CHAPITRE L
Matth. ix, 27-35
Lorsque Jésus sortit de la maison du chef de la synagogue, il fut suivi par deux aveugles qui sur la route imploraient sa miséricorde à grands cris, et disaient avec une pieuse confiance: Fils de David, ayez pitié de nous (Matth. îx, 27). (Tétait une opinion commune chez les Juifs, que le Christ devait naître de la race de David, selon la chair. Aussi, ces
deux hommes, croyant que Jésus était le Christ promis à David lui-même, l'appellent Fils de David. Ils criaient, parce qu'en réalité ils ne voyaient pas si le Seigneur était proche d'eux. D'après leurs cris et leurs supplications jugez de leurs désirs, dit saint Ghrysostôme (Hom. 33 in Matth.), non contents de s'approcher du Sauveur, ils ne se lassent point de réclamer hautement sa miséricorde, et ils l'appellent Fils de David, parce que cette qualification leur paraissait un titre d'honneur.
Lorsque Jésus fui arrivé dans la maison où il logeait en ce pays, il leur demanda . s'ils croyaient qu'il pût réaliser leur souhait (Matth. ix, 28). Comme s'il disait : Vous avez confessé mon humanité en me disant Fils de David; croyezvous que je puisse accomplir comme Dieu ce que vous désirez ; car l'objet de votre désir est une œuvre de la divinité? S'il pose cette question, ce n'est pas qu'il ignore leur foi, puisqu'il connaît tout avec certitude ; mais il veut que leur confession extérieure se joigne à leur foi intérieure, pour les rendre plus dignes de voir la lumière, et leur faire mériter une plus grande récompense; car, selon l'Apôtre (Rom. x, 10), il* faut croire de cœur pour obtenir la justification, et il faut confesser de bouche ce que l'on croit, pour obtenir le salut. « Jésus, dit Raban-Maur (in Matth. ix), n'interroge pas les deux aveugles par ignorance, mais afin que leur confession manifeste leur foi, que sa puissance confirme leur confession, et que leur salut accompagne sa puissance. » — Ces deux hommes, confessant donc leur foi, répondent à Jésus : Oui, Seigneur, vous pouvez faire ce que nous désirons (Matth, ix, 28). Ils ne l'appellent plus simplement Fils de David , comme le remarque saint Chrysostôme , mais s'élevant plus haut ils le nomment Seigneur, ce qui est un titre de puissance ou d'autorité. Alors, après la confession
de leur foi, il toucha leurs yeux. Ainsi, dit Raban-Maur, leur déclaration de foi leur mérita l'attouchement de la bonté divine. Heureux attouchement qui fut suivi d'un effet merveilleux ! — Jésus ajouta (Matth. îx, 29) : Qu'il vous soit fait selon votre foi, c'est-à-dire comme la foi éclaire votre intelligence, qu'elle rende aussi la clarté à vos yeux. Et aussitôt leurs yeux furent ouverts et dessillés (Ibid. 30). Voilà comment est efficace la foi de ceux qui croient avec simplicité ; elle mérite la réception de si grands dons et tant de grâces de la part de Dieu, que tout est possible à celui qui croit.
