‹ La grande vie de Jésus-ChristChapitre 36 sur 67 · ÉPILOGUE DES APPARITIONS DE JÉSUS RESSUSCITÉ · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE DES APPARITIONS DE JÉSUS RESSUSCITÉ

pour que nous méritions de le suivre au ciel après notre mort, si auparavant nous tâchons de le suivre en Béthanie, c'est-à-dire dans la maison d'obéissance, d'où il est parti. Il y vint par le fait avant de monter sur le trône de sa gloire ; c'est pourquoi l'Apôtre disait : Parce qu'il s'est fait obéissant jusquà la mort de la croix, Dieu fa exalté (Philip. II, 9). Nous aussi, venons à Béthanie, en accomplissant ce qu'il prescrit et en espérant ce qu'il promet; car il dit : Soyez fidèle jusc^u'à la mort, et je vous décernerai la couronne de vie (Apoc. ii, 10). Grâce aux largesses de sa miséricorde, non-seulement il restera avec nous jusqu'au terme de notre carrière, mais de plus il nous transportera avec lui dans le séjour de la béatitude, afin de nous y communiquer éternellement les richesses de son royaume. » Ainsi parle le Vénérable Bède.

Le même illustre Docteur des Anglais convertis expose clairement la raison mystique du temps pascal, en disant (loc. cit.) : a Les deux époques solennelles de la sainte quarantaine et de la cinquantaine pascale ont été primitivement instituées, non point par l'autorité de quelques hommes mais par «elle même de notre divin Sauveur. Il a d'abord inauguré le Carême, lorsqu'il jeûna quarante jours et quarante nuits dans le désert où, aussitôt après, il déjoua la fourberie de Satan et reçut les services des Anges. Il a ensuite inauguré le temps pascal, lorsqu'à sa sortie du tombeau, il apparut vivant à ses disciples en diverses occasions durant quarante jours. Par la fréquence de ses apparitions il fit de ces mômes jours une suite de fêtes ; et de cette manière, non-seulement il présagea l'éternelle félicité que nous devons goûter en sa compagnie, mais encore il prouva la charité affectueuse qu'il ne cesse d'avoir à notre égard. En effet, quoique, par la vertu de sa Résurrection,

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il se fût dépouillé de nos faiblesses corporelles et revêtu de glorieuses prérogatives, il daigna néanmoins participer encore au repas de ses disciples, afin qu'il pût les associer un jour à son bonheur dans le ciel ; c'était aussi afin de leur inculquer plus vivement par cette familiarité renouvelée les préceptes qu'il leur avait donnés précédemment, et surtout afin de leur rappeler la promesse qu'il avait faite avant sa Passion, quand il disait : Je vous prépare le royaume que mon Père m'a préparé, pour que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume (Luc. xxii, 29, 30). Mais en montant au ciel, le Sauveur ne leur enleva point la douceur de sa présence effective, il l'accrut plutôt par l'annonce de son Esprit-Saint qui allait les combler de grâces. C'est pourquoi, après l'Ascension de leur divin Maître, ils rentrèrent pleins d'allégresse à Jérusalem, et ils étaient habituellement dans le temple oii ils louaient et bénissaient Dieu (Luc. xxiv, 52 et 53). Par ces transports de joie et ces exercices de dévotion, auxquels ils se livrèrent en attendant la visite du Saint-Esprit, les Apôtres nous ont appris à prolonger la solennité du temps pascal jusqu'au cinquantième jour appelé Pentecôte. C'est donc à bon droit que nous passons ces très-saints jours en des fêtes continues,, soit pour honorer la Résurrection du Seigneur, soit en souvenir de ses manifestations réitérées, soit par l'espérance de notre repos futur et de la vie immortelle. Pendant cette époque solennelle, nous ne fléchissons point les genoux dans l'office divin ; car cette pratique est un signe de pénitence et de deuil que nos pères ont ordonné d'omettre pareillement tous les dimanches pour témoigner notre foi à la Résurrection. Mais afin de nous rappeler que, durant notre carrière terrestre, nous devons travailler à mériter la récompense céleste, nous jeûnons chaque année pendant la

quarantaine qui précède Pâques; puis nous célébrons la cinquantaine qui suit, en suspendant le jeûne, en chantant alléluia, en priant debout, pour exprimer par ces signes extérieurs que nous espérons le repos céleste, la glorieuse résurrection et le bonheur éternel. » Ainsi parle le Vénérable Bède.

Prière.

Sauveur débonnaire, je vous en supplie, faites que, d'accord avec les premiers témoins choisis par vous, je rende témoignage à votre glorieuse Résurrection, nonseulement par ma langue et mes paroles mais aussi par ma conduite et mes œuvres. Je vous demande cette grâce en considération de ce que, après être sorti du tombeau, durant quarante jours vous avez daigné apparaître de différentes façons comme vivant et immortel à vos Apôtres et à vos disciples, manger et converser familièrement avec eux, les affermir et les instruire en leur parlant du royaume de Dieu, de manière à les délivrer entièrement du doute et à les convaincre parfaitement de la vérité. Ainsi soit-il.

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