I 88 MONOGRAPHIE DE LA PRESSE PARISIENNE
célèbres, Us ne voudraient pas écrire ainsi, bien certainement; mais aussi le public, hélas! sobstine-t-il à leur refuser son attention. Le feuilletoniste du i\ational est de l'école paresseuse, il sort quelquefois de son sommeil et jette des éclairs passagers qu'on remarque; et, cependant, il déploie habituellement autant d'esprit que celui du Comnurce a de probité dans ses appréciations littéraires. A quoi sert d'être honnête, hélas î... Quant à celui de la GazcUr, il est obligé de tout loudroyer, tjtumd même! Jusqu'aujourd'hui k Siècle a trouvé commode de se dispenser d'avoir de l'esprit dans son feuilleton de théâtres sous prétexte de la bêtise, parfaitement constatée, de ses 30,000 abonnés. Aussi, l'un des hommes les plus spirituels de notre temps disait-il : C'est un journal qui a le pied plat.
E. Les petits journalistes.
Cinq variées : I» lu Bravo, 2» te Blagueur, 3» If Pécheur. 4« l'Anonyme.
> If Guérillero.
A l'exception des Bravi dont plusieurs se posent le poing sur la hanche et la plume au chapeau dans les Revues, les variétés de ce Sous-Cenre appartiennent presque toutes aux rédacteurs de petits journaux. Il existe à Paris une vingtaine d'entreprises de scandale, de moquerie à tout prix, de criailleries imprimées, dont plusieurs sont spirituelles, méchantes, et qui sont comme les troupes légeresde la Presse. Presque tous les débutants , plus ou moins poètes, grouillent dans ces journaux en rêvant des positions élevées,
attirés à Pans
comme les moucherons par le soleil, avec l'idée de vivre gratis dans un rayon d'or et de joie jeté par la Librairie ou par le Journal. Ils»'* relent chez les libraires, ils s'insinuent aux Revues, et parviennent difficilement, en perdant leur temps et leur jeunesse, à se produire- Ces braves garçons croient que l'esprit dispense de la pensée, ils prennent l'envie pour une muse , et quand ils mesurent la distance qui sépare un livre d'une colonne de journal, quand ils parcourent les landes situées entre le style et les quelques phrases d'une colonne de petit journal, leurs cerveaux se dessèchent, ils tombent épuisés, et se changent en directeurs de feuilletons, en Maître-Jacques, en employés dans quelques Ministères. Cependant on observe plusieurs de ces tirailleurs, à l'état d'hommes modérés, vivant de leur bien,