‹ La grande italienne Mathilde de ToscaneChapitre 44 sur 46 · I.A (îBAM>K ITALIENNE · texte numérisé non relu

I.A (îBAM>K ITALIENNE

Malliildc, dil .Mwnlori, qui' nous traduisons , sut é.lctidro sa puissance de lelle façon qu'elle s'élail rendue maîtresse île presque toule l'Italie. L'auteur anonyme de la Vie de Henri I V s'exprime ainsi :

L'Empereur repassa les monts, lassant en Italie son Bis Conrad, son héritier, |iour résister a In virtnrieusc Matlnldc. qui possédait presque tonte l'Italie ; il s'agissait d'enlever à uue femme rc royaume.

En effet, autant qu'il est possible de le constater, à celte époque (le l'Iiisloire, pleine de tem'lires m point de vue des délimitations séofirapliiqucs , nul prince Malien n'avait encore réuni de si vastes Étals : la puissance de Mnlliilde s'étendait sur l'antique Etrurie. l'Ombrie. In daule cispadane et une partie de la (larde transpadanc. Elle régnai I depuis les portes de Rome, depuis le royaume de Naples jusqu'au pied des Alpes du Tyrol : les Étais de l'Église ciaieul reduils à un petit nnmlire de villes, telles que Viterbe, Ostie.

Mntliilde possédait le duché de Spolète. la Marche d'Anrûne, la Toscane, le Parmesan, le Modeuais, le Crémonaîs, le Ferrarais, le marquisat de Ligurie qui renaît loucher à la Franco; il est à croire qu'elle avait aussi la Corse el la Sardaigne. car on voit que \\ elplie d'Esté VI. frère de Henri le Superlie, qui reçut en 1 133, de son neveu Fi'eilt-ric llaihcmusse. l'investiture de la Marche de Toscane, et en même temps celle îles liïens allodiauv de \latliilde el du duché de Spolèlc; on voit, disons-nous, que \v clphe. dans la lettre qu'il écrit au roi Louis le Jeune pour le remercier des services qu'il avail rendus au pape Uevnndro 11F, se donner les litres de: Welphe, par la grâce de Dieu, duc de Spolète, marquis de Toscane, prince de Corse et de .Sardaigne. et maître île Imite la maison de la comtesse Mnlliilde (r! (laminas latins Dumas comilissie Mothililh). [Oriyin. Guelph.. t. Il, p. OIO.)

Malhiliic, avail, eu outre, des possessions en Lorraine du chef de sa mère; car en 108(1, dit Alliùric, moine de Trois- Funlaines, elle lionna à l'évc.que de Verdun l'abbaye des moines de Guise.

APPENDICE

Les possessions île Malliildi' comprenaient donc les Ëlnts connus de nos jours sous le nom de grand-duché di' Toscane, duchés île MrnU'-iw, de T'arme fil de Plaisance, de Lucqucs; du royaume de Sardaignc; elle avait le duché de Gènes et le comté de Nice. A l'exception de la présidence de Rome, des délégations de Rieli, de Vilcrhc, de Ki'ozinonr et de Cilla-Veeehia, elle élait maîtresse de tons les États pontificaux actuels; de la I.nmbardic autrichienne, elle avait les provinces de Crème, de Crémone, de Miinloue.

Après la morl de Malhilde, les dissensions el les guerres qui éclatèrent entre les Papes et l'Empire, an sujet de sa succession, l'avorish enl les enlalivcs des villes, qui profitèrent (le ces divisions pour s'ériger eu républiques, ou tout au inoins pour se donner un gouvernement indépendant sous la domination de seigneurs.

I! esl à remarquer que les besoins des empereurs, dans leurs guerres avec le Sainl-Siége, les foirèrent de vendre la liberlé aux villes, et qu'ils empêchaient ainsi les papes d'acquérir des cités qu'un jour ou l'autre ils espéraient faire rentrer sous leur domination.

