‹ La grande guerreChapitre 11 sur 11 · ÉCLAIRCISSEMENTS · texte numérisé non relu

ÉCLAIRCISSEMENTS

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« Je vueil la ville repeupler de purs Anglois, » avait dit Édouard Iil lorsque, le 3 août 1 347 il fit son entrée à Calais. — Neuf jours seulement après cette cruelle parole. Calais était dépeuplée et le mandement suivant était adressé aux vicomtes et aux baillis de tous les comtés et des principales villes d'Angleterre :

— Rex Yicecomiti Kantiæ, salutem. Quia mullum insidct conli * nostro quoi! villa nostra de Caleys, quæ jam ad manus noslras, divinà favenle cleracnlià, per conqueslum devenit, victualibus ac aliis rébus cl bonis, venalibus et merraloriis, mnniatur, et per homines de regno nostro Angliæ celcriler inbahitetur et roboretur. Tibi præcipimus , Orniiter injungenles quod slalim visis præsentibus, tara in portubus et loris mari l i m is quam \ illis merraloriis et alibi in

ballivà lua, infra liberlalcs cl extra, ubi videris expedire, ex parle noslra publiée proclamari facias quod humilies de dictoregno noslro, tam roercatores quam alii, qui ad diclam villaiu de Cateys, cum victualibus, et aliis rebus, et bouis suis, venire voluerint, ibidem moraluri, ad camdcm villain cilra primum dicm septembris, proximô fulurum, accédant, et nos eis domos et placeas in eadem villa, pro inhabitationesua, pro rationabili Arcnlationc nobis indè facicnda (de qua reputabunt se coutcnlos) liberari et assignari, et cos libcrtatibus, privilegiis, et immunilatibus, ut ibidem cum familiis et rebus suis securè morari et inbabitarc valeant, muuiri fariamus. Teste custode prædicto apud Itcdyng, duodecimo die augusti. (1317).

(Rymcr, édit, de La Haye, tome lit, partie I, page ioj.

John Montgomery fut le premier capitaine anglais tic Calais. Nommé et installé le 8 octobre 1317, il remplit cette charge importante et toute de confiance pendant un peu moins de deux mois. John de Chivereston recueillit sa succession le I" décembre de la même année. Voici les lettres-patentes qui lui furent délivrées par Edouard III :

— Rcx, dilecto et lidcli suo, Johanni de Chivereston, salutem. Sciatis quod nos de circomspcclii fidclitalc vestrA plcnius confidentes, constituimus vos capitancum cl custodcm villæ noslræ Calesiæ, in regno nostro Francise quamdiu noslræ placucril voluntali ; Ita quod

— SGI —

vos villam prædictam , ail opus nostrum , salvo custodiatis et custodiri eliam faciatis, pro cuslodia ilia percipiendo juxta formam indenturæ inde inter nos et vos confeclæ. Ballivo et cnim villæ predictæ, ac omnibus aliis ministris nostris ibidem, ncc non universis et singulis habitaloribus villæ illius, ac in ea existentibus, et accedentibusadeamdem, damus, tenore præsenlium, in mandalis, cis niehilominus, sub forisfactura omnium, quæ nobis forisfarere polerunt, firmiter injungentes quod vobis, ac locum veslrum tcnenli ibidem, et deputatis a vobis in absenlia veslra, cum ad nos in Angliâ, scu alibi extra villam prædictam, ad mandatum nostrum , scu aliis causis nccessariis accedere vos contingat in omnibus quæ ad salvam et securam rustodiam dictæ villæ, tam de norlc quam de die, pertinent, intendentes sunt, consulcutcs et auxiliantes, quotiens et quando per vos, scu dictum locum vestrum tenentem, acdcpulatos a vobis ex parlé nostrâ fuerinl præmuniti : damus insuper vobis ac dictum locum vestrum tcnenli et deputatis a vobis, in absentià vestrA , sicut prædictum est, potestatem puniendi et castigandi vobis contrarios seu Rebelles, in hiis quæ ad salvationcm et defensionem dictæ villæ pertinent, prout de jure et rationabililer fucrit faciendum ; volumes tamen quod Rallivus noster villæ predictæ offlciura suum et alia quæ ad illud spectare noscuntur, facial et exequatur secundum forraam commissionis nostræ quam ci ûcri fecimus in hac parle : et quod prætextu præsentis commissiqnis nostræ, præfato Ballivo, aut olBcio suo, scu executioni ejusdem nullum fiat impedimentum ncc præjudicium aliqualc. — [n cujus... etc... — Teste Rege apud Wcstmonaslerium, primo die deccmbris (1347).

