouvernement, mème daus la famille, à moius qu'on ne le proclamât le meilleur de la terre !
Défense (dans les universités) d’étudier l’histoire dans d’autres livres que ceux autorisés par la Censure ; et l’on sait ce que la censure romaine faisait de l'histoire !
Défense à un chrétien de converser en public avec un juif!
Défense aux juifs d’être propriétaires, ou d'exercer une profession ou un métier, ou de cultiver la terre!
Défenses arbitraires l'exporter les grains ou les bestiaux ! Spéculations énormes des quatre frères Antonelli !
(le Cardinal compris) par suite de ces prohibitions !
Défense de vendre l'huile ailleurs qu'à l’Annone ! (grenier d’abondance.)
Défense de fabriquer nombre d’articles de consommation parceque quelques privilégiés en avaient le monopole!
Défenses aux corps municipaux de présenter d£s adresses au Pape pour lui exposer les besoins du pays!
ML aux médecins de soigner
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D ARE An La RES 5.3 =
les malades qui ne se confessaient pas dès le 3me jour de leur maladie !
Enlèvement des enfants à leurs parents sous prétexte de religion.
Obligation pour les citoyens de montrer leur billet de communion aux desservants chaque fois qu’ils en étaient requis! Donc des milliers de communions indignes pour éviter de voir affcher publiquement son nom, ou d’être soumis aux tracasseries de la police qui, par exemple, fermait chrétienne:
ment les yeux sur la vente presque publique des faux billets de confession jusque dans les cafés !!
Obligation de dénoncer ses propres parents à lautorité s'ils manquaient souvent les offices, s'ils faisaient gras le veudredi, s'ils avaient un livre défendu,—lisez : quitouchät à la politique, car les livres obscènes circulaient beaucoup,—-s'ils tenaient des discours séditieux, s'ils appartenaient à une s0ciété secrète !
Souveraineté de la police! Arrestation sans mandat des citoyens sous les plus futiles prétextes ! Et ils pourris saient en prison sans pouvoir connaître pourquoi ils y avaient été mis!
Et puis secret et ténèbres partout!
Secret de la procédure judiciaire !
Secret des noms des dénonciateurs et encouragement systématique de cette illustre classe !
Secret des noms des témoins !
L'accusé ne pouvant choisir son défenseur qui lui était imposé d'office !
Secret même des sentences judi- Ciaires qui n'étaient presque jamais prononcées en public!
Mais par exemple point de secret des lettres! Ce qui aurait dû être public restait secret, mais ce qui aurait dû rester secret, la correspondance privée, était constamment violé. Les Evêques de l’oppositior, aa Concile, étaient obligés de confier leurs lettres à l'abominable gouvernement italien qui, tout excommurié qu’il fût, pre.
nait ces lettres à la frontière et les res; ectait ! C’étaient des Evêques, Mgr, qui n’osaient pas livrer leur correspondance aux irréprochables employés des saintes Ccongrégations !!
Enfin vénalité des Juges !