Après la mort de Malhilde, nous dit l'Art île rrrificr les dales, la Toscane cessa d'avoir des ducs, parée que ta ville de Lucques commença à se gouverner par elle-même, el que c'était proprement à cette ville qu'apparl cirait le titre de comtfi-duebé. Pise se rendit pareillement indépen-

que des gouverneurs amovibles de la Toscane, sons le nom de président un marquis. Florence, qui avait toujours été dévouée à Matliikle, s'érigea en république en

1267; ci 1 gouvernement, longtemps livré aux dissensions des Guelfes et des Gibelins et a ses factions intérieures, dura jusqu'en 1")3I . époque où Alexandre de Médicis s'empara du pouvoir et devint duc de Toscane.

l'arme et Plaisance profitèrent aussi des discordes des papes et des empereurs pour s'ériger en république; elles furent en guerres continuelles cl livrées à l'ambition îles seigneurs. Ces villes passèrent, en (313, sous l'obéissance des papes. En 1534, Alexandre Farnése fut élu pape, sons le nom de Paul 111. Il avait, eu divers enfants d'un concubinage dans si jeunesse, entre autres un fils, Pierre Farnése, qu'il créa d'abord Meneur de Nepi cl de

échange de ces domaines Parme et Plaisance qu'il érigea

En 1731 ces duchés passèrent à l'Espagne, puis à l'Autriche, et revinrent enfin à Oiailrs-Loni-, due deLuequcs, issu des dues de Panne.

Ferrure, Modène et lleggio, après avoir été possédées par les marquis de Toscane, se trouvant disputées entre les papes et les empereurs, depuis la morl de la comtesse Matbilde, s'étaient mises en liberté, comme la plupart des autres villes d'Italie. Ferrure fui d'abord gouvernée par des podestats, puis des seigneurs lie la maison de Tnrellï y dominèrent; enfin eeux de In maison d'Esté y devinrent perpétuels, ainsi qu'a Mndcnc et lleggio.

Les papes ne parvinrent pas immédiatement à recueillir cette part de la succession de Malliildc qui constitue les Étals pontificaux actuels; ce ne fut qu'en iôi'.i, après avoir passé par toutes les vicissitudes qui ont affligé les républiques italiennes, que Bologne se soumit volontairement a Jules H. Aucone fui réuni aux Étals romains en 1Ô32,

198, RaTennc, qu

ir été soumises a lu domiiiatii>n de divers sei illes lonibéruut sous la puissance tic l'Autriche, étendant héritière des droits de l'ancien Empire

des villes qui promirent des divisions du sace. l'Empire pour se mettre en liberté; niais elle changer de inaitrcs. Les querelles d'ambition principales ramilles tic Mantoue donnèrent oc

plu

son petil-lils, s'en empara

1328, par Loui* de h ;*hik;i^ih-, oui lut reconnu seigneur de Mantoue. Jean-François fui, en 1407, le premier marquis deManioue, et en loi», Frédéric H le.preinier duc; ce fut sous Charles IV, qui avait pris parti pour Louis XIV,

qu'après les revers éprouvés par ce dernier, l'Empereur s'empara île Mnntoue.

On pourra consulter pour les iiosscs^îiiiià de Mattnlde. : La balle d'Honoré III. Litlera: Doniiui Papa; llouorii 1LL

de récupérât in lie ci il n uni m el tmarimi Garnit issa> llathildis, anno 1221 .

MuilATOnt. .■1ntl<iaHat?s llatiar. oiedii .Tri. Mcdiolani, I73H-

1743, (i vol. in-Fol.

DtuertaUo quint a, tome I du mémo ouvrage.

Délit antlckUà Estense ed IlaHane. Mo-elena, 1717-4%

2 vol. in-fol.

Dhtrrtasiani soprn le «iitirlùtii Italiune. .Milano, 1731.

3 vol. în-4*.

/,' <rt de vérifier les dotes, tome III.

Tous les biographes de llndiilde. dp.

J'ai pensé qu'il sei'atl inlri cssml de n'unir ici les divers

jugements portés par les historiens el les ailleurs nui uni eu ii parler de la eoinlesse Malliildr. On y verra, non sans surprise, il quel point sa vie est ignorée de ceux-là même i[ue ces sorles d'études eolieenieul spéeialemeiit.