Jésus ne guérit pas ces deux aveugles en chemin, pour nous apprendre à fuir les louanges des hommes, l'ostentation et la vaine gloire. « Il nous enseigne de nouveau, dit saint Chrysostôme (Hom. 33 in Matth.), à nous soustraire aux éloges de la foule ; car, comme sa demeure était rapprochée il y conduit ces deux hommes pour les guérir en particulier. — Bien plus, au nom de l'humilité, il leur défendit fortement d'en rien dire à personne; parce que, comme ajoute saint Chrysostôme (Hom. 27 Oper. imp.), le juste s'afflige en lui-même de se voir loué publiquement. Mais ces deux aveugles qui venaient de recouvrer la vue, étant sortis de la demeure du Sauveur, le firent connaître dans tout le pays, en publiant le miracle qu'il avait opéré en leur faveur (Matth. rx, 31). La reconnaissance ne leur permit pas de garder le silence, et, ne pouvant cacher une si grande grâce du Seigneur, ils devinrent véritables prédicateurs de l'Evangile. C'est la pensée de saint Jérôme lorsqu'il dit (in Matth., ix) : « Le Seigneur , au nom de l'humilité , leur avait ordonné de n'en rien dire à personne, mais le souvenir du bienfait les empêcha de se taire. » Selon la remarque de saint Chrysostôme (Hom. 33 in Matth.), « la recommanda-
lion que Jésus-Christ avait faite à un autre, en lui disant, ;i près l'avoir guéri : Retourne annoncer la gloire de Dieu (Luc. vin,. 39), au lieu d'être contraire à la défense qu'il l'ait ici aux deux aveugles, s'accorde parfaitement avec elle. En effet, le Seigneur nous enseigne bien à ne rien dire de nous-mêmes et à empêcher les autres de nous louer pour nous-mêmes ; mais si ces éloges se rapportent à la gloire de Dieu, loin de les empêcher, nous devons au contraire les provoquer. Gomme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, le Seigneur nous défend de publier se.s bienfaits pour nous attirer les louanges des hommes , mais il ne nous défend pas de les divulguer pour procurer la gloire de. Dieu. »
Nous devons savoir à ce sujet qu'un commandement peut être donné, ou pour qu'il soit mis à exécution, ou pour qu'il serve d'épreuve, ou pour qu'il serve d'instruction Dans le premier cas, on doit accomplir l'objet du précepte ; dans le second, suivre la volonté ou l'intention de celui qui commande ; et dans le troisième, comprendre la leçon renfermée en la prescription. Or, c'est en ce dernier sens que le ' Sauveur enjoignit aux aveugles de ne rien dire de ce qu'il leur avait fait. Ainsi, il n'y eut pas ici une défense absolue de parler, mais plutôt une instruction morale, afin d'apprendre aux hommes, par l'exemple du Sauveur, qu'ils doivent chercher à tenir leurs bonnes œuvres cachées, et ne consentir à les rendre publiques que pour l'utilité du prochain. Voilà pourquoi les aveugles en parlant ne furent point transgresseurs du précepte, parce qu'ils n'agirent pas contre l'intention de Jésus Christ. Il leur avait ordonné de se taire seulement pour éviter toute apparence de vaine gloire, mais en réalité ils ne purent se taire utilement pour le salut du prochain : car, lorsqu'il n'est pas expédient de
taire une chose, on dit, suivant la règle du droit, qu'il n'est pas possible de la taire. Nous avons déjà touché cette question à propos de la guéri son du lépreux.
Dans le sens allégorique, ces deux aveugles sont le peuple juif et le peuple gentil, privés tous deux de la lumière de la vérité, tandis que le Seigneur passait dans ce monde. L'un et l'autre ne méritèrent pas de recevoir cette lumière, avant que, croyant à la parole de Dieu, ils ne vinssent dans sa maison qui est la sainte Église. Dans cette Église, où Jésus est venu en se faisant homme, les aveugles spirituels ont leurs yeux dessillés par la foi au Verbe incarné. « Allégoriquement, dit Rémi d'Auxerre, les deux aveugles figurent les Juifs et les Gentils. Parmi ces deux peuples, Jésus-Christ trouva des croyants qu'il éclaira dans sa maison qui est l'Église, car en dehors de cette unique société religieuse personne ne peut être sauvé. Ceux qui crurent annoncèrent dans l'univers entier l'avènement du Seigneur. » Au sens spirituel, ces deux aveugles sont l'esprit et le cœur. L'esprit a deux yeux ; l'œil droit, c'est la foi en la divinité de Jésus-Christ; et l'œil gauche, c'est la foi en son humanité. Le cœur a deux yeux également : l'œil droit, c'est l'amour de la bonté ou de la gloire de Dieu ; l'œil gauche, c'est la crainte de sa justice ou de l'enfer. Il y a par conséquent quatre sortes de cécités spirituelles ; les deux premières sont : l'erreur sur la divinité du Sauveur et l'erreur sur son humanité; les deux autres sont : la malice qui nous fait mépriser la bonté divine ou dédaigner sa gloire, et enfin la présomption qui nous empêche de considérer le supplice de l'enfer et de redouter la justice de Dieu.