Uymer, édit, de La Haye, tome III, partie l, page 19)

Jean de Galesden, clievalier, qui avait été nommé

maréchal de la ville de Calais le même jour que John Montgomery en avait été nommé capitaine (Rymer, t. III, part. I, p. 22), avait conservé sa charge sous Jean de Chivercston. Ce dernier fut remplacé par Aimery de Pavie qui, à son tour, céda la place à John de Beauchamp ; Robert de Herlc, écuyer, succéda à Beauchamp, le 13 juin 1351 (lettres dans Rymer, t. III, part. I, p. 69), et resta à son poste jusqu’au 16 mars 1358, date de la nomination de Raoul de Fcrrcrs. (Ibidem, p. 164).

Le sauf-conduit que le roi d’Angleterre envoya à Philippe de Navarre est daté du 24 juin 1356 et il était valable jusqu’à la fête de Saint-Pierre-cs-Licns, c’est-àdire jusqu’au 1" août suivant. En voici la teneur :

— Rcx universis cl singulis Admirallis, etc., salulcm. — Sciatis (|uod cum illustris Plnlippus de Navarrâ, consanguineus noster, ex certis causis, ad nos in Angliam, de licentiâ nostrA, sit venturus, Nos, volcntcs sccurilati ipsius Philippi in hac parte providere susccpimus ipsum Pbilippum et omnes homines, équités et pcdilcs, quos secuni adducct , cujuscunquc condilionis fuerinl, ac cquos, hernesia, et bona sua quæeumque in dictum regnum noslrum Angliæ veniendo etc...., in cujus... etc..., usque ad feslum Sancli Pétri ad vincula

proximo fulurum durai uras. — Teste Regcapud Wcstmonasterium, viecsimo quarto die Junii.

(Rymer, t. III, part, i, p. 123).

Des lettres en tout semblables furent délivrées le même jour à Godefroy d'Harcourt.

— Sacenl loulz cl présentés et a venir que jco, Godefroy de llarocourl, visconlcs cl sires de Scynt-Sauvcor et sires de Dangovillc en Costenlyn , remembrant du lion et playn droit que mon tressovereigne scignor, Monsieur le roy de France et d’Englelerrc a à lacorone de France et duché de Normandie, voillc et promette, per ma foy et scrcmenl, audit Monsieur le roy obéissance, bornage et service, com à mon droit et tige scignor souverain de toute ma terre, que jeo tientzs et que a moi appartient en ladite duché. El d’abondant, moy racolant du bien et de la conservation de l’estât et honour que par ledit Monsieur le roy ont esté failz a ma personne en temps passe, et que jco espoir qu’il face en temps a venir, jco, de ma certcignc science, donne, quite cl relcssc à touz jours, héritablement au dit Monsieur le roy et II scs hoirs, toute ma dite terre et héritage en Normandie, ouc toutes appartenances et depcndences, après la fyn de ma vie, en case que je n’averoic heir ou heirs, issanlz de mon corps, necz et procréez en mariage, à tenir et posséder par ledit Monsieur le roi et ses heirs touz iriez dites terres et héritages en la mancrc desus dite, corne mon heir et por ent faire sonplesir et volunte ; et promette et jure, sur scynlz Ewangclesel

sur ma foy et mon scremcnt, a\oir cl tenir ferme et agréable, por tout temps a venir, toutes et les singulcres choses desus dites en la mancre desus dite, sanz aler ne venir, par mov ne par autre, jammes a nulle jour a lencontre, par quelque voie ou maner que ceo soit ou poet estre. — En lesmoigne de queu chose à restes présentés lettres j’ai fait mettre mon scal. — Donné à Seynt-Sauvcour le viseounte, le disolctisme jour de juyl, lan de grâce M,CCC, cynquante et sis.

