‹ La grande guerre ecclésiastique [microforme]Chapitre 3 sur 38 · MONSEIGNEUR IGNACE BOURGET · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR IGNACE BOURGET

Eveque de Montreal

ou dans l£ cercle de laïcs qui l’approchent plus intimement, n'ose lui dire les choses telles qu'elles sont.

Ceux qui ont un peu sérieusement étudié la philosophie de l'histoire ecciésiastique savent qu'avec le Clergé, corps envanisseur par essence, Ce que toute J'histoire vrai: du Chritianisme démontre surabondamment, on ne doit jamais cesser de réclamer énergique.

nent les droits de la pensée humaine contre ceux qui sont forcément ses éternels ennemis de principe et d’instinci. Partout où l’on n’a pas défendu ces droits, la nullification graduelle de l'intelligence générale en a été la suite.

Qu'est devenu le génie littéraire du peuple romain sous la censure napale ?

Complètement anéanti depuis des siècles !!

Il viendra nécessairement un temps où ceux qui minsultent aujourd'hui par complaisance pour le Clergé et pour s’en faire bien accueillir, comprendront qu'en me posant comme obstacle — trop faible malheureusement mais honnêtement convaincu de la rectitude de mon point de vue,—aux envahisse.

ments incessants de l’ultramontanisme,

dont le caractère essen:iel est de ne pas

plus tenir compte de la conscience individuelle que de la dignité humaine dans le corps social comme chez le ciloyen, je fais tout simplement acte de patriotisme et de ioyale opposition à un grand danger public.

Enfin, et pour dernière considération réliminaire, je crois pouvoir dire à Ç G. que me proposant d'écrire un jour l'histoire de mon pays, il me fiadra de toute nécessité examiner au point de vue des faits généraux et des résultats sociaux et industriels, l'influence plus ou moins bienfaisante sur certains points, plus ou moins fâcheuse sur cerlains autres, que le clergé aura excercé sur le développement national et les destinées politiques de la race française en Canada, et sur son progrès intellectuel et moral, Et quoique V. G. ait cru pouvoir un jour m'adresser dans son propre salon l'injure touie gratuite que « j'étais un caractère faux, »— quand mes ennemis m'ont toujours reproché au contraire de ne pas mettre assez de formes daus l'expression de ma peusée,—je croirais manquer à la franchise que je me suis fait une lois stricte d'observer envers tous, si je ne lui communiquais pas aujourd'hui sous une forme condensée ce qu’il me faudra dire d’Elle et de ce que ie crois être ses erreurs de jugement et ses fautes pratiques quand Elle n’y sera plus de

.linforme seulement aujourd'hui que

je me propose de dresser un jour au meilleur de ma connaissance et de ma sincérité ce que j'appellerai /e bilan historique du Clergé en Canada, et je fournis par là à V. G. l’occasion de laisser ses instructions, si Elle le juge à propes, à ceux qui pourront plus tard se charger de sa défense.

On vient donc Mgr. de publier par parties et à grand renfort de réclame religieuse, ce livre d’assez longue haleine où l’on affirme à peu près en toutes lettres que Mgr. l'Archevèque de Québec et l'Evêque de St. Hyacinthe ont la douteuse habitude en pra:

tique ecclésiastique de céder beaucoup trop facilement à certaines suggestions qui leur viennent en droite ligne de l'empire des ténèbres et des grincements de dents ; où l’on explique très au long comment M. le Grand-Vicaire Cazeau, au moyen d’un mensonge qui lui a été mis sur les lèvres par le prince de l’enfer qui a reçu la mission spéciale de l'égarer, a fait commettre une lourde bévue à l’'Evèque de St. Hyacinthe; et

ten

où enfin l’on démontre presque mathé-

matiquement que e 20 au moins, a les prêtres de St. Sulpice n'ont pas eu ns d'autres inspirateurs que les démons je Bäal, Belzebuth, Leviathan, Astaroth, “ Baaiberith, Fume-Bouche, etc. ete. etc.

Tout cela est sans doute du plus su tro} prême ridicule, aussi mal pensé que W 1°?

pauvrement exprimé, pur style enfin de de sacristain doublé de bedeau ; mais D 2" je n’invente rien ici, ies choses sont là Fute en toute lettres. Et l'auteur du pam- D "€ phlet pousse ie génie de l'hypocrisie R * £* jusqu'à expliquer complaisamment que pe? ;

tous ces hommes étant de suints prêtres, il est du dernier naturel que le Diable les tente plus que le commun des

hommes pour les faire tomber, projet nes maudit dans lequel il a réussi au delà À j, qi de toute espérance, ce qui fait qu’ils M° se sont saints et prétres rebelies et indiscipli- & pur

ne

nés tout ensemble, c': que l’on ne sait trop, avec le simple bon sens laïc, comment concilier.

