CHAPITRE XLII
Matth. xxiv, 30 31; Mare.xili, 2G-27; Luc. xxi, 27.
Et alors, dit Jésus-Christ, après que tous les signes indiqués auront été accomplis, à l'heure où on y pensera
AVÈNEMENT DE JÉSUS-CHRIST COMME SOUVERAIN JUGE 'fOl
le moins, le signe du Fils de l'homme, l'étendard de la croix apparaîtra dans le ciel, c'est-à-dire dans l'air que l'Écriture désigne souvent par le nom deciel(Matth.xxiv,30). Ainsi,Celuiqui, dans son humilité prodigieuse, a bien voulu subir les douleurs et les ignominies de la croix, montrera, en venant avec une majesté souveraine, les fruits de salut et de gloire qu'a produits cet instrument de son supplice devenu l'arbre de vie. Lui-même ne s'appelle pas ici Fils de Dieu, mais Fils de l'homme, parce que c'est spécialement en cette dernière qualité et sous cette figure sensible qu'il jugera le monde. Selon saint Chrysostôme (Hom. 77 in Matth.), la croix apparaîtra plus resplendissante que le soleil ; les méchants seront tellement convaincus et confondus par cette seule vue, que toute autre accusation serait inutile pour rendre leur culpabilité manifeste et leur condamnation certaine. D'après le même saint Docteur, cette croix ne sera pas le bois sur lequel notre divin Rédempteur a rendu le dernier soupir, mais ce sera une grande lumière en forme de croix, plus brillante que l'astre du jour. Nous pouvons penser aussi qu'avec la croix du Sauveur apparaîtront les autres instruments de sa Passion et de sa mort, les clous et les fouets, la lance et la couronne d'épines, comme trophées illustres de la victoire remportée sur l'ennemi du genre humain. Quand un roi veut faire dans une ville son entrée solennelle, dit encore saint Chrysostôme, il envoie devant lui ses armées qui annoncent son arrivée prochaine , en portant les drapeaux et les insignes du monarque ; de même, quand le Seigneur descendra du ciel, il se fera précéder par les légions des Anges et des Archanges qui porteront la croix comme l'étendard de son triomphe, pour annoncer à la terre effrayée la venue immédiate du Tout-Puissant. — Par le signe du Fils de l'homme, quelques
i02 Là GRANDE VIE DE JÉSUS-CHRIST
interprètes entendent les stigmates ou cicatrices des plaies que Jésus Christ a conservées dans sa chair en témoignage de ses souffrances ; et ainsi serait réalisée cette parole du prophète Zacharie (xu, 10) : Ils me verront, moi qu'ils ont percé (1).
Et aussitôt, ajoute le Seigneur (Matth. xxiv, 30), en apercevant le signe éclatant du Fils de l'homme, toutes les tribus de la terre se lamenteront, c'est-à-dire les impies et les pécheurs de toutes les tribus ou nations pleureront sur eux-mêmes d'une manière inconsolable, parce qu'ils entendront trop tard les reproches de leur conscience. Ou bien encore, tous les hommes injustes et charnels, qui ont préféré les biens du monde au service de Dieu, en persévérant jusqu'à la dernière heure dans cette affection terrestre, ne pourront reconnaître sans douleur et sans effroi l'avènement du Juge qu'ils ont méprisé et offensé. Ils sont appelés avec raison tribus de la terre; car, selon la remarque de saint Jérôme (in cap. xxiv Matth.), ceux là pleureront qui se seront inscrits pour demeurer habitants de la terre sans se mettre en peine de devenir citoyens du ciel. — « Ils seront dans les larmes, dit saint Chrysostôme (loc. cit.), ces Juifs, ces Gentils et ces Chrétiens indignes qui auront aimé le monde plus que Jésus- Christ. Mais il n'en sera pas ainsi des tribus du Seigneur : Elles monteront avec joie vers la montagne sainte pour louer le nom du Seigneur (Ps.cxxi, 4). Les méchants, au contraire, gémiront sur eux-mêmes en pleurant les péchés qu'ils ont commis, les désordres qu'ils n'ont point réparés, la gloire éternelle qu'ils ont perdue et la damnation inévitable qu'ils ont encourue. Ces amateurs
(1) L'Église, par l'organe de la Liturgie romaine, détermine clairement quel est le signe du Fils de l'homme, lorsqu'elle dit dans I'offige de la Sainte-Croix : Uoc signum crucis erit in cœlo, cum Lominus ad judicandum venerit.
