MONOGRAPHIE DE LA PRESSE PARISIENNE. I
en bourgeois, c'est ceux qui ont joint à ce métier l'exploitation du vaudeville et du mélodrame en commandite, ou l'exploitation des prix Monthyon.
Voici, certes, à notre avis, les figures les plus originales de la Presse : il y en a de tristes comme les statues autour de l'église de la Madeleine, de gais comme des détenus pour dettes, de jolis garçons qui ne pensent qu'à l'amour, à la dissipation, de mariés ayant des actions dans la propriété du journal, de bons garçons ne voyant que du plaisir dans le mal ; des avocats sans cause qui gagnent des causes sans avocats, des (ils de famille ruinés. C'est la turbulence des premiers désirs littéraires, et les joyeusetés dangereuses des gamins de Paris qui salissent les plus beaux monuments , et peuvent crever les yeux des passants en voulant leur faire une malice. \Ji se trouve tout le sel du journalisme, un esprit constamment original, dépensé en feux d'artifices dont les carcasses (les motifs) sont cependant et comme toujours hideuses.
Première variété. Ïjc Dmro. — Le Bravo veut se faire un nom, ou, du moins, il l'espère, en s'attaquant aux grandes réputations ; il est connu pour empoigner les livres, pour les échiner; il est assommeur-juré. Cet écarrisseur littéraire ne discute pas une œuvre, il la dépèce; il ne l'examine pas, il l'écrase. 11 croit alors qu'on admire la force de sa plume, la vigueur de ses raisonnements, et la grâce avec laquelle il roue le patient. Ses articles sont des exécutions, il y gagne un sou par ligne que lui donne un directeur de revues ou de journal. Malgré tant d'efforts, il arrive, par le débordement des œuvres de la presse, que le Bravo ne fait pas la moindre sensation. Sotre époque est si agitée, il y a tant de gens pressés par leurs affaires dans les rues, qu'on ne fait plus la moindre attention à des calomnies qui, dans le xviii" siècle, envoyaient Bousseau, pour le reste de ses jours, en exil. Aujourd'hui, la chanson de J.-B. Bousseau serait une gentillesse dont personne ne s'occuperait et qui ne blesserait que celui pour qui elle serait écrite. Telle est la jurisprudence que la Presse a faite à la littérature française. Ce qui vaudrait un soufflet à un homme qui se permettrait de dire en face ce qu'il écrit en colonne, devient un honneur ]>our le calomnié quand le Bravo l'imprime, car alors c'est le Bravo qui se déshonore. Les Bravi ne manquent pas de manteaux pour envc-
MOKOGRAI'lllt: l>F. |.A l'HKSSK l\\UIMK.\NK.
lopper leur envie ou leur misère : il s'agit toujours, selon eux, do venger la langue française outragée, la morale compromise, de s'opposer a de fatales tendances, de sauver l'art, etc. Parmi les grands critiques (voyez plus haut), il en est qui se sont laissé débaucher par d'ignobles spéculateurs à épouser des querelles de boutique, et qui se sont retournés contre leurs idoles en essayant de les briser, qui se sont permis des calomnies dont la tache leur reste sur la conscience, et qui gémissent d'avoir écrit certaines pages ou d'éloges ou de blâmes également faux et menteurs.
AXIOMK.
11 n'y a pas de police correctionnelle pour la calomnie et la diffamation des idées.
l,e critique effronté qui travestit un livre n'est justiciable que de sa conscience et du spéculateur qui le paie, et qui, tôt ou tard, en fait justice. On trouve, sur la place publique de la littérature, des Bravi à trois francs la colonne de cent lignes et à soixante francs la feuille, tant qu'on en veut.
Le Bravo est à l'affût de tout ce qui s'entreprend en littérature, et s'il n'est pas compte parmi les faiseurs d'une entreprise quelconque, il attaque l'entreprise. On vient à lui, la bourse ouverte le Bravo rengaine sa plume.
