PARISIENNE
à la politique. La question d'Orient, les fortifications de Paris, les chemins de fer, ont fait lever des brochures à obscurcir l'horizon politique. Les journaux n'aiment pas les brochures, mais ils s'en servent : les questions s'y élaborent. Par un calme plat, on a quelquefois forgé une question, à l'aide d'une brochure. Cette brochure acquiert alors de la réputation : elle est l'œuvre d'un bon citoyen, elle produit de la sensation; elle est quelquefois l'imprudente révélation d'un liomme qui trahit la pensée du gouvernement .
La brochure a ses martyrs. Vous rencontrez des hommes qui, dans le monde, vous écoutent, qui ont l'air de gens tranquilles et rangés : vous touchez une question $ vous avez touché leur grand ressort, ils se colorent, se dressent.
— Monsieur, disent-ils, j'ai fait une brochure là-dessus, j'ai tenté d'éclairer le gouvernement (ou l'opposition), mais c'est comme si j'avais donné tin coup d'épée dans l'eau, et voilà qu'aujourd'hui on reconnaît le danger quë j'ai signalé !
Cet homme parle alors pendant deux heures; et, si vous le poussez un peu, si vous l'interrogez avec adresse, vous parvenez à découvrir dans cet homme qui, dit-il, a voulu payer sa dette à la patrie, un intrigant qui tirait une lettre-de-change sur le budget, en tentant de se faire nommer à Une place.
Les philantropes ont fini par faire créer des places à coups de brochures sur les prisons, sur les forçats, sur les pénitenciers, etc. Les Prud'hommes sont la dernière invention de la brochure. Nous aurons un tribunal de Prud'hommes, il faudra le greffier du tribunal des Prud'hommes, la jurisprudence des Prud'hommes^ etc.