Les deux aveugles, étant sortis de la maison après avoir été guéris de leur cécité, les gens de ce pays unirent présenter à Jésus un homme rnuel, et qui pis est, possédé du
démon (Matth. ix, 32). Selon saint Chrysostôme (Hom. 33 in Matth.), cet homme n'était pas muet de naissance, mais sa langue était liée par un démon insidieux ; c'est pourquoi, celui-ci ayant été chassé par Jésus-Christ, le muet parla ; parce que l'obstacle étant enlevé, il recouvra l'usage de la parole (Ibid. 33). « En cela, l'ordre des choses fut gardé, dit saint Hilaire (Canon. 9 in Matth.) ; car le démon fut chassé d'abord, et puis le corps fut libre d'exercer toutes les fonctions naturelles. » Aussi les foules saisies d'admiration à la vue de ces prodiges inouïs, disaient : On n'a jamais rien vu de semblable en Israël ; c'est-à-dire, on n'a jamais vu de pareils miracles parmi les Juifs. D'après saint Chrysostôme (Hom. 33 in Matth.) : « Les Juifs plaçaient Jésus-Christ audessus de tous les hommes extraordinaires qui l'avaient précédé parmi eux, parce que non- seulement il guérissait les malades, mais encore parce que, sous l'action de sa puissance, des infirmités nombreuses et incurables disparaissaient avec autant de facilité que d'instantanéité. » Cependant les Pharisiens disaient : C'est par le moyen du prince des démons qu'il chasse les démons (Matth. ix, 34); comme s'ils disaient : Il ne tient pas ce pouvoir de lui-môme ou de Dieu, mais du démon. « Ne pouvant nier la puissance, dit saint Jérôme (in cap. 8 Matth.), ils calomniaient ainsi l'opération. » D'après Rémi d'Auxerre (in Matth.), les Scribes et les Pharisiens niaient les miracles du Seigneur quand ils le pouvaient ; et lorsqu'ils ne le pouvaient, ils les interprétaient en mauvaise part. Les foules, c'est-à-dire les hommes simples et pieux, , confessaient les œuvres de Dieu, les admiraient avec respect et lui en rendaient gloire ; les Pharisiens, au contraire, jaloux et perfides, attribuaient l'expulsion du démon au prince même des démons, et calomniaient les œuvres de Dieu ; car la haine et l'envie nous font interpréter les faits
en mauvaise part et pervertissent nos jugements. Or les Pharisiens poursuivaient Jésus -Christ de leur haine, parce qu'il les reprenait sévèrement de leurs vices. Aussi, attribuaientils à l'art magique les miracles qu'il opérait en vertu de sa puissance divine. Ainsi, selon eux, il chassait les démons par le pouvoir d'un démon supérieur, avec lequel il avait des relations intimes; et ils nommaient Beelzébuth celui-là même auquel les autres obéissaient en sortant sur sa volonté du corps des hommes. Mais Jésus-Christ réfuta cette calomnie par un raisonnement que nous verrons plus tard en parlant d'un autre démoniaque.
Dans le sens mystique, les foules qui cenfessent Jésus- Christ, figurent les Gentils qui croiront, et les Pharisiens figurent les Juifs qui ne croiront pas. De même que les deux aveugles précédemmentguérisreprésentaientleJudaïsmeetla Gentilité, de même l'homme muet et démoniaque représente en général l'humanité entière. Les prédicateurs de l'Evangile ont offert au Seigneur cet homme muet et démoniaque, c'est-à-dire le genre humain qui ne confessait point la foi, était possédé du démon et livré à l'idolâtrie. Mais lorsque le démon eut été chassé et que l'idolâtrie eut été détruite, le muet parla et confessa Jésus-Christ.
