‹ La grande ville (volume 3)Chapitre 108 sur 214 · HH LE MARCHÉ DES INNOCENTS · texte numérisé non relu

HH LE MARCHÉ DES INNOCENTS

le bonnet aux dentelles flottantes , portent des robes de soie , dus chapeaux de velours, des châles de cachemire français et vont aux féeries du Cirque-Olympique, aux drames des théâtres de la Gaité et l'Ambigu-Comique , quelquefois même aux pièces du théâtre du Gvmnase-Dramatique.

Kn |>arcourant les places vos regards s'arrêteront peut-être sur de jeunes marchandes au maintien poli et chaste ; vous sere?. étonné de ce contraste entre leur attitude et leur profession : si vous vous adressez à elles vous en recevrez une réponse en termes affables et obligeants; ce sont les filles des capitalistes de la halle; les mères voulaient leur donner une éducation brillante, les faire élever, mais une irrésistible vocation les a ramenées à la halle ; elles sont fort riches, leur dot prête, elles épouseront des négociants de la rue des Bourdonnais, à moins que les vaudevilles du . dimanche ne leur tournent la tête et ne les jettent au théâtre. l>eurs sœurs d'ailleurs sont dans un pensionnat à Picpus, parlent anglais , savent l'histoire naturelle, touchent du piano et chantent les romances de mademoiselle Loïsa Puget.

A quelques pas des halles on rencontre une sombre et étroite galerie, tout encombrée de vieux habits, de hardes fanées et de lambeaux d'étoffes: ce sont les piliers des halles; les gémonies du luxe parisien. Quelques rues séparent l'endroit où le travail gagne la tranquillité et la fortune, et celui où lu débauche vient vendre son dernier haillon.

Kl GÈNE UlUFFAULT.

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