‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 28 sur 38 · WEBSTER, N.Y · texte numérisé non relu

WEBSTER, N.Y

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sans doute agissent en un certain sens sur la foule, agissent en sens précisé ment inverse sur les espritssensés. Essa rer de rendre les hommes meilleurs est un devoir, mais chercher à se faire croire meilleur qu’eux est un défaut.

Ce n’est pas là servir Dieu. Mgr., mais se servir de Dieu pour des fins bien humaines et bien personnelles ! !

Je ne dirai que peu de chose ici, Mgr. du sermon, au moins indiscret sous les circonstances, du Révd. P.

Rraun. Iln'a sans doute fait qu'exprimer les idées romaines sur la sujétion entière du pouvoir civil à tout ce qu’il peut plaire au Pape de lui ordonner, fûtce la confiscation des biens des enfants des hérétiques, disposition qui est encore en pleine vigneur dans le droit cauon. Il a naturellement fallu renoncer à l’appliquer depuis que lhumanité est sortie de cette époque tant regretiée où l’on brûlait les pères pour prendre ce qu'ils laisse.

raient aux fils, mais on a dû voir, par l’ébahissement universel que les

doctrines développées par le P. Braun,

ont cansé dans notre société, combien ces doctrines révoltent la conscience publique. Quel est le gouvernement au monde qui va en faire sa règle de conduite ?

On ne s'arrêtera pas, je le sais, devant l’unanime réprobatiup qui a accueilli ces prétentions du XIe siè cle ; le Clergé ne s'arrête jamais que

ar Les catastraphes qu’il produit dans e corps social par cette soif inextinguible de contrôler tout qu’il manifeste en toute occasion, Mais est ce que V.G. et ceux qui partagent ses idées ne verrez pas enfin l'inutilité de tout le mal que l'on s’est donué pour amener peu à pen la population à ac cepter les yeux fermés tout ce qu'il plaît au Glergé de lui dire? Voilà déjà vingt ans que par la chaire et la presse on affrme la subordination entière du pro civil au pouvoir spirituel, et a suprématie absolue du Pape sur le temporel. Voilà vingt ans que lon nous prôche la soumission sans réserve de lesprit à tout ce qui nous peut venir des «saintes congrégatious romaines :» et après tant de travail et de

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peine, tant de dépense de logique et de sophismes, le jour où l’on ose enfin exposer d'autorité ces principès dans leur simple nudité, de suite il s’élève un cri général Ge réprebation contre l'ambition opiniàtre du Clergé et contre la fohe de ceux qui espèrent encore faire accepter ces prétentions surannées !

Personne naturellement ne veut entendre parler de cette belle «alliance de l'Eglise et de l’État» qui signifie tout simplement que l'Etat sera le domestique de l’Eghise—chose qu'on lui assure en tout bien tout honneur.être la plus haute gioire qu'il puisse se donner—et son domestique au ;oint non seulement de toujours recnuaître queble ne saurait se tromper même ans les choses temporelles—sur les mœurs—mais aussi de iui faciliter, quand cela lui fera plaisir, même la captañion testarnentaire! Béni sera l'état qui l’aidera à dépouiller les familles, excommunié sera l’état qui ssera des lois pour l'en empècher!

ën termes vulgaires, Mgr. cela s’appelle tout siraplement «tenir l'échelle ; » et m'est avis qu’il est absolument possible, de trouver à l’état une occupation plus honorabie que celle-là.

En vérité kil n’y a que la plus prodi gieuse incompétence comme pnbliciste et comme légiste qui explique l'expression naïve de pareilles doctrines.

Au reste l'incompétence du prédicateur dans le domaine de la philosophie du droit saute aux yeux dans les deux phrases suivantes :

«Dieu n’est plus regardé aujour.

d'hui comme la source du droit et de la justice, mais c’est l'état, c'est le vombre, c'est la majorité qui prétend tre la source et le principe du droit et de la justice. La force, ia majorité ne fonvelles pas le druit aux yeux de la sagesse moderne ?»

Celui qui parle ainsi Mgr. démontre seulement ceci: qu’il n’a jamais ouvert un livre sérieux et qui fasse autorité sur Ja philosophie du droit ou sur le droit public. Si je voulais défin:r les effèts de la théologie comme systême de morale, pourrais-je loyalement m'autoriser des seules opinions