Exemple : l'n libraire invente de publier une collection de Physiologies, et refuse à un Bravo de lui donner cinq cents francs d'une Physiologie du Cigare; le Bravo, le lendemain, écrit dans un petit journal quelque chose comme ceci :
• La Physiologie était autrefois la science exclusivement occupée à nous ra-
• conter le mécanisme du coccix, les progrès du fœtus ou ceux du ver solitaire.
• matières peu propres à former le cœur et l'esprit des jeunes femmes et des
• etifauls. Aujourd'hui , la Physiologie est l'art de parler et d'écrire incorrec-
• tement de n'importe quoi , sous la forme d'un petit livre bleu ou jaune qui sou-
• tire vingt sous au passant, sous prétexte de le faire rire, et qui lui décroche
• les mâchoires.
« Vous avez à faire la Physiologie du Priseur, vous écrivez que le tabac dégage « le cerveau, eclaircit les idées, gale le nez, preqd a la gorge et devient une sait*
• habitude ; qu'on finit par priser au lit et que les femmes se trouvent alors sau-
• poudrées de ce topique, qui devient un des ingrédients de l'amour. Si le libraire
• trouve cela drôle, vous ajoutez que le tabac gâte le linge, fait moucher, irrite
• les muqueuses, adoucit les chagrins, est excellent dans le cabinet, et qu'on priil
• le regarder comme un excellent sternutatoire do a Nicot, ambassadeur de Franc»'
Mm\mo; DK LA l'HKSSK l'MUMl.wi .
• en Portugal, un Salvaudi du xvr siècle. Gela mis en chapitres, ornés (le gra- > v lires, se lire a cent mille exemplaires dont quelques uns se vendent, etc. ■
Le libraire effrayé s'empresse d'acheter le manuscrit de la Physiologie du cigare. Le lendemain, le Bravo vante l'opération dans un autre journal par un article qui commence ainsi :
• Le xviif siècle a eu la mode des Carlins, aujourd'hui nous avons celle des < Physiologies. Les Pbysiologies sont comme les moutons de Panurge, elles cou-
• rcnt les unes après les autres, Paris se les arrache, et on vous y donne pour
• vingt sous, plus d'esprit que n'en a dans son mois un homme d'esprit. Et com-
• meut en serait-il autrement? Ces petits livres sont écrits par les gens les plus
• spirituels de notre époque (tint/t-sept noms). Aussi les Physiologies se trou-
- vent-elles sur toutes les tables de salon avec les œuvres de ceux qui ont le mo-
- nopole de la plaisanterie écrite a coups de crayon. Une Physiologie est aussi in-
■ dispensablc à une femme comme il faut qui veut rire , que le l'oyage où il vont
■ plaira de Tony Johanuot et d'Alfred de Musset, que les charmantes Scènes de » la vie privée et publique des Animaux par Slhal et Crandville, etc., etc. >
Deuxième variété. /<e /Uagucur.— Il y a cette différence entre le Blagueur el le Bravo, que le Blagueur raille pour railler, calomnie avec l'opinion publique, par erreur. I <• Blagueur vous demande au besoin pardon de la liberté grande, et attaque pour son compte. 11 fait l'eu sur les sottises publiques, il secoue les vieux pour voir s'ils se tiennent encore sur leurs arbres ; s'ils tombent , il passe à d'autres en se glorifiant d'écheniller ainsi le Double Vallon. Les Blagueurs ont tué le Constitutionnel en lui tuant son hydre de l'anarchie, ani-
MONOMtAl'Illi; l>C I.A PRESSE PARISIENNE.
mal politique et périodique qui faisait les délices des abonnés, eu dételant son char de l'Etat, en lui reprochant son araignée mélomane. Ils ont perdu Arbogasteen en donnant à l'avance des scènes cocasses. Ils ont démonétisé des idées, ils ont déconsidéré par le ridicule des gens honorables ; ils ont empêché des affaires, ils ont fourré leurs bras dans le trou fait à certaines réputations, là où il n'y avait pas à passer le petit doigt ; ils ont augmenté le poids d'une condamnation légère ; ils sont venus en aide avec leurs carabines à la grosse artillerie du grand journal. A peine dans le secret des maux qu'il fait, le Blagueur fume son cigare sur le boulevart, les mains dans son paletot, en cherchant à fu i n des morts, en cherchant des imbéciles à tuer. I^îs ridicules sont des espèces de fonds publics qui rapportent dix francs par jour au Blagueur. On blague les gens riches, les lions, les bienfaits, les crimes, les affaires, les emprunts, tout ce qui s'élève et tout ce qui s'abaisse.
