‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 29 sur 38 · SOUVERAINETÉ DU PEUPLE, ET ÉTABLIS- SEMENT DÉFINITIF DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

SOUVERAINETÉ DU PEUPLE, ET ÉTABLIS- SEMENT DÉFINITIF DE LA LIBERTÉ

Malheur à qui ne comprend pas!

J'ai l'honneur d'être, Monseigneur, De Votre Grandeur, Le serviieur très obéissant et très humble, L. A. Dessauzes.

13 Février 1873.

P. S.—Ce mémoire était sous pli quend l’homme partieuliérement estimable dont la mort a créé un vide si pénible à l'Evêché et dans la famille, est devenu dangereusement malade.

ns ME

J’ai don: du différer son envoi, et ce retard forcé m'avait mème fait songer à le supprimer pour le moment,

Mais la recrudescence de folie que nous voyons le Nouveau Monde et-son icolyte manifester si crûment sur le chapitre de leurs prétentions à la su.

prémätie cléricale universelle ; la guerre sans merci qu'ils continuert de faire a tout ce qui, de près ou de loin, se rattache à l'idée libérale en politique ;—idée qui pourtant ue se résume que daus le droit qu'ont les peuplus de surveiller et contrôler les gouvernements qui tiennent d'eux leurs pouvoirs, et je ne puis sincèrement pas voir ce que Ce te idée peut comporter de si demnable ; —l'intolérance aveugle qu’ils montreut envers tous ceux qui osent pärler modération et donner des conseils sensés—témoin M.

le grand vicaire Raymond que ces feuilles d'hypocrisie, de mensonge et de discorde remercient dé ses longs services en lui donnant avec une si remarquable grossièreté de formes un brevet d’hostilité el de désobéissance au Pape;—et puis les prodigieux efforts que font toutes nos feuilles cléricaies

our bien inculquer dans notre popu- Titi l'idée que la Législature est catholiquement tenue dexécuter ies moindres désirs des Evêques; et surtout la dernière et étrange mesure que V. G. vient d'adopter à l'égard des paroiss:ens de Beauharnais qui ne paient pas de dimes; tous ces faits enfin qui démontrent aux plus aveuglés que le Clergé tend réellement à nu/lifier les institutions, braver les lois, contrôler les esprits en lout ordre de choses, dominer atbitrairement les consciences et tout régir dans l’état; tous ces faits, dis-je, m'ont convaincu que ce serait déserter la cause de la liberté et de la souveraineté nationale que de supprimer au plus fort de la lutte un écrit destiné à protester contre l'esprit non seulement dominateur, mais subversif de notre ordre social et pole, dont le Clergé fait preuve depuis quelques années. .

e dis subuersif parceque la préten-

tion de lultramontanisme est que le

Syllcbus doit être le seul guidé et la’

t sur le

la su:

la gueruept de de loiu, en polise résules peules gouux leurs èrement ut Comtolérance ers tous ration et smoin M.

que ces

rmes un éissance ux efforts léricaies tre popure est Cacuter ies s; et Sur-

> .NesUre ‘

égard des s qui ne ces faits lus aveullement à raver les out ordre ement les ns l'état; ‘onvaincu use de la nationale fort de la tercontre minateur, » social et it preuve

la prêtenest que le

uidé et la”

seule règle de conduite des gouvernements, ce qui conduit directement à une refonte complète des instituiions dans le sens clérical. C’est donc vraiment uue révolution que le Clergé veut préparer et organiser sous prétexte de religion. On veut rendre le Pape maître de tout dans la sphère sociale comme on vient de le faire dans la sphère religieuse en se met.

tant en contradiction formelle avec toute l'ancienne constitu‘‘on de l'Eglise. Et ceux qui comprennent ces tendances subversives des prétendus amis de l’ordre seraient bien coupables s'ils se taisaient quaud les autres parlent si haut. Se raire en pareilie circoustance impliquerait connivence, ou lâcheté, ou inaptitude à saisir le vrai bui des ennemis de toute liberté.

Et l’idée absolutiste devient trop audacieuse au milieu de nous pour que les hommes qui n’ont pas ahjuré leur conscience ei fait table rase de leurs principes devant ceux dont la conscience et les principes se résument uniquement dans l’idée de l’omnipotence papale, ne protestent pas contre ce débordement d’ambition ecclésiastique qui est peutêtre le plus grand scandale de notre époque.

Sans doute il 7 a bien des siècles que ce scandale existe ; mais on aurait cru qu’avec le progrès des lumières, cette fuu.-ste ambition aurait peu à peu fait piace à une appréciation plus sénsée de !a position que doit occuper le Clergé dans les sociétés. Or nous voyons au contraire que Ce parti remuant et dominateur qui répond à la dénomination d’ullramontianisme est plus aue jairais entiché de l’idée, ou plutôt du rêve, du triomphe universel de la théocratie romaine, même depuis que la perte définitive du pouvoir temporel en a fait disparaître le côté le plus odieux. Ge parti a été pendant

lusieurs siècles retenu dans certaines

ornes par les Eglises nationales et surtout par cette illustre église de France qui voulait soumettre le Pape aux canons, réclamait l'indépendance du pouvoir civil, protestait contre les excommunications pour Causes temporelles, proposait le retour aux libertés

se ne

ne mm

et à la discipline de la primitive Eglise comme seul moyen d'arrêter le développement de l'autocratie papale, et cherchait au moins à concilier la foi et la raison.

