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un très grand rôle dans la conspiration de Georges. Il y eut sept femmes impliquées dans le procès, el trois d'entre elles rapiotaient, c'est-à-dire remettaient les vieilles nippes à neuf \mir les revendre aux fripiers.
.Marie llizay, que j'ai connue, était rapioteuse; ce qui ne l'empê- < liait pas d'avoir le cœur tendre, bien au contraire. Elle était connue depuis la place Maubert jusqu'à Saint-Étienne-du-Mont pour la plus jolie fille qui eût fait battre le cœur des marchands d'habits. Tous avaient pour elle, quand elle montait la montagne, un regard et un soupir. Mais la belle Marie était médiocrement hère de ces hommages, el portait plus haut ses affections et ses vœux. Dans uue petite chambre, au ir 32 de la rue Sainte-Geneviève, se cachait un proscrit ; la chambre était celle de Marie , et le proscrit se nommait Georges Cadoudal. C'est là qu'il demeurait encore lorsqu'il fut arrêté, rue de Seine, dans le fameux cabriolet que conduisait d'Hozier. Marie fut au nombre des quarante-huit prévenus; on la mit aux Madelonnettes. Elle montrait une sérénité douce et calme pendant les premiers jours de son incarcération , mais ayant été fouillée, on trouva sur elle une amulette qu'on lui enleva. Depuis ce jour, elle perdit tout courage comme toute résignation, ne répondit plus aux juges, repoussa tous les avocats qui s'offrirent pour sa défense, et demanda comme une miséricorde qu'on la voulût bien faire mourir. J'ai vu de mes propres yeux cette amulette au greffe iMi-iui les pièces de conviction. C'était un médaillon représentant d'un côté une croix faite en satin blanc avec une bordure noire, placée sur un fond de satin rose. Derrière ce médaillon on voyait un petit morceau d écorée d'arbre avec ces mots : Parcelles de la vraie croix, vénérées à la Sainte-Chapelle de Paris et dans la collégiale de Saint-Pierre à Lille. Au-dessous et à la main on lisait : Donné à Marie par Georges Cadoudal, le 1" mai 1804. Marie subit deux ans d'emprisonnement, et j'eus l'occasion de la voir vingt ans plus tard dans une singulière circonstance... »
Ici notre couleur essaie de reprendre haleine, et nous profitons de cet événement pour nous enfuir à toutes jambes du coté de la Uotonde, où nous avions dessein, en commençant ce chapitre, de conduire le trop patient Ici leur.
Enfui nous y voilà! Traversons le marché si c'est possible, et atteignons la Uotonde avant que notre discoureur impitoyable ait