Leduc d'Orléans meurt, Gannal veut l'embaumer, le chirurgicu du prince réclame le droit de faire cette opération; au milieu du deuil général, un Blagueur, en apercevant cette lutte de deux clames, dit : — Quel joli article à faire!
Et l'article parait, on y blague les chirurgiens, Gannal et l'opération.
On fonde la Phalange pour manifester la doctrine de Fourier, le Blagueur voit dix articles dans cette philosophie, et il commence:
« .Saint-Simon avait proposé de faire vingt pauvres avec la fortune d'un riche;
- mais les Quatre Mouvements de Fourier, ancien correcteur d'épreuves en son
- vivant , sont une bien autre philosophie sociale : vous allez travailler les bras
- croisés, vous n'aurez plus de cors aux pieds, les avoués feront fortune sans pren* i dre un liard à leurs clients, les gigots iront tout cuits par les rues, les poulet*
- s'embrocheront d'eux-mêmes. Il vous poussera, vers cinquante ans, une petite « queue de trente-deux pieds que vous inaurcuvrcrez avec élégance et grtce;b
• lune fera des petits, les pâtés de foie gras pousseront dans les champs, les nuées
• cracheront du vin de Champagne , le dégel sera du punch a la romaine, le*
- laquais seront rois de France , et les pièces de dix sous vaudront quarante
- francs, etc., etc. -
Jasmin arrive à Paris, amené par un article de Kevue qui, pour se dispenser de trouver du talent aux Parisiens en prête à la province, le Blagueur restreint sa blague aux dimensions du poète perruquier, il n'écrit que ces quelques ligues :
« Le célèbre Jasmin est de retour à Paris. Dans uni? brillante soirée , donn«
MOMMiMAl lllK IUi LA i'k^SSK i'Aitisir>M..
par M. Villeniain chez un de ses amis , le célèbre poète charabia a lu m charmante élégie du Fer à toujrt :
Qu'es debeuou lou tan oî moun niouse îih-uuinmi Gaulait loun blou cielu et vcrlous compati»"» , Timido, craintivo, eoum oun birondello . Gbé vollou lé#èro sour io peliot ruisso ! •
Ces vers ravissants , que personne n'a compris, ont excité un immense en (housiasme.
Quand on veut blaguer un badaud littéraire , on commence par s'occuper exclusivement de lui. Tous les matins, on raconte de lui quelques traits plaisants, comme ceci :
« Depuis quelque temps la Kussie éprouvait le liesoin d'acheter un de nos grands
• hommes cl elle pensait surtout à Gascbènes de Molon, vaudevilliste, dont les
• prélcotious égalent le laleut qu'il n'a pas.
• En reutraul chez lui, hier au soir, Galon de Moschènes y trouve irois en-
• voyés du Czar, qui l'attendaient depuis long-temps. Ces messieurs venaient lui
• présenter de la part de l'autocrate, vingt-trois tabatières de platine, onze por-
• traits avec diamants, très ressemblants, et seize boisseaux de roubles en papier « En échange de ces petits cadeaux, S. M. Nicolas H implorait seulement l'ami-
• lié de M. Groschène de Molleton. Mais sourd a toules les prières, M. Galè-
• nés de Moschon indigné, repousse les préseuls et renvoie les seigneurs eu leur
• disant : — Allez dire à voire Empereur que je n'accepte rien des ennemis d<
• la Frauce.
