‹ La grande ville (volume 2)Chapitre 44 sur 135 · I 72 LES GARNIS · texte numérisé non relu

I 72 LES GARNIS

Et cçs hommes, dont l'aspect misérable est pénible à voir, chantent, rient entre eux, et se livrent souvent à la gaîté la plus grôssière, parce qu'elle s'exprime toujours en termes ignobles e! obscènes.

11 faut des réduits comme cela dans une grande ville, mais il serait plus heureux qu'ils ne fussent jamais habités.

MIS MKNDIANÏS.

On est parvenu à détruire la mendicité, dans la grande ville, où, naguère encore, on ne pouvait faire un pas sans être assailli par une foule de pauvres... ou de prétendus pauvres, qui vous tendaient les mains, l'un en vous montrant sa jambe blessée, l'autre son bras en écharpe; celui-ci geignant d'une voix glapissante, celui-là jouant une espèce de pantomime pour mieux vous attendrir. Car si Tari de mendier n'est pas parvenu chez nous au même degré de perfection qu'en Espagne, nous avions cependant quelques maîtres dans ce genre d'industrie.

Grâce au ciel les yeux ne sont plus affligés par ces tableaux de blessures, de plaies que l'on exposait comme une marchandise sur la voie publique.

11 n'y a donc plus de mendiants à Paris: mais il y a toujours des malheureux.

I ï 4 u;s mendiants.

On n'ose plus demander; c'est défendu. Mais on vous regarde, on s'arrête devant vous et on a l'air si triste!... Il est impossible de ne point comprendre, et rien ne vous empêche alors de céder au mouvement d'humanité qui vous porte à secourir celui que vous jugez être dans la peine, car s'il est défendu de demander, il n'est point défendu de donner.

Il y a aussi de ces étals qui ne sont qu'un prétexte pour recevoir l'aumône de quelqu'un, sans craindre d'être arrêté pour contravention à la loi.

Quand une pauvre femme qui tient un entant à moitié vêtu dans ses bras, vient vous offrir un paquet de cure-dents... ou des épingles, ou même un petit bouquet tout fané... achetez bien vite...

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