ANTOINETTE, MALÉZEAU, MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
Voyons, avisons maintenant aux mesures à prcuilre. C'est cet infâme Carvajan qui a tout arrangé, n'est-ce pas, pour perdre notre enfant?
MALÉZEAU
Provoqué par lui, il a riposté sur l'heure même... Je n'ai pas voulu effrayer M. Robert en lui disant toute la vérité... Mais ce Carvajan est un tigre déchaîné... Il a excité la convoitise de Cas-iegrain en luifaisant espérer que du cadavre de sa fille, il pourrait tirer vingt mille francs de dommages intérêts.
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
Pour vingt mille francs, le misérable, il l'aurait tuée lui-même!
MALÉZEAU
Enfin, c'est jour de marché, et les partisans du maire courent les cabarets. .. L'opinion est déjà faussée à ce point que, bi l'arrestation n'a pas lieu, la populace des faubourgs peut s'ameuter, et monter ici.
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE, avec énergie.
Que ces coquins passent la grille et ils verront !
ANTOINETTE, à Malézeau.
Que faire pour désarmer Carvajan?
MALÉZEAU
Hier, mademoiselle, je vous aurais dit : abandonnezlui la (^irande Marniére, mais aujourd'hui s'en contenterait-il?
66 LA GRANDE MAHNlEnE
ANTOINETTE avec désespoir.
Alil que Clairefûnt périsse, que les débris de ce que nous possédons soient enf^loutis dans le désastre; mais que mon frère nous soit rendu et que notre honneur soit sauf.
MADEMOISELLE DE SAINT-MAURICE
Bien, 'ma fille, (a Maiézeau.) La chère enfant a devancé ses paroles, puisqu'elle s'est, l'an dernier, dépouillée do la fortune de sa mère... Moi, il me reste un petit bien, la terre de Saint-Maurice ; que Carvajan prenne tout, mais qu'il nous laisse notre enfant.