« De pareils exemples doivent prouver que notre époque n'est pas entièrement « déshéritée de vertus. •
Troisième variété. Le Pêcheur à la ligne. — Tous les petits journaux paient leurs rédacteurs à tant la ligne, cinq ou dix centimes, selon le nombre des abonnés. I* Charivari, le matador des petits journaux, est le seul qui ait réalisé le problème de donner tous les jours une caricature. Cette collection sera certes un jour une des plus précieuses de notre époque? Si l'on demandait aux plus habiles écrivains de tympaniser du jour au lendemain de grands talents, soit Ingres, soit Hugo, comme le Charivari s'en acquitte, haut le pied, ils seraient un mois avant de trouver ces plaisanteries incessantes. De trois jours en trois jours, on trouve sous les caricatures faites par Daumier, de délicieux quatrains qui arrachent le rire, comme sous les caricatures de Gavarni se lisent d'admirables scènes de mœurs, en quatre lignes, aussi drolatiques, aussi incisives «pie la lithographie elle-même. (iavarni est inexplicable dans sa fécondité, comme le journal lui-même, avec ses laziis. Aussi ce journal, dont l'existence est un délit perpétuel, a-t-il trois mille abonnés.
11M MoxtGiMi'im: m: i.a I'HKssk I'aisisiknnk.
Le pécheur à la ligne est le rédacteur qui vit, comme le pécheur, de sa ligne. Chaque jour, il use les qualités les plus prérieuses de l'esprit à sculpter une plaisanterie en une ou deux colonnes; il découpe ses phrases en pointes, il s'épuise à donner les fleurs de son esprit dans cette espèce de mauvais lieu de l'imagination, appelé le Petit Journal. Il s'aperçoit trop tard de ses dissipations ; mais, souvent il a fini par devenir la dupe de ses plaisanteries, il s'est inoculé les ridicules après les avoir ridiculisés, comme un médecin meurt de lu peste. A ce métier, le plus vigoureux esprit perd le sentiment du grand, car il a tout amoindri pour lui dans l'état social en s'y moquant de tout.
Certains pécheurs à la ligne, plus habiles, ont inventé des forme* de plaisanteries auxquelles tout s'adapte, comme les Premiers- Paris ont inventé les continuelles répétitions d'un seul article. C'est les grands hommes du genre. De tous les rédacteurs de petit journal, un seul a traversé les journaux et s'est fait une position. Ce feuilletoniste célèbre est le parvenu de ce petit monde littéraire. Il a voulu faire des livres, mais chacun de ses livres était une collection d'articles. S'il n'a pas fait grand chose, il a du moins fait école: il est le père Cigogne des pêcheurs à la ligne et des Blagueurs, car il a ranimé la vie du petit journal moribond par une incroyable dissipation d'esprit et de railleries.
Aujourd'hui, le petit journal est devenu dix fois plus spirituel qu il
ne l'était à ses débuts, sous la Restauration, et cent fois plus piquant
que le j\<ùn Jaune , tant vanté. On y rend compte d'une pièce de
théiltre en six lignes :
• Daus cette pièce , il s'agit de deux maris : l'un s'exerce au maniement da . bâton sur les épaules de sa moitié , pour mieux la toucher, quand il la croit . volage; il croit que le meilleur moyen pour apprendre à vivre à une femme,
• c'est de l'assommer ; l'autre se contente, pour la première fois, de lui brûler la
• cervelle ; la différence est si peu de chose, que ce n'était pas la peine d'en faire
• uu vaudeville, et le public a pensé comme nous. »
On y a fait, pendant detix ans, les biographies des hommes célèbres en tout genre, sur ce modèle :
JOSF.IH DKLORMF.
Joseph Uelorme naquit d une femme morte . aux Kaux-Vives . près (îeneve. Il eut pour parrain le sieur Cuit , pasteur de l'église réformée . et , pour marraine . la jolie madame ilalhias , catholique. De ce coulpérage vint son iudécision religieuse, le va-et-vient de sa pensée, el les incohérentes images de son style
MON<M,ltAI'IIIK UV. LA l'KKSSK eAKlSIfcMNK.
