MANDUCATIOX DE L'AGNEAU PASCAL DANS LA DERNIÈRE CÈNE
serviteurs, étaient la figure de cette Cène qui fut vraiment magnifique (I. Reg. xii). Pour considérer avec attention les merveilles qu'y opéra le Seigneur , transportez-vous en esprit à ce festin suprême ; si vous vous montrez plein de respect et de vigilance, le bon Maître ne vous laissera pas aller sans vous y avoir fait participer. Dans cette admirable Gène nous devons examiner cinq particularités principales : premièrement la réfection corporelle des assistants, secondement le lavement des pieds des Apôtres par le Seigneur Jésus, troisièmement la réprimande charitable adressée au traître Judas, quatrièmement l'institution du très-saint Sacrement, cinquièmement enfin le discours sublime qui termina cette grande solennité. Méditons d'abord la première de ces circonstances.
Le premier jour des azymes, au soir duquel on devait immoler l'agneau pascal et le manger avec des pains sans levain, c'est-à-dire le quatorzième jour du mois, qui était un jeudi, veille de la solennité pascale chez les Juifs, les disciples demandèrent à Jésus: Où voulez-vous que nous allions vous préparer la Pdque, ou l'agneau prescrit pour cette fête d'après la loi de Moïse ? (Marc xiv, 12). Alors il envoya Pierre et Jean vers un de ses amis qui habitait sur le montfSion, où il avait une grande salle toute meublée ; c'est en ce lieu qu'il leur commanda de préparer la Pâque, montrant ainsi, jusqu'à la fin de sa vie, qu'il se soumettait aux observances légales, Pierre est ici la Qgure de la bonne conduite, et Jean l'emblème de la prière fervente qui disposent à recevoir dignement l'adorable Eucharistie. Le Chrétien est le cénacle où le Christ fait sa Pâque, cénacle qu'élève la dévotion, qu'agrandit la longanimité, qu'élargit la charité et qu'ornent les différentes vertus. — « Le Seigneur, en députant ses deux disciples, leur dit : Lorsque
VOUS entrerez dans la ville, vous rencontrerez unhomme portant une cruche d'eau (Luc. xxii, 10). Selon le sens littéral, cet homme portait un vase rempli afin de se procurer l'eau nécessaire aux purifications exigées pour la grande fête ; et dans le sens moral, il signifiait que le cœur où Jésus veut célébrer la cène mystique doit être préalablement purifié par le baptême ou par les larmes dç la pénitence. D'après le Vénérable Bède, cet homme, qui portait une cruche d'eau au lieu même où les deux Apôtres allaient préparer la Pâque du Sauveur, nous montre qu'elle devait être célébrée pour la sanctification du monde ; car l'eau désigne la grâce qui nous purifie de nos péchés, et la cruche marque la fragilité des ministres qui étaient destinés à communiquer la grâce à nos âmes.
Jésus ajouta, en parlant aux deux disciples : Suivez cet homme dans la maison où il entrera ; dites alors au père de famille (Luc. xxii, 10, M) : Le Maître vous mande : Voici que mon temps, ou ma Passion, est proche; c'est chez vous que je fais ma Pâque (Matth. xxvi, 18). Comme s'il lui eût fait dire : Je veux que vous me prépariez dans votre maison tout ce qui est requis pour manger l'agneau pascal ; ayez soin de disposer les lieux et les vivres à cet effet. Nous devons conclure d'une telle recommandation que cet homme était vraiment, quoique secrètement, disciple du Sauveur ; aussi lui fournit-il toutes les choses nécessaires pour accomplir les cérémonies légales. Nous apprenons aussi par là combien grande était la pauvreté de Jésus-Christ, puisqu'il n'avait ni demeure pour célébrer le festin, ni argent pourachet". l'agneau; et voilà pourquoi ses Apôtres lui avaient demandé où ils devaient préparer la Pâque. Entendez ceci et rougissez, ô vous Chrétiens orgueilleux et cupides qui mettez toute votre application et votre complai-