‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 21 sur 38 · PRE · texte numérisé non relu

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prêtres, le Révd. M.Paquet s'est fait élever aux nues quand il aurait dû être condamné ; et avec de l'adresse encore, suivant l'autre, l'Archevèque à fait condamner V, G. qui ne le méritait pas! Qu'estce donc alors qui nous empêche de croire que c'est tout sim plement avec de l'adresse aussi que V.

G. a obtenu le décret contre l'Institut ?

Ce décret est la vraie quintessence de l'injustice puisqu'on y condamne des absents non informés qu'on va les juger. La “onscience n’a donc rien eu a voir dans sa rédaction. Il faut donc de toute nécessité retomber sur l'adresse de l'accusateur et la complicité du juge !

Au 1cste je dois dire icique nous avions très bien prévu ce qui nous est arrivé. Quand la question d'aller à Rome s'est présentée, plusieurs d'entre nous en ont contesté l'utilité, disant qu'il était complètement illusoire d'espérer d'y obtenir justice; que les ecclésiastiques avaient quelque fois chance d'y être écoutés contre leurs supérieurs, mais les laïcs à peu près jamais ; que V. G. en disant seulement qu'Elle avait affaire à des libéraux, rendrait sa cause bonne quelle qu’elle fût, et la nôtre mauvaise quelque plausible que fussent n05 raisons. A cela plusieurs répondirent qu'ils ne voyaient dans ces graves objections qu'une raison de plus en faveur d’un appel, et que si tel était l’état des choses à Rome, si les saintes congrégations n'offraient aucune garantie de justice impartiale, si un Evêque devait

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mis la question en appel de côté, on ne l'a jamais décidée, et l’on a rendu un décret qui porte sur une question nouvelle, une accusation différente, dont les intéressés n'ont jamais eu la moindre notification, et qui a été décidée contre eux sans qu'ils aient pu se défendre et combattre leur accusateur !

Il valait certes la peine d'aller à Rome pour prouver sans dénégation possible qu'il ne s'y agit jamais de justice mais d'influence hiérarchique et de tactique de parti. Et V. G. a eu le courage de venir affirmer ici que l'appel était décidé contre nous quand le décret luimème faisait foi que la question réfé rée avait été écartée au lieu d'étre jugée !

Les hommes instruits comprennent cela parfaitement et nous donnent raison, Geux qui nous donnent le tort sont les iguorants, ou les hypocrites, ou ceux qui n'examinent jamais les choses par eux-mêmes, ou ceux qui nous blâment par pur parti pris et sans rien comprendre à la question; ou enfin ceux qui ne veulent pas étudier la question parce qu’ils la comprendraient trop.

Tout dépend donc, à Rome, de la manière de poser la question. C'est sans doute par la seule manière de poser la question que les 326 exécutés des états du Pape en 1850 et 51 ont vu décider de leur vie ou de leurmort. On à posé la question en ne leur permettant pas de choisir, ou même en certain cas d'avoir un avocat, ni de connaitre les témoins à charge, ni de les transques tionner, et le résultat a été tel qu'on

y être soutenu à l'encontre non seule | pouvait le prévoir. S'ils avaient eux-

ment de la justice et de la raison, mais encore de la pratique consacrée dans tous les pays catholiques éclairés, autant valait savoir de suite à quoi s’en tenir et montrer d’une manière tangible, pratique, les prodigieux vices de la justice romaine, si souvent décrits par tant d'écrivains catholiques éminents. Nous décidämes donc en faveur de l’appel, non pas avec l'espoir sérieux d'obtenir justice, mais avec l'intention bien arrêtée de convaincre le public qu'il était inutile de l'espérer. EL:jamais prévision ne s'est plus complèlement réalisée. On à tranquillement

mème posé la question, ils n'auraient pas été pendus ; mais on l’a posée pour eux de la manière voulue pour les pendre, et naturellement ils ont été pendus, Et que Votre Grandeur ne dise pas que je fais ici du sophisme ou du persifflage à plaisir, car les cas de Locatelli, et de Monti et. Tog netti, sont là pour montrer comment la justice romaine procède. Mgr. Sagretti, président du tribunal qui a con-

damné Locatelli, va lui-même informer

le Pape qu’il. y a beaucoup de doute sur l'identité du condamné à canse de Pobscurité au moment de la bargarre

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et conclut à sa grâce, Le Pape, si bou, nous ‘dit-on, refuse malgré le doute !! et Locatelli est pendu ! Cette impitoyable manière de régler une guéstion découle sensiblement de la manivre dont on à l'habitude de les poser, Devant la justice romaine on est toujours présumé coupable. Ilu'y a que la mauvaise et faillible justice laique qui présume l'inuocence de de l'accusé

Monti et Tognetti ne voient pas les témoins qui déposent contre eux et ne connaissent pas mème leur noms. Ils se défendent dans le vide, les dépositions ne portant que des numéros.

