‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 20 sur 38 · ER A · texte numérisé non relu

ER A

Cette démarche a mis plus que ja-

mais le feu au poudres ecclésiastiques, et nous ne voyons plus qu’un feu rou lant d'articles tapageurs dans les journaux religieux, où personne ne dit la vérité si l’on en croit les deux camps; jus un formidable chassé-croisé de ettres épiscopales, d'affirmations s0lennelles pastoralement accueillies de démentis aussi solennels; et ce qui reste de plus clair pour le public dans tout ce grand conflit coclbiatique, c'est que les princes de l'Eglise eux-mêmes ont fait pleurer la vérité, et surtout que l'esprit de parti entre ecclésiastiques rejette bien loin dans l'ombre l'esprit de parti entre laïcs!

Nous avons donc marché de surprise. Nous avons vu V. G. donner le démenti à l'Archevèque, puis s’autoriser du nom du Cardinal Barnabo, et voilà que tout à coup, comme le dernier coup de tonnerre d'un jour d'orage, le télégraphe, rapide comme la pensée, rapporte de Rome une réponse du même Cardinal, qui donne raison à l’Archevêque et tort à V. G.?! Certes il faut bien admettre que si V.G. a joué serré à l’adresse de l’Archevê n l'in vitant à ses noces d'or, celui-.1 le lui a rendu avec usure par son télé gramme.

Et comme il fallait bien que le Nouveau Monde couronnât tout ce grave couflit par quelques grosse ineptie, voilà la sainte feuille qui vient finement nous informer qu'en s'y prenant d’une certaine manière, connue des initiés, on obtient ce que l’on veut à Rome. Le révérend M. Pelletier nous en avait déjà dit autant, il y a quinze jours à propos des éloges décernés par la Civilia Cattolica au Révd M. Paques pour son pamphlet intitulé » le

ibéralisme.» Ce Monsieur n'aurait, d’après son confrère, obtenu les susdits éloges qu’au moyen de certaines manœuvres... de certaines intrigues etc., elc., etc.

Serait-ce donc aussi par des manœuvres et des intrigues que l’on obtient à Rome la condamnation des absents ?

V. G. doit en savoir quelque chose. Et ici une idée me frappe. Si au moyen d'intrigues adroitement ourdies. on peut si facilement faire louer à Rome

ce qui est condamnable, pourquoi donc, avec un peu de savoir faire, n’y ferait on pas aussi condamner ce qui n’est pas condamnable? L'un n'est clairement pas plus difficile que l’autre. Puisque les illustres membres des saintes congrégations ne savent pas toujours ce qu'il faut louer, comment serait-on tenu de croire qu’ils savent toujours d'une manière certaine ce qu'il faut blâmer ? Quoi, ils loueraient si facilement par surprise et ne condamneraient jamais de la même manière ! Et ce sont des prêtres qui nous suggèrent ce point de vue!

Ah, je m'explique aujourd’hui bien mieux que jamais pourquoi des théologiens instruits n’ont pu DD ce que j'avais pu dire de pervers dans celuide mes pamphlets au quel on à fait les honneurs de l'indeæ; et aussi pourquoi V. G. elle même n’a pas os6 me l'indiquer non plus quand je le lui ai demandé. La congrégation de l’index lui aura peut-être rendu un service au lieu de rendre un arrêt, au con:

traire des anciens Juges français qui avaient d’autres traditions et pensaient qu’une cour doit rendre des arréts el non des services. Au reste, d’après le système que nous dévoilent et nous expliquent le Nouveau Monde et le Révd. M. Pelletier, on comprend 4 peu rès comment V. G. a pu procéder.

ile n'aura eu qu’à dire à la Ste. Congrégation : « Tenez, il faut me condamner ce pamphlet afin de dépopulariser l’importun qui se permet de disséquer mes paroles et mes actes. Il est important d’ailleurs de donner une leçon à nos libéraux cañadiens.» On sait quel magique effet produit à Rome, le mot «libéral,» et le discours a été mis à l'index comme contenant des principes pernicieux, mais sans en indiquer un seul, ce qui est infiniment pue commode. Qui sait d’aiileurs si ’on n’a rasété surpris comme pour les éloges décernés au Révd. M. Paquet, d’après le Révd. M. Pelletier, ou comme pour la réponse à l’Archevèque d’après le prêtre du Nouveau Monde ? Kt pourquoi la même chose als pas eu lieu pour mon pamplet ?

Ne pouvant obtenir une décision

rquoi >, N'y e qui n’est l'aumbres savent , COMqu’ils e ceroi, ils irprise de la prêtres le vue !

ui bien s théo- 1diquer rs dans elona et aussi

pas 086 je le lui ) de l’inn service au con:

çais qui bensaient arréts el d'après le , et nous de et le nd à peu procéder.

