‹ La grande vie de Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 17 sur 68 · FAUSSES TRADITIONS DES PHARISIENS · texte numérisé non relu

FAUSSES TRADITIONS DES PHARISIENS

saint Augustin (Oper. cit. c. 82), les mauvaises pensées sont ordinairement la suite des tentations diaboliques, mais elles sont souvent aussi le fruit de notre fonds dépravé ; tandis que les bonnes pensées sont toujours l'effet de la grâce divine.

a Voici, dit saint Anselme, comment vous pouvez bannir de votre cœur les affections ou volontés perverses. No contestez point avec elles ; mais, parce qu'elles vous sont funestes, occupez fortement votre esprit de quelques affections ou volontés utiles, jusqu'à ce que les précédentes aient disparu ; car aucune pensée ne peut être chassée de votre esprit, à moins d'être remplacée par une autre qui lui soit opposée. Lors donc que vous désirez vaquer à la prière ou à la méditation, si dés distractions viennent vous assaillir, n'abandonnez jamais, à cause de leur importunité, le saint exercice que vous avez commencé ; en reculant ainsi, vous réjouiriez le démon qui les a provoquées dans ce but, surmontez-les plutôt en les dédaignant. Tant que par ce mépris vous leur refusez votre consentement, ne vous affligez pas de ce qu'elles vous poursuivent ; la tristesse que vous en éprouveriez ne servirait qu'à en ranimer le souvenir et en renouveler l'imporlunilé. Car l'esprit humain est disposé de telle sorte qu'il rappelle plus souvent àsamémoire les objets de ses peines ou de ses plaisirs, Il faut se conduire de même par rapport à toute passion déréglée qui affecte soit l'âme, soit le corps, telle qu'est l'aiguillon de la chair, de la colère, de l'envie ou de la vaine gloire. Ces sentiments ne tardent pas à être comprimés, lorsqu'on dédaigne de vouloir y consentir, y songer, ou d'agir suivant leur impulsion. Ainsi ne craignez pas que de pareils mouvements vous soient imputés à péché, tant que vous n'y êtes nullement associé de cœur. D'après le témoignage de saint Paul (Rom. vin, 1) : Il n'y a aucune

matière de condamnation pour les serviteurs de Jésus- Christ qui ne marchent pas selon la chair, c'est-à-dire qui ne vivent pas suivant l'inclination vicieuse de l'àme ou du cori^s ; « car^ comme dit le même Aj^ôtre (Galat. v, 17), la chair a des désirs opposés à ceux de Vesprit, et Vesprit en a d'opposés à ceux de la chair. Remédions aux contraires par les contraires, en les opposant les uns aux autres, dans le principe ; si nous appliquons ce conseil dès le commencement, la guérison sera facile ; mais elle deviendra difficile, si nous diiférons, comme le conclut saint Anselme. » Saint Jérôme ajoute : « Vous n'arriverez jamais jusqu'à la cpnsommation du mal, si vous étouffez les stimulants des vices aussitôt qu'ils surgissent, et si vous saisissez à leur naissance les enfants de Babylone pour les briser contre la pierre, où l'on ne trouve aucun vestige du serpent. » Le moyen principal d'échapper au danger des mauvaises pensées, c'est do tenir notre cœur étroitement uni à Dieu, comme lui-même le demande de nous. Hugues de Saint- Victor dit à ce sujet : « Il n'y a sous le ciel rien de plus sublime, de plus noble, rien qui ressemble plus à Dieu que le cœur de l'homme. Aussi ce Dieu ne demande autre chose devons que votre cœur. Et en général dans toute tentation, le remède assuré est de s'attacher à lui comme à l'objet de toutes les bonnes pensées. » « Seigneur, disait saint Augustin (in Soliloq.), quand je m'unis à vous par l'amour, je suis soulagé, vous supprimez pour moi la peine et la douleur. »

Dans ce chapitre, nous voyons le Seigneur qui blâme les Pharisiens en même temps qu'il instruit ses disciples. Tl reproche aux premiers leur impiété, leur hypocrisie, leur superstition ; il flétrit en leur personne les supérieurs injustes qui portent de mauvais décrets, les faux-frères qui

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