(Rymer, t. I, port, l, p. lit.)

Godefroy présenta cet aveu au Roi d’Angleterre, à \Vcslminstcr, et Edouard en l’acceptant, le 1" août, déclara qu’il prenait Godefroy d'Harcourt, sa famille et scs biens sous sa protection et sauvegarde ; il fit aussitôt acte de suzeraineté et nomma, le jour môme (1er août), Pierre Pigace, seigneur de Tourlaville « juge et gouverneur » des héritages pour lesquels d’Harcourt venait de lui faire hommage.

(Rymer, t. I, part. 1, p. 144-125).

Godefroy d’Harcourt s’était spontanément déclaré le vassal d’Édouard III : Philippe de Navarre n’avait rien promis, mais le roi eut l’adresse de l’enchaîner à sa cause par un traité dont nous ne reproduisons que les

principales clauses, à cause de la longueur de cette pièce que Rymer (l. I, part, i, p. 128-129) a inséré toute entière dans son immense recueil.

— ...Jco devientz votre home lige des terres que vous m’avez done a conquere en Normandie, jusques à la value de sessante mille escutz de rente par an, et vous en fase bornage lige comme à

roy de France cl duc de Normandie Et ledit roy Edward ad

oltroié et promis à la requestc du dit Monsieur Phclip, son cousyn, que en cas que il purroit avoir victoire finale contre son adversaire qi se dit roi de France, ou déliverer par forte mayn le Roy de Navarre, qi son dit adversaire tient pris, il serra permy ce frank et délivers de tout : Et, en cas que lo dit roy Edward ferra pecs, tricues, abstinences, ou aucune autre acorl ovesque son dit adversaire, le dit Monsieur Phclip et toutes scs gentz et cidanlz en la querelc du dit roy Edward et de lui , y sceront touz jours et en tout compris : Et outre si le dit roy Edward , au plesir de Dieu, viegne a la conqucstc de la corone et du ruialmc de France , semblablement serra fait restitution et deliverance au dit Monsieur Phelip et a ses genz, cidantz et confortantz, de toutes lour terres, villes, chasteux et autres possessions, esleantz en roialmc de France, corne desus est dit. Et le dit roi Edward otlroic cl donne audit Monsieur Phelip toutes les terres, rentes, villes et chastcux qu’il purra conquere en Normandie, jusques à la value de sessante mille cscutz de rente par an, au pris ancien, à countcr l’cscu pur qaranlc deniers eslcrlings, a tenir par le dit Monsieur Phelip a héritage du roy Edward et de ses successours rois de France cl ducs de Normandie, par homages et par les services ont ducs et accustumcs ; except que si, en fesant la dite conquest, le dit M. Phelip prenoit ou conquérait aucunes villes, chastcux, terres ou lieux que soient du demesnc du duc de

Normandie el qui a la ducliic appartcnoienl au temps du roi l’hehp la Bel, ou depuis, il serra lenuz de les rendre au dit Itoi Edward

sans contredit, quant il en serra requis Donn. à Claryndon , le

quart jour de septembre, lan de grâce MCCCLVI.

La victoire de Poitiers ne fit que rendre plus étroite encore cette alliance offensive et défensive, et, par lettres-patentes du 13 octobre suivant (1356), Edouard institua Philippe son lieutenant dans tout le duché de Normandie (Rymer, t. 1, part, t, p. 131).