du monde qui composent toutes les tribus de la terre se lamenteront en entendant les reproches poignants que le souverain Juge leur adressera : Pour vous je me suis fait homme; pour vous j'ai été garrotté, chargé d'opprobres, battu de verges, attaché à la croix ; - où est maintenant la compensation, le dédommagement de mes ignominies et de mes souffrances ? Voici le sang que j'ai répandu pour la rédemption de vos âmes ; où sont les services que vous deviez me rendre pour payer ce sang précieux ? Je vous ai aimés plus que ma propre gloire, en cachant les perfections de ma divinité sous les faiblesses de l'humanité ; et vous m'avez ravalé au-dessous des moindres biens terrestres que vous avez préférés à l'observation de mes préceptes et à la foi de mes enseignements. En voyant leur Sauveur devenu leur Juge, alors toutes les Iribus de la terre seront désolées, parce qu'il n'y aura aucune force capable de résister à sa puissance, aucun moyen de fuir sa présence, aucun espoir d'échapper à sa sentence, car le temps de la pénitence sera passé ; dans cette privation absolue de toute ressource, il ne leur restera pour partage que le remords, la confusion et le désespoir. Tous les hommes terrestres gémiront sur eux-mêmes à bon droit ; car les riches ne pourront plus employer leur argent à faire l'aumône, les parents vertueux ne pourront plus intercéder pour leurs enfants coupables, les Anges ne plaideront plus en faveur des hommes, comme ils aimaient précédemment à le faire. La justice inexorable, qui régnera seule en souveraine absolue, ne voudra plus admettre la miséricorde, tandis qu'auparavant la miséricorde, toujours prête à pardonner, semblait oublier la justice ; c'est par rapport à ces deux temps si différents que le Prophète disait (Ps. c, 1) : Seigneur, je célébrerai votre miséricorde et votre justice, c'est-à-dire la miséricorde que
vous manifesterez en votre premier avènement, et la justice que vous exercerez en voire second. » Ainsi s'exprime saint Chiysostôme.
« Ornes frères, s'écrie suint Epbrem, si nous comprenions bien les dangers qui nous environnent et les maux qui nous menacent,, nous ne cesserions d'implorer en gémissant la miséricorde de Dieu ! Si, en effet, toutes les créatures seront consternées, si les phalanges célestes seront elles-mêmes ébranlées à l'avènement du souverain Juge, qu'auronsnous à répondre si, durant le peu de temps qui nous est accordé sur la terre, nous nous abandonnons à la négligence et à la paresse? Jésus-Christ, au dernier jour, nous demandera compte de cette indifférence et de cet oubli. Pour vous, nous dira-t-il, je me suis revêtu d'une chair mortelle et j'ai vécu dans ce bas monde, pour vous j'ai été cruellement flagellé, honteusement souffleté, couvert de crachats, cloué sur la croix, abreuvé de fiel et de vinaigre ; je vous ai ouvert les porte? du paradis, je vous ai offert le royaume des deux, je vous ai envoyé le Saint Esprit pour vous consoler, vous éclairer et vous conduire; qu'ai-je pu faire enfin pour vous que je n'ai pas fai! ? Pour tant de bien faits, je ne vous ai demandé qu'une volonté humble et soumise, je n'ai pas voulu vous contraindre et vous forcer, de peur de blesser votre liberté en procurant votre salut. Eh bien ! pécheurs, mortels et passibles par votre nature, dites, qu'avez-vous fait et enduré pour moi votre Seigneur et votre Dieu, pour moi qui, quoique impassible et immortel par ma nature, ai daigné souffrir et mourir pour vous.» Ainsi parle saint Ephrem.
