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banque! où il fulmine un speech! (spitche) mot anglais qui va devenir français, ear il signifie quelque chose qui n'est ni français ni anglais, qui se dit et ne se pense pas, qui n'est ni un discours, ni une conversation, ni une opinion, ni une allocution, une bêlise nécessaire, une phrase de musique constitutionnelle qui se chante sur toute espèce d'air, entre la poire et le fromage, en plein champ, chez un restaurateur, mais toujours au sein de xcs concitoyens, n'y en eut-il que cinq, y compris l'homme politique. Si l'homme politique perd sa femme, le pays ne la pleure pas, mais il s'associe" à la douleur du grand citoyen en en vantant le courage civil; s'il perd son fils, on fait l'éloge du père; s'il marie sa fdle, on compte au père une dot de compliments; si le pays est en deuil, l'homme politique s'avance un mouchoir à la main et iait une réclame |K>ur sa couleur particulière à propos de la douleur générale; s'il voyage, les populations l'admirent sur son passage, même dans les villes où il passe de nuit; s'il parait à l'étranger, il y produit une grande sensation qui fait honneur à la Prusse, à l'Italie, à l'Espagne, à la llussie, et qui prouve que (es pays goûtent les idées de l'homme politique et l'envient à la France. S'il voit le Rhin, c'est le llhin qui le voit.
Kl ces journaux-là se sont plaints que jadis on encensait les sei gneurs dans les églises!...
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Dki'xièmk variété. L'attaché. Dans certains journaux a convictions (voyez pins bas) des gens désintéressés qui vivent, moralement parlant, par un système auquel ils ont voué leur vie, des gens a lunettes vertes, jaunes, bleues ou rouges, et qui meurent avee leurs besicles sur le nez, sont attachés au journal. On dit d'eux : il est attaché à tel journal. Ces gens n'y sont souvent rien, ils eirsont quelquefois les conseils, ils en sont souvent l'homme d'action. Aussi, sont-ils toujours tournis par l'énergie de leurs principes. Dans les journaux de l'opposition ou radicaflx, ils inventent des coups de Jarnac à porter au pouvoir, ils sont les chevilles ouvrières des coalitions, ils découvrent les actes arbitraires, ils se portent dans les départements aux élections menacées, ils troublent le somnit il des minis-
tres en les taquinant. On leur doit les attestions palpitantes , etlesaet ualitës : la réforme électorale , le vote de la garde nationale, des pétitions à la Chambre, etc. Ces gens de cœur sont les tirailleurs, les chasseurs de Vincennes de la Presse ; ils prennent des positions politiques dans leur parti, jusqu'à ce que, lassés de faire le pied de grue dans leurs positions, ils s'aperçoivent qu'ils sont les dupes d'une idée, des hommes ou des choses, et qu'il n'y a rien d'ingrat comme une idée, une chose et un parti ; car un parti, c'est une idée appuyée par
MM\.it. i; \ I II II |IK I.A l'RUSSK l»ARISIK»K.
les choses. 11 y a parmi eux des entités qui passent pour des hommes d'un beau caractère , des hommes solides, des hommes sur lesquels on petit compter. Quand, plus tard, on va chercher ces Attachés, on les trouve attachés à leur femme et à leurs enfants, jetés dans un commerce quelconque et tout-à-fait désabusés sur l'avenir du pays.
Le parti républicain surveille ses attachés, il les entretient dans leurs illusions. Un jour un républicain rencontre son ami sur le houlevart, un ami que son attachement aux doctrines populaires maintenait dans une maigreur tl'étique : — Tu t'es vendu! lui dit-il en le regardant. — Moi! — Oui, je te trouve engraissé!