Sir James Touchct, baron Audley, appartenait à l’une des plus anciennes maisons de Normandie, dont la filiation est authentiquement prouvée dès le x' siècle, cl qui eut pour premier auteur un des compagnons de Rollon. Tandis que la branche ainée restait en Normandie, dans ses seigneuries de Notrc-Dame-de-Touchct et de Bcneauville, un cadet suivit Guillaume le Bâtard à la conquête de l’Angleterre, s’y fixa et fut la souche des Touchct, Barons Audley, qui y possédèrent de grandes charges, et dont le dernier représentant mâle, John Touchct, baron Audley cl comte de Casllchavcn, mourut sans enfants, en avril 1777. Sa sœur, Lady Mary, qui avait épousé, le

10 novembre 1749, le capitaine Philipp Thicknesse, transmit alors à son mari la pairie dont elle était l'héritière, et leurs enfants relevèrent le nom de leur mère en le faisant précéder du nom de leur père. Us s’appelèrent Thicknesse-Touchet, barons Audlcy. Leurs descendants habitent encore l’Angleterre. — Quant à la branche française, distinguée par un grand nombre de belles alliances et de grandes charges militaires, elle n’a cessé de résider assiduement en Normandie. Ses représentants actuels habitent la Normandie et le département de la Somme. La branche anglaise avait quitté les armes de la famille, d’azur à (rois mains d’argent, pour porter d'I termines au chevron de gueules, mais elle en avait conservé le cimier, un cygne d’argent essorant d’une couronne ducale et portant sur la tête une couronne de même.

(The Peerage of Euglaud by Arthur Collins, vol. 6, p, 301-309. — Peerage and baronetagp of the British Empire , by sir Bernard Burke au mot Audley. — Généa). de la maison de Touche!, par Gilles-André de la Roque, Caen, 1054, in-folio).

— Rev, omnibus ad quos, etc., salulcm. — Sriatis quod, de gratis nostrà spcciali, conccssimus pro nobis et hxredibus noslris, dileclo cl fideli nostro Jarobo d’Audcley de Ilelegli, quod ipse ad

lolam vilain suam, quietus sit de veniendu ad parliamenta el concilia nostra el bærediim nostrum, ac etiam ad congregationcs magnatum et procerum, ad mandata nostra vel bxredum nostrorum .

ubicumque farienda Conccssimus insuper, pro nobis.et hærcdi-

bus nostris, præfato Jacobo quod ipse, loto tempore vilæ suæ, ad laborandum de guerrà, in servitiis nostris vel hæredum nostrorum seu ad homines ad arma, hobclarios, vel sagittarios in hujusmodi servitiis ex mine inveniendum, extra regmim nostrum Angliæ, nisi cum regale servitium nostrum aut hæredum nostrorum, summouitum

fuerit, contra voluutatem suam nullalenus rompellatur in cujus,

etc... teste rege apud Wcstmonasterium, viccsimodie aprilis (1333).

(Rynier, l. III, port. I, p. 85-80).

Denis tic Suint-Omcr, sire de Morbecque, était un cadet de cette grande maison qui reconnaissait pour auteur Iloston , châtelain de Saint-Omer et comte de Fauquembergues, en 1050, et qui portait d’asur à la fasce d'or. Comme puîné, Denis brisait ces armes d’un lambel de gueules. Peu de temps apres la bataille de Poitiers, il fut nommé officier de l'hôtel du prince de Galles, et il mourut bientôt après des suites de ses blessures. La dernière de cette noble famille, Jeanne de Saint-Omer, épousa le 31 juillet 1377 Louis de Montmorency, seigneur de Jleuvry, et lui apporta les seigneuries de Morbecque

et de Robecque, érigées l’une en marquisat, l'autre en principauté, pour la maison de Montmorency.

