CHAPITRE VIII
Nous retrouvons le commandant Largeau. — Organisation du retour. — L'occupation du Centre africain. — Aperçu de la question du Ouadaï. — En route pour la France. — Traversée de la cuve kotoko. — Inondations et marécages. — Fin de la « terre cassée ». — Arrivée en pays foulbé. — Maroua. — Le rocher de Minndiff. — Lara. — Binndéré-Foulbé. — Les Monndangs de Trèné nous barrent la route. — Belle conduite de Laliure et du sergent Tissier. — Retour à Yola. — De Fort-Lamy à Calais en soixante-douze jours de marche — Résumé. — Conclusions. — Avantages de la voie Niger-Bénoué-Kabi-Toubouri.
EN même temps que nous, le commandant Largeau rentrait à Fort-Lamy. Ce fut une circonstance très heureuse, car cet officier supérieur comprenait nos tracas, pour les avoir lui-même éprouvés à la mission Congo-Nil, dont il fut un des collaborateurs les plus distingués. Il fit tous ses efforts pour nous procurer des porteurs ainsi qu'une escorte de dix tirailleurs, commandée par le sergent Tissier, de l'infanterie coloniale. M. Delevoye devait remonter le Logone en bateau jusqu'à la communication, et nous retrouver avec son escorte à Binndéré-Foulbé, en longeant le Toubouri par voie déterre. De mon côté, j'avais résolu de rejoindre Yola par la route en traversant Karnak-Logone et la cuvette kotoko, puis en prenant à l'ouest par Balda, Maroua, Binndéré-Foulbé, Garoua et Tépé, à travers le pays foulani.
A la fin de janvier, la communication était à sec, l'eau se faisait rare dans le Mayo Kabi; je résolus donc de ne point emmener le Benoît-Garnier. Ce bateau était en parfait état; la flottille du Chari venait de perdre son unique chaland, en sorte que le commandant Largeau résolut de l'acheter pour la colo-