Il est triste, à l'époque où nous som-* mes, de voir les doctrines contre lesquelles protestait St, Louis encore proposées comme vérités de salut; car ou ces doctriues sont fausses ou l'on n'aurait pas dù mettre ce roi honnête hoinme au nombre des saints. C’est vraimen: à St. Louis que remonte l'idée gallicane de la non-oran:potence du Pape; c’est Jui qui l’a for.

mulée dans sa pragnatique sanction, dont quelques raussaires de nus jours ont osé contester l'authenticité parce que si vraiment le gallicanisme est une hérésie, St. Louis était hérétique puisqu'il est alle beaucoup plus loin qu'aucun de ses successeurs dans sa résistance énergique à Grégoire IX.

C’est St. Louis qui a rappelé à ce Pape que le pouvoir civil en France était complètement indépendant du chef de l'Eglise. Comment vourrions-nous être damnés aujourd'hui pour soute- “ir une dostrine qui. n’a pas empêché St. Louis d'être reçu à bras ouverts dans le Ciel ? On devrait en vérité un peu plus songer au passé, à certains détails de l'histoire ecclésiastique qui montrent si bien les folies absclutistes de notre ten ps; à l'isolement pendant des siècles de l’ultramontanisme en Europe, confiné qu'ii était à la seule Italie, +t je pourrais même dire au seu’ domaine des Papes ; aux solenelles pretestetions à diverses époques de tous les 2ouvernements et de tous les Clergés nationaux contre ses principes, ses intrigues, ses contradictions suivant les hommes et les circonstances, ses audacieuses usurpat:ons et ses intolérables abus dans toute la catholicité—abus si éloquemment constatés dans les cent griefs de la nation germanique— avant d'envoyer les gens en enfer aussi libéralement qu’on ls fait aujourd’hui.

n’y a que ae d'années qu’un Ârchevêque de Paris, mort victime de son devoir, (1) disait hautement : « La

(1) Mgr. Affre.

doctrine ultramontaine, si elle venait à triompher dans le monde religieux, ferait sortir du catholicisme les peuples qui lui appartiennent, et empôcherait d'y entrer ceux qui ne lui appirtiénnent pas.» Je pourrais citer de pareilles opinions par vingtaines, émises par les ue illustres Evèques ; ais passons là dessus puisque l’ultramontänisme à enfin triomphé il y a deux ans. Maïs aussi que voyons-nous?

Précisément ce qui à été prédit par l'Archevêque dont je parle. On a définitivement éloigné ceux qui sont hors de l'Eglise, et nous voyons en sortir ua nombre considérable de ceux qui lui appartenaient, dont une proiommes sages et éclairés du dernier concile l’ävaient aussi prédit, mais dans son aäveuglement séculaire, la Curie romäine a passé outre. Tous les rouvérnement avaient aussi notifié la Jürie des mesurés et de l'attitude que son opiñiätreté les forcerait de prendre, mais rien d'a pu larrêter dans ses projets de domination temporelle.

Et qu'er estil résulté ? Tous les gouverlements des payscatholiques ont dû briser avec l'ultrarnontauisme, de fait sinon d:n8 tous les cas de parole ; et 8i quelques ‘ns d’entre eux ont un peu ädouci leur action, c'était par pure considération personnellé pour un vieillard häutement respectable par son caractère et ses malheurs, mais jui, mal conseillé par lés hommes aveudiée qui l'entourent, n’a subi que des désappoititements amers et des défaites multipliées pour avoir voulu arrêter l'hümanité sur la largé route de progrès qué là Providence lui a tracée.

Les flattéurs et les intéressés, ici et äilleurs, nous parlent sans cesse des victoires de Pie IX, mäis les gens sensés ne voient là qu'un pur abus des mots, ét surtout une fäussé représentätion leineméent préméditée. Des dé- Clarationé renouvellées de mois éh mois nidis rèpoussées partout, ne conistituent certainement pas des victoires.

Le d’dilleurs, de quoi le Päpe sé plaintil düfic daus chatüne dé ses allocütiohs? C’ést qué ceux qu'il appeile

vies méchants, » « les iuspirés de jen.

rtion très notable de prêtres. Les

fer,» l'emportent partout. Or C’est récessairement celui qui se plaint sur ce ton qui subit és défaites. On a sans doute la commode ressource de prédire qu’il se relèvera plus fort que jamais; mais ceux même qui se permettent ces prédictions savent bien qu'elièes ont d'effet que sur la foule ignoraute et façonnée de longue main à ne lire que les productions ultramontaines.