Ste, Conme condépopulaet de disactes. Il )nner une jens.» On t à Rome, urs à été nant des ns en ilnfiniment aiileurs si e pour les . Paquet, etier, ou ’Archevè- Nouveau me chose mon pam-

décision

% Mn à dit À 2 ce RER à: 20 CESMONE

affirmant que les propriétaires d'une bibliotuëque publique étaient passibles des censues ecclésiastiques pour le seul fait qu'elle contient des livres à l'indez,—car c’est un fait démontré par le décret même que V.G. n’a pu obtenir cela ; — Elle aura, toujours d'après le système développé par mes deux autorités, dit à la sainte congrégation :

«Ah ça, puisque vous ne voulez pas coufirmer mes censures contre Les propriétaires de bibliothèques publiques, dounez moi toujours une condamnation quelconque contre l'Institut qui sauve ma dignité aux yeux des aveu gles de mon Diocèse.

un nid de libéraux que cet Institut.

voyez ce qui s'y dit.» Et V.G. tendit mon pauvre discours sur la tolérance où j'ai commis l’irrémissible crhae de prècher un peu la modération et la charité aux ecclésiastiques, ce qui équivaut presque, à leurs yeux, à supposer une imperfection à Dieu luiinème. La sainte congrégation trouva donc la chrétienne combinaison que voici:

D'abord c'est |

n’en disons mot. 1l faut bien faire ce petit plaisir à note bon Evêque de Montréal, »

Voilà le modus operandi de toute la manœuvre relative à l'Institut que l’on peut très raisonnablement inferer des adroites explications de nos deux prètres. Et l'on à vu cette odieuse violation des plus simples règles de la justice : rendre tout un corps responsable des paroles de l’un de ses membres, paroles où l'on n'indique pourtant pas ce qui est répréhensible ! Et l'on a vu de plus le scandale que voici : déclarer ce Corps coupable d'enseigner des principes pernicieux sans l'entendre, el sur la seule affirmation de l'accusateur ! Si où lui avait communiqué l'accusation, il aurait informé le juge qu'il n'avait aucune espèce d'enseignement quelconque, et l'on v'aurait pas pu le coudamner, ce qui eût gäte tout l'effet.

n ne lui en parlant pas, la condamnation allait de soi. Et l'on a vu encore cet autre scandale : rendre un décret sur une accusation portée en l'absence et hors la connaissance des intéressés ;

«Ce discours sur la tolérance n’a | et rester muet comme la tombe sur la rien d’anti-catholique, mais il n’est pas | question soumise par les intéressés

assez ultramontain. Et puis l'auteur donne quelque peu à entendre que nous pourrions bien être « des violents et non des pasteurs,» comine disait notre ancien St. Grégoire le grand, qu'il nous faudra peutêtre mettre aussi à l'index, si l’on se met a citer les portrait anticipés, mais si ressemblants, qu’il a faits de nous. L'auteur semble d’ailleurs insinuer qu’au moyen de leur conscience et de leur raison, les hommes peuvent arriver au vrai, chose que nous ne pouvons tolé rer puisque ce serait admettre que l’on peut se passer de nous. Nous allons denc le condamner mais sans indiquer où est le mal. C'est un moyen tou- Jours infaillible de faire supposer les livres pires qu'ils ne sont par as aveugles. Puis, comme le discours a été prononé devant l’fnstitut, affirmons comme si c'etait prouvé, que les principes qu’il émet forment l’enseignement de l’Institut et que conséquem ment l’Institut a des principes pernicieux. Quant à la question des hvres,

eux-mêmes ! !

Voilà ce que l'on peut obtenir à Rome en employant les moyens vou.

lus. D'après le Nouveau Monde luimême, tout dépend de la mauivre de poser la question. L'Archevèque layant

Josée d’une certaine manière, l'Evèque :

de Montréal pouvait avoir tort; mais si l'Evêque de Montréal eût posé la question à sa manière à lui, oh alors, c'est l’'Archevèque qui aurait eu sur les doigts ! Ne voilà t-il pas une intelligente manière de faire apprécier la sagesse des saintes congrégations romaines ? Il devient dès lors évident que je n'avais pas suffisamment étudié la manière de poser une question à Rome.

J'avais tout bêtement cru que la-justice et la conscience étaient les seules raisons déterminautes des actes de la sainte curie, et voici deux prêtres qui viennent m'iniormer que pour obtenir d'elle un éloge ou une condamnation | 1l suffit de savoir arranger sa question.

| Avec de l'adresse, suivant l'un de ces

CR Je

PE Vo gr

& me

Page 1