LES GRENIERS
Je' voudrais ne vous parler que des greniers d'abondance, ce serait plus gai : ceux-là sont établis sur le boulevart Bourdon, où était iuitrefois le jardin de l'Arsenal. Jadis il y avait aussi des greniers à sel ; ils ont été abolis à la révolution. Les Français ont pensé alors que le sel ne leur manquerait jamais, et qu'ils n'avaient pas besoin d'en faire d'avance des provisions.
Venons à ces greniers où se réfugient ceux qui n'ont pas même le moyen d'habiter dans les mansardes ; nous y trouverons encore bien du monde... beaucoup trop de monde, car on ne devrait mettre là que de la paille, du foin, de vieux meubles, des fruits et tout ce qu'on a besoin de faire sécher. Mais les propriétaires de Paris tirent parti du moindre petit recoin de leur maison; si les caves n'étaient pas indispensables pour mettre le vin, certainement ils en auraient déjà fait des appartements.
Des ouvriers, des grisettes, des étudiants, des artistes, des i. 18