‹ La grande Marnière (volume 2)Chapitre 42 sur 71 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, moins CASSEGRAIN et TONDEUR, ROBERT.

ROBERT, entrant, et se retournant vers la foule, à Jousselin.

Je vous demande pardon, monsieur, de vous causer tant d'embarras. Après tout le bien que ma famille a fait dans ce pays, je ne m'attendais pas à tant d'ani-

mosité... (il voit Carvajan, avec un sourire amer.) Ah! ah I tOut

3'explique...

LE JUGE, à Robert.

Votre nom?

ROBERT, très calme.

Robert, comte de Clairefont.

LE JUGE

La nuit dernière. Rose Cassegrain a été assassinée, au moment où elle est sortie du bal, c'était vous qui l'accompagriiez?

ROBERT

C'était moi.

LE JUGE

Pendant l'espace de temps qui a suivi sa sortie et précédé le meurtre, elle n'a été vue par personne avec un autre que vous ?

Cela est possible, je l'ai quittée à la traverse de Couvrechamps...

LE JUGE

ROBERT

LE JUGE

ROBERT

Pour aller?

Chez moi...

Directement ?

Directement.

LE JUGE

A quelle heure étiez- vous rentré î

ROBERT

A deux heures du matin.

LE JUGE

Le meurtre a eu lieu à une heure et demie.

ROBERT, s'animant.

Impossible!... J'étais encore avec Rose.

LE JUGE

C'est justement ce dont on vous accuse.

ROBERT, avec violence.

Mais qui donc, à la fin?

LE JUGE

Vous entendrez les témoins...

QUATRIÈME TADLEAU 89

ROBERT, avec colère.

Si ce sont ceux que je prévois, ils auront menti.

LE JUGE

Monsieur, n'oubliez pas que vous parlez devant la justice !

ROBERT

Alors, qu'ils s'en souviennent eux-mêmes t

LE JUGE

Nous allons vous confronter avec la victime.

Soard marmure d'émotiun, — Jousselin tire le rideau qui voile le pan coupé et sur son lit, étendne comme si elle dormait, Rose apparaît. Auprès du lit brûle un flambeau, et sur une petite table, dans un plat de cuivre, un buis trempe dans l'eau i,i- Dite. Robert s'approche, ému, mais ferme.

LE JUGE

La reconnaissez- VOUS?

ROBERT

Oui, monsieur.

LE JUGE

Reconnaissez- vous lui avoir donné la mort?

ROBERT

Non, monsieur.

LE JUGE

C'est tout ce que vous avez à dire?

ROBERT

C'est tout.

LE JUGE. I

Je suis obligé de vous garder à ma disposition...

ROBERT, grave.

Faites, monsieur, si c'est votre devoir. (Les portes sont

rouvertes. Pascal et Malézeau rentrent, avec des femmes qui res-

tent immobiles, recueillies. Robert s'avance vers la fenêtre, cueill une rose et s'appn'Che de nouveau du litde la morte.) Adieu donC

chère et douce enfant,... puisque je ne suis pas librf de te conduire jusqu'à ta tombe, et d'y déposer de? fleurs, reçois du moins celle-ci, comme un tendre et

dernier souvenir... (il place la rose sur le cœur de la morte, s'incline comme pour une prière, se relève, — puis, se retournant

vers le juge.) Monsieur, je suis à vos ordres.

PASCAL, pendant que Robert, emmené, marche vers la porte.

Malézeau, cet homme-là n'est pas un criminel !

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