‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 25 sur 38 · PRE · texte numérisé non relu

PRE

teutions respectives, Elle a exigé que nous éliminassions absolument de ses rayons tout livre à l'index quelconque, mêmes les économistes nommément, ei jusqu'à Pothier par induction puisqu'il est aussi à l'index. La loi exige que les étudiants en droit étudient Pothier, mais Pultramontanisme le défend, et les jeunes geus bien dressés se trouvent d’abord entre les deux comme l'âne entre deux bottes de foin, ne sachant à quel botte mordre. Muis comme on ne peut guère être notaire ou avocat sans avoir étudié Pothier, ils finissent malgré le confesseur et l'index, par mordre à la botte laïque.

De cette insoutenabie prétention de V. G. 1l nous a bien fallu iuférer qu'Elle s'armait simplement de prétextes pour cacher un but qu’'Elle ne voulait pas explicitement définir, car on r'émet clairement une prétention aussi risible que quand on ne veut pas avouer franchement le but auquel on tend. Notre inférence uous a paru encore beaucoup plus plausible quand V.G. qui avait fait taut de bruit pour quelques livres à l'index que nous avions, a refusé de nous les indiquer après avoir gardé notre catalogue six mois. Comment croire à la sincérité d’un homme qui parle si haut de poison pour les âmes et puis refuse de montrer où il est? Comment croire | aussi non seulement à la sincérité,

mais À la conscieuce d'un Evèque qui | maintient ses censures apres ir refusé d'indiquer Le mal dont il s plant ? [1 v a en tout, Mgr, une 1 gigae et un bem sens dont les Evèques we gœuvent pas saffranchir plus que utres hmmmes. | Et enfin gæand V. G. brisa les négolations sær {le prodigieux prétexte | qu'Elle seule pouvant être juge des

lectures des membres de l'Institut, si | Elle consentait laisser les livres à! l'inder, même séquestres, ce serait Le | comité de l’Institut qui se trouver Ge fait le juge de ces lectures, le v but de V. G. ne sentaitil pas aux veux ? Cela pouvai signifier autre chose que: «Bi vous n'arceptez ]

\ de mes chapeiains ben dre pour centrôler vos lectures et

DRE E RC PRET RERUEE +

avec soin de chez vous tout ce qui n'est pas ultramontain, il ne saurait y avoir de paix entre nous.»

Or nous voyons aujourd'hui plus que janiais combien le don d’un chapelain est chose peu enviable pour des hommes qui ue tiennent aucunement à servir de mannequins au Clergé pour faire queue derrière tel ou tel Evèque quand le malin a semé la tempète.

Dans toute cette lutte, Mgr. les hommes qui voient d’un peu loin et ne veulent pas vendre leur librearbitre pour être paternellement proclamés bons enfants; les hommes sérieux qui jugent un évêque sur ses actes et non sur les phrases de convention qu'il adresse à la foule, voyaient clairement que V. G. laissait sa passion personnelle se substituer aux plus simples notions de justice envers autrui, Nous la voyions prendre mille moyens détournés pour nous forcer de dissoudre l'Institut. Par une suite de refus vaguement motivés et de tracasseries de tout genre, Elle espérait uous voir, de guerre lasse, lui abandonner le contrôle complet de l'association. Ge n’est pas de la religion, cela, Mgr. c’est de la domination cléricale. Ge n’est pas de la sincérité, c'est de la tactique. V.G.ne nous a presque jamais adressé une parole sincère, puis Elle s’est répandue en injules mé-

res coatre des hommes qui 0

ritaient pas. Elle nous à traités d'hypocrites parceque nous avons tenté un rappruchement, puis de rebelles parce-

que nous avons repoussé des exigences

que pas un Evêque éclaire n'exprime !

Elle a méme osé écrire. par son secrétaire) à l’un de nous, qu'il restait rebelle malgré son appel a Rome, prétention où il était impossible de voir la moindre benne foi; et elle est venue couronner le tout en nous informant gravement comme Evêque qu'il n'y avait pas d’absolution à la mort pour les catholiques qui gardaient chez eux un livre à l'inder!! Le Pape, en pareil cas dit précisément le contraire et excepte toujours l'article de la mort.

Mais V. G. visait à produire un effet et Elie a poussé la passion jusqu’à

essayer de faire croire qu'un homme qui à chez lui un livre à l'index est tellement pire qu'un assassin qu’il n’y a pas d'espoir de pardon pour lui!!