Ce démoniaque-muet c'est encore tout homme possédé du démon par le péché mortel ; il est appelé muet parce qu'il ne peut parler d'une manière méritoire ; il est offert à Dieu pour être guéri, lorsque les justes prient pour lui ; il est délivré du démon, lorsque son péché lui est pardonné par l'infusion de la grâce divine ; alors sa langue est déliée, pour rendre à Dieu des actions de grâces. Quand quelqu'un est possédé du démon par le péché, s'il se convertit et fait pénitence, on verra bientôt un muet qui parle, qui loue Dieu, s'accuse lui-même et prêche la vérité. Les Pharisiens qui
attribuent cette transformation miraculeuse au prince des démons, sont les hommes méchants qui s'efforcent de déprécier et d'incriminer les bonnes œuvres d'autrui. Cependant le Seigneur ne cessait point, malgré leur malignité, de prêcher la vérité, nous apprenant ainsi à répondre à nos détracteurs non par des accusations, mais par des bienfaits. Le Seigneur, dit saint Chrysostôme (Hooi. 33 in Matth.), voulut réfuter par sa conduite môme la calomnie des Pharisiens qui disaient : C'est par le prince des démons qu'il chasse les démons. Le démon qui a reçu un outrage ne rend pas un bienfait, mais il nuit à ceux qui l'attaquent -, le Seigneur fait tout le contraire, aux insultes et aux dénigrements il ne répond pas par un châtiment, ni même par un reproche, mais par des bienfaits.
Voilà pourquoi l'Évangéliste ajoute (Matth. ix, 35) : Or Jésus parcourait les villes elles villages, c'est-à-dire les endroits importants comme ceux qui ne l'étaient pas. 11 donnait ainsi une leçon aux' pasteurs négligents et à ceux qui font acception de lieux et de personnes. « Jésus, dit saint Théophile, ne prêchait pas seulement dans les villes, mais encore dans les villages, afin de nous apprendre à ne pas dédaigner les petites bourgades pour rechercher les grandes cités, mais à répandre la semence de la parole divine dans les» plus petites et les plus humbles localités. En parcourant ces divers lieux, il enseignait dans les synagogues, c'est-à-dire, dans les endroits publics et officiels, où se réunissaient les hommes, et non dans dés endroits cachés, comme font les hérétiques ; il prêchait VÉvangile du royaume, c'est-à-dire la loi nouvelle qui conduit immédiatement au royaume céleste, ce que ne faisait pas la loi ancienne ; il n'annonçait donc pas des choses fabuleuses, inutiles ou propres à piquer la curiosité ; il guérissait toutes sortes de langueurs et d'in-
firmité.s, c'est-à-dire les maladies chroniques qui accablent par leur prolongation et les maladies aiguës qui accablent par leur violence. Il agissait ainsi pour convaincre et persuader les hommes non-seulement par ses discours mais aussi par ses actes. Dans ces indications générales sont compris évidemment, beaucoup de miracles que Jésus-Christ opéra pour confirmer la loi évangélique. Les Evangélistes ne mentionnent tous ces prodiges que d'une manière sommaire, parce qu'ils ne pouvaient décrire d'une manière détaillée tout ce qu'a fait Jésus- Christ. Saint Jean dit clairement xx, 30) : Jésus a fait un grand nombre d'autres prodiges qui ne sont pas relatés en ce livre.
Ainsi donc, Jésus parcourait toute la contrée, non pas pour ruiner et affliger les hommes, mais pour leur apporter les plus grands bienfaits, savoir, l'Évangile du royaume et la guérison de toutes maladies, pour procurer par là le salut tant des âmes que des corps ; car ceux qu'il guérissait extérieurement il les guérissait intérieurement aussi. En se proposant ainsi de sauver tous les hommes, il cberchait le bien commun plus que son intérêt personnel. Mais hélas ! aujourd'hui on cherche le profit particulier plutôt que l'avantage général, et voilà ce qui perd le monde en grande partie. Et où esl la cause de ce malheur? Dans le manque de cette charité qui n'est point égoïste mais désintéressée, comme le dit saint Paul (I Corinth. xm, 5). Car, d'après saint Chr.ysostôme, la perfection de la charité, c'est de viser avec une plus grande ardeur à l'utilité du prochain qu'à sa propre satisfaction .