L'aveuglement semble donc devenu irrémédiable, et il est évident à qui veut voir que l'ou ést pleinement résolu à ce qu'il ne reste rien debout dans le ronde devant le parti clérical. Lois et codes, institutions et parléments, souverainetés nationales et libre arbitre individuel, tout coir subir l'idée ultranontaine ex céder le pas aux représentants de celui qui leur a si formellement défendu la domination en lout ordre d'idées. Aux disciples qui voulaient faire pumir une ville rebelle à leur prédication, il dit tout simplement: «Vous ne savez pds à quel esprit vous apparienez.» 1l leur refusait donc ie droit dé dominer les conssciences individuelles. Comment donc se fait-il qu'aucune parole du MAITRE n'a été aussi méprisée et persistariment vivlée par ceux qui prétendent äppliquer sa doctrine ?

Et quand l’apôtre St. Jacques disait :

« La loi du Christ est la loi parfaite de la liberté, » exprimait il mieux, oui ou non, le vrai esprit chrétien que le Pape actuel, qui écrivait le 15 juillet 1860 : « que c’est une autorité usurpitrice qui ose Rp qu Dieu a fait l’homme libre de ses opinions re libieuses.» Si les Disciples ne connais- Saient pas l'esprit auquel ils üpparteridient en voulant punir dés gens rebelles à leur prédication, ét 8i là loi du Christ est la loi parfaile de la liberté, pouvoñs-nous réellement regarder cette parole du Pape comme l’expression de la vérité? C'est donc tou simplemient une idée ulramontaine, mais ce n’est pas une idée chrétienne, Car énffn, d'uue personne à une autre, d’une intelligence à ute autre, il fe sahrait v avoir d'autie ra] as possible que la parole et Ia discussion.

C'est réint sur 1 a sans de pré- L que jase pernt bien la foule ue main IS ultra.

devenu it à qui nent ré- 1 debout ti clériet parnales et oi, subir pas aux nr à si nination ples qui rebelle simple- à quel ur refules consent doné || MAITRE rsistanitendent

S disait :

rfaite de , Oti Où que le 5 juillet usuürpi- Dieu a ions re | Connaisapparte-

ens reà loi du a liberté, régarder l'exprestous simine, Mais ne, \uhe atautre, il port pos- (Scussion.

Pour faire accepter une vérité, il ne faut pas seulement affirmer, mais il faut examiner, discuter et convaincre.

Et le seul résultat pos”ible de notre entretien, vous m'aflirmant uuc opinion et moi l’exarminant, c'est la conclusion : « Je suis convaincu» ou « je ne le suis p: .» Si je ne le suis pas, comme « la loi du Christ est la loi parfaite de la liberté,» vous n'avez pes le droit de m'imposer une opinion dont, dans ma cConscience—cette lumière intérieure que Dieu m'a donnée—je ne puis voir la rectitude, La violence pourra sans doute me faire taire, mais produira-t-elle jamais l'adhésion de l'esprit? Certainement non. On n’atteint pas l'esprit en torturant le corps et celui-là reste libre malgré les chaînes dont on charge celui-ci. Voilà ce qui montre qu? l'Eglise ne saurait être autre chose que la société libre et universelle des esprits ; et d’un esprit à une autre on ne conçoit pas la coerci’1on.

Voilà ce que l'ultramontanisme ie veu pas reconnaitre, mais ses prétentions viendront éternellement se briser devant la grande lecon donnée il y a dix-huit siècles: « Vous ne savez pas à quel esprit vous appartenez.» Cette ole condamne l'intolérance ; il ne ‘a donc jamais comprise, ou il Va méprisée, ce qui est bien autrement grave.

* Or s’il n’y a pas à sortir de l’idée de la liberté de l'esprit même dans la sphère religieuse, que sera-ce dans la sphère purement temporelle? C’est là surtout que les doctrines ultramon:taines sont fauëses à tous les points de vue. Leurs partisans en sont

arrivés à nier la liberté de l'individu

même dans le domaine purement s0cial ét politique! A quel esprit appartiennent-ils donc ? Jls ont osé dire que le catholique ne devait pas se former d'opinion politique sans consuller le pese et de là ils ont poussé leur mereilleuse logique JA soutenir qué le Parlement ne devait pas mène discuter up projet de loi qui lui serait soumis par les Evêques, mais le passer respectueusement Lel que présenté 11

Autant vaut déclarer de quite les Evé- | n° ques ati ek omnipolents,et fe

de la Législature l'instrumeut passif du pouvoir ecclésiastique. Etces xtravagances ultramontaines s'expriment journellement dans tous les organes du plus terrible despotisma qui ait jamais pesé sur le monde ! Et profondémrnt impie est célui qui ne se soumet pas d'esprit et de cœur à ces audacieux empiétements sur la raison et La consciénce publiques ! ! : Puisque l’on s’obstine à ne pas voir le précipice vers pe on marche les

culminant, je crois plus que jamais néressaire de maintenir énergique-

1h RS DE RE

à la piré épom* du moyen-àge qui, ‘‘epuis des siècles, se montre na 8 lument étranger aux pius simples

ui soit l’arbîtr: suprême des prinê Fes hotes

Page 1