Cela encore est de la tactique, mais ce west pas exactement de la religion ni de la sincérité. On n'a pas le droit de créer ainsi des crimes à plaisir et simplement pour déconsidérer des hommes honorables qui ont quelqu'objection à se voir traiter en enfants, et qui entendent des théologiens et mème des Evèques blâmer ou regretter les exagérations religieuses de V. G.

I y a donc longtemps, Mgr., que nous observons dans plusieurs détails de la conduite de V. G.envers nous un manque évident de sincérité; que nous la voyons substituer à la franchise obligée du pasteur, la tactique peu loyale du partisan. Si nous étions les seuls à lui faire ce reproche, on pourrait sans doute Pattribuer à un esprit d’antagonisme étroit créé par nos longues luttes, mais nous voyons depuis quelques années, et le public a vu comine nous. bien des nommes que leur position met plus que nous à l'abri du sonpcon d’hostihté obstinée, arriver,au sujet de V. G, à la même conclusion que nous. Et ces hommes ue se trouvent pas seulement parmi les laïcs, mais en grand nombre parmi les ecclésiastiques, et même parmi les Evêques. Le public se demande aussi comment un homme dont la sincérité seule aurait inspiré tous les actes,

rieur hiérarchique, l’Archevêque, obligé de lui rappeler avec quelle mauvaise grâce Elle se soumet à ses supérieurs, à quels singuliers faux-fuyants Elle a recours pour éluder les décrets qui la condamnent, et combien elle met peu de franchise et de loyauté à reconnaître devant le public qu’'Elle a été désapprouvée à Rome. Mais tout cela n'empêche pas V. G. de publier des lettres où Elle parle d’obéissance comme si Elle la pratiquait. Elle y invite les autres; ses paroles sur ce chapitre sont plemes d’onction, mais si on laisse les paroles pour ne s'attacher qu'aux faits, —seul moyen sûr de juger pertinemment un homime—on voit que ses actes contredisent beaucoup trop ses paroles. V. G. ne parle jamais de Rome sans Pappeler le tribunal infaillible, qu'il s'agisse ou nou de doctrine ; et voilà un Archevêque obligé de constater chez Flle et le manque de soumission et le manque de sincérité vis-à-vis de ce tribunal. (1) Nous ne sommes donc pas les seuls à trouver quelquefois V. G. gravement en défaut comme Pasteur des âmes. Et il n’est guère admissible que ce soit l'hostilité anti-religisuse que l'on nous attribue faussement, qui anime aussi des préres et des Évêques.

Bien des gens ont eufin ouvert les yeux depuis trois mois, Mgr. ; car V.

G. n’a pu réussir à préjuger contre des rrêtres et des Evèques tous ceux

; qu'Elle avait trop facilement réussi à

pourrait ainsi se trouver en lutte} préjuger contre nous. Aujourd’hui on

acharnée de tous côtés.

Nous savons très peu de chose encore des détails de la lutte de V. G.

avec le Séminaire de St. Sulpice à Rome; maistout en admettant les tor:s que le Séminaire s’est donnés vis-à.vis de votre prédécesseur, on n'ignore pas non plus dans le public que le Séminaire à plusieurs fois démontré à Rome certaines fausses représentations de faits auxquelles V, G. à eu recours. Certaines choses qu'elle a dites à Rome contre le Séminaire, comme ce qu'Élle y a dit de l'Institut, ressemblaient singulièrement à ce que l'on appelle la calomnie. Et nous voyons tout dernièrement son supé-

commence à voir, et à dire, que sa manière de traiter ces prêtres et ces Evêques peut fort bien indiquer aussi un manque de clairvoyance, de sagesse et de charité vis-à-vis de l’Institut ; que ses erreurs assez souvent répétées sur le chapitre de la sincérité peuvent très bien faire présumer aussi d’un manque de sincérité et de justice à notre égard ; que la passion qu'Elle laisse percer contre le Séminaire et contre lArchevèque par ce qu’Elle permet à ses journaux de dire d'eux permet de supposer aussi de la passion contre nous ; que sa fertilité d’intrigue dans

(1) Voir la note A à la fin du volume.

ee

Oene:

e, obli-

mau-

s supé-

uyants

décrets

bn elle auté à

"Elle a

iis tout publier issalice Elle y

sur ce

mais si

ttacher le juger bn) voit PAUCOUP jamais

unal ?nde docobligé

nque de incérité ous ne trouver 1 défaut il n’est

hostilité attribue des prè-

ivert les ; car V.

ntre des 1S Celx réussi à d’hui on que sa *s et ces ler aussi > sagesse tut; que ‘tées sur vent très in manà notre e laisse t contre Jermet à rmet de 1 contre ue dans

plume.