Recourons tous dans tous nos besoins àce bon Samaritain, à ce Pasteur si dévoué, à ce Médecin si compatissant ; demandons-lui le salut de l'âme et la santé du corps ; mettons en lui toute notre espérance: car il connaît et sait mieux
apprécier que personne ce qui convient à chacun, a Ne vous préoccupez pas de la santé de votre corps, dit saint Augustin (in Psal. 49), contentez- vous de la demander à Dieu ; s'il en reconnaît Futilité pour vous, il vous l'accordera, et s'il ne vous l'accorde pas, c'est qu'elle ne tournerait pas à votre avantage. Dieu n'ignore pas ce qui nous convient ; occupons-nous seulement d'éloigner de notre cœur la maladiedu péché; si notre corps éprouve quelque douleur, baisons la main qui nous frappe. Je vous dis cela, mes frères, pour vous apprendre à ne chercher que le secours de Dieu. » Ainsi parle saint Augustin. — Le Seigneuren effet permet les tribulations et les tentations en sorte qu'il sait combien elles doivent durer ; car lui qui en connaît le principe et le commencement n'ignore pas quelle en doit être la fin et l'issue. Par conséquent, supportons tout avec patience, et ne comptant que sur le secours de Dieu, abandonnons tout à sa providence.
Sur ce sujet écoutons saint Ghrysostôme : « Livrons-nous avec beaucoup d'attention à la prière, et si nous ne sommes pas exaucés tout, d'abord, persévérons jusqu'à ce qu'enfin nous le soyons ; car souvent Dieu diffère de nous secourir, en nous laissant exposés aux tribulations afin que nous ne cessions de recourir à lui, sans perdre le souvenir de sa présence. Si au temps de la paix nous étions comme dans la trîbulation, nous n'aurions pas besoin d'être instruits par l'affliction. Mais pourquoi parler de nous seulement? Tous ceux qui ont reçu les plus brillantes couronnes au ciel ne les ont-ils pas obtenues et ne se sont-ils pas illustrés par les tribulations etles tentations qu'ils ont surmontées ? Animés par cette vue, ne désirons pas avec empressement d'être délivrés de l'affliction, ne nous appliquons qu'à la supporter avec courage, sans rechercher avec curiosité les raisons de
toutes les épreuves qui nous sont envoyées. C'est à Celui qui permet l'adversité de savoir quand il faudra nous en retirer : mais c'est à nous de la souffrir, en bénissant la main qui l'envoie, si nous avons une vertu solide. Cette parfaite soumission nous méritera tous les biens, ceux de la grâce en cette vie et ceux de la gloire pendant l'éternité : pour les obtenir, efforçons-nous de recevoir avec tranquillité tout ce qui nous arrivera, remerciant Celui qui sait mieux que personne ce qui nous est utile, et qui nous aime plus encore que les auteurs de nos jours. En face de chaque adversité, livrons -nous avec joie à ces considérations et nous arrêterons le bras vengeur de la justice divine. Glorifions Dieu en tout, puisqu'il fait tout pour notre intérêt et ne nous retire jamais sa providence. Ainsi, nous triompherons facilement des obstacles qui s'opposent à notre perfection, et nous obtiendrons des couronnes incorruptibles. » Telles sont les paroles de saint Chrysostôme.
Prière.
Seigneur Jésus, splendeur de la gloire éternelle, illuminez les yeux de mon âme, de peur qu'elle ne s'endorme dans la mort du péché. Que votre grâce m'éclaire pour connaître tous mes devoirs et me fortifie pour les accomplir; je pourrai ensuite publier vos bienfaits pour l'honneur de votre nom et l'utilité de mon prochain. Seigneur, ouvrez aussi ma bouche qui est muette, et en me délivrant de mes péchés par l'infusion de votre grâce, déliez ma langue afin qu'elle dise vos louanges ; alors j'userai de la parole pour m'accuser, vous bénir, édifier mes frères et prêcher la vérité. Ainsi soit-il.