MADAME DE SAINT-ANDRÉ
Le marquis ne sort plus guère, et la fête ne serait pas de son goût...
MADAME TOURETTE
Alors ici, c'est une manière de salon ?
MALIÎZEAU.
Mieux, madame : une sorte d'arène, où les partis rivaux se trouvent en présence, se mesurent des yeux, se piquent de la langue, en attendant qu'un jour ils se frappent des mains... Aussi mademoiselle de Glairefont et M. Robert auraient dû imiter leur père et rester au château. . C'eût été plus prudent.
MADAME TOURETTE
Mais c'est très curieux ce que vous me racontez là. M. Tourette et moi, qui n'habitons le paj^s que depuis trois semaines, nous ne' savons rien de tout cela... Alors ces deux partis rivaux...
CROIX-MESXIL.
Reconnaissent pour ch^fs, l'un M. de Glairefont, l'autre M. Carvajan...
MADA^IE TOURETTE, déclamant.
Vérone vit jadis deux familles rivales.
CROIX-MESNIL
Les Montaigu, les Gapulet.
MADAME TOURETTE
Musique de Gounod. Je connais ça 1
M A LÉ ZE AU
Vous ne croyez pas si bien dire. ...c'est une véritable guerre qui est engagée, où chacun, petit et grand, combat avec un égal acharnement...
CROIX-MESNIL
Mais non une fortune égale... Gar la victoire penche, hélas, du côté de M. Carvajan.
TOURETTE
Est-ce un si terrible homme ' J'ai été en rapport avec lui pour un chemin que nous voulons faire. Je l'ai trouvé fort aimable...
DEU\TfiME TABLFAU ?A
OllOlX-AlESML.
Oui, certes! s'il a espéré tirer quelque chos;i <!< vous... Avec lui rien pour rien. Vous le verrez ce soitravailler ses futurs électeurs, — car il rêve le conseil général, la députation, — et pateliner le préfet, pour l'attacher à sa cause... Ah! c'est un madré compère ' .
MALÉZEAU
Eh ! tenez, voici les adversaires eu présence : lu xhmille de Glairefont et la famille Garvajau entr-^n* 31; même temps...