Effrayé de l'état embryonesque où restait le corps et l'esprit de cet enfant, son père, le banquier des mômiers , lu mit dans un bocal et l'envoya, dès l'Age le plus tendre , à la Faculté de médecine de Paris , quelques uns disent |wur étudier, d'autres pour y être étudié.
Les professeurs, ne voyant rien de vivant dans ce bocal, le laissèrent sur une planche au soleil, où Joseph contracta le goût le plus vif pour le pajsage, les rayons jaunes et la poésie intime.
A quinze ans, il se plaignit de ne pas Oser l'attention des Sages- Femmes qui détournaient les yeux avec horreur, quoiqu'il eût les cheveux d'un joli rouge, les yeux en dérive comme sa pensée, et un nei aussi galamment tourné que celui d'Odry. Ce dédain du beau sexe lui fll rater quelques sonnets et autres poé*ies destinées a ne pas faire impression.
A dix-sept ans, il eut le génie de se fabriquer une loupe avec un noyau de cerise et une goutte d'eau-de-vie ; il put alors observer dans le cœur humain, une multitude de petites bêtises qui l'occupèrent spécialement.
Six mois après , il aspirait a une position sociale : il fut alors traîné sur des roulettes a traversée Luxembourg , où de facétieux étudiant* le déposèrent rue Notre-Dame-des-Cbamps, à la porte d'un cuistre.
Durant ce sleaple -chose, il inventa de se suicider pour voir s'il renaîtrait en typographie; et il suivit son propre convoi qui eut lieu dans tous les journaux
Ce séjour dans le cénacle de sa tombe postiche lui permit de faire connaissance avec Ronsard, avec tous Us vieux d'avant Boileau, mais quand il en sortit, il avait contracté un goût déterminé pour les morts ou pour tous ceux qui ne devaient pas vivre.
Il s'occupa donc minutieusement d'analyser ce que contenaient les poitrines des phlhLsiqucs, les cancers des femmes lettrées, etc. Kt il découvrit ainsi dans le charnier des Innocents de la littérature, les œuvres de MM. Bon a rd in de Gex. et celles de madame Fischlaminel de Lausanne, etc., etc.
Il démontra pertinemment qu'il y avait une langue française en 1760, et il éclaircil l'origine de la césure.
11 publia l'histoire de Marie-Alacoque dans le temps où il rédigeait le National Il fut quelquefois saint-simonien le matin et aristocrate le soir. Cette parfaite indépendance dans ses opinions le fit rechercher par les propriétaires de la Revue des deux Mondes, où Joseph qui revenait de l'autre fut admirablement placé, car il s'y trouva toujours outre-tombe.
Il publia, pendant le mois d'août, un livre intitulé: I'hnseks i»e janyif.ii, l>oésies pleines de brouillards et de fautes de français.
lu phénomène étrange, récemment manifesté chez ce grand poète, le signait* d'autant plus à la plume du biographe et du philosophe.
La mort, la tombe et la Revue ont rajeuni Joseph Delorme. A trente-six ans. ses membres se sont assouplis, il a paru vivant. A quarante ans, il est rcloiolR.littéralement en enfance : il s'exprime incorrectement, mais toujours dans sa tan gue maternelle, le Genevois, et quelques personnes le comprennent.
Kn ce moment, ses cheveux se dédorent, il a fait toutes ses dents, il a quille la bouillie île ses premières humanités, il regrette ses erreurs , il fait des cocottes et des petits bateaux avec ses anciens cahiers d écriture, et s'exprime en futur académicien.
Il a donné des preuves d'un grand sens : il a refusé la croix de la 'légiond'honneur , et a pris une place honorable. Il est maintenant de son époque . il -tarait devoir écrire très peu; Biais eu revanche il agit a la manière des taii|»es auxquelles ses vues littéraires le font ressembler.
I!M> MONtH;iUI'IUI. DE LA PRESSE parisienne.
l'n jour, le Conseil-iiénéral (1rs hospices prend la funeste résolution de supprimer le tour, il parut dans le plus spirituel de ees petits journaux, trois articles si mordants que les Hospices revinrent sur leur résolution. Voici quelques fragments du premier article :