Commençons par le doele liajle. Hou [tortionnaire historique et critique ne eonlienl pas d'article Mathii.ue; mais voici ee qu'on lil sur la grande Comtesse à l'article GheoOire VII. Le caractère de Mathlldo s'y trouve aussi bizarrement travesti que les vieux testes du temps, que Bayle prétend traduire littéralement.

n Le pape le plus pacifique el k plus universellement aimé

DiaiEized b/Co

APPENÎUC K.

n'eiU pu échapper les traits de la médisançe, s'il eût eu avec uitf dame les liaisons Ires-ciniiles qn'l lilileluand eut aver Mathilde. Jugez si un pape aussi violonl que celui-ci, et qui s'etoit Fait taiit

d'ennemis, pou m il éviter d'être dilii par I "jil I ar! ic ment rte i-

pioque qui étoit cuire lui el relie comlcsso. Servons-nous encore un coup des proies d'un jrmili- qui ni' sçaurnieul être suspectées dans cette circonstance (1);

» La comtesse Mathildc se trouvant alors toute seule et val-

■ tresse absolue, de ses Étala, parce que la duchesse Béutri*, sa

i mère, mourut presque aussitôt qu'un cul appris la mort de Gu- « det'roy, elle s'atlacha plus fortement encore qu'elle u'avuil fait ti auparavant à suivre les conseils de luv^iirc. qu'elle rendit tout .1 à l'ait maître dt! son esprit, de sa conduite et de ses biens. En « effet, suivant la coutume de cet bonnet décalet, qui croio ratent i/ite Imit fût iimla jmitr *■/>•'* «' on ètoîytuiit le direc-

ii leur, auquel elles ont quelquefois un peu trop Rattachement, e elle fit tout ce qu'elle put pour ne pas le perdre de vue. F.lle le

■ suivait assidûment partout , elle lui reudoit mille petits soins u et mille sert ires avec une inoi">a]ilc ali'cclion, r'.llo n'agissoit « que selon ses ordres qu'elle c\ccutnit avec une merveilleuse « exactitude; et quoiqu'elle fut la plus grande princesse de l'itau lie. ello préférait néanmoins ii celle qualilo celle de su très- - humble sériante et de sa elière lille, en le considérant et le k Imitant comme son père et connue son maitre, avec beaucoup

■ de respect à la vérité, de ïèle et de dévotion, mais peut-être « aussi avec un peu moins de prudence el de dévoliun qu'elle ne a ledevnit, si on l'ose dire, sans rien diminuer de l'honneur u qu'on d ni t rendro à la mémoire d'une si illuslre princesse.

• Car enfin les partisans de l'kmpereiir et les ennemis de Gré-

■ go ire, el surtout les ecclésiastique» d' vllcinagno, au\quels il

• vnulnit ahsnlumeii! qu'un ôlà! les femmes qu'ils avoieul impu-

« déminent épousées tri: les plus saintes lois de l'Église, pri-

« rem de cola même l'oecasion de se déchaîner contre lui d'une «étrange manière, de l'accuser d'une trop grande privante avec o cette comtesse, et d'en publier les choses du monde les plus

n fâcheuses et les plus indignes d'aucune sorte de créance , n comme clan! tout à fait contraires à la vérité cl ii la vert» re- «connue de l'un et de l'autre...*

tre de tettn école historique ; voici de quelle fitçnn il traduit à son tour. (Unis sa laïque moqueuse cl Ictère. Ha vit*

o ... La moitié ilr I' Ulemaene eiait smilevre contre Henri IV; la grande-dtiches^e-cnmte-si' Malliildc, sa cousine germaine, plus puissante ijuc lui en 1 1 ri I i i- . était son ennemie mortelle. Elle possédait, soil onoime fiefs de 1'Knipirc, soit comme nllodiauv tout !e dtii li*- de Toscane, le Crémonais, le Kerrarais. le Mautouan, ]e Parmesan, une partie de la Marche d'\i)ciine, P.cggio. .Modem*. Spolète, Vérone; et elle avilit des droits, c'est-à-dire (les prétentions, suc les dnl\ liour^omies, La chancellerie ini|iérialc revendiquait ces terres, selon sou tisane de tout revendiquer.

• Avouons i|ue Grégoire aurait clé un imhécilc s'il n'avait pas employé le profane et le sacre [mur gouverner cette princesse cl pour s'en faire un appui contre les Allemands. [| devint son di-

• Je n'examine pa-, s'il fui en elïet mu amant, ou s'il feignit de l'être, ou si ses ennemis teignirent qu'il l'était, ou si. dans ses moments d'oisiveté, ce petit homme très-pétulant et très-vil ,1 h n sa quelquefois de sa pénitente, qui était femme, faible, et capricieuse : rien n'est plus omimun dans l'outre des choses humaines. Mais comme d'ordinaire on n'en tient point registre; romme on ne prend pas de témoins pour ces petites privautés de directeur et de dirigées; comme ci' rcuiwhc n'a été tait S Grégoire que par ses ennemis, nous ne devons pas prendre ici une accusation pour une preuve : e'esl liien assez que Grégoire ait prétendu à tous les liions de sa pénitente, sans assurer qu'il prétendit enenre à sa personne. » [tJirlii.nimiiv /Jiilosiyi/ti/jur. art. Giéooihe VII.)