En même temps, continue le Sauveur (Matth. xxiv, 30), tous, tant les bons que les méchants, verront le Fils de
l'homme, Jésus-Christ, sous cette même forme humaine en laquelle il jugera le monde. « Ainsi, dit saint Augustin (de Trinit. 1. I, c. 13), Jésus-Christ se montrera comme Fils de l'homme aux mcchants eux-mêmes, mais il ne se manifestera comme Fils de Dieu qu'aux bons seuls, selon qu'il le leur a promis par cette parole : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu ils verront Dieu (Matth. v, 8). Jésus- Christ ne peut donc être vu des pécheurs comme Fils de Dieu en cette nature divine qui le rend égal à son Père ; néanmoins, comme Juge des vivants et des morts, il devait être vu de tous ceux qui devaient comparaître à son tribunal suprême ; aussi, c'est pour cette raison qu'il a été investi de l'autorité judiciaire en qualité de Fils de l'homme, afin d'être vu des pécheurs et des justes également en sa nature humaine. » « Jésus-Christ, ajoute le Vénérable Bède (in cap. xxi Luc), apparaîtra aux élus tel qu'il se manifesta sur le Thabor, et aux réprouvés tel qu'il était sur le Calvaire où il fut crucifié. » — Tous alors verront le Fils de l'homme venant pour juger le monde sur les nuées du ciel, comme il monta sur ces nuées au jour de son ascension, et il descendra dans les airs sur le lieu même d'où il s'éleva de la terre. « Nous lisons, en effet, dans les Actes des Apôtres (t, 9 et 1 1), comme saint Chrysostôme le fait observer, qu'un nuage l'enveloppa et le déroba aux yeux de ses disciples ; que les Anges leur dirent alors : // viendra du ciel de la même manière que vous Vy avez vu monter. Nous sommes donc fondés à croire qu'il reviendra non-seulement revêtu du même corp?, mais porté pareillement sur les nuage?. » Les nuages qui lui servirent de char de triomphe pour monter au ciel, dit Origène (Tract. 30 in Matth.), lui serviront également de trône quand il descendra pour juger la terre. 11 viendra donc, comme lui-même l'a prédit (Luc. xxi,27),
avec une grande puissance et une grande majesté, c'est-àdire avec une force invincible pour confondre et châtier ses ennemis, mais aussi avec une gloire éclatante pour récompenser et couronner ses élus, de sorte que réuni à ses membres mystiques , il apparaîtra tout environné de lumière comme d'un vêtement. Ainsi, comme le fait remarquer saint Cyrille, Jésus- Christ, qui dans un premier avènement s'est caché comme un humble serviteur sous les livrées de notre faiblesse et de notre misère, se manifestera dans un second avènement comme le souverain Seigneur, avec tous les insignes de son autorité et de sa royauté suprêmes. « Alors, ajoute saint Grégoire (Hom. 1 in Evang.), ceux qui ont refusé de l'écouter au milieu de ses abaissements et de ses infirmités le verront dans tout l'éclat de sa dignité et dans toute la grandeur de son pouvoir, afin de ressentir d'autant plus la rigueur de sa justice qu'ils ont méconnu davantage la patience de sa bonté. » Écoutons, à ce sujet, saint Chrysostôme (Hom. 40 Op. imp.) : «Quand un prince de la terre commande à son peuple une marche ou une expédition, toutes les autorités sont en mouvement, les armées sont sur pied, la ville entière est dans l'agitation; à combien plus forte raison quand le Roi du ciel se préparera à sortir de sa Cour, pour citer à son tribunal les vivants et les morts, les Vertus angéliques s'ébranleront et comme des phalanges terribles précéderont leur Seigneur plus terrible encore. Devant lui brilleront les éclairs en place de flambeaux, et d'horribles tonnerres retentiront au lieu de trompettes. Ne faut-il pas que la grandeur de l'appareil soit en rapport avec la grandeur du monarque ? »