Donc pas de transquestion, donc pas de défense qui mérite ce nom! Et conséquemment moquerie de toute justice! Ne pouvant éclaircir une question ainsi posée, ils sont pendus!!

Simple manière romaine de poser la question !

De même on condamne lInstitut sans l'informer qu'il est accusé!

Voilà sans contredit ia plus sûre de toutes les manières de poser une question contre quelqu'un: le principal intéressé n'en a seulement pas con naissance! Cela vaut encore bien mieux que les témoins inconnus à l’accusé. Aussi je comprends mieux que jamais à présent la condamnation. Et ie dois ici offrir mes plus sinceres remerciments aux deux prêtres qui ont pris la peine de nous expliquer avec tant de complaisance: 1° Comnent on peut se faire louer soi mème à Rome ; 2 Comment on peut y faite condamner les autres sans qu'ils eu aient connaissance! Il s’agit seule ment que connaître le bon moyen. Avis donc aux condamnés passés et futurs !

Je serais réellement très curieux, Mgr., de avoir quel ennemi de Rome, quel libre-penseur, quel impie même, à jamais mis autant d’hostilité que ces deux prètres ont mis de gaucherie à dévoiler dans un milieu comme celui ci les vices inhérents à la justice romaine? Pour nuire à leurs adversaires, prêtres aussi, et sans songer un moment à la portee réelle de coups qui r'étaient destinés qu'à produire un effet tout local et tout personnel,

ils sont venus impitoyablement nous moutrer tout le système de la curie romäaiue dans sa triste nudité.

Prodigieuse inadvertance ? On nous informe un jour combien on est heureux de voir porter une affaire devant l'infaillible tribunal de Rome—était-il bien infaillible dans les cas de Loca.

telli, Monti et Tognetti, avec la procé dure que nous connaissons ?--et voilà que dans un autre Noon nous dit:

«Ah bah ! l'Archevèque n'a obtenu ce télégramme qu'en posant la question comme il lui à plu.» Et un autre prètre nous dit aussi : « Ah bah! l'on sait comment s'obliennent à Rome les approbations comme celle que le Révérend M. Paquet à extorquée !» Et puis l’on se plait à nous décrire avec une complaisance infinie les bons tours que l’on peut jouer aux membres des saintes congrégations pour leur arracher subrepticement une approbation qui aurait dù ètre un blâme!! C'est tel arrangement de mots, telle manœuvre, telle intrigue, qui a trompé le bon cardinal, ou le saint consulteur, ou les madrés redacteurs Jésuites 1le la Civiltà!

Mais on obtient donc ce que l’on veut à Rome avec de lintrigue! Voilà certes de très singuliers certificats d’infaillibilité ! Mais commet donc des prêtres peuvent-ils par s4r ce ton des hommes qui, dans une capacité ou une autre, tiennent de si près à ce tribunal infaillible, et Paident par leur travail à former ses décisions? Ils seraient payés pour montrer que pratiquement il ne l’est pas qu’ils ne pour raient mieux faire !

Et puis pourquoi nous parler sans cesse de l'infailhble tribunal de Rome dans les questions de pur litige d’Evèque à Evèque, on de laïcs à l'ecclésiastiques? Ce n'est cerlainement pas le Pape qui juge toutes ces questions car vingt papes ne sufliraient pas à les examiner. Il n’y a pas le quart des affaires qui se jugent à Rome qui obtiennent. une approbation du Pape ac compagnée d'examen personnel des pièces. Le pape ne Lit pas la dixième partie des rapports des saintes congrégalions pour J'exrciüeute raison qu'il faut une certaine somme de temps

our lire un certain nombre d'’écrits. tromperie des journaux religieux à :

comment le Pape examinerait-il| l'adresse du public que de parler d'in- d ersonneilement ce qui se décide dans | faillibilité à propos de procès en Cour a es virgtquatre congrégations ou mi-|de Rome, car ces journaux, ou ceux d nistères qui se partagent les affaires|qui parlent comme eux, ou ceux qui 2 de la catholicité ? Seraient-ce Les sain |les inspirent,savent parfaitement qu'en d tes congrégations qui jugent infaïili-| fait de litiges et A: procès les choses Ÿ blement ? Personne ne l'a jamais pré-|se passent à Rome exactement comme a

