COUTEAU A SCALPER
— Allez ! dit-il au garçon.
Le Chinois, qui n’avaitpas encore prononcé une parole, frappa sur l’épaule de M° Taparel et lui dit en cherchant ses mots :
— Pardon ! je voudrais dire une petite chose...
— Tiens ! vous parlez français !
voyons, vous voulez peut-être proposer une arme de votre pays...
— Non ! je suis un paisible lettré, j’étudie la littérature et pas la coutellerie, je voulais dire, votre adversaire est un homme terrible, il est de Haïti, haï-t-ill hai-t-il!
— Oh ! fit M° Taparel.
— Comment ! s’écria Cabassol, c’est pour apprendre ces choses-là que votre gouvernement vous envoie ici avec une petite pension ; mais vous pervertirez votre pays à votre retour!
% Va
^X-Né
Arrivée de la noce Cabuzac au restaurant.
Liv. 9.
Le jeune Chinois rougit et s’inclina modestement.
— Carabine, revolver, bowie-knife, hache de marine et couteau à scalper... énumérait le notaire, un arsenal complet... Ah! l’affaire Badinardl... Mais, dites-moi, messieurs, vous oubliez de fixer la distance entre les combattants... Vous savez, ne lésinez pas, donnez-nous nos aises !
— Mais, comme vous n’êtes pas sûr de votre adresse, à votre place je préférerais cinq ou six pas !
— Non, non, fit le notaire, la carabine porte à mille mètres, je veux le compte...
L’arrivée Mu garçon l’interrompit.
— Bigre ! murmura M° Taparel , notre féroce haï-t-il va proposer à bout portant !
Le garçon portait cérémonieusement un grand papier sur un plateau. Cabassol s’en saisit rapidement et le déploya.
C’était un plan du bois de Vincennes.
Aux deux extrémités du bois se voyaient une grosse croix à l’encre rouge, et, dans le bas, les Haïtiens avaient écrit :