(Armorial de France de la (lu du xive siècle, pub. par M. Douel-d’Arcq, p. 82. — Dict. de la Noblesse, par La Chesnaye-Desbois, géu. de Montmorency. — Vies des Grands Capitaines, par M. Mazas, t. lit, p. 147.

Voici le texte des lettres qui lui furent délivrées par le roi d’Angleterre pour constater le triste honneur qu’il avait eu, de faire prisonnier son roi :

— Le roi à tous ceux qui restes lettres verront ou orront, salut. Savoir vous faisons que nostre adversaire de France ad overlemenl reconnu que, le jour de la bataille de Poyticrs, il se rendy à noslrc bien améebachilcr, Denys de Morheke, et luy donna sa foy et fist à luy tout ce que leial prisonnier doit faire à son maislrc en lieu cas. Dont ledit Denys qui lors esloit avecques nous cl demoure à noslrc partie, rendy le corps de nostre dit adversaire et délivra en garde à nostre très chier aisnez fils, Edward prince de Gales, adonques cbevelcin de nostre houst en celle journée, corne il esloit tenuz de sa léalté et par la loy d’armes ; cl puis après que ledit Denys estoit venuz à nostre présancc, purement, franchement, et de sa gréable volonté, il nous rendy et donna et aussi transporta en nous tout le droit, claitn et demande qu’il avoit et avoir pooit en la personne de nostre dit adversaire par la susdictc cause, rienz en se reservant à luy, et à ce rendy et reslably à nostre dit adversaire sa foy, et lui ent quita de tout ce qua lui partiengnoit ou pouit demander, par la cause susdite, en condicion que nostre dit adversaire se rendroità

nous loial prisonner ; cl sour ce nous en donnast sa foy, comme il avoit fait audit Dcnys, le susdit jour de la bataille. Et toutes ceslcs choses noslre dit bachilcr ad fait, en gardant bien son honcur et sa léalté, et comme il cstoit tenuz par la loy d’armes, et ce franchement, el sans aucune convenance, et pour le regard covcnable ent à lui faire à noslre volentc. — Donné en noslre palays à Weslmonticr, le xv* jour de décembre (1357).

(ltymer, t. 111, part, i, p. 161.)

— Edwardus, illustris regis Angliæ et Franciæ primogenilus, princeps Walliæ, dux Cornubiæ et cornes Cestriæ , omnibus ad quos présentes litteræ pervenerint, salutcm. — Scialis quod nos pro bono et gratuito servitio quod dilectus et lidelis noster Johannes Chandos, miles, nobis in partibus Vasconiæ impendit et præcipuè in Bcllo de Poyters, dedimus cl concessiraus eidem Johanni duas parles Manerii nostri de Kirkcton in I.ynde seyc, cum pertinentiis, exceptis feodum militum. babendas et tenendas eidem Jobanni ad totam vilam suam, reddeudo indi nobis cl hærodibus nostris per annum unam rosam rubeam ad festum Nativitatis Sancti Johannis Baptistæ, pro omnibus servitiis, exartionibus et demandis; ita quod, posl deeessum dicli Johannis, dictæ duæ partes manerii prædicti, cum pertinentiis, nobis cl hærcdibus nostris intégré revcrtaulur. Et nos, prædictus Edwardus et hærcdes nostri , dictas duas partes manerii antedicti , cum pertinentiis (exceptis feodis militum prædictis) præfato Johanni ad totam vitam suam contra omnes gentes waranlizabimus et defeudemus. In cujus rei tesliraonium bas lileras nostras ûeri fecimus patentes. dat. suh sigillo privato noslro Londonix, quinto dccimo die

novcmbris, amio rcgni carissimi Domiui nostri Palris et Regis Angliæ, (ricesimo, et Francia* decimo scptimo (1356).

(Rymer, t. 111, part. I, p. 131.)