Les esprits un peu moins obtus que l'auteur de ce remarquable libelle ecclésiastique, en lisant d'un autre côté les assurances personnelles qu'il donne au public de la sainteté prééminente et parfaitement indubitable de V. G— au point qu'Elle y est représentée comme toujours entourée d’un chœurk d’anges chantant des concerts célestes au-dessus de sa tête chaque fois qu'Flle se met à son prie Dieu—les hommes de bons-sens enfin et beaucoup de fem. il mes d'esprit n’ont pu s'empêcher de” ° 4 faire en eux-mêmes cette remarque sil" P simple qui a couru plus d’un salon: | Ph

« Mais si deux Evêques, un Grand.# Vicaire et les Messieurs de St. Sulpice" sont si tentés parce qu'ils sont de sainisk ssl hommes, et tombent si bas quoiqu'il pu soient si saints, ne serait-il donc past ('E absolument possible que Mgr. de Mont-B°°S réal, ORNE plus saint qu'eux tous! pue puisqu'il a seul le monopole d’un chæur@e"" d'anges chantant au-dessus de sa tête 10 quand il prie, ait été tenté encore davantage, et ait conséquemment puk faire aussi quelque petite chûte? Com ment serait-il le seul que sa sainteté@æ ait préservée quand celle des autre non-seulement ne leur servait de rien.

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tentations {ui en ont fait les instru-|dre rétractation de ses insinuations ments aveugles des puissances infer- | méchantes et de ses insultes d’intennales ? Dans cet intelligent système, | tion et de fait contre «ses illustres et c'était clairement le plus saint qui|bien aimés coopérateurs dans le St. devait faire la plus terrible chûte ! 1» | ministère; » alors Mgr., le scandale a

Voilà, Mgr, comment: un homme | triplé d'importance, car on ne pouvait trop borné pour calculer la portée de ce | tirer de cette ordination d'autre inféqu'il dit; dont l'horizon moral ne lui | rence que V.G. donnait par là sa sancmontre que son idée incomplète et |tion cordiale au libelle et approuvait toute nue, et qui n'a pas assez de per- |le nouveau tonsuré d'avoir dit que

picacité pour apercevoir les écueils | deux de ses collègues dans l'épiscopat,

que lui prépare son entière inaptitude | un grand vicaire et les prêtres de St. à généraliser sa pensée et en saisir Les | Sulpice recevaient habituellement et points faibles, voilà dis-je, comment |sans y regarder de très près les sug-

le de V. G—$

cet homme compromet sottement sans | gestions des anges déchus.

y songer ceux qu'il s’imagine défendre.

Que V.G. veuille bien remarquer

que je ne parle pas ici en ennemi sur

Ne seruitce pas là Mgr. une mauière assez peu intelligente d'obtenir pour le Clergé ce respect presqu'idolâtrique que l’on

la question du Séminaire, Car je suis | exige pour ceux même de ses membres

d'avis qu'Elle avait raison en principe sur la division de la paroisse de Montréal, évidemment trop populeuse et

trop étendue pour uue seule desserte.

Mais quand on voit des élucubrations aussi inconvenantes que risibles recevoir la sanction de plusieurs prêtres de l'Evèché, qui ne faisaient nulle Aificulté de dire à droile et gauche qu'après tout ils ne voyaient rien que de

de l'inspiration des démons bénévolement acceptée par des dignitaires ecclésiastiques et des prêtres trop peu

sensés pour la distinguer des inspira-

ions de leurs bons anges—-il est diffiile que le peuple ne se demarde pas un peu ce que signifie un pareil enseignement religieux.

Peudant longtemps le public a douté que V.G. pût approuver un pareil écrit,

candaleux pour les autres ; éerit tout hargé de fiel et de haînes ecclésiastiues accumulées depuis trente ans, hais le tout couvert sous la phraséobuie hypocrite d'une charité de coulention; et l'on nw'attribuait qu'à sa haladie prolongée le fait que rien > paraissait pour séparer de ce bulle et de son lourd auteur la

vu, il y à quelques jours, V. G. conrer elle-même les ordres mineurs au belliste, et cela sans exiger la moin-

wrai dans la « Comédie Iufernale »—et | ce prai ce ne pouvait être que le fait |

burement inept pour les uns, mais très |

qui s'égarent au-delà des bornes ?

Eh bien, Mgr. je ne viens pas me mèler dans une querelle qui ne mme re garde pas, et dans laquelle j'ai observé sans surprise es mêmes exagérations de langage que j'ai remarquées déjà dans toutes les querelles entre ecclésiastiques qu'il m'a fallu lire on étudier ; je ne songe nullement à défendre le Séminaire qui peut très-bien se d4feudre sans moi, et qui choisirait probablement un autre avocat pour sa | cause ; je viens seulement, et en vue de l'avenir, prendre acte des faits de la querelle, de la manière dont elle est | conduite ; apprécier le tout au point de vue du simple bon sens laïc ; développer à V. G. les impressions de toute nature que ces conflits, couchés en termes si pen évangéliques mais souvent très ecclésiastiques, font naîtra chez nous ; et enfin faire contraster la inanière aussi acerbe qu'injuste dont V. G. m'a toujours traité avec la remarquable mansuétnde qu'Elle à montrée envers un nonmne qui vient de jeter le desnonneur à pleines pages sur des prètres que notre société avait

toujours crus respectables. S'ils ne le sont plus depuis vingt ans, ou s'ils ne l'ont jamais été, comment at-on pu oser faire si souvent leur éloge et nous

use de l’Evêché. Mais quand on|demander tant de respect pour des [Rommes que l'on vient subitement

nous peindre comme pires que Cain!

C'est fort cela, Mgr., entre prêtres que

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