TitoisiKMh variété. IJAtlachi-dètackè. Cet autre attaché, pour employer une expression soldatesque, ne s'embête pas dans les feux de file : il file son nœud entre les journaux et les articles, il sert les ministres, il trahisonneet se croit fin; il se drape souvent de puritanisme, il a quelque talent, il est souvent dans l'Université: il est à la fois rédacteur |>olitique et rédacteur littéraire. Il rend des services à prix débattus, il dîne à toutes les tables, il se charge d'à t-
MONOGRAPHIE DK LA l'RESSE l'A HISIEXNE. 1 1."»
laquer lui homme politique dans tel journal , d'y louer lel autre ; de faire mal attaquer là, pour victorieusement répondre ailleurs. A ce métier, ces Attachés, qui vont et viennent dans les journaux comme des chiens qui cherchent leurs maîtres, deviennent professeurs d'une science fantastique, secrétaires particuliers de quelque cabinet, consuls-généraux, ils obtiennent des missions; enfin on les case, et quand ils ont une position, ils font place à d'autres, qui recommencent ce métier dans la Presse. Mais il faut avoir rendu d'innombrables services ou s'être fait étrangement redouter pour en arriver là. Ces maraudeurs de la Presse sont souvent abandonnés par ceux qu'ils ont servis; mais ils s'y sont toujours attendus! Et voilà, disent-ils, comment on finit quand on a du cœur.
AXIOME
I^e cœur est la fiche de consolation de l'homme uiipolitique.
Quatrième variété. Le Politique à brochures. Certains écrivains ne se manifestent que par des brochures, et chaque événement leur en inspire une, comme M. Jovial a fuit une chanson Uidessus. I^es brochures ne se lisent plus, mais elles ont fait jadis des hommes politiques. M. Salvandy est le produit incestueux de plusieurs opinions contraires, manifestées par quelques brochures publiées sous la Restauration qui fut le beau temps de cette espèce de floraison politique, car alors les journaux ne pouvaient pas tout dire. MM. de Mosbourg, Aubernon, Bigot de Morogues et Montlosier ont pondu beaucoup de brochures, et tous quatre ont été promus à la Chambre des Pairs de Juillet 1830. Ordinairement le politique à brochure adopte une spécialité. Toutes les fois que sa spécialité reparaît sur l'eau, il y met le morceau de liège de sa brochure. Il arrive à se faire prendre ainsi pour un homme spécial, il fait souvent lui-même l'article sur sa brochure dans les journaux et il conquiert une position, il est assez souvent riche. Le philantrope est essentiellement brochurier.
Un Maitre-Jacques qui ne manque pas d'esprit, disait dernièrement : « Les brochures, c'est comme les sauterelles, elles jaillis- • sent par troupes et par saisons. »
Il considérait la brochure comme une éruption cutanée particulière
MU.MHiHAI'IIIK 1>K I.A l'KKSSK PARISIENNE.
a la politique. l«a tjuestion d'Orienl, les fortifications de Paris, les chemins de fer, ont fait lever des brochures à obscurcir l'horizon politique. Les journaux n'aiment pas les brochures, mais ils s'en servent : les questions s'y élaborent. Par un calme plat, on a quelquefois forgé une question, à laide d'une brochure. Cette brochure acquiert alors de la réputation : elle est l'œuvre d'un bon citoyen, elle produit de la sensation; elle est quelquefois l'imprudente révélation d'un homme qui trahit la pensée du gouvernement.
\jà brochure a ses martyrs. Vous rencontrez des hommes qui. dans le monde, vous écoutent, qui ont l'air de gens tranquilles et rangés : vous touchez une question, vous avez touché leur grand ressort, ils se colorent, se dressent.
— Monsieur, disent-ils, j'ai fait une brochure là-dessus, j'ai tenté «l'éclairer le gouvernement (ou l'opposition), mais c'est comme si j'avais donne un coup d'épée dans l'eau, et voilà qu'aujourd'hui on reconnaît le danger que j'ai signalé !
Cet homme parle alors pendant deux heures; et, si vous le jKHissez un peu, si vous l'interrogez avec adresse, vous parvenez à découvrir dans cet homme qui, dit-il, a voulu payer sa dette à la pairie, un intrigant qui tirait une lettre-de-change sur le budget, en tentant de se faire nommer à une place.
Les philantropes ont fini par faire créer des places à coups de brochures sur les prisons, sur les forçats, sur les pénitenciers, etc. Les Prud'hommes sont la dernière invention de la brochure. >'ous aurons un tribunal de Prud'hommes, il faudra le greffier du tribunal des Prud'hommes, la jurisprudence des Prud'hommes, etc.