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de ces théologiens pervers ou ineptes | efforts désespérés que lon a faits penqui permettent certaines aboriinables dant trois siècles pour pallier la frauimmor@ités que tous leurs confrères | de et lui conserver quelque prestige, hounètes réprouvent? Le père Braun | mais que l’on tient encore énorméavait-il plus le droit d’arguer des seu. | ment à appliquer en détail On reuie les prétentions des fous et de laisser l'œuvre, mais on né s'en sert complètement les sages de côté ? Au | moins autant que l’on peut sans le dire. reste il n’a fait là que tomber dans la | Et pourtant le Pape Pie VI a été obligsé faute invariable que commet depuis | d'admettre la fraude en 1789, près de des siècles l’école à laquel il appar | deux siècles après qu'elle eût été démontient : défigurer systématiquement, au | trée ; mais nous n'en voyons pas moins dacieusement, la pensée de l'adver |à tout instant surgir quelque tige obs- Saire pour inieux l’écharper sur ce | tinée du sol clérical. qu'il n’a jamai, dit. Eh bien, je croyais lé Clergé plus Si le Prédicateur était vraiment sin- | avancé qu'il re l'est dans son œuvre cèré eu parlant ainsi, cela prouve tout | néfaste le courber insensiblement l’o- Rene que comme publiciste il! pinion publique sons sa férule. in. est à peu près de la même force vue |dignation chez les uns, et le rire chez les jeunes geus qu’il enseigne au les autres, qui ont accueilli les idées Collége des Jésuites. Au reste il est | exprimées par le père Braun montrent souvent bien difficile à un homn.e {parfaitement à qui veut voir que les d'étude de lire sans impatience, et; choses contre nature et qui offensent absolument impossible de lire saus|le bon sens prblic ne peuvent jamais pitié, les élucubrat'ons ecclésiastiques | preudre racine nulle part sous quelyue que l’on nous sert chaque ma’in sur | grand nom qu’elle s’'abritent. IL sufle drüit public, Car elles montrent tou- | fit que ces exagérations se manifestent tes chez leurs auteurs une absence | porir provoquer de suite ls protèt énercomplète d'études suivies sur cette | gique de la conscience publique. Nous branche de la science politique. Ge n’est | sommes moins uw//ramontanisés que je le plus souvent ni du droit ni de la |le croyais. théologie, mais du pur bavardags de| Le 5ermon du sère Braun a produit collège, de la rhétnrique cléricale des-| dans notre société précisément le

. tinéé à persuader l'élément laïc qu'il | même effet que le célèbre discours du

n’est rien dans !+ monde comme puis. | général des Jésuites Laynez au Concile sance morale, et qu'il est teuu dede Trente. Son effort désespéré, ap- Selfacer sans murmure devant l’élé. puyé de toutes les colères des Evêques ment ecclésiastique, seul possesseur | italiens, pe faire accepter par les de Ia clé du totnplé de la vérité. On ré- | pères du Concile le principe de lomclaine avec l'arrogance dont nous|nipotence du Pape, ne fit qu'ouvrir les sommes témoins le droit exclusif d’en-| yeux des autres Evèques sur. les desseiguer les autres, et tout ve que l'on|seins de l’ultramontanisme., et faillit écrit sur Certains sujets m@ntre que | misérablement. Un connait les énerl'on est parfaitement étranger aux|giques protestations qu'il provoqua premiers ruditnents dés sciences que | chez les Evêques de France et d'Espaon prétend exposer d'autorité, Le |gne, et l'attitude déterminée qu'ils prifait est, comme je l'ai dit plus haut, | rent contre les prétentions ultrancnque toutes les SrAb Gi hitramontai. | taines. .

ues suf là sabordina‘ion compléte de | Nous voyons la même chose se prol'Etat à l'Eglise, remontent aux fausses | duire parmi nous à er des doctridécrétales et en découlent. Or pér-|nes romaines sur e temporel. La sonne ignore aujourd'hui que c'é | conscience publique s’est émue et Pestait à un pur récuéii de déception et | prit d'envahissement cléricak est devs-

de mensonge que l'on est forcé aujour- | nu moins à craindre par le faitseul qu'ii

d'hui, même dans le camp ultramon- [4 voulu s'affirmer hautement. Leter: th, "4 rejeter en bloc itaigté les | raiu préparé avec tant de sollicitude

a rejeté la semeuce que l’on voulait y faire germer, Il y a vingt ans que Pon prépare sourdement ce grand coup de théâtre, et cela pour arriver an plus parfait fiasco que l'on aît encore vu en Ce Days.

Cela prouve, Mgr. que quelques efforts que l’on fasse pour iuculquer l’idée de la suprématie du prêtre sur le temporel, cette idée sera. toujours repoussée avec énergie par les sociétés qui tiennent à rester libres. La snpréimatie du prêtre signifiant toujours et partout l'esclavage de la pensée, elle signifie par là même le servage politique. Eucore une fois qu'était devenue la nationalité italienne sous le régime papal? Qu'est devenue lintelligence romaine sous la censure papale ? Pourquoi le domaine de l'esprit était-il devenu un désert comme la campagne de Reme ? Stérilité partout!

L'humauité, Mgr., repousse de plus eu plis énergiquement ces entraves à son progrès, et son mot d'ordre est aujourd’ui :

RESPECT AU SACERDOCE VRAIMENT HUM- BLE, ÉLAIRÉ, CHARITABLE ET CHRÉTIEN, MAIS RÉSISTANCE ÉNERGIQUE, ET GUERRE S'IL LE. FAUT, AU S4fERDOCE DOMuvA- YEUR |!

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