La grande ville
On a fait beaucoup d'ouvrages sur Paris; sans doute on en fera beaucoup encore! Il y a tant de choses à dire sur cette ville immense, devenue le centre des arts, des sciences, des modes, des plaisirs, et on pourrait presque dire de la civilisation.
Nous n'avons pas la prétention de clore la discussion; nous n'avons pas non plus celle d'écrire une Histoire de
Paris, et si dans nos tableaux on trouve parfois quelques
2 Al LECTEUR.
souvenirs des temps anciens, quelques mots sur les vieilles coutumes, les vieux usages, quelques chroniques ou détails sur le Paris d'autrefois, nous les avons mis là seulement pour en tirer une comparaison avec l'époque actuelle , et nullement dans le but de faire de l'érudition.
Sans doute aussi, tout en cherchant à dépeindre la grande ville et ce qu'elle renferme de curieux, d'amusant ou de remarquable, nous oublierons bien encore quelque chose... mais si nous devons encourir un reproche , nous préférons que Ton se plaigne de la brièveté de nos descriptions plutôt que de leur longueur.
Nous décrirons ce que nous avons vu, c'est le meilleur moyen d'être vrai; quant à de l'esprit, du comique, de l'observation ou de la tinesse, à quoi bon en promettre ? le lecteur pourrait nous répondre comme Alceste : « Nous verrons bien! »
Dans la quantité de livres qui ont pour but de nous faire connaître Paris, on distingue les Essais historiques, par Sainl-Foix; le Tableau de Paris, par Mercier; et Y Histoire de Paris, par Dulaure.
Mais, dans ses Essais historiques, Saint-Foix n'a passé en revue qu'un petit nombre de sujets; Y Histoire de Paris, par Dulaure, n'a aucun rapport avec le tableau des mœurs, des usages, des costumes, des ridicules du Paris de nos jours; enfin, le Tableau de Mercier, qui est amusant, concis, rapide, et auquel on revient toujours avec plaisir, parce