ændu. Sur quoi donc le Pape, s'il! partout ailleurs. Les affaires sont étu-

s'en mêle Lersoraellement du tout, jugera t-il les questions pendantes par exemple entre V. G. et le Séminaire, ou entre l'Archevèque et V. G.? Ilne peut évidemment le faire que sur les rapports de ses détégués, membres des divers ministères appelés, parce qu’on est à Rome, les saintes corgregalions.

Car tout ce qui touche au Pape est saint, et la population ignorante et fauatisée de Rome dit encore à l'heure qu'il est: «le saint cuisinier ; »et elle va même jusqu à dire « les saintes écuries,» «les saints carosses,»s ou «les saints chevaux, » quand elle voit passer les équipages du Pape.Va sans dire que nous sominus ici plus modérés que cela en fait de distribution dé titres ecclésiastiques.

Toutes les questions litigieuses se décident donc par les délégués du Pape, et je ne sache pas que le Pape,

pes être 'nfaiilible sur les questions ae fait — et presque toute question litigieuse se réduit à une question de fait ; il ne s'agit nullement de dctrine dans les guerres multipliées que V.

G. semble s'être suscitées à piaisir—je ne sache pas, dis-je, que le Pape puisse communiquer linfaillibilité qu'il ne possède pas. Le pape jugeraitil lui même une question litigieuse sur un rapport de congrégation, ce rapport peut être fautif par un vice de procédure, par l'oubli iavolontaire ou non d'une pièce ou d’une circonstance im po*'tante ; par un renseignement erroné, par un faux témoignage même, car les témoins à Rome blessent quelquefois la vérité comme les témoins de ncs cours. Comment donc une décision du Pape luimême qui serait basée sur un rapport erroné sur le fait par exemple, pourrait-elle être infaillible ? C’est donc tout simplement une

diées, examinées de la même manière qu'ailleurs, jugées là comme ailleurs par des hommes comme nous, ayant les mêmes petites faiblesses, Les mêmes idées préconçues, les mêmes préjugés, les mêmes pas: >s que nus venons de voir se proûsire ici entre prêtres el Evèques, et surtout agissant sous un mode de procédure absurde dont les vices sont évidents et constatés de tout temps par les amis même de la Cour de Rome, et dont les justices laïques sont presque toutes affrauchies aujourd'hui.

Tous les jours les membres de la curie diffèrent entre eux d’opinion et se livrent à des luttes personn£iies bien autrement vives que nos Evîques. Faut-il rappeler les vives querelles et les échanges d’injures qui ont eu lieu entre Mgr. de Mérode et le Cardinal Antonelli ? Fautil rappeler les sanglantes insultes adressées en plus d'uue occasion par certains cardinaux nobles au Cardinal Antonelli qui ne l’est pas? Faut-il rappeler encore les antagonismes terribles qui ont quelquefois surgi entre les Cardinaux Zelanti et les Cardinaux moderés ?

Faut-il rappeler les opinious sévères exprimées au dernier Concile par quelques Evêques sur l’incompétence de la curie, etencore sur les abus de l'{ndex?

Ce n’est pas chez les 2mpies que je vais chercher mes exemples.