— Edward, etc... fâchiez corne monsire Jobande Graylan, captan de Buch, monsire Eslicnnc Daex, Menançon de Casans, Arnaud- Gnill. de Puy-Lonau, Roman Arronstauh, Arnaud du Puy, Pierre de Casans, eussent cl lenisscnt comme lour prison de ccste hatailhc de Poitiers monsire Jaques de Bourbon, comte de Pontif, si avons nous eu et acalé de eux et auxi eux nous ont vendu cl transporté tout droit et toute action, que eux ou aucun de eux conjunclcmcnt ou diviscemcnt eussent, ou peussent et deussent avoir, par droit d’armes, en le dit monsire Jaques de Bourbon, lour prison ; ce pour le luer et pris de vint et cinq mille escuzt d’or vieux, les quieux avons promis de paier a eux ou a leurs hoirs en la cité de Bourdcaulx, a deux termes enssuians, ccst assavoir, les doize mille et cinq ccnlz ou leur value en oitre monoiedenz la Teste sainct Michicl plus prochain venant, et les autres doize mille et cinq centz à l’autre Teste de sainct

Michicl amprès plus prochain essuiaul etc Donne à Bour-

deaulx, le xn* jour de Tevruer, lau de grâce MCCCLVII (1357).

(Rymer, 1. 111, part, t, p. 133.)

— Rcx omnibus ad quos, etc... salutem. Scialis quod cum dilcctusnohis Roberlus de Clynlon, quarlam parlent rcdcmplionis Arcbie-

piscopi Cenomensis, prisonarii nupcr in belle apud Poytiers habilo, eapti, ad ipsum Roberlum pertiuenlem, nobis pro mille libris vendiderit ; nos in recoropensationem quadringentarum marcarum quas idem Robertus de dictis mille libris nobis remisit, dedimus et concessimus eidem Roberlo Mancria de Kildroght et Kilmacridok cum pertinentiis, in comitatu de Kildare, et Manerium de Lynekan ac quoddam Molendinum vocatum Loterelcs Myll , cum pertinentiis suis in comitatu Dublinix, quæ fuerunt Tbomæ de Rokeby l’uncle, nupcr justiciavii noslri niberriiæ et quæ in manu nostra ex ccrtis causis existant, habenda cum omnibus molendinis, columbariis, ouuicuiariis, piscariis, bcscis, gurgilibus, terris, redditibus, servitiis, villenagiis, pratis, moris, pasluris, proficuis, curiis, et omnibus aliis

ad Mancria ilia spcctantibus lia quod, post mortem ejusdem

Roberli Mancria ilia, cum pertinentiis, ad nos et hærcdes nostros

intégré reverlantur — Teste Regc apud Westmonaslcrium, sexto

die julii (1358).

(Rymer, t. III, part, i, p. 169.

Nous empruntons au travail si consciencieux de M. Harris Nicholas, sur la bataille d’Azincourt, le passage suivant relatif aux bijoux engagés par Henri V pour pouvoir solder ses hommes d'armes :

« À l’abbaye de Westminster la ronronne du roi Richard, (clic tut rachetée par Henri VI) à savoir : un cercle d’or, garni de 50 rubis balais, de 40 saphirs, de 8 diamants et de 7 grosses perles.

« A Thomas Pevercl, baron de Worcesler, à Richard Oosbv, prieur de Coventry, au maire el à la commune de la ville cl à William Wallam, un grand collier que le roi portait quand il était prince de Galles, garni de 4 rubis, de 4 grands saphirs, de 32 grenats et de 43 perles. #

« A John Chislcrn et Walter Cook, clercs, deux bassins d’or, relevés en bosse, ornés d’écussons. Au milieu de ces bassins sont les armes de saint Georges, et tout autour, celles de saint Edouard et de saint Edmond, de l’Empereur, d’Angleterre, de France, de la principauté de Galles et du duché de Guyenne. »

« A John Hecnd, aldcrman de Londres, un plat d'or, appelé « le plat d’Espagne , » orné de 33 rubis balais, de 4 saphirs, de 15 grandes émeraudes, de 300 émeraudes plus petites, et de 300 petites perles. »

