‹ La grande route de TchadChapitre 28 sur 79 · LA RICHE VALLEE DU KABI · texte numérisé non relu

LA RICHE VALLEE DU KABI

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VILLAGE DK liU'ARI

dames à la réfection de notre chargement ainsi qu'à la prise de contact plus complète avec nos hôtes, après avoir entendu des chants fort curieux, pendant un tam-tam nocturne, la mission sortait sans difficulté du lac Nabarat et venait jeter l'ancre devant Dialoumé.

Là, ce furent des fêtes ininterrompues. L'arnado Gonzi, très soumis et fort obéissant, vint nous saluer et nous amena deux bœufs dont nos hommes laissèrent les reliefs aux Moundangs, qui se les arrachèrent comme une bande de chacals affamés. Néanmoins, tous ces gens sont dans un excellent état d'esprit; c'est à Dialoumé que nous avons reçu le meilleur accueil, et lors de notre retour, nous eûmes grand plaisir à nous y reposer.

Je pense qu'il est difTicile de voir un pays mieux irrigué et, partant, plus riche que cette belle et large vallée du Kabi français. Les montagnes se sont éloignées, les villages perchent

à flanc de coteau; ils sont tous entoures dun mur en pierres avec fossé, tandis que l'un des angles, généralement très boisé, sert de réduit à la défense. La plaine qui borde la rivière est large et recouverte d'une couche d'humus que celle-ci renouvelle tous les ans. Des rigoles naturelles, ou creusées à main d'homme, propagent la crue dans les rizières et parmi les champs de mil et de coton; aux époques où nous avons vu cette région, hivernage et saison sèche, elle était toujours cultivée. Mais par malheur un parasite a détruit les récoltes; c'est un insecte long comme une petite fourmi noire et plus volumineux. Il dépose ses œufs sur la feuille, et celle-ci se recouvre bientôt d'une infinité de petites puces blanches, qui ladévorent. D'après les essais que nous avons fait, une solution d'eau iodée, paraît détruire ce fléau.

Malgré cela, si les Moundangs mettaient en valeur le pays qu'ils occupent, il n'existerait pas de villages plus riches et de greniers mieux garnis que les leurs. Mais il faut tenir compte de l'invincible paresse, qui les réduit à l'inaction et les pousse vers la région peule de Binndéré foulbé, sans cesse menacée de leurs pillages et de leurs exactions.

Jusqu'à Léré, que l'on atteint en traversant un beau lac, le Kabi forme des sinuosités incroyables; sa largeur varie de 15 à 60 mètres, sa profondeur, aux hautes eaux, n'est jamais inférieure à 6 pieds. Il reçoit sur la rive droite le Mayo Loué qui débouche en aval de Kakou et le Mayo Binndéré, en face de Guégou, village très puissant dont l'arnado se nomme Zigui.

Entre Dialoumé et Guégou, se trouve, de même sur la rive gauche, un éperon couronné d'énormes roches détachées, sur lesquelles sont perchées les cases du village de Guiersalé, dont les habitants sont de redoutables guerriers. Tout indigène qui circule entre Guégou et Dialoumé devient une proie, qui va bientôt grossir les convois de captifs expédiés, do ce village, sur les marchés de la région peule.

Il n'existe pas de navigation sur le Kabi, les seules coquilles

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