TT

la récente question de l'université peut faire juger assez pertinemment des moyens qu'Elle a pu employer contre nous à Rome où elle se trouvait à l'abri de toute surveillance de notre part ; et enfin que le fait seul qu’Elle a réussi à se mettre en guerre ardente avec tout le monde permet de croire que celle qu'elle nous à faite sans trève ni merci était peut-être plutôt un simple effet de caractère que l’accomplissement d’un devoir consciencieux et

réfléchi. Ah ! Mgr. le faux finit tou-|

jours par retomber sur ses auteurs de tout le poids de l’exagération qu'ils ont mise à l’imposer comme chose juste à un pe façonné à ne rien examiner, Et l'on comprend aujourd’hui mieux que jamais la nécessité qui existe pour tout homme sensé d’examiner bien tout. Il est plus qu'évident qu'habituer les gens à ne rien examiner parceque c’est un ecclésiastique qui agit, c'est les habituer à ne pas agir sensément.

Ah! Mgr., comme vous voilà vengés ! Quel crime V. G. ne nous a-t-elle pas fait de soumettre à l'opinion publique nos dissidences et nos luttes avec elle! Et voilà que nous la voyons aujourd'hui obligée de venir soumettre à cette même opinion pu blique ses propres luttes contre l’Archevêque et lPuniversité Laval, et plaider elle-même sa cause devant ce mème tribunal auquel nous étions des ünpies d’en appeler ! Quelle meilleure preuve que le faux finit toujours par se déjuger lui-même !

Eh bien, Mgr. la conclusion à laquelle nous en sommes venus depuis longtemps, que V.G. est loin d’être toujours parfaitement sincère à l'égard de ceux qui résistent à ses volontés, conclusion que le public a hésité pendant bien longtemps d'admettre comme juste ; cette conclusion est aujourd'hui acceptée par presque tous ceux qu. ont lu l'étrange lettre dont je parlais tout à l'heure etque V.G. a adressée au Nouveau Monde le 9 du courant.

Si quelqu’un doutait encore que V. G.

pût recourir à des moyens adroils pour agir sur l'opinion, ce doute n’est réellement plus permis après cette singulière maladresse.

Quoi ! r’est après avoir laissé Le Neuveau Monde insulter depuis deux ans l’'Archevêque de toutes manières qu'Elle s’en vieut officieusement lin viter à le respecter! C'est quand il ne reste plus rien d'insultant à dire que V. G. s'en vient pastoralement recom-

| mander une polémique plus décente !

C’est quand tous les coups sont portés que V.G.se met avec empressement à prier Dieu de donner à tous sa divine sagesse ! Quel dommage, Mgr. que V.

G. n'ait songé à prier qu'après la dernière et centième insulte ! N’eût-il pas été un peu plus chrétien, surtout pour un Evèque, de commencer à prier dès la première ? Ah! nous comprenons, Mgr. et nous comprenons trop! Per:

sonne ne se laisse prendre à cette tardive exhortation, à cette recommandation après Coup, à ce charitable conseil de modération qui a attendu pour se produire que tout le fiel fût bien épuisé ! Si V.G. a édifié un certain uombre d’aveugles, Elle a beaucoup amusé ceux qui voient clair.

V. G. s’est aperçue que l’on manquait de sagesse. Et Le public, lui, Mgr., s’est aperçu que V.G. avait mis un temps prodigieux à s’en apercevoir. Et chose remarquable, V.G.ue parait pas même s'ètre doutée que cette petite tactique crèverait les yeux de tous ! Ah ! Mgr.

c’est un peu trop compter sur la niaiserie des autres! La comédie est trop transparente. Ge n’est plus la comédie infernale, c’est la comédie maladroite !

Et à l'appui de ce que je dis ici, Mgr, viennent Es articles du Franc-Parleur, que V.G. elle-même invitait naguère à parler haut comme M. Veuillot. Pourquoi pas un avis au Franc-Parleur aussi ? V. G. suppose-t-elle le public assez obtus pour ne pas voir que l’on met aujourd'hui dans le Franc. Parleur ce que l’on n'ose plus dire dans le Nouveau Monde ? Ah, de grâce, Mgr., veuillez au moins nous concéder le bon-sens ordinaire.

Comment croire que les propres valets de plume de V. G. soient bien intimement persuadés de sa parfaite sincérité dans son petit avis au Nouveau-Monde quand ce journal ne sex.

cuse même pas après cet avis, mais confirme ses insultes tout en se pro-

+ 2 DNA LPS: 5SS

Page 1