‹ La grande vie de Jésus-Christ (volume 3)Chapitre 19 sur 68 · CHAPITRE LXXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIX

GDKRISON DK LA FILLE DE LA CIIANANKENNE

Maltli, XV, '21-28. — Marc, vu, '«"i-30.

Tésus laissa les Scribes et les Pharisiens calomniateurs avec leurs desseins perfides ; et qintta/nt le paj/s ns la Ga-

lilée, il se retira dans les contrées de Tyr et de Sidon, pour communiquer aux Gentils ses grâces et ses bienfaits (Matth. XV, 21). Ces villes qui avaient appartenu autrefois aux Chananéens étaient situées dans la Terre promise, près du Liban et du Carmel, sur la côte de la mer ; et les contrées voisines étaient encore occupées par les Gentils que les anciens Hébreux n'avaient pu exterminer. Jésus, fatigué de la route, entra dans une maison pour s'y reposer ; il y fut suivi par une femme chananéenne de natioii, syrophénicienne d'origine, c'est-à-dire née dans la Pliénicie qui faisait partie de Isi^jne. Sortie des froîitières des Gentils, cette femme représente l'âme pécheresse qui, par la pénitence, s'éloigne des confins des péchés, c'est-à-dire qui en retranche les causes pour ne pas donner entrée à leurs coupables suggestions, comme l'explique saint Augustin.; car il ne suffit pas de renoncer aux fautes qu'on a commises, si l'on ne quitte les occasions qui peuvent y ramener. — Remarquons ici qu'en disant précédemment à ses disciples : N'allez pas vers les Gentils (Matth. x, 5), le Seigneur ne leur avait pas défendu de les recevoir s'ils venaient d'euxmêmes, mais simplement de les inviter à venir par la prédication. Aussi, pour conformer sa conduite à cet ordre, il n'appela point extérieurement à lui la Chananéenne, mais il l'admit seulement, lorsqu'elle s'approcha de lui ; c'est ce qui avait été figuré par le départ des Rois Mages, abandonnant leur patrie, pour aller à Bethléem, où le Sauveur naissant les accueillit comme les prémices des Gentils.

Cette femme, apprenant par la renommée les miracles que Jésus avait opérés, crut fermement qu'il pouvait guérir sa fille malade. C'est pourquoi elle lui cria : Ayez pitié de moi, Seigneur fils de David (Matth. xv, 22). Elle ne dit pas : Ayez pitié de ma fille, mais : Ayez pitié de moi, parce

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