« Aux doyen et chapitre d’Exeler, un grand tabernacle d’argent doré, provenant du duc de Bourgogne, garni de 30 rubis balais, de 32 saphirs, et de 137 perles. »

» Au lord-maire de Londres, un collier appelé « pusan d’or » composé d’antilopes (qui étaient la devise du roi Richard II), enrichies do diverses pierres précieuses. »

« La couronne Henri fut brisée et ses morceaux dispersés furent donnés en gage à plusieurs seigneurs . — Sir John Colvyl reçut une grande fleur de lys, ornée de 2 rubis balais, de 3 grands saphirs et de 10 grandes perles. — John Pudsey, écuyer, eut un fleuron garni de 2 saphirs, d’un rubis et de 6 perles. — Maurice Brune cul un fleuron semblable, ainsi que John Saundish. »

« A Edouard, duc d’Yorck, un grand plat d’or, appelé <r le Tigre. » fait en forme de navire soutenu par un ours, le tout orné de 19 rubis, de 12 grandes el de 40 petites perles. »

« A Thomas Montagu, comte de Salisbury, un grand vaisseau

d’argent doré portant douze hommes d’armes combattant, et une tour à chaque extrémité. »

a Au même, deux chandeliers d’or. »

a A Robert Chatons, chevalier, une coupe d’or, 2 pots de vermeil et 1 petit vaisseau de vermeil. °

« A sir Ralph Shirlcy, une paix d’or émaillé, 1 crucifix et 2 statues de la Vierge et de saint Jean. »

« Au même, un petit miroir d’or, garni de 3 rubis, de 9 perles pendant à une chaîne d’or, et portant sur une de scs faces une représentation émaillée do la salutation angélique : — une crosse d’or, garnie de 4 rubis, de 6 saphirs et de 40 perles. »

« A John Irhy, un tableau d’or portant l’image du Christ, avec 4 rubis, 11 grosses perles et 1 superbe saphir. »

« A sir Thomas Dulton, un tableau d’or représentant la Sainte- Trinité, à scs pieds la sainte Vierge et en bas les trois Rois-Mages ; le tout enrichi de 36 grosses perles. »

« A sir Thomas Ilanlcy, une paire d’éperons d’or avec des lanières rouges ; une aiguière de vermeil garnie de corail. » a A sir John RadclyfTc, un reliquaire en forme de tableau, entouré de 6 rubis, 6 saphirs, 12 grosses et 12 petites perles. » a A sir William Porter, une coupe en or. » a A John Attilbrigg, huissier de la verge noire, un camail de velours pourpre, garni d’or ; un grand anneau d’or sur lequel sont gravés ces mots : en un tans plus ; 2 chapelets d’or, chacun de 12 douzaines. »

» A un écuyer nommé Brut et à un autre écuyer, nommé William Brancspathe, une crosse d'or, émaillée de vert, et ornée de 33 perles ; une coupe. »

« A John Pilkington cl à William Bradsbaw,un petit tableau d’or

représentant les armes de France et d’Angleterre ; une cbatnc d’or, alternativement composée de lettres et de couronnes. »

« A John Durwardc, un tabernacle d’or, dans lequel est une image de la Vierge assise sur le gazon, avec Adam et Éve à ses côtés et 4 anges aux 4 coins : sur le tabernacle est un crucifix et une église : le tout est garni de 3 rubis, 3 diamants, 4 rubis balais, 3 saphirs, 70 grosses et 40 petites perles. *

« A John ClyfT, un des ménestrels du roi, un pupitre de vermeil, porté sur 4 pieds ; 2 aiguières de vermeil, l’une d’elle émaillée aux armes de France et d’Angleterre; un reliquaire en forme de tableau supporté par deux lions. •>

(The battit; of Agincouii, by Harris Ni cholas, p. *6-53. — Il n emprunté ces détails au *' vol. «le Rymer.)

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