Voilà sons quel jour Voltaire, au fond de son persiflage

historique, nous montre la grande Italienne : nue. dévole en oraison, toujours enfermée dans un confessionnal.

Le spirituel historien qui réduit Malbiide h si peu de chose, la présente ailleurs {Annales d'Italie, (077) comme

les empereurs et les papes, qui nul si longtemps, ilésulé. LllaKe. »

On voit que pour Voltaire il n'existait pas de question italienne; l'Italie et sa nationalité ne pesaient pas plus pour lui que la Pologne, donl le partage ne lut suggéra que des moqueries.

Un historien plus grave cl plus consciencieux , Sis-

tliondi , trop imliu des préjugés, lie la même école, tout

Malhilde, porte sur elle un jugement étroit ef faux, el lui

accorde à peine les quelque 1 un sniv unies, dans sou Histoire des Républiques italiennes :

■ Tandis que les papes trouvaient toujours dans I» cour de lietiri dos ambitieux prêts à les servir ot des fanatiques prêts à les croire, les ludions s'indiquaient ilujoiiq douteux qu'on voulait imposer au chef de l'Ktat; et l'ardeur qu'ils niellaient à le défendre aurait assuré son triomphe, si une femme, la fumeuse comtesse llntliilde. n'avait, justement à celle époque, réuni l'immense héritage des aurions marquis do Toscane à celui de lil maison de Canossa, (il si /'rime île cette hémiiie du moyen fige n'aniit été formée lie toute l'tireiigle .'ii/u'rttithin de son xe.re. et de tout le coura.îo, do loiile la vigueur et de la eonstaneo qui d'ordinaire sont réservés au sexe masinlin. Ce fut par In mort de Godofroi de Lorraine, marquis de Toscane, en 1070. cl par celle do liéatrix. sa femme, en lllïli. que Mathildo, tille du premier lit, de la dernière, devint souveraine du fief le plus vaste qui eill encore existé en Italie.

o Tonte l'existence de Mathilde n'eut qu'un but. l'exaltation du Saint-Sicpe; elle consai ra ses forces ù servir les papes pendant sa vie. el lorsqu'elle mourut, elle légua «es biens à la chaire

LA GRANDE ITAUENiNb

de saint Pierre. Kllc fui mariée deu\ mis. d'alwrd avee Godefroi le jeune, de Lorraine, nisuilc nvee (luette V de Haviêre :

en son cœur pvm- /'nuiaur; elle se sépara île ses denv épuuv qu'elle ne trmuail ptiinl assez dévoués au Saint-Siège, et elle ai! consacra tout entière a la défense des papes. » |T. I, [). I I).]

Le même historien se montre un peu plus jinle dans sou court article (le l;i IUotjtui>hie uni''i:nrtic sur Matliihlc :

« I-i Toscane, l.ucipics. Modenc. Ilpptin. Uantiiue. Kerrare, el

peut-être, l'arme el Plaisance, lui ftirrui s nis; el Malhildc

avait une fnree de caractère, un émince el des laleiiLs propres à faire de ees grands ninvens te plus gratin usage..,. A cette ùpoqiie (irt'-uiiiro VU ne vivait plus : les ennemis île ce Pape el de la eoinlesse oni prétendu une l'union intime i]ui régnait eulre eux était de fauteur. Pans l'àme c\altée d'une l'eimne. les sentiments

relifiieuv se cniil' lent <[tie!ijiieii>is .née mi enthousiasme plus

humain. Mais ipielstpic fussent les sentiments de Mafhilde. il n'est pas juste d'interpréter sa eiiuduite d'après les assertions de

Cmilititiiui.s île ivein'illir ce une le- hishiriniis les plus auttirisél cimlicimcnl sur Malhildo.

contenir <lc ces quelques lignes banales sur la mamlc héroïne :

h C'est re qui donna prête vie auv partisans du roi Henri. (

IPERDTCE. J71 dont Ut l'apt' l'undarmiuil les m.iria-

pesso. gtonosapcr S. ffeniidclto di l'i

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