Jésus-Christ viendra donc exercer son pouvoir judiciaire en sa propre humanité : ne convient-il pas en effet qu'après avoir été victime de l'injustice comme homme, il devienne
en cette même qualité réparateur de la justice pour le genre humain tout entier ? Et tous verront dans sa chair les cicatrices de ses blessures, afin que les réprouvés reconnaissent Celui qu'ils ont percé de leurs traits. « Jésus-Christ, dit encore saint Chrysostôme, a conservé dans son corps les traces de ses plaies, afin qu'au jour du jugement elles rendent témoignage à la vérité de sa Passion contre les Juifs et contre tous ceux qui, à leur exemple, s'obstinent à nier que le Fils de Dieu ait jamais pu mourir pour le salut du monde. » — Selon saint Augustin (de Civit. Dei, 1. 20, c. 21), en ce dernier moment tous ceux qui vivront encore mourront et ressusciteront immédiatement ; car nul n'échappera à la mort à laquelle tous sont condamnés, comme l'Apôtre l'enseigne (Heb. ix, 27); de plus, comme il assure ailleurs (I Cor. xv, 51), que nous ressusciterons tous, il s'ensuit que nous mourrons tous auparavant. Mais pour tous les hommes qui seront morts depuis le commencement jusqu'à ce temps, il n'y aura qu'une seule résurrection générale ; elle s'opérera au même instant, de telle sorte que celle des justes ne précédera point celle des pécheurs.
Avant cette résurrection commune, le Fils de l'homme, ainsi que Jésus-Christ nous l'apprend (Matth. xxiv, 31), enverra ses Anges avec la trompette et avec une voix éclatante, si perçante et si forte qu'elle sera entendue des morts répandus par toute la terre. Rémi d'Auxerre dit à ce propos : « Cette trompette n'est pas un instrument matériel, mais bien la voix des Esprits célestes dont l'appel fera sortir tous les cadavres delà poussière; ou bien cette trompette c'est la puissance de ressusciter les morts, et la voix est celle du Christ qui convoquera les morts au jugement, en les ressuscitant par sa vertu pour que tous comparaissent à son tribunal. » — « Elle est vraiment terrible, s'écrie saint
Chrysostôme (Hom. 49 Oper. imp.;, cette grande voix de la trompette, à laquelle tous les éléments obéissent : elle fend les pierres, ouvre les tombeaux, pénètre les plus obscures retraites, renverse les plus insurmontables barrières, brise les portes d'airain, rompt les chaînes de la mort, et retire des plus profonds abîmes Lo âmes qu'elle rejoint à leurs corps. Tout cela elle l'opère avec plus de rapidité que la flèche lègue ne traverse les airs, et comme dit l'Apôtre (I Cor. xv, 52), en un moment, en un clin dœil, au son delà dernière trompette ; car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront en un état incorruptible. A cette voix, !a poussière dispersée de tous les cadavres se réunit pour former de nouveaux membres ; à cette voix, la mer est agitée tout entière et, comme une esclave obéissante, elle rend sans résistance les ossements humains qu'elle tenait cachés dans son vaste sein. » Ainsi parle saint Chrysostôme.