Toutes ces assertions d’infaillibilité sur les questions de purs litiges personnels ne prouvent donc que le manque complet de sincérité ou l’ignorance de ceux qui les expriment. Mais elles n’ont la plupari du temps pour objet que de faire refléter sur soi-n1ême un faible rayon de l’infaillibilité centrale; car cheque ecclésiastique, si j'en crois l’un de mes prêtres professeurs de pratique romaine, à sa mo.

que tout catholique instruit sait |

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deste prétention personnelle à une cer- | « dirigee par des prêtres, est complètetaine dose d'infaillibilité. Que nous «ment dévoyée, fourvoyée; qu'elle dit-il en effet, des prêtres du Sémi-|« n'est catholique que de nom ; que c’est naire de Québec ? « La chose du mon |« là surtout que l'on fait de la science de dont on était le plus fortement con-|« sans Dieu ; qu’elle procède en véritable vaincu, C’est qu'il importait grande. |« université athée en mettant la religior ment au principe d'autorité et à l’hon-|« tout à fait de côié dans son enseigne: neur de l'Eglise que l’on fût considéré|« ment»... Puis ailleurs on nous dit comme infaillible et comme le foyer|que le Sémniriaire de Québec esi à la d’où rayonnait toute vérité.» C'est un | fois «janséniste, gallican, libéral, et prêtre, Mgr., qui nous apprend cela.|victime de l'ignorance la plus déplo- Si j'eusse dit, moi, exactement la mème |rable ; qu’il dévore l'hérésie dans la chose, c'eût été de l'hostilité, de la ca-| lecture des écrits des Montalembert, lomnie, le comble de l’impudence !!}des Falloux, des Dupanloup, etc. » tous Il est bien hevreux en vérité, que quel-| grands impies, c’est connu ! quefois l'esprit de parti emporte les! Mais grand Dieu, Mgr. si j'avais inecclésiastiques jusqu’à leur faire ex-|sinné seulement le quart de ce que je primer les vérités sur lesquelles il est} viens de citer, que n'aurait pas dit V. si sévèrement défendu aux laïcs d'ar-! G. qui m'a si charitablement traité de rêter leur esprit une seule minute.| blasphémateur sans pouvoir montrer C'est toujours un crime à un laïc de| même le commencement d’une inconaire qu'un prêtre se ‘ompe, et encore | venance ! Comment se fait-il que ce cent fois plus un E'que. Quand les!|soient les journaux patrennés par V. ecclésiastiques sont tous d'accord, la |. qui attaquent avec cette exagérafouction du laïc semble se réduire,| tion une institution que V. G. elledans leur esprit, à ieur faire des sa-| même affirmait naguère à son Diocèse luts et des soumissions. Bénissons | être sè précieuse à la religion ? Est-ce donc la Providence de ce qu'elle per-| donc que tout est permis entre ecclémet quelquefois au malin de souffler | siastiques qui se querellent ? Et allonsun vent de discorde sur le Clergé, car|nous voir V. G. pousser l'esprit de ce n’est que quand le querelle surgit parti jusqu'à ne rien dire à ce prêtre entre ses membres que la vérité sur|qui calomnie ses collègues quand Elie leurs petites passions se fait jour, et|a été si acerbe envers moi quand je que nous ‘obtenons des portraits pris|n’avais dit que lexacte vérité sans sur nature par les initiés eux-mêmes. | injurier personne ? Car il n’y a pas de Et c’est un sensible plaisir pour les| milieu : si ce prêtre dit aujourd’hui laïcs que de voir les ecclésiastiques | la vérité, Votre Grandeur à trompé les laisser loin derrière eux dans leurs | san diocèse quand Elle recommandait appréciations réciproques de leurs pe-| une institution qui #’a de catholique its défauts. Et l’un de mes deux prè-| que le nom! En vérité Mgr., on nous tres m'en fouruit encore un tres frap | fait l'effet aujourd'hui de se déchirer pant exemple. avec d'autant plus de détermination Les laïcs croyaient depuis longtemps|qu’on s'encensait davantage avant la l'Université Laval nn établissement | querelle.

irréprochable sous le rapport de l'en Nous comprenons maintenant ce seignement chrétien, et à la hauteur|que vale ‘es éloges en style de

des besoins de l'époque pour la partie! collége ei en phrases convenues que scientifique. Eh bien voici un prêtre|se donnent réciproquement les ecclé qui vieui nous informer que tout au/|siastiques en toute occasion, Il est contraire : « l’université Laval est un|plus clair que le pi que bien sou « établissement dangereux ; que son | vent ces éloges se donnent à des hom- «enseignement est funeste à la jeu-|mes que l’on sait ne pas lies mériter «nesse, qu'il sépare la science de la! puisque du moment qu'une querelle «religion et qu'il est de mauvaise qua-| surgit, les fautes cachées avec tant de « lité ; que cette institution, fondée et|soin se dévoilent impitoyablement.

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