Alors les saints Anges rempliront leur ministère spécialement à l'égard de ceux qui doivent partager éternellement leur bonheur ; car, ainsi que Notre-Seigneur le déclare (Matth. xxiv, 31), ils rassembleront les élus des quatre coins du monde, c'est-à-dire de tous les pays et de tous les lieux où leurs corps ont été réduits en poudre, et ils recueilleront avec un soin particulier ces précieuses semences d'immortalité , afin de les présenter au jugement comme un froment purifié dans l'aire de tout l'univers. Mais tandis qu'ils rassembleront pour la gloire les élus avec leurs corps agiles, ils rassembleront pour la damnation les damnés avec leurs corps pesants qu'ils transporteront comme fut autrefois transporté le prophète Habacuc (Dan. xrv). Les justes accourront avec joie et en triomphe au-clevant de leur Juge ; les pécheurs, au contraire, dans la douleur et la confusion,
se tiendront à une grande distance, comme le fait remarquer Rémi d'Auxerre. C'est dans la vallée de Josaphat que le jugement général aura lieu, au milieu même des airs, selon ces paroles de l'Apôtre (I Thess. îv, 17) : En même temps nous serons emportés dans les nues pour aller à la rencontre de Jésus-Christ dans les- airs. — * Hélas ! s'écrie saint Chrysostôme (Hom. 77 in Matth.), quand nous entendons parler de ce jour terrible, nous devrions être remplis d'allégresse, et nous sommes accablés de tristesse. De quels yeux pourrons-nous considérer Jésus-Christ ? Si un enfant qui a offensé son père n'ose plus paraître devant lui, comment, au souvenir de nos iniquités passées, rourrons-nous soutenir la présence du Père infiniment miséricordieux qui, malgré nos infidélités, nous a comblés de tant de bienfaits ? Car tous nous serons présentés au tribunal du Christ pour y rendre un compte exact de toute notre vie. »
Oh ! combien il est utile de nous rappeler et de rappeler aux autres dans toutes les tentations le grand jour du jugement et de la résurrection ; c'est un remède souverain pour la guérisonde nos âmes. A ce propos, voici encore les paroles de saint Chrysostôme (Hom. 2 in II Thess.) : « Si nous sommes tentés de nous livrer à l'avarice, à la fraude ou à la volupté, pensons aussitôt au dernier jour et ce souvenir, comme un frein puissant, réprimera les passions soulevées en notre cœur. Disons-nous à nous-mêmes : Je ressusciterai un jour et un jugement terrible m'est alors réservé. Quand nous voyons quelqu'un enflé d'urgueil ou enflammé d'ambition, présentons-lui la même pensée, en montrant que tous les biens de la terre ne nous suivent pas clans le tombeau. Quand nous remarquons quelqu autre dans le deuil et le chagrin, suggérons-lui de pareils sentiments, en lui faisant
observer que toutes les misères de cette vie ont une fin. Si nous trouvons quelque personne négligente et apathique, répétons-lui encore les mêmes choses, en ajoutant que la paresse ne manquera pas d'avoir son châtiment. Ces simples réflexions sont un remède plus efficace pour la guérison de nos âmes que l'application du fer pour celle de nos corps. Oui, le temps de la résurrection approche, il est à notre porte déjà; encore quelques instants très-courts, et Celui qui doit venir viendra., ne tardera pas (Hab. n, 3). Bientôt il nous faudra tous paraître devant le tribunal du Christ, bons et méchants (II Cor. v, 10) ; les pécheurs pour être couverts de honte et de confusion, les justes pour être couronnés de gloire et de splendeur aux yeux de l'univers entier. Si ces considérations étaient toujours présentes à notre esprit, elles nous détacheraient à jamais des biens visibles qui passent comme l'ombre, et nous feraient aspirer sans cesse vers les biens invisibles qui seuls sont éternels. Redisons donc continuellement aux autres, et redisons-nous à nous-mêmes : Il y a une résurrection, un jugement et des peines pour les coupables. Ne provoquons pas la colère de Dieu, mais écoutons cet avertissement du Sauveur (Matth. x, 28) : Craignez Celui qui peut perdre le corps et l'âme dans les feux de l'enfer. Cette crainte, en nous rendant plus doux et plus dociles, nous arrachera aux tourments de la damnation et nous disposera aux jouissances de la céleste patrie. » Ainsi s'exprime saint Chrysostôme.
Prière.
Seigneur Jésus, lorsque vous viendrez juger le monde avec une grande puissance et une grande majesté, les
Anges bienheureux porteront devant vous, comme étendard de triomphe, le signe glorieux de la croix; dès maintenant, je vous en supplie, marquez mon âme de son empreinte sacrée, purifiez mon cœur par sa vertu salutaire, et pour prix de sa victoire revendiquez-moi tout entier comme votre conquête, de telle façon que mes ennemis ne puissent rien réclamer en moi comme leur possession. Faites, ô divin Sauveur, que je reste marqué de ce signe vénérable jusqu'à votre dernier avènement, et qu'après avoir participé sur la terre aux douleurs de votre Passion, en vous imitant, je mérite de participer dans le ciel aux joies de votre résurrection. Ainsi soit-il.